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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-1912553

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-1912553

vendredi 30 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-1912553
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation4ème Chambre
Avocat requérantMILOCHAU

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 18 novembre 2019 et le 30 mars 2020, M. B C de Tréhervé, représenté par Me Milochau, demande au tribunal la décharge, en droits et en pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu mises à sa charge au titre des années 2016 et 2017 ainsi que de la majoration pour retard de paiement de 2 944 euros qui lui a été infligée.

Il soutient que :

- sur le terrain de la loi fiscale la méthode de reconstitution du chiffre d'affaires pour les exercice clos les 31 décembre 2015, 31 décembre 2016 et 31 décembre 2017 est viciée dès lors que l'administration fiscale n'a utilisé qu'une seule méthode aux termes de laquelle elle procède à la double comptabilisation des encaissements reçus sur ses comptes bancaires et que le coefficient de marge brute calculé pour évaluer le chiffre d'affaires de l'exercice 2017 est erroné, le taux de marge du commerce de détail étant de 11 % selon l'INSEE ; il est fondé, à se prévaloir, sur le fondement de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales des commentaires administratifs publiés au Bulletin officiel des finances publiques sous les références 4 G-2342 n° 9 et 10 - 1er décembre 1976 ;

- les pénalités afférentes aux cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu ne sont pas suffisamment motivées ; il est fondé, à se prévaloir, sur le fondement de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales des commentaires administratifs publiés au Bulletin officiel des finances publiques sous les références 13 C-1611 n° 1 et 2 du 1er avril 1995 ;

- elles méconnaissent les stipulations du paragraphe 1 de l'article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense, enregistré le 27 janvier 2020, la directrice régionale des finances publiques des Pays de la Loire et du département de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que :

- les conclusions à fin de décharge des pénalités de recouvrement sont irrecevables en l'absence de contestation préalable de celles-ci ;

- les moyens soulevés par M. C de Tréhervé ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. A,

- et les conclusions de M. Vauterin, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. M. B C de Tréhervé exerce depuis 2006 une activité de fabrication et de commerce non sédentaire d'auvents pour caravanes et camping-cars, activité domiciliée à Machecoul (Loire-Atlantique). Il a fait l'objet d'une vérification de comptabilité pour la période du 1er janvier 2015 au 31 décembre 2017, période durant laquelle il s'était placé sous les régimes de la franchise en base en matière de taxe sur la valeur ajoutée et de la micro entreprise en matière de bénéfices industriels et commerciaux. L'administration fiscale a relevé que les seuils de chiffres d'affaires de ces régimes ont été dépassés à compter de l'année 2015 et elle a transmis les 31 août 2018 et 7 septembre 2018 des mises en demeure de déposer les déclarations rectificatives de chiffres d'affaires correspondantes aux exercices clos les 31 décembre 2015, 31 décembre 2016 et 31 décembre 2017. En l'absence de réponse du contribuable, l'administration fiscale a, par proposition de rectification du 25 octobre 2018, notifié à M. C de Tréhervé son intention de procéder à des rappels de taxe sur la valeur ajoutée et de rehausser le bénéfice net réalisé par M. C de Tréhervé à raison de l'absence de versement au Trésor des rappels de taxe sur la valeur ajoutée précités et déterminer le bénéfice imposable. Par une seconde proposition de rectification du 6 novembre 2018, l'administration fiscale a notifié à M. C de Tréhervé des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu au titre des années 2016 et 2017 en raison du rehaussement des bases imposables dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux au titre des exercices 2015, 2016 et 2017. En l'absence de contestation de cette proposition, les cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu ont été mis en recouvrement par avis du 30 juin 2019. La réclamation préalable de M. C de Tréhervé du 30 juillet 2019 a été rejetée par décision du 19 septembre 2019. Par la présente requête, M. C de Tréhervé demande au tribunal la décharge, en droits et en pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu mises à sa charge au titre des années 2016 et 2017 ainsi que de la majoration pour retard de paiement de 2 944 euros qui lui a été infligée.

Sur les conclusions aux fins de décharge des cotisations supplémentaire d'impôt sur le revenu litigieuses :

S'agissant de l'application de la loi fiscale :

2. Aux termes de l'article 50-0 du code général des impôts dans sa version applicable aux impositions litigieuses : " 1. Sont soumises au régime défini au présent article pour l'imposition de leurs bénéfices les entreprises dont le chiffre d'affaires hors taxes, ajusté s'il y a lieu au prorata du temps d'exploitation au cours de l'année de référence, n'excède pas, l'année civile précédente ou la pénultième année : 1° 170 000 € s'il s'agit d'entreprises dont le commerce principal est de vendre des marchandises, objets, fournitures et denrées à emporter ou à consommer sur place ou de fournir le logement, à l'exclusion de la location directe ou indirecte de locaux d'habitation meublés ou destinés à être loués meublés, autres que ceux mentionnés aux 2° et 3° du III de l'article 1407 (). Le résultat imposable, avant prise en compte des plus ou moins-values provenant de la cession des biens affectés à l'exploitation, est égal au montant du chiffre d'affaires hors taxes diminué d'un abattement de 71 % pour le chiffre d'affaires provenant d'activités de la catégorie mentionnée au 1° et d'un abattement de 50 % pour le chiffre d'affaires provenant d'activités de la catégorie mentionnée au 2°. Ces abattements ne peuvent être inférieurs à 305 €. ".

3. Il résulte de l'instruction qu'à la suite d'une vérification de comptabilité, l'administration fiscale a estimé que les documents comptables de M. C de Tréhervé étaient insuffisants pour déterminer avec précision les bases imposables à la taxe sur la valeur ajoutée au titre de la période vérifiée et les bénéfices réalisés durant ces exercices. Elle a, en conséquence, procédé à la reconstitution du chiffre d'affaires sur cette période.

Quant au rejet de la comptabilité :

4. Si M. C de Tréhervé soutient que l'administration ne pouvait rejeter la comptabilité qu'en présence de graves irrégularités la privant de caractère probant, l'administration fait toutefois valoir sans être contredite que M. C de Trehervé ne tenait aucune comptabilité de l'activité de fabrication et de commercialisation d'auvents de caravanes et de camping-cars, mais qu'il a uniquement présenté un cahier de recettes ainsi qu'un relevé d'achats auprès de son fournisseur principal. Le requérant, seul en mesure de produire de tels éléments, ne verse d'ailleurs aux débats aucun document comptable relatif à la période contrôlée. Il ne saurait donc sérieusement soutenir que l'administration fiscale ne pouvait constater l'absence de comptabilité régulière et reconstituer, pour ce motif, le chiffre d'affaires de son activité au titre de la période vérifiée.

Quant à la charge de la preuve :

5. Aux termes de l'article L. 73 du livre des procédures fiscales : " Peuvent être évalués d'office : () 1° bis Les résultats imposables selon le régime d'imposition défini à l'article 50-0 du code général des impôts dès lors : a. Qu'un des éléments déclaratifs visé au 3 de l'article précité n'a pas été indiqué ; b. Ou que la différence entre le montant du chiffre d'affaires déclaré et celui du chiffre d'affaires réel est supérieure à 10 % du premier chiffre ; c. Ou que la différence entre le montant des achats figurant sur le registre prévu au même texte et le montant des achats réels est supérieure de 10 % au premier chiffre ; (). ". D'autre part, aux termes de l'article L. 193 du livre des procédures fiscales : " Dans tous les cas où une imposition a été établie d'office la charge de la preuve incombe au contribuable qui demande la décharge ou la réduction de l'imposition. ". Enfin, aux termes de l'article 50-0 du code général des impôts dans sa version applicable aux impositions litigieuses : " 1. Sont soumises au régime défini au présent article pour l'imposition de leurs bénéfices les entreprises dont le chiffre d'affaires hors taxes, ajusté s'il y a lieu au prorata du temps d'exploitation au cours de l'année de référence, n'excède pas, l'année civile précédente ou la pénultième année : 1° 170 000 € s'il s'agit d'entreprises dont le commerce principal est de vendre des marchandises, objets, fournitures et denrées à emporter ou à consommer sur place ou de fournir le logement, à l'exclusion de la location directe ou indirecte de locaux d'habitation meublés ou destinés à être loués meublés, autres que ceux mentionnés aux 2° et 3° du III de l'article 1407 (). Le résultat imposable, avant prise en compte des plus ou moins-values provenant de la cession des biens affectés à l'exploitation, est égal au montant du chiffre d'affaires hors taxes diminué d'un abattement de 71 % pour le chiffre d'affaires provenant d'activités de la catégorie mentionnée au 1° et d'un abattement de 50 % pour le chiffre d'affaires provenant d'activités de la catégorie mentionnée au 2°. Ces abattements ne peuvent être inférieurs à 305 €. ".

6. L'administration fiscale a constaté que le chiffre d'affaires de l'activité de M. C de Tréhervé était, à l'issue de l'année 2015, supérieur au seuil du régime de la micro-entreprise prévu par l'article 50-0 du code général des impôts et en a déduit que, pour les années 2016 et 2017, M. C de Tréhervé devait être placé sous le régime réel simplifié d'imposition en matière de bénéfices industriels et commerciaux. Par lettre du 31 août 2018, il a été mis en demeure de déposer ces déclarations relatives aux bénéfices réalisés au titre des années 2016 et 2017. Dès lors qu'il n'y a pas déféré, l'administration fiscale a procédé à l'évaluation d'office de son imposition sur le revenu au titre des années 2016 et 2017 en application de l'article L. 73 du livre des procédures fiscales. Dans ces conditions, la charge de la preuve du caractère exagéré des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu litigieuses repose sur M. C de Tréhervé.

Quant à la méthode de reconstitution retenue par le service :

7. Pour apporter la preuve d'une exagération de l'évaluation administrative, le contribuable peut, soit établir le montant exact de ses résultats, soit démontrer l'existence d'éléments ayant faussé l'évaluation de l'administration, soit encore proposer au juge une autre méthode de calcul, de nature à permettre une évaluation plus précise de ses bases d'imposition. A l'appui de sa démonstration, il peut se fonder sur des faits dont lui-même apporte la preuve, mais aussi sur ceux que l'instruction fait apparaître comme constants ou certains.

8. Il résulte de l'instruction que l'administration fiscale, en l'absence de relevé bancaire et en présence d'un seul cahier de recettes et d'un relevé d'achats auprès de son fournisseur principal de M. C de Tréhervé, a sollicité de celui-ci la communication des informations sur les modalités de règlement des fournitures achetées par le contribuable ainsi que la communication auprès des établissements bancaires de M. C de Tréhervé des relevés de ses comptes personnels, lesquels étaient porteurs de nombreux crédits en espèces et en chèques que l'administration a estimé être des recettes professionnelles. Sur la base de ces éléments, elle a reconstitué le chiffre d'affaires au titre des exercices clos en 2015, 2016 et 2017 en additionnant les sommes portées en crédit des comptes bancaires personnels de M. C de Tréhervé par chèques ou mandats cash d'espèces. Elle a ensuite considéré que le total de chaque addition constituait les recettes correspondantes à chaque exercice contrôlé. Corrélativement, elle a déterminé, à partir des factures d'achats de fournitures, un total des dépenses d'achat par exercice, permettant d'une part de calculer les chiffres d'affaires des exercice 2015 et 2016 et d'autre part de calculer un coefficient de marge brute de 1,96 de l'exercice 2016 qu'elle a appliqué au montant des dépenses constaté en 2017 pour en calculer le chiffre d'affaires dès lors que le montant d'achats était, au titre de cet exercice, plus important que le montant de recettes.

9. M. C de Tréhervé soutient que la méthode utilisée par l'administration fiscale serait faussée dès lors qu'elle aurait comptabilisé deux fois dans le montant total des recettes par exercice des mouvements de compte à compte liés aux versements d'espèces correspondant à des encaissements réalisés sur d'autres comptes. Toutefois, les huit tableaux qu'il verse aux débats ont été créés par le requérant et ne sont pas suffisants pour établir qu'il aurait d'une part encaissé un montant unique par opération de vente de la part de ses clients et d'autre part, qu'il aurait ensuite réparti ces encaissements vers d'autres comptes personnels.

10. Si le requérant soutient également, par son mémoire en réplique, que les factures d'achats démontrent sur l'exercice clos le 31 décembre 2015, l'acquisition de 201 stores et divers accessoires payés par 228 mandats et 18 chèques encaissés et pour l'exercice clos le 31 décembre 2016 l'acquisition de 362 stores et divers accessoires payés par 270 mandats cash et 28 chèques encaissés, il ne produit toutefois ni lesdites factures, ni les extraits des comptes bancaires retraçant ces encaissements.

11. Enfin, si M. C de Tréhervé soutient que le coefficient de marge brute ne repose sur aucune méthode de reconstitution, les extraits de publicité de solette qu'il vendrait sur Internet ne suffisent pas à établir le prix de vente des marchandises et par suite la marge brute qu'il pourrait être amené à réaliser sur un exercice. Dans ces conditions, il n'établit pas que le coefficient de marge brute calculée par l'administration fiscale au regard des montants de dépenses et de recettes constatés sur l'exercice 2016 et appliqué pour rétablir le chiffre d'affaires sur l'exercice 2017 serait erroné, alors qu'au surplus, il ne fournit aucun élément sur l'estimation de son chiffre d'affaires au titre de l'exercice 2017.

12. Dans ces conditions, et alors qu'il ne propose pas d'autre méthode que celle utilisée par l'administration fiscale, M. C de Tréhervé n'établit ainsi pas le caractère radicalement vicié de la méthode utilisée par l'administration fiscale pour reconstituer le chiffre d'affaires des exercices 2015, 2016 et 2017.

S'agissant de l'interprétation administrative de la loi fiscale :

13. Si M. C de Tréhervé demande l'application à son bénéfice, sur le fondement des dispositions de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales, des commentaires administratifs publiés sous les références " 4 G-2342 n° 9 et 10 - 1er Décembre 1976 ", toutefois de tels commentaires ne peuvent, en tout état de cause, plus être utilement invoqués depuis l'entrée en vigueur, le 12 septembre 2012, des commentaires administratifs publiés au Bulletin officiel des Finances Publiques, qui se sont substitués aux instructions administratives antérieures.

Sur les pénalités :

14. Aux termes de l'article 1728-1 du code général des impôts : " 1. Le défaut de production dans les délais prescrits d'une déclaration ou d'un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt entraîne l'application, sur le montant des droits mis à la charge du contribuable ou résultant de la déclaration ou de l'acte déposé tardivement, d'une majoration de : a. 10 % en l'absence de mise en demeure ou en cas de dépôt de la déclaration ou de l'acte dans les trente jours suivant la réception d'une mise en demeure, notifiée par pli recommandé, d'avoir à le produire dans ce délai ; b. 40 % lorsque la déclaration ou l'acte n'a pas été déposé dans les trente jours suivant la réception d'une mise en demeure, notifiée par pli recommandé, d'avoir à le produire dans ce délai ; (). ".

15. Il résulte de l'instruction que, sur le fondement du b) du 1° de l'article 1728 du code général des impôts, l'administration fiscale a assorti les cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu au titre des années 2016 et 2017 d'une pénalité de 40 % à raison de l'absence de dépôt des déclarations rectificatives relatives aux BIC malgré mise en demeure régulièrement notifiée le 7 septembre 2018.

16. En premier lieu, M. C de Tréhervé ne peut utilement invoquer, au soutien de sa critique de l'insuffisance de la motivation de la proposition de rectifications relative aux pénalités, les énonciations des commentaires administratifs publiés sous les références 132-3-81, dès lors que, d'une part, la proposition de rectification est suffisamment motivée et que d'autre part, les commentaires administratifs dont le requérant réclame l'application à son bénéfice n'existent pas sous ces références.

17. En second lieu, les stipulations de l'article 6 § 1 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales sont applicables à la contestation des majorations d'imposition prévues par l'article 1728 du code général des impôts, qui ont le caractère d'accusation en matière pénale. Les dispositions de l'article 1728 proportionnent les pénalités à l'importance des impositions éludées.

18. Le juge de l'impôt, après avoir exercé son plein contrôle sur les faits invoqués et la qualification retenue par l'administration, décide, dans chaque cas, selon les résultats de ce contrôle, soit de maintenir la majoration effectivement encourue au taux prévu par la loi, sans pouvoir moduler celui-ci pour tenir compte de la gravité de la faute commise par le contribuable, soit de ne laisser à la charge du contribuable que les intérêts de retard. Les stipulations du § 1 de l'article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne l'obligent pas à procéder différemment.

19. En conséquence de cette reconstitution, l'administration fiscale a constaté que le chiffre d'affaires franchi était, à la clôture de l'exercice 2015, supérieur au seuil du régime de la micro-entreprise prévu par l'article 50-0 du code général des impôts. Elle a déduit qu'à compter de l'exercice 2016, M. C de Tréhervé devait être placé sous le régime réel simplifié d'imposition en matière de bénéfices industriels et commerciaux l'obligeant à déposer des déclarations annuelles rectificatives. Par lettre du 31 août 2018, il a été mis en demeure de déposer ces déclarations relatives aux bénéfices réalisés au titre des années 2016 et 2017. Dès lors qu'il n'y a pas déféré, l'administration fiscale a procédé à l'évaluation d'office de son imposition sur le revenu au titre des années 2016 et 2017 en application de l'article L. 73 du livre des procédures fiscales.

20. M. C de Tréhervé ne conteste pas n'avoir pas déféré à la mise en demeure du 31 août 2019 de déposer les déclarations rectificatives de bénéfices industriels et commerciaux au titre des exercices clos le 31 décembre 2016 et le 31 décembre 2017. Dans ces conditions, M. C de Tréhervé n'est pas fondé à soutenir que les dispositions de l'article 1728 du code général des impôts fondant les pénalités auxquelles il a été assujetti devraient être écartées au motif qu'elles seraient incompatibles avec les stipulations de l'article 6 § 1 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

21. Enfin, si M. C de Tréhervé demande l'application à son bénéfice, sur le fondement des dispositions de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales, des commentaires administratifs publiés sous les références " 13 C-1611 n° 1 et 2 du 1er avril 1995 ", toutefois de tels commentaires ne peuvent, en tout état de cause, plus être utilement invoqués depuis l'entrée en vigueur, le 12 septembre 2012, des commentaires administratifs publiés au Bulletin officiel des Finances Publiques, qui se sont substitués aux instructions administratives antérieures.

22. Il résulte de ce qui précède que M. C de Tréhervé n'est fondé à réclamer, ni sur le terrain de la loi, ni sur celui de la doctrine, la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu mises à sa charge, ainsi que des pénalités y afférentes, au titre des années 2016 et 2017.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. C de Tréhervé est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C de Tréhervé et à la directrice régionale des finances publiques des Pays de la Loire et du département de la Loire-Atlantique.

Délibéré après l'audience du 9 décembre 2022, à laquelle siégeaient :

M. Livenais, président,

M. Huin, premier conseiller.

Mme Thierry, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 décembre 2022.

Le rapporteur,

F. A

Le président,

Y. LIVENAIS

La greffière,

C. MICHAULT

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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