vendredi 31 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2005017 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP TEN FRANCE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 19 mai 2020, la société par actions simplifiée (SAS) Dynalec Dist, représentée par Me Aide, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires de taxe sur les surfaces commerciales qu'elle a acquittées au titre des années 2015, 2016, 2017 et 2018 à raison de l'établissement qu'elle exploite sur le territoire de la commune de Cholet (Maine-et-Loire) ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- il ressort de l'article 3 de la loi n° 72-657 du 13 juillet 1972, de l'article 1er du décret n° 95-85 du 26 janvier 1995 et de la documentation administrative référencée BOI-TFP-TSC du 6 mai 2015, paragraphe n° 40, que les conditions d'application de la taxe sur les surfaces commerciales s'apprécient au niveau de chaque établissement et non de l'entreprise ;
- le magasin et la station-service qu'elle exploite sur le territoire de la commune de Cholet constituent deux établissements distincts, qui sont situés sur des parcelles différentes, présentent des adresses et des numéros d'invariant distincts et ne forment pas une unité économique ; au demeurant, un ensemble commercial peut être composé de plusieurs établissements, ainsi que le prévoit l'article L. 752-3 du code de commerce ;
- la station-service, qui ne comporte pas de bâtiment clos, couvert et ouvert au public, n'entre pas dans le champ d'application de la taxe sur les surfaces commerciales.
Par un mémoire en défense enregistré le 26 août 2020, la directrice régionale des finances publiques des Pays de la Loire et du département de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- la loi n° 72-657 du 13 juillet 1972 ;
- le décret n° 95-85 du 26 janvier 1995 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- les conclusions de M. Vauterin, rapporteur public,
- et les observations de Me Aide, représentant la SAS Dynalec Dist.
Considérant ce qui suit :
1. La SAS Dynalec Dist exploite, sous l'enseigne " E. Leclerc ", un hypermarché et une station-service sur le territoire de la commune de Cholet (Maine-et-Loire). Elle a fait l'objet d'une vérification de comptabilité, à l'occasion de laquelle l'administration fiscale a remis en cause les éléments déclarés pour le calcul de la taxe sur les surfaces commerciales due à raison de son établissement au titre des années 2015, 2016, 2017 et 2018, l'intéressée n'ayant pas pris en compte le chiffre d'affaires procuré par l'exploitation de la station-service. Par une proposition de rectification du 31 octobre 2018, le service lui a en conséquence notifié des cotisations supplémentaires de taxe sur les surfaces commerciales au titre de ces quatre années. Sa réclamation préalable ayant été rejetée le 24 mars 2020, la SAS Dynalec Dist demande au tribunal de prononcer la décharge desdites impositions.
Sur les conclusions aux fins de réduction des impositions :
En ce qui concerne l'application de la loi fiscale :
2. Aux termes de l'article 3 de la loi n° 72-657 du 13 juillet 1972 : " Il est institué une taxe sur les surfaces commerciales assise sur la surface de vente des magasins de commerce de détail, dès lors qu'elle dépasse 400 mètres carrés des établissements ouverts à partir du 1er janvier 1960 quelle que soit la forme juridique de l'entreprise qui les exploite. Ne sont pas considérés comme magasins de commerce de détail les établissements de commerce de gros dont la clientèle est composée de professionnels pour les besoins de leur activité ou de collectivités. Lorsque ces établissements réalisent à titre accessoire des ventes à des consommateurs pour un usage domestique, ces ventes constituent des ventes au détail qui sont soumises à la taxe dans les conditions de droit commun. / Toutefois, le seuil de superficie de 400 mètres carrés ne s'applique pas aux établissements contrôlés directement ou indirectement par une même personne et exploités sous une même enseigne commerciale lorsque la surface de vente cumulée de l'ensemble de ces établissements excède 4 000 mètres carrés. / La surface de vente des magasins de commerce de détail, prise en compte pour le calcul de la taxe, et celle visée à l'article L. 720-5 du code de commerce, s'entendent des espaces affectés à la circulation de la clientèle pour effectuer ses achats, de ceux affectés à l'exposition des marchandises proposées à la vente, à leur paiement, et de ceux affectés à la circulation du personnel pour présenter les marchandises à la vente. /La surface de vente des magasins de commerce de détail prise en compte pour le calcul de la taxe ne comprend que la partie close et couverte de ces magasins. () / Si ces établissements, à l'exception de ceux dont l'activité principale est la vente ou la réparation de véhicules automobiles, ont également une activité de vente au détail de carburants, l'assiette de la taxe comprend en outre une surface calculée forfaitairement en fonction du nombre de position de ravitaillement dans la limite de 70 mètres carrés par position de ravitaillement ". Aux termes de l'article 1er du décret n° 95-85 du 26 janvier 1995 : " Pour l'application de la loi du 13 juillet 1972 susvisée, l'établissement s'entend de l'unité locale où s'exerce tout ou partie de l'activité d'une entreprise. Lorsque plusieurs locaux d'une même entreprise sont groupés en un même lieu comportant une adresse unique ou sont assujettis à une même taxe professionnelle, ils constituent un seul établissement. () ".
3. En premier lieu, il résulte de l'instruction que si l'hypermarché et la station-service sont situés à des adresses et sur des parcelles distinctes, et disposent de numéros d'invariant et des parcelles cadastrales différentes, ces parcelles sont situées à proximité immédiate au sein dans la même zone commerciale. En outre, la SAS Dynalec Dist exploite ces activités sous une enseigne commune, et les a déclarées auprès du centre de formalité des entreprises comme relevant d'un seul établissement, disposant par suite d'un seul numéro SIRET. Enfin, la société requérante n'a été assujettie, au titre des années en litige, qu'à une seule cotisation foncière des entreprises pour ces deux activités. Dans ces conditions, l'hypermarché et la station-service exploités par la SAS Dynalec Dist constituent, pour l'application de la taxe sur les surfaces commerciales, un unique établissement au sens des dispositions précitées.
4. En second lieu, il résulte des dispositions précitées de l'article 3 de la loi du 13 juillet 1972 que l'assiette de la taxe sur les surfaces commerciales comprend, pour les magasins de commerce en détail exerçant également une activité de vente au détail de carburants, une surface calculée forfaitairement en fonction du nombre de positions de ravitaillement, dans la limite de 70 mètres carrés par position de ravitaillement. Contrairement à ce que soutient la SAS Dynalec Dist, ces dispositions n'excluent pas de la surface à prendre en compte à ce titre les locaux qui ne seraient pas bâtis, clos, couverts ou ouverts au public. La requérante n'est, par suite, pas fondée à soutenir que la surface affectée à la station-service ne pourrait être prise en compte pour le calcul de la taxe sur les surfaces commerciales.
En ce qui concerne l'interprétation de la loi fiscale :
5. Aux termes de l'article L 80 A du livre des procédures fiscales : " Il ne sera procédé à aucun rehaussement d'impositions antérieures si la cause du rehaussement poursuivi par l'administration est un différend sur l'interprétation par le redevable de bonne foi du texte fiscal et s'il est démontré que l'interprétation sur laquelle est fondée la première décision a été, à l'époque, formellement admise par l'administration. / Lorsque le redevable a appliqué un texte fiscal selon l'interprétation que l'administration avait fait connaître par ses instructions ou circulaires publiées et qu'elle n'avait pas rapportée à la date des opérations en cause, elle ne peut poursuivre aucun rehaussement en soutenant une interprétation différente. () "
6. Si la SAS Dynalec Dist entend se prévaloir du paragraphe 40 de la documentation administrative de base référencée BOI-TFP-TSC dans sa version du 6 mai 2015, elle n'a fait l'objet d'aucun rehaussement d'imposition et n'est par suite pas fondée à invoquer à ce titre les dispositions de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales. Au demeurant, ces énonciations ne comportent pas d'interprétation de la loi fiscale différente de celle dont il est fait application par le présent jugement.
7. Il résulte de tout ce qui précède que la SAS Dynalec Dist n'est pas fondée à demander la décharge des cotisations supplémentaires de taxe sur les surfaces commerciales qu'elle a acquittées au titre des années 2015, 2016, 2017 et 2018.
Sur les frais liés au litige :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la SAS Dynalec Dist demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SAS Dynalec Dist est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SAS Dynalec Dist et à la directrice régionale des finances publiques des Pays de la Loire et du département de la Loire-Atlantique.
Délibéré après l'audience du 10 mars 2023, à laquelle siégeaient :
M. Livenais, président,
Mme Rosemberg, première conseillère,
M. Huin, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 31 mars 2023.
La rapporteure,
V. A
Le président,
Y. LIVENAIS
Le greffier,
E. LE LUDEC
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
5
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026