vendredi 16 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-1910801 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | FRANZA-MAZAURIC |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 2 octobre 2019, M. B C, représenté par Me Franza-Mazauric, doit être regardé comme demandant au tribunal la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux mis à sa charge au titre de l'année 2014 à hauteur de 95 765 euros en droits et pénalités.
Il soutient que :
- l'administrateur des finances publiques adjoint auteur de la décision attaquée n'était pas compétent ;
- la décision de rejet de sa réclamation préalable est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ; les crédits portés sur ses comptes bancaires sont justifiés par des pièces que l'administration fiscale a décidé de rejeter alors que ces sommes sont issues de prêts n'ayant pas le caractère professionnel et sont justifiées par des pièces probantes ; les seules sommes devant être réintégrées sont les revenus déclarés au titre de l'année 2014 et la somme récupérée sur le compte courant d'associé de la SARL Gen'Bat qu'il détenait ;
-il est prêt à verser les sommes correspondant aux redressements assis sur ces réintégrations, mais pas les majorations dans la mesure où il est de bonne foi.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 juillet 2020, le directeur de la direction spécialisée du contrôle fiscal Centre Ouest conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- et les conclusions de M. Vauterin, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. B C, domicilié à Saint-Herblain (Loire-Atlantique), a fait l'objet d'un examen contradictoire de la situation fiscale personnelle du 5 décembre 2016 au 12 décembre 2017 au titre du revenu imposable perçu entre le 1er janvier 2014 et le 31 décembre 2015. Après avoir relevé dans le cadre de cet examen que des crédits avaient été enregistrés sur les comptes bancaires personnels de l'intéressé sans précision sur la nature et l'origine de ces sommes, l'administration fiscale a notifié à l'intéressé, par proposition de rectification en date du 12 décembre 2017, son intention de rectifier ses cotisations d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux au titre de l'année 2014 et a ainsi procédé, au titre de l'année 2014, à la taxation d'office de la somme de 139 213 euros dans la catégorie des revenus d'origine indéterminée en raison de l'absence de réponse du contribuable à la demande d'éclaircissement qui lui a été adressée le 22 septembre 2017. L'administration fiscale a mis en recouvrement les cotisations supplémentaires d'impôts sur le revenu et de prélèvements sociaux en cause, assorties de l'application de la majoration de 40 % prévue au a) de l'article 1729 du code général des impôts par voie de rôles du 30 avril 2018 à hauteur de la somme totale de 94 765 euros au titre de l'année 2014. La réclamation contentieuse de M. C du 11 février 2019 a été rejetée par décision du 8 août 2019. Par la présente requête, M. C doit être regardé comme demandant la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux mis à sa charge au titre de l'année 2014.
Sur les conclusions aux fins de décharges des cotisations supplémentaires litigieuses :
En ce qui concerne la régularité de la procédure d'imposition :
2. Les vices entachant une décision statuant sur une réclamation sont sans incidence sur le bien-fondé de l'imposition. Par suite, les moyens tirés de ce que le signataire de la décision de rejet de la réclamation préalable du requérant n'aurait pas disposé d'une délégation dûment publiée et que cette décision est insuffisamment motivée sont inopérants.
En ce qui concerne le bien-fondé des impositions supplémentaires litigieuses :
3. Il résulte de l'instruction que l'administration a, dans le cadre de l'examen contradictoire de la situation fiscale personnelle de M. C, constaté que des crédits avaient été enregistrés sur les comptes bancaires personnels de l'intéressé sans précision sur la nature et l'origine de ces sommes, correspondant à des versements de la part de quatre personnes dont un cousin pour un montant de 94 504,85 euros. M. C a été invité puis mis en demeure de préciser l'origine de ces revenus et aurait à ces occasion remis à l'administration fiscale une attestation sur l'honneur rédigée par ses soins ainsi que des documents en langue turque accompagnés de traductions en français. L'administration a relevé que ces attestations ne sont ni datées, ni signées, ni ne précisent les conditions des prêts dont il a bénéficié de la part de tiers.
4. D'une part, M. C n'apporte aucun élément de nature à faire présumer le caractère familial du prêt consenti par une personne présentée comme son cousin à hauteur de 9 923,90 euros. D'autre part, en ne produisant aucune pièce et en se bornant à soutenir qu'il n'est pas dans la pratique de ses amis de rédiger un écrit, M. C n'apporte pas la preuve qui lui incombe de l'origine des revenus réintégrés à la base imposable à hauteur de 84 580,95 euros. Enfin, si M. C soutient que les seules sommes devant être réintégrées sont constitués de ses revenus déclarés au titre de l'année 2014 et de la somme récupérée sur le compte courant d'associé de la SARL Gen'Bat qu'il détenait, il n'apporte toutefois pas la preuve, qui lui incombe, de l'origine de ces sommes, qui s'élèvent à un montant total de 54 644,05 euros.
5. Il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu mis à sa charge au titre de l'année 2014.
Sur le bien-fondé des pénalités :
6. Aux termes de l'article 1729 du code général des impôts : " Les inexactitudes ou les omissions relevées dans une déclaration ou un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt ainsi que la restitution d'une créance de nature fiscale dont le versement a été indûment obtenu de l'Etat entraînent l'application d'une majoration de : a. 40 % en cas de manquement délibéré ; (). ".
7. Pour appliquer aux cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux au titre de l'année 2014 une majoration de 40 %, l'administration a estimé que le contribuable avait déclaré comme revenus perçus au titre de cette année la seule somme de 33 230 euros alors qu'il avait perçu 139 213 euros par divers virements et chèques de la part de tiers qu'il n'a pas déclarés. En outre, l'administration a relevé que ces versements ont présenté un caractère régulier et répété au cours de l'année 2014. Dans ces conditions, qui excluent la bonne foi du requérant, c'est à bon droit que l'administration fiscale a appliqué au principal des droits des impositions supplémentaires mises à la charge du contribuable des pénalités de 40 % pour manquement délibéré.
8. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. C doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et au directeur de la direction spécialisée du contrôle fiscal Centre Ouest.
Délibéré après l'audience du 25 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Livenais, président,
Mme Rosemberg, première conseillère,
M. Huin, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 décembre 2022.
Le rapporteur,
F. A
Le président,
Y. LIVENAIS
Le greffier,
E. LE LUDEC
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026