vendredi 31 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2002773 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | FIDAL NANTES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés le 10 mars 2020, le 5 août 2022 et le 16 janvier 2023, la société par actions simplifiée (SAS) Ancenis Distribution, représentée par Me Harivel et Me Gobin, demande au tribunal :
1°) à titre principal, de prononcer la réduction, à due concurrence d'une somme de
54 514 euros, des cotisations primitives de taxe sur les surfaces commerciales qu'elle a acquittées au titre de l'année 2017 à raison de l'établissement qu'elle exploite sur le territoire de la commune d'Ancenis-Saint-Géréon (Loire-Atlantique) ;
2°) à titre subsidiaire, de prononcer la réduction desdites impositions à hauteur de la différence entre la somme des cotisations de taxe sur les surfaces commerciales acquittées pour cet établissement et pour l'établissement qu'elle exploite par ailleurs sur le territoire de la commune d'Ancenis-Saint-Géréon pour l'exercice d'une activité de vente de vêtements, et le montant de taxe dont elle aurait dû s'acquitter si ces deux établissements avaient été regardés comme constituant un établissement unique ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'assiette de la taxe sur les surfaces commerciales à laquelle elle a été assujettie devait être déterminée en tenant compte du seul chiffre d'affaires de l'hypermarché qu'elle exploite sur le territoire de la commune d'Ancenis-Saint-Géréon ;
- l'hypermarché et le " drive " qu'elle exploite constituent des établissements distincts au sens des dispositions de la loi n° 72-657 du 13 juillet 1972, de l'article 1er du décret n° 95-85 du 26 janvier 1995 et de la documentation administrative référencée BOI-TFP-TSC, paragraphe n° 40 ; s'ils disposent d'une même adresse postale, ils sont situés sur des parcelles cadastrales différentes, sont séparés par une voie de circulation, disposent de voies d'accès distinctes et sont exploités de façon indépendante ; la surface commerciale qu'elle exploite pour la vente de vêtements, situés à proximité immédiate de ces locaux, fait elle-même l'objet d'une imposition distincte ;
- le " drive " ne dispose d'aucune surface de vente au détail et n'est pas assujetti à la taxe sur les surfaces commerciales ;
- elle est fondée à se prévaloir, sur le fondement de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales, de la réponse ministérielle au député Gosselin du 24 février 2015 (AN, n° 70363) ;
- si le tribunal devait considérer que l'hypermarché et le " drive " constituent un établissement unique, il conviendrait de rattacher à cet établissement la surface commerciale qu'elle exploite par ailleurs pour la vente de vêtements, qui est située à proximité.
Par un mémoire en défense enregistré le 21 août 2020, la directrice régionale des finances publiques des Pays de la Loire et du département de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- la loi n° 72-657 du 13 juillet 1972 ;
- le décret n° 95-85 du 26 janvier 1995 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- les conclusions de M. Vauterin, rapporteur public,
- et les observations de Me Harivel, représentant la SAS Ancenis Distribution.
Considérant ce qui suit :
1. La SAS Ancenis Distribution qui exploite, sous l'enseigne " E. Leclerc ", un hypermarché ainsi qu'un point de retrait des commandes effectuées à distance (" drive ") sur le territoire de la commune d'Ancenis-Saint-Géréon (Loire-Atlantique), a été assujettie à la taxe sur les surfaces commerciales à raison de ces locaux au titre de l'année 2017, conformément à la déclaration qu'elle avait souscrite. Elle a toutefois présenté, le 27 décembre 2019, une réclamation préalable, au motif que le " drive " devait être regardé comme un établissement distinct de l'hypermarché, n'entrant pas dans le champ de la taxe sur les surfaces commerciales. L'administration ayant rejeté sa réclamation le 9 janvier 2020, la SAS Ancenis Distribution demande au tribunal de prononcer la réduction, à due concurrence d'une somme de 54 514 euros, des cotisations primitives de taxe sur les surfaces commerciales qu'elle a acquittées au titre de l'année 2017.
Sur les conclusions aux fins de réduction des impositions :
En ce qui concerne l'application de la loi fiscale :
2. Aux termes de l'article 3 de la loi n° 72-657 du 13 juillet 1972 : " Il est institué une taxe sur les surfaces commerciales assise sur la surface de vente des magasins de commerce de détail, dès lors qu'elle dépasse 400 mètres carrés des établissements ouverts à partir du 1er janvier 1960 quelle que soit la forme juridique de l'entreprise qui les exploite. Ne sont pas considérés comme magasins de commerce de détail les établissements de commerce de gros dont la clientèle est composée de professionnels pour les besoins de leur activité ou de collectivités. Lorsque ces établissements réalisent à titre accessoire des ventes à des consommateurs pour un usage domestique, ces ventes constituent des ventes au détail qui sont soumises à la taxe dans les conditions de droit commun. / Toutefois, le seuil de superficie de 400 mètres carrés ne s'applique pas aux établissements contrôlés directement ou indirectement par une même personne et exploités sous une même enseigne commerciale lorsque la surface de vente cumulée de l'ensemble de ces établissements excède 4 000 mètres carrés. / La surface de vente des magasins de commerce de détail, prise en compte pour le calcul de la taxe, et celle visée à l'article L. 720-5 du code de commerce, s'entendent des espaces affectés à la circulation de la clientèle pour effectuer ses achats, de ceux affectés à l'exposition des marchandises proposées à la vente, à leur paiement, et de ceux affectés à la circulation du personnel pour présenter les marchandises à la vente. / La surface de vente des magasins de commerce de détail prise en compte pour le calcul de la taxe ne comprend que la partie close et couverte de ces magasins. (). Aux termes de l'article 1er du décret n° 95-85 du 26 janvier 1995 : " Pour l'application de la loi du 13 juillet 1972 susvisée, l'établissement s'entend de l'unité locale où s'exerce tout ou partie de l'activité d'une entreprise. Lorsque plusieurs locaux d'une même entreprise sont groupés en un même lieu comportant une adresse unique ou sont assujettis à une même taxe professionnelle, ils constituent un seul établissement. () ".
3. En premier lieu, il résulte de l'instruction que l'hypermarché et le " drive " exploités par la SAS Ancenis Distribution sur le territoire de la commune d'Ancenis-Saint-Géréon sont situés à la même adresse et ont été assujettis, au titre de l'année 2017, à une seule cotisation foncière des entreprises. Ces activités sont, au demeurant, exploitées sous une enseigne commune et ont été déclarées auprès du centre de formalité des entreprises comme relevant d'un seul établissement, disposant par suite d'un seul numéro SIRET. Ainsi, quand bien même l'activité de " drive " disposerait de ses propres moyens d'exploitation et ferait l'objet d'une gestion opérationnelle distincte de celle de l'hypermarché, les deux structures faisaient partie, au titre de l'année d'imposition litigieuse, d'une même unité locale au sens et pour l'application de l'article 1er du décret du 26 janvier 1995 précité, et constituaient un seul établissement. C'est par suite à bon droit que l'administration fiscale a pris en compte le chiffre d'affaires global réalisé par la SAS Ancenis Distribution au titre de ces deux activités pour mettre à sa charge les cotisations de taxe sur les surfaces commerciales en litige.
4. En deuxième lieu, la société requérante ne peut en outre utilement soutenir que le " drive " ne comporte aucune surface de vente accessible à la clientèle, dès lors qu'il ne résulte pas de l'instruction que l'administration fiscale aurait assujetti à ladite taxe la surface du " drive ".
5. En troisième lieu, si la SAS Ancenis Distribution soutient que la surface commerciale qu'elle exploite pour la vente de vêtements, située à proximité immédiate de l'hypermarché et du " drive ", a fait l'objet d'impositions distinctes au titre de l'année 2017, cette circonstance est sans incidence sur le bien-fondé des cotisations de taxe sur les surfaces commerciales litigieuses afférentes à ces deux activités. La société requérante ne démontre pas, en outre, que cette surface de vente, qui est située à une adresse différente et a été assujettie à une cotisation foncière des entreprises distincte, devrait être regardée comme relevant du même établissement que celui constitué par l'hypermarché et le " drive ", et que le montant des cotisations de taxe sur les surfaces commerciales litigieuses excèderait de ce fait le montant qui serait dû dans l'hypothèse, qu'au demeurant la société requérante n'a pas invoquée dans le cadre de sa réclamation préalable, où la taxe sur les surfaces commerciales en cause aurait comme assiette la surface de vente combinée de l'hypermarché et du " drive " ainsi que cette surface commerciale spécialisée dans la vente de vêtements..
En ce qui concerne l'interprétation de la loi fiscale :
6. Aux termes de l'article L 80 A du livre des procédures fiscales : " Il ne sera procédé à aucun rehaussement d'impositions antérieures si la cause du rehaussement poursuivi par l'administration est un différend sur l'interprétation par le redevable de bonne foi du texte fiscal et s'il est démontré que l'interprétation sur laquelle est fondée la première décision a été, à l'époque, formellement admise par l'administration. / Lorsque le redevable a appliqué un texte fiscal selon l'interprétation que l'administration avait fait connaître par ses instructions ou circulaires publiées et qu'elle n'avait pas rapportée à la date des opérations en cause, elle ne peut poursuivre aucun rehaussement en soutenant une interprétation différente. () "
7. Si la SAS Ancenis Distribution entend se prévaloir du paragraphe 40 de la documentation administrative de base référencée BOI-TFP-TSC, ainsi que de la réponse ministérielle au député Gosselin du 24 février 2015, elle n'a fait l'objet d'aucun rehaussement d'imposition et n'est par suite pas fondée à invoquer à ce titre les dispositions de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales. Au demeurant, ces énonciations ne comportent pas d'interprétation de la loi fiscale différente de celle dont il est fait application par le présent jugement.
8. Il résulte de tout ce qui précède que la SAS Ancenis Distribution n'est pas fondée à demander la réduction des cotisations de taxe sur les surfaces commerciales qu'elle a acquittées au titre de l'année 2017.
Sur les frais liés au litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par la SAS Ancenis Distribution au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SAS Ancenis Distribution est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SAS Ancenis Distribution et à la directrice régionale des finances publiques des Pays de la Loire et du département de la Loire-Atlantique.
Délibéré après l'audience du 10 mars 2023, à laquelle siégeaient :
M. Livenais, président,
Mme Rosemberg, première conseillère,
M. Huin, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 31 mars 2023.
La rapporteure,
V. A
Le président,
Y. LIVENAIS
Le greffier,
E. LE LUDEC
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
5
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026