vendredi 17 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2003603 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | CABINET SJOA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 26 mars 2020 et le 10 février 2023,
M. A B, représenté par Me Delafuye, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des cotisations primitives d'impôt sur le revenu et de contributions sociales mises à sa charge au titre de l'année 2018 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il remplit les conditions posées par les dispositions du III de l'article 150 U et de l'article 244 bis A du code général des impôts ainsi que par les énonciations des commentaires administratifs publiés sous la référence BOI-RFPI-PVINR-10-10-20150701 pour bénéficier d'une exonération d'imposition sur la plus-value réalisée à l'occasion de la cession du bien immobilier dont il était propriétaire intervenue le 28 décembre 2018 ;
- l'acte de vente dudit bien fait référence à l'ensemble de ces dispositions ;
- l'administration fiscale a admis qu'il était éligible au bénéfice de l'exonération d'imposition ;
- elle a pris en compte, à tort, pour déterminer le montant de ses revenus imposables au titre de l'année 2016, les pensions privées ou de sécurité sociale qu'il a perçues et qui sont imposables à Madagascar, où il réside, ainsi que le prévoit la notice n° 2041-E-NOT ;
- il y a lieu de prendre en compte le revenu fiscal de référence, inférieur à 10 815 euros, mentionné l'avis d'imposition sur les revenus de l'année 2016, qui est devenu définitif.
Par un mémoire en défense enregistré le 11 juin 2020, la directrice régionale des finances publiques des Pays de la Loire et du département de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- la convention fiscale signée le 22 juillet 1983 entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République démocratique de Madagascar en vue d'éviter les doubles impositions, de prévenir l'évasion fiscale et d'établir des règles d'assistance administrative en matière fiscale ;
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C,
- les conclusions de M. Vauterin, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant français résidant à Madagascar, a déclaré, au titre de l'année 2018, une plus-value de cession immobilière d'un montant brut de 177 939 euros à raison de la vente, par un acte du 28 décembre 2018, d'un bien immobilier situé à Nantes (Loire-Atlantique) dont il était propriétaire. Estimant qu'il pouvait bénéficier de l'exonération d'imposition sur la plus-value de cession prévue par les dispositions du III de l'article 150 U du code général des impôts, il a toutefois sollicité, par deux réclamations préalables des 23 janvier 2019 et 30 décembre 2019, la restitution des cotisations primitives d'impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquelles il a été assujetti au titre de l'année 2018, à raison de ladite plus-value, à hauteur d'un montant de 68 571 euros. L'administration fiscale ayant refusé de faire droit à ses réclamations, M. B demande, par sa requête, la décharge desdites impositions.
Sur les conclusions aux fins de décharge des impositions litigieuses :
2. Aux termes de l'article 150 U du code général des impôts : " I. - Sous réserve des dispositions propres aux bénéfices industriels et commerciaux, aux bénéfices agricoles et aux bénéfices non commerciaux, les plus-values réalisées par les personnes physiques (), lors de la cession à titre onéreux de biens immobiliers bâtis ou non bâtis ou de droits relatifs à ces biens, sont passibles de l'impôt sur le revenu () / III. - Les dispositions du I ne s'appliquent pas aux plus-values réalisées par les titulaires de pensions de vieillesse ou de la carte " mobilité inclusion " portant la mention " invalidité " mentionnée à l'article L. 241-3 du code de l'action sociale et des familles qui, au titre de l'avant-dernière année précédant celle de la cession, ne sont pas passibles de l'impôt sur la fortune immobilière et dont le revenu fiscal de référence n'excède pas la limite prévue au I de l'article 1417, appréciés au titre de cette année. () ". Aux termes de l'article 1417 du même code, dans sa rédaction applicable à l'année 2016 : " I. - Les dispositions des articles 1391 et 1391 B, du 3 du II et du III de l'article 1411, des 1° bis, 2° et 3° du I de l'article 1414 sont applicables aux contribuables dont le montant des revenus de l'année précédant celle au titre de laquelle l'imposition est établie n'excède pas la somme de 10 815 €, pour la première part de quotient familial () / IV. - 1° Pour l'application du présent article, le montant des revenus s'entend du montant net après application éventuelle des règles de quotient définies à l'article 163-0 A des revenus et plus-values retenus pour l'établissement de l'impôt sur le revenu au titre de l'année précédente. / Ce montant est majoré : () / c) du montant des revenus () exonérés par application d'une convention internationale relative aux doubles impositions () ".
3. Par ailleurs, aux termes de l'article 4 A du même code : " Les personnes qui ont en France leur domicile fiscal sont passibles de l'impôt sur le revenu en raison de l'ensemble de leurs revenus. / Celles dont le domicile fiscal est situé hors de France sont passibles de cet impôt en raison de leurs seuls revenus de source française. ". Et aux termes de l'article 244 bis A du même code, dans sa version applicable au litige : " I. - 1. Sous réserve des conventions internationales, les plus-values, telles que définies aux e bis et e ter du I de l'article 164 B, réalisées par les personnes et organismes mentionnés au 2 du I lors de la cession des biens ou droits mentionnés au 3 sont soumises à un prélèvement selon les taux fixés au III bis. () / 2. Sont soumis au prélèvement mentionné au 1 : / a) Les personnes physiques qui ne sont pas fiscalement domiciliées en France au sens de l'article 4 B ; () / II. - Lorsque le prélèvement mentionné au I est dû par des contribuables assujettis à l'impôt sur le revenu, les plus-values sont déterminées selon les modalités définies : () / 2° Au III de l'article 150 U lorsqu'elles s'appliquent à des ressortissants d'un Etat membre de l'Union européenne ou d'un autre Etat partie à l'accord sur l'Espace économique européen ayant conclu avec la France une convention d'assistance administrative en vue de lutter contre la fraude et l'évasion fiscales. () ".
4. Enfin, aux termes de l'article 18 de la convention fiscale entre la France et Madagascar : " () les pensions et autres rémunérations similaires payées à un résident d'un Etat au titre d'un emploi antérieur ne sont imposables que dans cet Etat. ".
5. D'une part, il est constant que M. B, ressortissant français résidant à Madagascar, n'a pas son domicile fiscal en France. Il n'entre pas, dans ces conditions, dans le champ d'application du III de l'article 150 U du code général des impôts, applicable aux personnes ayant leur domicile fiscal en France, ni dans celui du 2° du II de l'article 244 bis A du même code, applicable aux ressortissants d'un Etat membre de l'Union européenne autre que la France ou d'un autre Etat partie à l'accord sur l'Espace économique européen ayant conclu avec la France une convention d'assistance administrative en vue de lutter contre la fraude et l'évasion fiscales. En outre, s'il invoque l'application de la tolérance prévue par les énonciations des commentaires administratifs publiés sous la référence BOI-RFPI-PVINR-10-10, paragraphe
n° 90, celles-ci s'appliquent uniquement aux ressortissants des Etats tiers. Par suite, et quand bien même l'acte de vente du 28 décembre 2018 se réfère à ces dispositions, le requérant ne peut utilement s'en prévaloir pour solliciter le bénéfice de l'exonération d'imposition qu'elles prévoient.
6. D'autre part, et au surplus, il résulte de l'instruction que M. B a déclaré, au titre de ses revenus de l'année 2016, avoir perçu des pensions de retraite pour un montant de 41 788 euros. Les revenus perçus par l'intéressé au titre de l'avant-dernière année précédant celle de la cession du bien immobilier à l'origine de la plus-value réalisée dépassaient ainsi, en tout état de cause, le plafond fixé au I de l'article 1417 du code général des impôts à prendre en compte pour l'application de l'exonération prévue par le III de l'article 150 U du même code, lesdits revenus devant, conformément au IV de l'article 1417, être pris en compte pour la détermination du revenu fiscal de référence, quand bien même ils sont imposables à Madagascar en application de l'article 18 de la convention fiscale entre la France et Madagascar, et ne figurent pas, de ce fait, sur l'avis d'imposition sur les revenus de l'année 2016 de l'intéressé.
7. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander la décharge des cotisations primitives d'impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquelles il a été assujetti au titre de l'année 2018.
Sur les frais liés au litige :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée M. B au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la directrice régionale des finances publiques des Pays de la Loire et du département de la Loire-Atlantique.
Délibéré après l'audience du 17 février 2023, à laquelle siégeaient :
M. Livenais, président,
Mme Rosemberg, première conseillère,
Mme Thierry, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 17 mars 2023.
La rapporteure,
V. C
Le président,
Y. LIVENAIS
Le greffier,
E. LE LUDEC
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
5
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026