vendredi 15 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2005847 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | LE BORGNE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 19 juin 2020, Mme A B, représentée par Me Le Borgne, demande au tribunal :
1°) de condamner l'État à lui verser la somme de 4 000 euros, assortie de l'intérêt au taux légal à compter du 22 novembre 2018, en réparation du préjudice qu'elle estime avoir subi du fait de l'illégalité de la décision du 19 avril 2013 par laquelle le préfet de la Loire-Atlantique a retiré la carte de stationnement pour personnes handicapées dont elle bénéficiait ;
2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 200 euros, au profit de son conseil qui renoncera, dans cette hypothèse, à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État au titre de l'aide juridictionnelle, en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que l'illégalité du retrait de la carte de stationnement pour personnes handicapées lui a causé un préjudice important puisqu'elle n'a pas pu en bénéficier du 19 avril 2013 au 23 août 2016.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 octobre 2023, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par la requérante n'est fondé.
Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 26 mai 2020.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Benoist ;
- les conclusions de M. Huin, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B a sollicité, le 12 octobre 2012, la délivrance d'une carte de stationnement pour personnes handicapées. Cette demande a été rejetée par décision du 19 avril 2013. Par un jugement n° 1307605 du 23 août 2016, le tribunal administratif de Nantes a annulé cet arrêté aux motifs qu'à défaut pour le préfet de s'être prononcé sur sa demande dans le délai de deux mois, une décision implicite d'attribution était née et que le retrait était intervenu postérieurement au délai prévu par l'article 23 de la loi du 12 avril 2000. Par courrier en date du 22 novembre 2018, reçu le lendemain, l'intéressée a saisi le préfet de la Loire-Atlantique d'une demande préalable d'indemnisation. Par la présente requête, Mme B demande au tribunal de condamner l'État à lui verser la somme de 4 000 euros en réparation du préjudice qu'elle estime avoir subi du fait de l'illégalité de la décision du 19 avril 2013.
Sur les conclusions à fin d'indemnisation :
En ce qui concerne l'illégalité fautive de l'arrêté du 19 avril 2013 :
2. Il est constant que par jugement n° 1307605 du 23 août 2016, le tribunal a annulé l'arrêté du 19 avril 2013 par lequel le préfet de la Loire-Atlantique a retiré la carte de stationnement pour personnes handicapées dont Mme B bénéficiait. L'illégalité, constatée par ce jugement, est constitutive d'une faute de nature à engager la responsabilité de l'État.
En ce qui concerne le préjudice subi :
3. Si Mme B est fondée à rechercher la responsabilité pour faute de l'État, elle n'établit pas avoir subi de préjudice certain et directement en lien avec la faute commise par le préfet de la Loire-Atlantique. Ses conclusions indemnitaires doivent, en conséquence, être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
4. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que l'État, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse au conseil de la requérante, la somme que celle-ci réclame au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, à Me Le Borgne et au préfet de la Loire-Atlantique.
Délibéré après l'audience du 24 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Allio-Rousseau, présidente,
Mme Frelaut, première conseillère,
Mme Benoist, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 décembre 2023.
La rapporteure,
L.-L. BENOIST
La présidente,
M.-P. ALLIO-ROUSSEAU
La greffière,
E. HAUBOIS
La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026