mardi 6 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2005627 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | LE FLOCH |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 12 juin 2020, M. A B, représenté par Me Le Floch, demande au tribunal :
1°) de condamner l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) à lui verser une somme de 1 329,60 euros en réparation de ses préjudices matériels et moraux, consécutifs à la faute commise par l'OFII en refusant de lui verser l'allocation de demandeur d'asile, assortie des intérêts au taux légal à compter du 25 mai 2020 et de la capitalisation des intérêts ;
2°) de l'admettre à l'aide juridictionnelle provisoire ;
3°) de mettre à la charge de l'OFII le versement d'une somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le versement de l'allocation temporaire d'attente lui a été illégalement refusé entre juillet et novembre 2019 ;
- son préjudice matériel s'élève à la somme de 1 329,60 euros, correspondant au montant de l'allocation temporaire d'attente dont il a été privé, ainsi qu'à son préjudice moral estimé à 500 euros.
Par un mémoire en défense, enregistré le 31 janvier 2023, l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 15 juillet 2020.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Thomas, première conseillère, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant algérien, qui a sollicité l'asile, s'est vu accorder, jusqu'au mois de juillet 2019, le versement par l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) de l'allocation pour demandeur d'asile (ADA). Sa demande d'asile a été rejetée en dernier lieu par une ordonnance de la Cour nationale du droit d'asile du 14 novembre 2019. Après l'envoi d'une demande préalable du 9 mai 2020, M. B demande au tribunal de condamner l'OFII à la réparation des préjudices financier et moral résultant de l'illégalité commise selon lui par l'OFII en ne lui versant pas l'ADA pour la période du 1er août au 30 novembre 2019.
2. M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 15 juillet 2020. Il n'y a plus lieu de statuer sur ses conclusions tendant à son admission à l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
3. M. B soutient que l'OFII aurait commis une faute en ne lui versant pas l'allocation pour demandeur d'asile entre le 1er août et le 30 novembre 2019. Il est constant qu'à compter du rejet de sa demande d'asile par l'OFPRA notifiée le 20 juin 2020, l'OFII a suspendu le versement de cette allocation alors que la demande d'asile du requérant a été rejetée en dernier lieu par une ordonnance de la Cour nationale du droit d'asile du 14 novembre 2019. L'OFII n'apporte aucun élément pour justifier de la légalité de l'absence de versement de l'allocation pour demandeur d'asile du 1er août 2019 au 14 novembre 2019, alors même que le requérant était fondé à prétendre au versement de cette allocation sur cette période. Dans ces conditions, cette absence de versement doit être regardée comme entachée d'illégalité, constitutive d'une faute de nature à ouvrir droit à réparation par l'OFII.
4. Toutefois, d'une part, il résulte de l'instruction, en particulier du relevé de situation produit par l'Office français de l'immigration et de l'intégration, que celui-ci a versé au requérant en octobre 2020 la somme de 847,30 euros au titre de l'allocation de demandeur d'asile, afin de régulariser les droits de l'intéressé sur l'ensemble de la période en cause d'août à novembre 2019. Compte tenu de cette régularisation postérieure à l'enregistrement de la requête qui couvre l'intégralité du préjudice matériel dont le requérant demande l'indemnisation, les conclusions indemnitaires qu'il présente à ce titre sont devenues sans objet.
5. D'autre part, compte tenu de l'incidence de l'absence de versement des allocations qui lui étaient dues sur une période relativement brève, le requérant qui ne fait état d'aucune charge de famille en France ou d'une vulnérabilité particulière, ne justifie pas d'un préjudice moral que lui aurait effectivement occasionné l'abstention fautive de l'Office français de l'immigration et de l'intégration de lui verser cette allocation pendant cette période de trois mois et demi.
6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions indemnitaires présentées par M. B doivent être rejetées. Par voie de conséquence, doivent être également rejetées ses conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de M. B tendant à son admission à l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à l'Office français de l'immigration et de l'intégration et à Me Le Floch.
Délibéré après l'audience du 16 mai 2023, à laquelle siégeaient :
M. Durup de Baleine, président,
Mme Thomas, première conseillère,
Mme Milin, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 juin 2023.
La rapporteure,
S. THOMAS
Le président,
A. DURUP DE BALEINE
La greffière,
L. LÉCUYER
La République mande et ordonne
au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne
ou à tous commissaires de justice à ce
requis en ce qui concerne les voies de droit commun
contre les parties privées, de pourvoir
à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026