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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2005428

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2005428

mercredi 21 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2005428
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation2ème Chambre
Avocat requérantARMEN - NANTES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 5 juin 2020 et 5 janvier 2021, le centre hospitalier universitaire de Nantes et la SA MMA IARD, représentés par Me Oger, demandent au tribunal :

1°) de condamner la SARL Dextran Metrologie à verser au centre hospitalier universitaire de Nantes une somme de 7 786,18 euros ;

2°) de condamner la SARL Dextran Metrologie à verser à la SA MMA IARD une somme de 36 266,09 euros ;

3°) de mettre à la charge de la SARL Dextran Metrologie une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- la société Dextran Metrologie a commis une faute de nature à engager sa responsabilité en ne ré-activant pas l'alarme liée à la chambre froide de la pharmacie de centre hospitalier Laennec après son intervention ;

- la SA MMA IARD subrogée dans les droits du CHU de Nantes a droit au paiement de la somme de 36 266,09 euros versée à son assuré en indemnisation du montant total des médicaments perdus à hauteur de 44 052,27 euros ;

- le CHU de Nantes a droit au paiement d'une somme de 7 786,18 euros correspondant au découvert de garantie ;

Par des mémoires en défense, enregistrés les 22 juillet 2020 et 22 décembre 2021, la SARL Dextran Metrologie, représentée par Me Vernhet, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge du CHU de Nantes et de la SA MMA IARD au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir qu'aucun des moyens invoqués par les requérants n'est fondé.

Vu les pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. A,

- les conclusions de M. Dias, rapporteur public,

- et les observations de Me Blanc, substituant Me Oger, avocat du CHU de Nantes et de la SA MMA IARD.

Considérant ce qui suit :

1. La société Dextran Metrologie s'est vu confier par la centrale d'achat du GCS (Groupement de Coopération Sanitaire) UNI-HA la réalisation de prestations de contrôles métrologiques d'équipements de laboratoires auprès de différents centres hospitaliers. Dans le cadre de ce marché, le centre hospitalier universitaire (CHU) de Nantes a sollicité la société Dextran Metrologie le 12 juillet 2016 afin de procéder à l'étalonnage des sondes de température sur le site du centre hospitalier Laënnec, y compris la sonde de la chambre froide de conservation des produits pharmaceutiques. La société Dextran Metrologie est ainsi intervenue le

14 décembre 2016. Entre le 3 et le 4 janvier 2017, une disjonction au niveau de la centrale de production de froid de la chambre froide de la pharmacie a provoqué un arrêt total de la production de froid entraînant une perte de médicaments pour un montant estimé à 44 052,27 euros.

Le 4 décembre 2017, la société MMA IARD a indemnisé le CHU de Nantes à hauteur de

36 266,09 euros, déduction faite d'une franchise de 7 786,18 euros. Par leur requête, le CHU de Nantes et la société MMA IARD subrogée dans cette mesure dans les droits du CHU de Nantes demandent au tribunal de condamner la société Dextran Metrologie à leur verser respectivement les sommes de 7 786,18 euros et 36 266,09 euros en réparation du préjudice subi du fait de la perte des médicaments.

Sur les conclusions indemnitaires :

2. Il résulte de l'instruction que, suite à la demande d'intervention du CHU de Nantes auprès de la société Dextran Metrologie le 12 juillet 2016, les fiches de procédure à suivre pour intervention sur une sonde numérique Labguard 2 du type de celles équipant la chambre froide de la pharmacie de l'hôpital Laennec a été communiquée le 22 septembre 2016 à un technicien de la société Dextran Metrologie qui en a accusé réception. La procédure décrite indique au préalable une désactivation des alarmes pour chaque sonde vérifiée avant une remise en fonctionnement pour chaque émetteur concerné par l'intervention. Il résulte de l'instruction, notamment d'un procès-verbal de constat d'huissier du 8 février 2017, lequel peut être pris en considération par le tribunal au même titre que les autres pièces du dossier en dépit de ce qu'il n'a pas été rendu contradictoirement, que lors de l'intervention de la société Dextran Metrologie le

14 décembre 2016, l'alarme de la chambre froide de la pharmacie de l'hôpital Laennec a été " supprimée " sans ensuite être réactivée conformément à cette procédure. La désactivation de cette alarme n'a pas permis le maintien de la température en deçà de 8°C, entraînant une perte de médicaments pour un montant non contesté de 44 052,27 euros. Si la société Dextran fait valoir que cette perte est due à la coupure d'électricité, il résulte de l'instruction qu'une fois la montée de température constatée, le groupe froid de la chambre froide de la pharmacie a pu immédiatement être remis en marche et les produits non perdus du fait de cette montée en température ont pu être transférés dans d'autres chambres froides. En outre, si la société Dextran Metrologie fait valoir que les stipulations applicables au marché litigieux ne prévoyaient pas expressément la manipulation du système informatique et la désactivation des alarmes, il apparaît qu'une telle intervention était toutefois indispensable à la réalisation de ses prestations. Enfin, si la société Dextran Metrologie fait valoir que le service informatique du CHU aurait dû vérifier si les alarmes avaient été réactivées à l'issue de l'intervention de son technicien, compte tenu de la transmission au prestataire de la procédure à suivre pour assurer l'étalonnage des sondes, laquelle n'a donné lieu à aucune réserve, ce service du centre hospitalier n'était tenu que de s'assurer du bon accès de l'intervenant à ses installations informatiques pour la réalisation de ses prestations.

3. Il résulte de ce qui précède que, dès lors que la désactivation procède du technicien de la société Dextran Metrologie, à qui un code de désactivation et de réactivation des alarmes avait été transmis par le service informatique du CHU, les requérants sont fondés à soutenir que le préjudice subi du fait de la perte de médicaments ainsi occasionnée trouve son origine directe dans une faute imputable à la seule société titulaire du marché dont le technicien n'a pas appliqué la procédure qui avait pourtant été transmise en amont à cette société. Contrairement à ce que fait valoir la société Dextran Metrologie, la société MMA IARD justifie avoir versé au CHU de Nantes la somme de 36 266,09 euros en application du contrat d'assurance conclu avec cet établissement. Dès lors, il y a lieu de condamner cette société à verser une somme de 36 266,09 euros à la société MMA IARD et une somme de 7 786,18 euros au CHU de Nantes.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

4. Ces dispositions font obstacle à ce que soit mis à la charge du CHU de Nantes et de la société MMA IARD, qui ne sont pas parties perdantes à la présente instance, la somme que demande la société Dextran Metrologie au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de condamner la société Dextran Metrologie à verser au CHU de Nantes et à la société MMA IARD une somme de 1 000 euros chacun.

D E C I D E :

Article 1er : La société Dextran Metrologie est condamnée à verser à la SA MMA IARD une somme de 36 266,09 euros.

Article 2 : La société Dextran Metrologie est condamnée à verser au CHU de Nantes une somme de 7 786,18 euros.

Article 3 : La société Dextran Metrologie versera au CHU de Nantes et à la SA MMA IARD une somme de mille (1 000) euros chacun.

Article 4 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié au directeur du centre hospitalier universitaire de Nantes, à la SA MMA IARD et à la société Dextran Metrologie.

Délibéré après l'audience du 23 novembre 2022, à laquelle siégeaient :

Mme Loirat, présidente,

M. Gauthier, premier conseiller,

M. Simon, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 décembre 2022.

Le rapporteur,

P-E. A

La présidente,

C. LOIRAT

La greffière,

P. LABOUREL

La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière

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