vendredi 16 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2001145 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP BONDIGUEL & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 28 janvier 2020 et le 16 novembre 2022, M. et Mme B C, représentés par Me Bondiguel, demandent au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales mises à leur charge au titre des années 2014 et 2015, ainsi que des intérêts de retard correspondants ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- l'administration fiscale a manqué à son devoir de loyauté au cours du contrôle ;
- la méthode employée par l'administration fiscale pour mettre à leur charge les impositions litigieuses est viciée, dans la mesure où elle a pris en compte les revenus perçus à titre personnel par M. C au titre de l'activité de la société Netsol Qualeco, sans les diminuer des charges qu'il a exposées dans l'intérêt de cette société ;
- les justificatifs complémentaires qu'ils produisent permettent d'établir les charges exposées dans l'intérêt de la société Netsol Qualeco, et devant venir en déduction des produits perçus par M. C, à hauteur de 33 874 euros au titre de l'année 2014 et 60 247 euros au titre de l'année 2015 ;
- l'administration fiscale s'est fondée à tort sur les dispositions du c) de l'article 111 du code général des impôts, dans la mesure où il n'est pas établi que M. C aurait bénéficié d'un avantage occulte, ni que les sommes perçues porteraient sa rémunération à un niveau excessif ;
- les impositions litigieuses ont été mises à leur charge en méconnaissance de l'article 12 du code général des impôts et de l'article 1er du premier protocole à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense enregistré le 9 juin 2020, la directrice régionale des finances publiques des Pays de la Loire et du département de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme D,
- les conclusions de M. Vauterin, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. B C, qui exerçait une activité de travaux de maçonnerie et de gros œuvre à titre individuel sous l'enseigne Netsol, a poursuivi l'exercice de son activité à compter du mois de mars 2014 au sein de la société Qualeco, créée avec sa fille et dont il est devenu le gérant au mois de décembre 2014, la société étant alors renommée Netsol Qualeco. M. et Mme C ont fait l'objet d'un examen contradictoire de leur situation fiscale personnelle au titre des années 2014 et 2015, au cours duquel l'administration fiscale a estimé que M. C avait perçu, sur ses comptes personnels, des recettes professionnelles issues de l'activité de la société Netsol Qualeco qui n'avaient pas été déclarés au titre de l'impôt sur les sociétés auquel cette société était soumise, représentant des avantages occultes au sens du c) de l'article 111 du code général des impôts, constitutifs de revenus distribués imposables à l'impôt sur le revenu dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers. Par une proposition de rectification du 11 septembre 2017, le service a par conséquent notifié à M. et Mme C des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales au titre des années 2014 et 2015, assorties des intérêts de retard et de la majoration de 40 % pour manquement délibéré prévue par l'article 1729 du code général des impôts. Suite au recours hiérarchique formé par les intéressés, et au regard des éléments tendant à démontrer le montant des frais par ailleurs exposés à titre personnel dans le cadre de l'activité de la société Netsol Qualeco produits à cette occasion, l'administration fiscale a admis de réduire le montant des impositions ainsi mises à leur charge, ce dont elle les a informés par un courrier du 17 mai 2018. Elle a par ailleurs partiellement fait droit, par une décision du 18 novembre 2019, à la réclamation préalable présentée par M. et Mme C le 29 mai 2019, en tant qu'elle portait sur l'application de la majoration pour manquement délibéré. Par leur requête, M. et Mme C demandent la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales mises à leur charge au titre des années 2014 et 2015, ainsi que des intérêts de retard correspondants.
Sur les conclusions aux fins de décharge des impositions :
En ce qui concerne la régularité de la procédure d'imposition :
2. Le caractère contradictoire que doit revêtir l'examen contradictoire de la situation fiscale personnelle d'un contribuable au regard de l'impôt sur le revenu en vertu des articles L. 47 à L. 50 du livre des procédures fiscales, interdit au vérificateur d'adresser la notification de redressement qui, selon l'article L. 48 du même livre, marquera l'achèvement de son examen, sans avoir au préalable engagé un dialogue contradictoire avec le contribuable sur les points qu'il envisage de retenir.
3. Il résulte de l'instruction que, suite à la notification de l'avis relatif à l'ouverture de l'examen de la situation fiscale personnelle dont M. et Mme C ont fait l'objet le 20 janvier 2017, les intéressés ont été reçus par le service à l'occasion de deux entretiens les 10 mars et 30 mai 2017. Ils ont en outre été convoqués à un entretien supplémentaire le 31 mars 2017, auquel ils ne se sont toutefois pas présentés, sans signaler leur indisponibilité. Par ailleurs, l'administration a adressé à M. et Mme C, par un courrier du 1er juin 2017, une demande d'éclaircissement faisant état des constatations effectuées à partir de l'examen des relevés de leurs comptes bancaires, à laquelle ils ont au demeurant répondu le 26 juillet 2017. La proposition de rectification qui leur a été adressée le 11 septembre 2017 est ainsi intervenue à l'issue de ces échanges contradictoires, les requérants ne faisant état d'aucun élément de nature à justifier des dépenses qu'ils auraient personnellement exposées dans l'intérêt de la société Netsol Qualeco au cours de la période en litige, et qui auraient dû venir en déduction des revenus perçus à ce titre, que l'administration fiscale aurait refusé d'examiner, celle-ci ayant, au demeurant, admis de prendre en compte les dépenses dont M. et Mme C entendaient ainsi se prévaloir à l'occasion de leur recours hiérarchique. Par ailleurs, les requérants, dont il résulte de l'instruction qu'ils ont été dûment informés de la possibilité de se faire assister d'un conseil au cours du contrôle, ne justifient pas d'une maîtrise insuffisante de la langue française dont l'administration fiscale n'aurait pas tenu compte, et qui ne leur aurait pas permis, comme ils le soutiennent, de présenter utilement leurs observations ainsi que les éléments justificatifs nécessaires à l'appui de leurs allégations. Dans ces conditions, M. et Mme C ne sont, en tout état de cause, pas fondés à soutenir que l'administration fiscale aurait méconnu son devoir de loyauté dans les échanges menés au cours de l'examen de leur situation fiscale personnelle dont ils ont fait l'objet.
En ce qui concerne le bien-fondé de l'imposition :
4. Aux termes de l'article 109 du code général des impôts : " 1. Sont considérés comme revenus distribués : 1° Tous les bénéfices ou produits qui ne sont pas mis en réserve ou incorporés au capital () ". Et aux termes de l'article 111 de ce code : " Sont notamment considérés comme revenus distribués : () / c. Les rémunérations et avantages occultes () ".
5. En premier lieu, il résulte de l'instruction qu'au cours de l'examen de la situation fiscale personnelle de M. et Mme C, l'administration fiscale a constaté qu'au titre des années 2014 et 2015, les intéressés avaient encaissé sur leurs comptes bancaires personnels les sommes respectives de 263 151,91 euros et 418 096,65 euros correspondant, selon les propres déclaration de M. C, à des recettes professionnelles procurées par l'activité de la société Netsol Qualeco, dont il était gérant et associé. Elle a par ailleurs pris en compte, au vu des pièces produites par les intéressés à l'appui de leur recours hiérarchique, les dépenses exposées depuis leurs comptes personnels pour l'exercice de l'activité de cette société, qu'elle a imputées sur les sommes ainsi encaissées à hauteur de 85 561 euros en 2014 et 149 867 euros en 2015. L'administration fiscale a pu, par suite, à bon droit, estimer que M. C avait effectivement disposé du surplus des sommes encaissées, et qu'il avait ainsi bénéficié d'avantages occultes au sens du c) de l'article 111 du code général des impôts, la circonstance que ces sommes aient ou non été enregistrées dans la comptabilité de la société étant au demeurant sans incidence à cet égard. M. et Mme C ne sont, en outre, pas fondés à soutenir que l'administration fiscale, qui n'était pas tenue, pour ce faire, de procéder à la reconstitution de la comptabilité de la société Netsol Qualeco, n'aurait pas évalué, de manière fiable, le montant des revenus ainsi perçus.
6. En deuxième lieu, M. et Mme C soutiennent que le montant des charges personnellement exposées au cours des années 2014 et 2015 dans le cadre de l'activité de la société Netsol Qualeco retenu par l'administration fiscale n'a pas été correctement évalué et doit prendre en compte les sommes supplémentaires de 33 874 euros en 2014 et 60 247 euros en 2015. Toutefois, l'administration fiscale fait valoir que les factures, relevés de comptes bancaires et copie de chèques de banque produits dans le cadre de la présente instance lui ont, pour l'essentiel, déjà été transmis à l'occasion du recours hiérarchique, et ont dans ces conditions, été pris en compte pour déterminer le montant des revenus distribués à M. C au cours de cette période et mettre à la charge des intéressés les impositions supplémentaires litigieuses. En outre, certaines des dépenses dont entendent se prévaloir les requérants, justifiées par des relevés de comptes bancaires, ne sont assorties d'aucune facture permettant d'attester de ce qu'elles auraient été exposées dans le cadre de l'activité de la société Netsol Qualeco. Enfin, l'administration fiscale fait valoir, sans être contredite, que, suite au recours hiérarchique présenté par les intéressés, elle a pris en compte le montant total des charges qu'ils indiquaient avoir exposées dans ce cadre à hauteur de 85 561 euros en 2014 et 149 867 euros en 2015, alors que les justificatifs produits ne portaient que sur des montants respectifs de 47 972 euros et 98 766 euros. Dans ces conditions, M. et Mme C n'établissent pas le caractère excessif des impositions supplémentaires mises à leur charge.
7. En troisième et dernier lieu, dès lors qu'ainsi qu'il vient d'être dit, l'administration justifie que M. C a effectivement bénéficié des sommes en cause, qui lui ont été distribuées par la société Netsol Qualeco, le moyen tiré de ce que les impositions litigieuses auraient été mises à la charge des requérants en méconnaissance de l'article 12 du code général des impôts et de l'article 1er du premier protocole à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en l'absence de preuve de la distribution ne peut, en tout état de cause, qu'être écarté.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins de décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés et de contributions sociales mises à la charge de M. et Mme C, ainsi que des majorations correspondantes, doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par M. et Mme C au titre des frais exposés et non compris dans les dépens
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C, à Mma Leyla C et à la directrice régionale des finances publiques des Pays de la Loire et du département de la Loire-Atlantique.
Délibéré après l'audience du 25 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Livenais, président,
Mme Rosemberg, première conseillère,
M. Huin, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 16 décembre 2022.
La rapporteure,
V. D
Le président,
Y. LIVENAIS
Le greffier,
E. LE LUDEC
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
5
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026