vendredi 28 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2003446 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | Magistrat : M. HUIN - R. 222-13 |
| Avocat requérant | SCP DELAFOND - LECHARTRE - GILET |
Vu la procédure suivante :
I, Par une requête et des mémoires, enregistrés le 10 mars 2020, le 19 janvier 2022 et 7 octobre 2022, sous le n° 2003446, Mme C D doit être regardée comme demandant au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler les avis de sommes à payer émis le 27 février 2020 par le département de la Mayenne en vue du recouvrement des sommes de 1 562,19 euros et 3 764,35 euros mises à sa charge au titre de deux indus de revenu de solidarité active pour les périodes de septembre 2017 à mai 2018 et juin 2018 à juin 2019 ;
2°) de lui accorder la remise gracieuse de ces indus.
Elle soutient qu'elle ne savait pas qu'il fallait déclarer les pensions de retraite perçues et qu'elle ne dispose que de 493 euros de ressources qui seront absorbées par son découvert et n'est pas en capacité de rembourser les indus.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 décembre 2021, le département de la Mayenne conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la requête est irrecevable en l'absence de recours administratif préalable obligatoire contre l'indu de revenu de solidarité active d'un montant de 3 764,35 euros ;
- les moyens soulevés par Mme D ne sont pas fondés.
II, Par une requête et un mémoire, enregistrés le 10 mars 2020, le 19 janvier 2022 et le 7 octobre 2022, sous le n° 2004461, Mme C D doit être regardée comme demandant au tribunal, dans le dernier état de ses écritures d'annuler les décisions du 24 février 2020 par lesquelles le directeur de la caisse d'allocations familiales de la Mayenne a refusé de lui accorder une remise gracieuse des indus de prime d'activité de 963,15 euros pour la période de septembre 2017 à mai 2018 et de 1 691,29 euros pour la période de mars 2018 à avril 2019, en ce qu'elles ne font pas droit à l'intégralité de sa demande et de lui accorder la remise totale de ces indus ou à défaut la remise partielle à hauteur de 50 % de ces indus.
Elle soutient qu'elle ne savait pas qu'il fallait déclarer les pensions de retraite perçues et qu'elle ne dispose que de 493 euros de ressources qui seront absorbées par son découvert et n'est pas en capacité de rembourser les indus.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 octobre 2021, la caisse d'allocations familiales de la Mayenne conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par Mme D ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Le rapporteur public ayant été, sur sa proposition, dispensé de prononcer ses conclusions sur cette affaire, en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. B a été entendu au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Les requêtes enregistrées sous les n°s 2003446 et 2004461 présentent à juger des questions semblables et ont fait l'objet d'une instruction commune. Par suite, il y a lieu de les joindre pour y statuer par un même jugement.
2. Mme D demande d'annuler d'une part, les avis de sommes à payer émis le 27 février 2020 par le département de la Mayenne en vue du recouvrement des sommes de 1 562,19 euros et 3 764,35 euros mises à sa charge au titre de deux indus de revenu de solidarité active pour les périodes de septembre 2017 à mai 2018 et juin 2018 à juin 2019 et d'autre part, les décisions du 24 février 2020 par lesquelles le directeur de la caisse d'allocations familiales de la Mayenne a refusé de lui accorder une remise gracieuse des indus de prime d'activité de 963,15 euros pour la période de septembre 2017 à mai 2018 et de 1 691,29 euros pour la période de mars 2018 à avril 2019, en ce qu'elles ne font pas droit à l'intégralité de sa demande.
Sur le bien-fondé de l'indu :
3. Aux termes de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un montant forfaitaire, a droit au revenu de solidarité active () ". Aux termes du deuxième alinéa de l'article L. 262-3 du même code : " L'ensemble des ressources du foyer, y compris celles qui sont mentionnées à l'article L. 132-1, est pris en compte pour le calcul du revenu de solidarité active () ". Le premier alinéa de l'article R. 262-6 du même code précise que : " Les ressources prises en compte pour la détermination du montant du revenu de solidarité active comprennent, sous les réserves et selon les modalités figurant au présent chapitre, l'ensemble des ressources, de quelque nature qu'elles soient, de toutes les personnes composant le foyer, et notamment les avantages en nature ainsi que les revenus procurés par des biens mobiliers et immobiliers et par des capitaux ".
4. Lorsque le recours dont il est saisi est dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu de revenu de solidarité active, il entre dans l'office du juge administratif d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige.
5. Il résulte de l'instruction qu'à la suite d'un contrôle de la part des services de la caisse d'allocations familiales de la Mayenne, il a été constaté des disparités entre les sommes déclarées par Mme D auprès de l'administration fiscale pour la période de septembre 2017 à juin 2019. Si Mme D soutient qu'elle ne savait pas que les sommes perçues au titre de pension de retraite et pension de réversion devaient être déclarées auprès de la caisse d'allocations familiales, cette circonstance n'est pas de nature à remettre en cause le bien-fondé des indus de revenu de solidarité active de 1 562, 19 euros et 3 764,35 euros dont le département de la Mayenne cherche à recouvrer par les deux avis de sommes à payer du 27 février 2020. Dans ces conditions, Mme D n'est pas fondée à demander l'annulation des avis de sommes à payer émis le 27 février 2020 par le département de la Mayenne en vue du recouvrement des sommes de 1 562, 19 euros et 3 764,35 euros mises à sa charge au titre de deux indus de revenu de solidarité active pour les périodes de septembre 2017 à mai 2018 et juin 2018 à juin 2019.
Sur les conclusions aux fins de remise gracieuse :
6. D'une part, Aux termes de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles, dans sa rédaction applicable au litige : " () La créance peut être remise ou réduite par le président du conseil général (), en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration ". D'autre part, aux termes de l'article L. 842-3 du code de la sécurité sociale : " La prime d'activité est égale à la différence entre : / 1° Un montant forfaitaire dont le niveau varie en fonction de la composition du foyer et du nombre d'enfants à charge, augmenté d'une fraction des revenus professionnels des membres du foyer, et qui peut faire l'objet d'une ou de plusieurs bonifications ; / 2° Les ressources du foyer () ". L'article R. 842-3 du même code dispose : " Le foyer mentionné au 1° de l'article L. 842-3 est composé : / 1° Du bénéficiaire ; / 2° De son conjoint, concubin, ou partenaire lié par un pacte civil de solidarité ; et / 3° Des enfants () ". A aux termes de l'article L. 842 4 du même code : " Les ressources mentionnées à l'article L. 842-3 prises en compte pour le calcul de la prime d'activité sont : 1° Les ressources ayant le caractère de revenus professionnels ou qui en tiennent lieu ; / 2° Les revenus de remplacement des revenus professionnels () ". Enfin, aux termes du dernier alinéa de l'article L. 845-3 du code de la sécurité sociale : " () / La créance [de prime d'activité] peut être remise ou réduite par l'organisme mentionné au premier alinéa du présent article, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration ". Il résulte de ces dispositions qu'un allocataire de la prime d'activité ne peut bénéficier d'une remise gracieuse de la dette résultant d'un paiement indu d'allocation, quelle que soit la précarité de sa situation, lorsque l'indu trouve sa cause dans une manœuvre frauduleuse de sa part ou dans une fausse déclaration, laquelle doit s'entendre comme désignant les inexactitudes ou omissions qui procèdent d'une volonté de dissimulation de l'allocataire caractérisant de sa part un manquement à ses obligations déclaratives.
7. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision rejetant une demande de remise gracieuse d'un indu de prime d'activité, il appartient au juge administratif d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise. Lorsque l'indu résulte de ce que l'allocataire a omis de déclarer certaines de ses ressources, il y a lieu, pour apprécier la condition de bonne foi de l'intéressé, hors les hypothèses où les omissions déclaratives révèlent une volonté manifeste de dissimulation ou, à l'inverse, portent sur des ressources dépourvues d'incidence sur le droit de l'intéressé à la prime d'activité ou sur leur montant, de tenir compte de la nature des ressources ainsi omises, de l'information reçue et de la présentation du formulaire de déclaration des ressources, du caractère réitéré ou non de l'omission, des justifications données par l'intéressé ainsi que de toute autre circonstance de nature à établir que l'allocataire pouvait de bonne foi ignorer qu'il était tenu de déclarer les ressources omises. A cet égard, si l'allocataire a pu légitimement, notamment eu égard à la nature du revenu en cause et de l'information reçue, ignorer qu'il était tenu de déclarer les ressources omises, la réitération de l'omission ne saurait alors suffire à caractériser une fausse déclaration.
8. Il résulte de ce qui a été dit au point 5 que les indus de revenu de solidarité active de 1 562,19 euros et 3 764,35 euros d'une part et de prime d'activité de 963,15 euros et de 1 691,29 euros pour les périodes de septembre 2017 à mai 2018 et mars 2018 à avril 2019 trouvent leur origine dans l'absence de déclaration par l'intéressée de la perception des pensions de retraite et pensions de réversion qu'elle touche. Si Mme D soutient qu'elle ne dispose que de 493 euros de ressources qui seront absorbées par son découvert et n'est pas en capacité de rembourser les indus, elle n'établit toutefois pas que les informations reçues en matière de déclaration trimestrielle de ressources auraient été insuffisantes alors en outre qu'elle n'a pas procédé à la déclaration de la pension de réversion perçue depuis 2013. Ainsi, en l'absence de toute justification avancée par la requérante celle-ci ne saurait être considérée comme étant de bonne foi. Par suite, il n'y a pas lieu de faire droit à ses conclusions tendant d'une part à l'annulation des décisions attaquées refusant d'accorder la remise totale des indus de revenu de solidarité active et de prime d'activité et d'autre part à la décharge totale des indus réclamés.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes 2003446 et 2004461 de Mme D sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C D, au département de la Mayenne et au ministre des solidarités, de l'autonomie et des personnes handicapées.
Copie sera transmise à la caisse d'allocations familiales de la Mayenne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 octobre 2022.
Le magistrat désigné,
F. B
La greffière,
C. MICHAULT
La République mande et ordonne au ministre des solidarités, de l'autonomie et des personnes handicapées et au préfet de la Mayenne en ce qui les concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
2, 2004461
Tribunal Administratif de Bordeaux — N° TA33-2604449
Le Tribunal administratif de Bordeaux, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, a rejeté la requête de M. A... B.... Ce dernier demandait, en pleine vague de chaleur et avant un rendez-vous médical, sa réintégration dans un hébergement d'urgence, invoquant une atteinte grave à ses libertés fondamentales (droit à l'hébergement, droit à la vie et à l'intégrité physique). Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas remplie ou que la demande était manifestement mal fondée, au vu des nombreux hébergements déjà proposés au requérant. La décision s'appuie sur les articles L. 345-2 et suivants du code de l'action sociale et des familles, qui garantissent l'accès à l'hébergement d'urgence, mais dont la carence n'a pas été caractérisée en l'espèce.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Rennes — N° TA35-2504730
Le Tribunal Administratif de Rennes a pris acte, par ordonnance du 1er juin 2026, du désistement pur et simple de Mme A... de son instance et de l'ensemble de ses conclusions. La requérante demandait initialement la condamnation de la commune de Rennes à l'indemniser de préjudices liés à une maladie professionnelle. Le tribunal, statuant sur le fondement de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, a donné acte de ce désistement et a rejeté les conclusions de la commune présentées au titre de l'article L. 761-1 du même code.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2520806
Le Tribunal Administratif de Nantes a rejeté la requête de Mme B... A... comme manifestement irrecevable. La requérante contestait le refus de la commission d’accès aux documents administratifs de lui communiquer le dossier personnel de son arrière-grand-père. Saisi en plein contentieux, le tribunal a constaté que la requête n'était pas accompagnée de la décision attaquée et que Mme B... A..., résidant en Algérie, n'avait pas élu domicile sur le territoire national comme l'exige l'article R. 431-8 du code de justice administrative. Malgré une demande de régularisation restée sans effet, ces vices n'ont pas été corrigés, justifiant le rejet sur le fondement de l'article R. 222-1 du même code.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2609206
Le Tribunal Administratif de Nantes, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, a rejeté la requête de M. A... qui demandait d’enjoindre au ministre de l’intérieur de lui délivrer un certificat d’immatriculation pour son véhicule. Le juge a estimé que la mesure sollicitée était manifestement irrecevable car elle aurait pour effet de faire obstacle à l’exécution de la décision administrative de refus d’immatriculation déjà prise. En conséquence, la requête a été rejetée sans instruction ni audience, en application de l’article L. 522-3 du même code.
01/06/2026