jeudi 9 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2003265 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | Président 5 |
| Avocat requérant | RODRIGUES DEVESAS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 18 mars 2020, M. A D, représenté par Me Stéphanie Rodrigues Devesas, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions des 14 mars et 27 juin 2018 par lesquelles le préfet de la Loire-Atlantique lui a refusé l'échange de son permis de conduire contre un permis de conduire français ;
2°) d'enjoindre à cette autorité de procéder à l'échange de son permis de conduire dans un délai de 8 jours à compter du jugement à intervenir et sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros à verser à Me Rodrigues Devesas en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- les décisions attaquées ont été signées par une autorité qui n'était pas habilitée à cette fin ;
- elles sont entachées d'erreur manifeste d'appréciation et d'erreur de droit.
Par un mémoire, enregistré le 27 octobre 2020, le préfet de la Loire-Atlantique demande au tribunal de rejeter les conclusions présentées par M. D.
Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
L'aide juridictionnelle totale a été accordée à M. D par une décision du 7 août 2019 de la section administrative du bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de Nantes.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la route ;
- le décret n° 2004-374 du 29 avril 2004 ;
- l'arrêté du 12 janvier 2012 fixant les conditions de reconnaissance et d'échange des permis de conduire délivrés par les Etats n'appartenant ni à l'Union européenne, ni à l'Espace économique européen ;
- le code de justice administrative ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et le décret n° 91-1266 du 19 décembre 1991.
Le président du tribunal a désigné M. David Labouysse, premier conseiller, pour statuer sur les litiges mentionnés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour et de l'heure de l'audience.
Le rapport de M. F a été entendu au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 26 janvier 2023 à partir de 11h00.
Considérant ce qui suit :
1. M. A D est un ressortissant syrien qui est né le 24 juillet 1976. Il séjourne en France au moyen d'un titre de séjour qui lui a été délivré en qualité de bénéficiaire de l'asile. Il a, le 30 octobre 2017, sollicité l'échange de son permis de conduire syrien contre un permis de conduire français. Cette demande a été rejetée par une décision du 14 mars 2018 prise par le préfet de la Loire-Atlantique. Le recours gracieux formé contre cette décision a également été rejeté, le 27 juin 2018. M. D demande l'annulation de ces décisions.
2. En premier lieu, d'une part, dans le cadre de conventions de délégations de gestion en matière d'échange de permis de conduire signées le 5 septembre 2017 entre le préfet de la Loire-Atlantique et les préfets de départements, publiées au recueil des actes administratifs de la préfecture de Loire-Atlantique du 5 octobre 2017, les demandes d'échange de permis de conduire étrangers contre des permis français sont instruites, depuis le mois de septembre de l'année 2017, par le centre d'expertise et de ressources titres (CERT) de Nantes sous l'autorité du préfet de la Loire Atlantique, à l'exception de celles dont les demandeurs résident à Paris. D'autre part, par un arrêté du 17 septembre 2019 publié le même jour au recueil des actes administratifs de la préfecture de la Loire-Atlantique, la préfète de ce département a donné délégation de signature à Mme B E, directrice du CERT de Nantes, pour statuer sur les demandes d'échange de permis de conduire étrangers. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision du 14 mars 2018, signée au nom de la préfète de la Loire-Atlantique par Mme E, aurait été prise par une autorité qui n'était pas habilitée à cette fin doit être écarté.
3. En second lieu, l'article R. 222-3 du code de la route dispose que : " Tout permis de conduire national, en cours de validité, délivré par un Etat ni membre de l'Union européenne, ni partie à l'accord sur l'Espace économique européen, peut être reconnu en France () Les conditions de cette reconnaissance et de cet échange sont définies par arrêté () ". Pour l'application de ces dispositions, l'article 7 de l'arrêté du 12 janvier 2012 fixant les conditions de reconnaissance et d'échange des permis de conduire délivrés par les Etats n'appartenant ni à l'Union européenne, ni à l'Espace économique européen dispose : " A. - Avant tout échange, l'autorité administrative compétente s'assure de l'authenticité du titre de conduite () / B. - Pour vérifier l'authenticité du titre de conduite, l'autorité administrative compétente sollicite, le cas échéant, l'aide d'un service spécialisé dans la détection de la fraude documentaire. / C. - Si l'authenticité du titre de conduite est établie, celui-ci peut être échangé sous réserve de satisfaire aux autres conditions. / () / E. - Si le caractère frauduleux du titre est établi, l'échange n'a pas lieu et le titre est retiré par l'autorité administrative compétente, qui saisit le procureur de la République en le lui transmettant ".
4. Il ressort de la lecture de la décision attaquée que l'échange sollicité a été refusé au motif que le permis de conduire syrien produit par M. D constituait une falsification dès lors qu'il ne répondait pas aux caractéristiques principales de fabrication et de sécurisation des permis de conduire syriens.
5. La décision attaquée et le mémoire en défense précisent conjointement les raisons pour lesquelles le permis de conduire syrien produit par M. D a été considéré comme contrefait. A été produit à l'instance le rapport d'examen technique de ce permis, établi le 6 février 2018 par la division de l'expertise en fraude documentaire et à l'identité au sein du ministère de l'intérieur. Ce rapport mentionne que "le permis de conduire syrien est un support en papier falsifié, le document étudié présente une plastification découpée et décollée au niveau de la photographie" et qu'"un double cachet présent sur la photographie démontre une substitution de la photographie". En conclusion, le rapport énonce que le permis de conduire syrien produit par M. D "est falsifié par substitution de la photographie".
6. Le requérant précise que son permis de conduire correspond à l'ancien modèle de permis de conduire délivré par les autorités syriennes, le nouveau modèle ayant été mis en place postérieurement à sa fuite de Syrie. Cependant, alors notamment que la division de l'expertise en fraude documentaire et à l'identité au sein du ministère de l'intérieur a procédé à une comparaison entre son permis et le modèle correspondant, il n'explique pas en quoi cette circonstance aurait une incidence sur l'appréciation qui a été portée en l'espèce sur l'authenticité de son permis de conduire. M. D explique que le décollement de la photographie procède de l'action de ses enfants, mais, outre qu'elle n'est assortie d'aucun commencement de justification, cette allégation n'est pas crédible dès lors qu'il ressort des investigations menées par la division de l'expertise en fraude documentaire et à l'identité au sein du ministère de l'intérieur, sur lesquelles s'est appuyé le préfet de la Loire-Atlantique, que la photographie apposée sur le permis de conduire est décollée, que des tâches sont apparues sur celle-ci, que le tampon des autorités officielles apparaît en décalage tant sur la photographie que sur le support et que, sous ce tampon, la trace d'un autre cachet apparaît. Enfin, la circonstance que la même photographie de l'intéressé est apposée sur son passeport, son visa et son titre de séjour, est, par elle-même, sans incidence sur l'appréciation qui a été portée en l'espèce sur l'authenticité de son permis de conduire. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée est entachée d'erreur de droit et d'erreur d'appréciation.
7. En dernier lieu, la décision attaquée du 27 juin 2018 rejetant le recours gracieux contre la décision du 14 mars 2018 a été également signée par Mme B E, en qualité de directrice du CERT de Nantes. Compte tenu de ce qui a été dit au point 2, le moyen tiré de l'absence d'habilitation de cette autorité à signer cette décision doit, en tout état de cause, être écarté.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation des décisions des 14 mars et 27 juin 2018 refusant l'échange du permis de conduire de M. D doivent être rejetées. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique doivent être également rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : Les conclusions présentées par M. D sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A D, au ministre de l'intérieur et des outre-mer et à Me Stéphanie Rodrigues Devesas.
Une copie en sera adressée au préfet de la Loire-Atlantique.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 février 2023.
Le magistrat désigné,
D. FLa greffière,
V. MALINGRE
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
V. MALINGRE
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026