vendredi 27 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-1914235 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | WAN AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés le 25 décembre 2019, le 2 septembre 2022 et le 26 octobre 2022, M. A B, représenté par Me Oliel, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales et des contributions de taxe sur les plus-values immobilières auxquelles il a été assujetti au titre de l'année 2015, ainsi que des majorations correspondantes ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la procédure d'imposition est entachée d'irrégularité au regard des dispositions de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales ; il n'a pas reçu la proposition de rectification du 21 novembre 2017 ; l'administration n'établit pas que la signature figurant sur l'avis de réception postal daté du 28 novembre 2017 qu'elle produit serait la sienne ; la proposition de rectification n'est pas suffisamment motivée et comporte des informations erronées ;
- il est fondé à se prévaloir, sur le fondement de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales, des énonciations des commentaires administratifs publiés sous la référence BOI-CF-IOR-10-30 n° 10, n° 120 et n° 150 ;
- si l'acte de vente du bien immobilier dont il était propriétaire, situé à Saint-Biez-en-Belin, mentionne que la cession relevait de l'exonération de plus-value prévue par les dispositions de l'article 150 U, II, 1° du code général des impôts, cette mention résulte d'une erreur matérielle commise par son notaire ;
- il remplissait les conditions pour bénéficier de l'exonération de plus-value de cession prévue par l'article 150 U, II, 1° bis du code général des impôts et a sollicité le bénéfice de cette exonération dans le délai de réclamation ;
- l'administration fiscale l'a mis en demeure de déclarer la plus-value de cession réalisée et de s'acquitter des impositions dues à raison de cette plus-value avant même l'expiration du délai de vingt-quatre mois suite à la vente de son bien immobilier pour remployer le prix de cession dans l'acquisition de sa résidence principale, ce qui ne lui a pas permis de procéder à ce réinvestissement ;
- l'administration fiscale ne pouvait lui opposer les énonciations des commentaires administratifs publiés sous la référence BOI-RFPI-PVI-10-40-30 n° 350, qui ajoutent à la loi et sont illégales ;
- l'administration fiscale ne pouvait soumettre la plus-value réalisée lors de la cession de son bien immobilier à l'impôt sur le revenu et aux contributions sociales au titre de l'année 2015, au cours de laquelle la cession est intervenue, cette plus-value n'étant imposable qu'au titre de l'année au cours de laquelle le délai de vingt-quatre mois dont il disposait pour procéder au remploi du prix de cession dans l'acquisition de sa résidence principale a expiré, soit au titre de l'année 2017, ainsi que le prévoient les dispositions de l'article 150 U, II, 1° bis du code général des impôts.
Par un mémoire en défense enregistré le 11 février 2020, la directrice régionale des finances publiques des Pays de la Loire et du département de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C,
- les conclusions de M. Vauterin, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B a entendu bénéficier d'une exonération d'imposition de la plus-value réalisée à l'occasion de la cession, intervenue par un acte du 24 septembre 2015, du bien immobilier dont il était propriétaire situé à Saint-Biez-en-Belin (Sarthe). L'administration fiscale a toutefois estimé que l'intéressé ne pouvait bénéficier d'une telle exonération sur la plus-value de cession sur le fondement des dispositions du 1° du II de l'article 150 U du code général des impôts, applicables à la plus-value réalisée lors de la cession d'un logement qui constitue la résidence principale du cédant, au motif qu'il déclarait auprès d'elle une domiciliation à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), et que le logement cédé ne pouvait être regardé comme constituant sa résidence principale. Elle l'a, dans ces conditions, mis en demeure de produire une déclaration de plus-value de cessions immobilières par un courrier du 8 novembre 2016. En réponse à cette mise en demeure, M. B a indiqué à l'administration fiscale, par un courrier du 8 décembre 2016, qu'il entendait bénéficier de l'exonération prévue par les dispositions du 1° bis du II de l'article 150 U du code général des impôts, applicable à la plus-value réalisée lors de la première cession d'un logement lorsque le propriétaire remploie une partie du prix de cession dans l'acquisition de son habitation principale. Estimant qu'il n'avait pas manifesté, dès la cession de son bien, son intention de bénéficier de l'application de ces dernières dispositions, l'administration fiscale lui a adressé, le 5 janvier 2017, une nouvelle mise en demeure de produire une déclaration de plus-value de cessions immobilières. M. B ayant déclaré, le 23 janvier 2017, qu'il n'avait réalisé aucune plus-value imposable, elle lui a alors notifié, par une proposition de rectification du 21 novembre 2017 et selon la procédure de taxation d'office, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales ainsi que des cotisations de taxe sur les plus-values immobilières au titre de l'année 2015, assorties des intérêts de retard et de la majoration de 40 % prévue par le b) du 1 de l'article 1728. Les réclamations présentées par M. B en vue de contester ces impositions ont été rejetées par deux décisions des 14 juin 2018 et 10 décembre 2019. Par sa requête, M. B demande la décharge des impositions supplémentaires auxquelles il a été assujetti au titre de l'année 2015.
Sur les conclusions aux fins de décharge des impositions :
En ce qui concerne la régularité de la procédure d'imposition :
S'agissant de l'application de la loi fiscale :
2. Aux termes de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales : " L'administration adresse au contribuable une proposition de rectification qui doit être motivée de manière à lui permettre de formuler ses observations ou de faire connaître son acceptation. () ". Et aux termes de l'article L. 76 du même livre : " Les bases ou éléments servant au calcul des impositions d'office et leurs modalités de détermination sont portées à la connaissance du contribuable trente jours au moins avant la mise en recouvrement des impositions. () ".
3. D'une part, M. B ne peut utilement se prévaloir des dispositions de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales, applicables aux procédures de rectification contradictoires, dès lors que les impositions litigieuses ont été prononcées à l'issue d'une procédure de taxation d'office.
4. D'autre part, il résulte de l'instruction que l'administration fiscale a notifié à M. B une proposition de rectification du 21 novembre 2017, qui comporte la mention de l'ensemble des éléments servant de base au calcul des impositions supplémentaires auxquelles il a été assujetti. L'administration fait valoir que cette proposition de rectification a été réceptionnée par l'intéressé le 28 novembre 2017, soit plus de trente jours avant la mise en recouvrement des impositions litigieuses, intervenue le 16 janvier 2018, et produit, afin d'en justifier, l'avis de réception du pli contenant la proposition de rectification libellé au nom de M. B, mentionnant l'adresse de l'intéressé au 13, rue Gaston Dourdin à Saint-Denis (93 200) et revêtu d'une signature manuscrite. Si le requérant conteste avoir réceptionné ce pli, il n'apporte aucun élément de nature à démontrer qu'il ne l'aurait pas effectivement réceptionné, et n'établit pas, même à considérer qu'il ne soit pas le signataire de l'avis de réception, que celui-ci n'aurait pas eu qualité pour le recevoir. Par suite, M. B doit être regardé comme ayant été rendu destinataire des éléments d'information prévus par l'article L. 76 du livre des procédures fiscales dans le délai fixé par ces dispositions.
S'agissant de l'interprétation de la loi fiscale :
5. M. B ne peut utilement invoquer les commentaires administratifs publiés sous la référence BOI-CF-IOR-10-30 n° 10, n° 120 et n° 150, dès lors que ces instructions, relatives à la procédure d'imposition, n'entrent pas dans le champ d'application de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales.
En ce qui concerne le bien-fondé de l'imposition :
6. Aux termes de l'article 150 U du code général des impôts, dans sa rédaction applicable : " I. - () les plus-values réalisées par les personnes physiques () lors de la cession à titre onéreux de biens immobiliers bâtis ou non bâtis ou de droits relatifs à ces biens, sont passibles de l'impôt sur le revenu dans les conditions prévues aux articles 150 V à 150 VH. / II. - Les dispositions du I ne s'appliquent pas aux immeubles, aux parties d'immeubles ou aux droits relatifs à ces biens : 1° Qui constituent la résidence principale du cédant au jour de la cession ; / 1° bis Au titre de la première cession d'un logement, y compris ses dépendances immédiates et nécessaires au sens du 3° si leur cession est simultanée à celle dudit logement, autre que la résidence principale, lorsque le cédant n'a pas été propriétaire de sa résidence principale, directement ou par personne interposée, au cours des quatre années précédant la cession. / L'exonération est applicable à la fraction du prix de cession défini à l'article 150 VA que le cédant remploie, dans un délai de vingt-quatre mois à compter de la cession, à l'acquisition ou la construction d'un logement qu'il affecte, dès son achèvement ou son acquisition si elle est postérieure, à son habitation principale. En cas de manquement à l'une de ces conditions, l'exonération est remise en cause au titre de l'année du manquement () ". Aux termes de l'article 150 VG du même code : " () III. - Lorsque la plus-value est exonérée en application du II des articles 150 U et 150 UA () aucune déclaration ne doit être déposée (). L'acte de cession soumis à la formalité fusionnée ou présenté à l'enregistrement précise, sous peine de refus de dépôt ou de la formalité d'enregistrement, la nature et le fondement de cette exonération (). ". Aux termes de l'article 41 duovicies-0 H de l'annexe III à ce code : " I. - Pour l'application du 1° bis du II de l'article 150 U du code général des impôts, l'acte constatant la cession à titre onéreux d'un logement au titre de laquelle le bénéfice de l'exonération est demandé mentionne : / 1° L'identité du bénéficiaire de l'exonération ; / 2° Les droits du bénéficiaire sur le prix de cession ; / 3° La fraction du prix de cession correspondant à ses droits, que le bénéficiaire destine au remploi à l'acquisition ou la construction d'un logement affecté à sa résidence principale ; / 4° Le montant de la plus-value exonérée./ II. - Les mentions prévues au I sont portées distinctement pour chaque bénéficiaire de l'exonération ".
7. D'une part, il résulte de l'instruction que, selon les termes de l'acte de vente du 24 septembre 2015, M. B entendait bénéficier de l'exonération prévue par le 1° du II de l'article 150 U du code général des impôts, applicable à la plus-value réalisée lors de la cession d'un logement qui constitue la résidence principale du cédant. Il est toutefois constant que le bien en cause ne constituait pas la résidence principale de l'intéressé et que celui-ci ne pouvait, par suite, bénéficier d'une exonération de la plus-value réalisée à l'occasion de sa cession sur le fondement de ces dispositions.
8. D'autre part, M. B soutient que la mention du 1° du II de l'article 150 U du code général des impôts résulte d'une erreur commise par le notaire chargé de l'établissement de l'acte de vente et qu'il entendait, dès la cession de son bien, bénéficier de l'exonération prévue par le 1° bis du II de ces dispositions, applicable à la plus-value réalisée lors de la première cession d'un logement lorsque le propriétaire remploie une partie du prix de cession dans l'acquisition de son habitation principale. Il est toutefois constant que l'acte de vente du 24 septembre 2015 ne se réfère pas à ces dispositions et ne mentionne pas l'ensemble des informations prévues par l'article 41 duovicies-0 H de l'annexe III au code général des impôts. M. B ne peut, dès lors, être regardé comme ayant manifesté son intention, dès la cession de son bien, de bénéficier de l'application du 1° bis du II de l'article 150 U du code général des impôts. Il ne pouvait, dans ces conditions, revendiquer le bénéfice de ces dispositions postérieurement à cette cession. Il en résulte que l'administration fiscale pouvait, à bon droit, refuser d'examiner s'il remplissait les conditions pour bénéficier de cette exonération et se prononcer sur le seul fondement du 1° du II de l'article 150 U du code général des impôts, le requérant n'étant à ce titre pas fondé à soutenir qu'elle aurait, à tort, fait application des énonciations des commentaires administratifs publiés sous la référence BOI-RFPI-PVI-10-40-30, paragraphe n° 350, qui, au demeurant, n'ajoutent pas à la loi fiscale.
9. Enfin, dès lors que le refus d'accorder à M. B le bénéfice de l'exonération d'imposition en cause est fondé sur les dispositions du 1° du II de l'article 150 U du code général des impôts, le requérant ne peut utilement soutenir qu'en application du 1° bis au II de cet article, l'exonération devrait être remise en cause, non au titre de l'année au cours de laquelle la cession est intervenue, mais au titre de celle au cours de laquelle l'absence de remploi du prix de cession a été constatée.
10. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins de décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales et des cotisations de taxe sur les plus-values immobilières auxquelles M. B a été assujetti au titre de l'année 2015, ainsi que des majorations correspondantes, doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante à la présente instance, la somme demandée par M. B au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la directrice régionale des finances publiques des Pays de la Loire et du département de la Loire-Atlantique.
Délibéré après l'audience du 5 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
M. Livenais, président,
Mme Rosemberg, première conseillère,
Mme Thierry, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 27 janvier 2023.
La rapporteure,
V. C
Le président,
Y. LIVENAIS
Le greffier,
E. LE LUDEC
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
5
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026