jeudi 13 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2005462 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | Magistrat : M. LABOUYSSE - R. 222-13 |
| Avocat requérant | SCP ATLANTIQUE AVOCATS ASSOCIES (SAINT-HERBLAIN) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 8 juin 2020, et un mémoire, enregistré le 25 octobre 2021, Mme A B, représentée par Me Bertrand Salquain, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 15 novembre 2019 par laquelle le préfet de la Loire-Atlantique a refusé l'échange de son permis de conduire marocain contre un permis de conduire français, et la décision implicite de rejet de son recours hiérarchique ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
- elle méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par des mémoires, enregistrés les 17 décembre 2020 et 3 novembre 2021, le préfet de la Loire-Atlantique demande au tribunal de rejeter les conclusions présentées par Mme B.
Il soutient que :
- le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation n'est pas fondé ;
- l'autre moyen soulevé est inopérant.
La clôture de l'instruction est intervenue trois jours francs avant l'audience en application du premier alinéa de l'article R. 613-2 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de la route ;
- l'arrêté interministériel du 12 janvier 2012 fixant les conditions de reconnaissance et d'échange des permis de conduire délivrés par les Etats n'appartenant ni à l'Union européenne, ni à l'Espace économique européen ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. David Labouysse, premier conseiller, pour statuer sur les litiges mentionnés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour et de l'heure de l'audience.
Le rapport de M. C a été entendu au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 4 juillet 2023 à partir de 8h45.
Considérant ce qui suit
1. Mme A B est une ressortissante de nationalité marocaine. Elle a, le 19 octobre 2018, sollicité l'échange de son permis de conduire, délivré par les autorités marocaines, contre un permis de conduire français. Le préfet de la Loire-Atlantique a expressément statué sur cette demande pour la rejeter par une décision du 15 novembre 2019. Le ministre de l'intérieur a implicitement rejeté le recours hiérarchique formé par Mme B contre cette décision. L'intéressée demande au tribunal l'annulation de ces décisions.
2. Le rejet de la demande d'échange est fondé sur le motif tiré de la péremption du permis de conduire à la date de cette demande.
3. Aux termes de l'article R. 222-3 du code de la route : " Tout permis de conduire national, en cours de validité, délivré par un Etat ni membre de l'Union européenne, ni partie à l'accord sur l'Espace économique européen, peut être reconnu en France jusqu'à l'expiration d'un délai d'un an après l'acquisition de la résidence normale de son titulaire. Pendant ce délai, il peut être échangé contre le permis français, sans que son titulaire soit tenu de subir les examens prévus au premier alinéa de l'article D. 221-3. Les conditions de cette reconnaissance et de cet échange sont définies par arrêté du ministre chargé de la sécurité routière, après avis du ministre de la justice et du ministre chargé des affaires étrangères. Au terme de ce délai, ce permis n'est plus reconnu et son titulaire perd tout droit de conduire un véhicule pour la conduite duquel le permis de conduire est exigé ". Pour l'application de ces dispositions, l'article 3 de l'arrêté interministériel du 12 janvier 2012 fixant les conditions de reconnaissance et d'échange des permis de conduire délivrés par les Etats n'appartenant ni à l'Union européenne, ni à l'Espace économique européen énonce : " I. - Pour être reconnu, tout permis de conduire délivré régulièrement au nom d'un Etat n'appartenant ni à l'Union européenne, ni à l'Espace économique européen doit répondre aux conditions suivantes : A. - Etre en cours de validité. () C. - Pour un étranger non-ressortissant de l'Union européenne, avoir été obtenu antérieurement à la date de début de validité du premier titre de séjour () ". Selon le I de l'article 4 de ce même arrêté : " Tout titulaire d'un permis de conduire délivré régulièrement au nom d'un Etat n'appartenant ni à l'Union européenne, ni à l'Espace économique européen doit obligatoirement demander l'échange de ce titre contre un permis de conduire français dans le délai d'un an qui suit l'acquisition de sa résidence normale en France. ". Ce même article dispose en son II : " A. - Pour les ressortissants étrangers non-ressortissants de l'Union européenne, la date d'acquisition de la résidence normale est celle du début de validité du premier titre de séjour. B. - Pour les ressortissants étrangers bénéficiant d'un visa long séjour, la date d'acquisition de la résidence normale est celle de la vignette apposée par l'Office français de l'immigration et de l'intégration sur le premier visa long séjour. () ". Selon l'article 5 de cet arrêté : " I. - Pour être échangé contre un titre français, tout permis de conduire délivré par un Etat n'appartenant ni à l'Union européenne, ni à l'Espace économique européen doit répondre aux conditions suivantes : () B. - Etre en cours de validité au moment du dépôt de la demande, à l'exception des titres dont la validité est subordonnée par l'Etat qui l'a délivré aux droits au séjour sur leur territoire du titulaire du titre. Dans ce cas, l'autorité administrative compétente s'assure de la concordance des dates de validité du titre de conduite et du titre de séjour délivrés par le même Etat. C. - Pour un étranger non-ressortissant de l'Union européenne ou d'un autre Etat partie à l'accord sur l'Espace économique européen, de la Confédération suisse ou de la Principauté de Monaco, avoir été obtenu antérieurement à la date de début de validité du premier titre de séjour () ".
4. Il résulte de ces dispositions que pour être échangé contre un permis de conduire français, le permis de conduire étranger doit être en cours de validité au moment du dépôt de la demande d'échange.
5. Mme B a produit, à l'appui de sa demande d'échange, un permis de conduire qui lui a été délivré le 23 avril 2014 et qui était valable à compter de cette date jusqu'au 22 avril 2016. Ce permis n'était dès lors pas en cours de validité au 19 octobre 2018, date de la demande d'échange. Mme B a cependant présenté, à l'appui de son recours hiérarchique et de sa requête, un permis de conduire délivré à son nom, portant le même numéro que celui produit à l'appui de sa demande d'échange, et dont la durée de validité expirait au 9 janvier 2030. Toutefois, le préfet de la Loire-Atlantique fait valoir, sans être contesté, qu'en vertu notamment des dispositions de la loi marocaine n° 52-05 portant code de la route, la durée de validité du support du permis de conduire est de dix années. Or, le nouveau support de permis de conduire produit par Mme B expirant le 9 janvier 2030, il lui a été nécessairement remis le 9 janvier 2020, aucune mention de ce support ne laissant par ailleurs apparaître la date de sa délivrance, qui ne saurait se confondre avec celle à partir de laquelle elle a acquis le droit de conduire, fixée au 23 avril 2014. Mme B n'apporte aucune précision d'ordre juridique issue de la législation marocaine relative au permis de conduire permettant de considérer que son permis de conduire marocain était bien valide à la date de sa demande d'échange. Dans ces conditions, et à supposer même qu'une personne sollicitant l'échange de son permis de conduire puisse se prévaloir d'un autre document que celui qu'elle a produit à l'appui de sa demande, le préfet de la Loire-Atlantique n'a pas commis d'erreur d'appréciation en estimant que le permis de conduire marocain de Mme B n'était pas en cours de validité à la date de cette demande.
6. En second lieu, l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, dont Mme B invoque la méconnaissance, interdit de porter une atteinte disproportionnée au droit au respect de la vie privée et familiale d'une personne.
7. Mme B fait état des conséquences de la décision attaquée en relevant qu'elle a des difficultés à se déplacer pour se rendre sur son lieu de travail, qu'elle a été embauchée en qualité d'assistante comptable, et qu'elle pourrait perdre cet emploi. Ces allégations ne sont étayées par aucun élément de nature à en établir la réalité de sorte que, à supposer même qu'un refus d'échange de permis de conduire, légalement fondé sur les dispositions précitées du code de la route et de l'arrêté interministériel du 12 janvier 2012, puisse être considéré comme une ingérence dans l'exercice du droit au respect de la vie privée et familiale, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit, en tout état de cause, être écarté.
8. Il résulte de tout ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision refusant l'échange de son permis de conduire marocain contre un permis de conduire français, opposée par le préfet de la Loire-Atlantique le 15 novembre 2019, ni celle de la décision implicite de rejet du recours hiérarchique qu'elle a formé. Doivent être rejetées, par voie de conséquence, les conclusions qu'elle présente sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Les conclusions présentées par Mme B sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B ainsi qu'au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Une copie en sera adressée au préfet de la Loire-Atlantique.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juillet 2023
Le magistrat désigné,
D. CLa greffière,
S. BARBERA
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaire de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026