vendredi 7 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2004687 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | LEFEUVRE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 4 mai 2020, la société civile immobilière (SCI) Vireva 2, représentée par Me Lefeuvre, demande au tribunal :
1°) la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés mises à sa charge au titre des exercices clos en 2015 et 2016 et des majorations correspondantes ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que l'administration fiscale n'apporte pas la preuve, qui lui incombe, de l'absence de contrepartie à la non-perception des loyers qui lui étaient dus par la société Avexa et à l'absence de rémunération des prêts en avance de compte-courant d'associé qu'elle a consentie à Mme B et, ainsi, ne justifie pas de l'existence d'un acte anormal de gestion.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 septembre 2020, la directrice régionale des finances publiques des Pays de la Loire et du département de la Loire-Atlantique conclut :
1°) au non-lieu à statuer à hauteur du dégrèvement prononcé en cours d'instance ;
2°) au rejet du surplus de la requête.
Elle fait valoir que :
- par décision du 23 septembre 2020, elle a accordé à la société requérante un dégrèvement des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés mises à la charge de l'intéressée au titre de l'année 2015, à hauteur de la somme de 1 984 euros, en droits et en pénalités, de sorte que la requête est devenue sans objet dans cette mesure ;
- les moyens soulevés par la SCI Vireva 2 ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Huin,
- les conclusions de M. Vauterin, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A B est gérante associée à hauteur de 90 % de la société civile immobilière (SCI) Vireva 2, dont l'activité est la location d'immeubles nus et le siège est situé à 29 boulevard Guist'hau à Nantes (Loire-Atlantique) et qui a opté pour la taxation de ses résultats à l'impôt sur les sociétés. La SCI Vireva 2 a fait l'objet d'une vérification de comptabilité portant sur la période du 1er janvier 2015 au 31 décembre 2017 étendue au 30 juin 2018 en matière de taxe sur la valeur ajoutée. Aux termes de ce contrôle, l'administration fiscale a, par proposition de rectification du 12 décembre 2018, notifié à la SCI Vireva 2 des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés au titre des exercices clos en 2015, 2016 et 2017. Ces impositions supplémentaires, après le rejet, intervenu le 27 février 2019, des observations présentées par la SCI Vireva 2 le 11 février 2019, ont été mises en recouvrement le 25 mai 2019 et le 11 juillet 2019, respectivement pour l'exercice clos en 2015 d'une part et les exercices clos en 2016 et 2017 d'autre part. La réclamation préalable de la société, tendant à la décharge de ces rehaussements, au titre des exercices clos en 2015 et 2016 a été partiellement admise par décision du 2 mars 2020. Par sa requête, la SCI Vireva 2 demande au tribunal de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés en litige demeurant à sa charge, soit les sommes de 7 873 euros au titre de l'année 2015 et 719 euros au titre de l'année 2016.
Sur l'étendue du litige :
2. Il résulte de l'instruction que l'administration fiscale a prononcé, au cours de l'instance, par une décision du 20 septembre 2020, le dégrèvement partiel des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés mises à la charge de la société requérante au titre de l'année 2015, à hauteur, en droits et pénalités, de la somme de 1 984 euros. Les conclusions de la SCI Vireva 2 sont donc, dans cette mesure, devenues sans objet de sorte qu'il n'y a pas lieu d'y statuer.
Sur les conclusions à fin de décharge des impositions litigieuses :
3. Pour procéder aux rehaussements d'impôt sur les sociétés litigieux, l'administration fiscale a estimé, d'une part que la SCI Vireva 2 avait renoncé à percevoir les loyers provenant de la location de biens lui appartenant à la société Avexa sur la période janvier-juin 2015 et que, cette renonciation à recettes étant accordée sans contrepartie, elle était ainsi constitutive d'un acte anormal de gestion. D'autre part, l'administration fiscale a constaté qu'à la clôture des exercices 2015 et 2016, le compte courant d'associé de Mme B au sein de la SCI Vireva 2 était débiteur, caractérisant ainsi une avance consentie par la société à sa gérante et associée majoritaire, celle-ci l'ayant été sans intérêt de rémunération et sans avantage retiré par la société, ce qui caractériserait également l'existence d'un acte anormal de gestion.
4. En vertu des dispositions combinées des articles 38 et 209 du code général des impôts, le bénéfice imposable à l'impôt sur les sociétés est celui qui provient des opérations de toute nature faites par l'entreprise, à l'exception de celles qui, en raison de leur objet ou de leurs modalités, sont étrangères à une gestion normale. Constitue un acte anormal de gestion l'acte par lequel une entreprise décide de s'appauvrir à des fins étrangères à son intérêt. Les renonciations à recettes et abandons de créances consentis par une entreprise au profit d'un tiers ne relèvent pas, en règle générale, d'une gestion commerciale normale, sauf s'il apparaît qu'en consentant de tels avantages, l'entreprise a agi dans son propre intérêt. S'il appartient à l'administration d'apporter la preuve des faits sur lesquels elle se fonde pour estimer que les avantages octroyés par une entreprise à un tiers constituent un acte anormal de gestion, elle est réputée apporter cette preuve dès lors que cette entreprise n'est pas en mesure de justifier qu'elle a bénéficié en retour de contreparties. Dans l'hypothèse où l'entreprise s'acquitte de cette obligation, il incombe ensuite à l'administration d'apporter la preuve que cet avantage est, contrairement à ce que soutient l'entreprise, dépourvu de contrepartie, qu'il a une contrepartie dépourvue d'intérêt pour l'entreprise ou que la rémunération de cette contrepartie est excessive.
S'agissant de la renonciation à percevoir les loyers dus par la société Avexa :
5. Il résulte de la proposition de rectification que la SCI Vireva 2 a donné à bail, à compter du 13 juin 2006 et pour une durée de 9 années, à la société Axeva, dirigée par Mme B, des locaux sis 30 avenue Camus à Nantes où la société locataire y a installé son siège social. Le loyer annuel a été fixé dans la convention de bail commercial à 31 800 euros HT soit un loyer mensuel de 2 650 euros. Le bail n'a pas été dénoncé et la société Axeva n'a procédé au déménagement de son siège social qu'à compter du 1er janvier 2016. Il est constant que la SCI Vireva 2 n'a pas perçu les loyers pour la période de janvier 2015 aux termes du bail soit le 12 juin 2015, renonçant à percevoir des recettes en résultant. Si la société requérante soutient que la facturation éventuelle des loyers impliquait la constatation d'une provision pour dépréciation de créances et une perte définitive constatée comptablement et fiscalement déductible, une telle circonstance ne saurait être regardée comme constituant une quelconque contrepartie qui lui aurait permis, dans le cadre d'une gestion commerciale normale, de renoncer ainsi à la perception des loyers. En outre, ainsi que le précise l'administration fiscale, la SCI Vireva 2 n'a pas usé des droits et pouvoirs conférés par le bail conclu en 2009 en vue de percevoir les loyers dus auprès de la société Avexa. Enfin, la circonstance, à la supposée établie, que cette société était en difficulté et n'occupait pas l'intégralité des locaux loués n'a pas pour effet de justifier l'absence de contrepartie à la non perception des loyers. Dans ces conditions, l'administration fiscale apporte la preuve, qui lui incombe, de l'existence d'un acte anormal de gestion constitué par la renonciation à la perception des loyers en cause et pouvait ainsi à bon droit réintégrer dans les bases imposables à l'impôt sur les sociétés le montant des loyers non perçus sur la période janvier à juin 2015.
S'agissant des intérêts financiers :
6. La société requérante, qui ne conteste pas la qualification retenue par l'administration fiscale d'acte anormal de gestion caractérisé par l'absence de perception de sa part d'intérêts rémunérant l'avance en compte courant d'associé qu'elle a consentie à Mme B, se borne à soutenir que le taux appliqué par le service lui parait manifestement excessif. Toutefois, elle n'apporte aucun élément de nature à établir ce caractère excessif alors que le service s'est fondé sur le taux moyen de référence appliqué en matière de déductibilité des intérêts affectés aux prêts accordés en compte courant, prévu par les dispositions du 3° du 1 de l'article 39 du code général des impôts.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin de décharge présentées par la SCI Vireva 2 doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à la SCI Vireva 2 la somme que celle-ci réclame au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer, à hauteur de la somme de 1 984 euros, sur les conclusions aux fins de décharge présentées par la SCI Vireva 2.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de la SCI Vireva 2 est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société civile immobilière Vireva 2 et à la directrice régionale des finances publiques des Pays de la Loire et du département de la Loire-Atlantique.
Délibéré après l'audience du 16 juin 2023, à laquelle siégeaient :
M. Livenais, président,
Mme Rosemberg, première conseillère,
M. Huin, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 juillet 2023.
Le rapporteur,
F. HUIN
Le président,
Y. LIVENAIS
Le greffier,
E. LE LUDEC
La République mande et ordonne ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026