mercredi 23 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2006598 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | Président 7 : Mme BERIA-GUILLAUMIE - R. 222-13 |
| Avocat requérant | MOUTOUSSAMY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés le 6 juillet 2020 et 17 juin 2021, Mme B A, représentée par Me Moutoussamy, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 4 juillet 2019 par laquelle le président du conseil départemental de la Sarthe a rejeté son recours contre la décision du 21 janvier 2019 par laquelle la caisse d'allocations familiales de ce département l'a informée de la reprise du recouvrement d'une créance de revenu de solidarité active par des retenues sur ses prestations à compter du mois de novembre 2018, le solde de la dette s'élevant alors à la somme de 5 734, 92 euros ;
2°) d'enjoindre au département de la Sarthe de lui rembourser l'intégralité des retenues effectuée pour le compte du département sur les prestations sociales servies par la caisse d'allocations familiales.
Elle soutient que :
- l'indu objet de la décision est prescrit pour la période d'avril 2014 à juin 2015 en raison de la prescription instituée par l'article L. 262-45 du code de l'action sociale et des familles ;
- la commission de recours amiable n'a pas été consultée à la suite du recours administratif préalable obligatoire qu'elle a formé le 8 mars 2019 ;
- le montant de l'indu réclamé n'est pas établi faute pour le département d'indiquer les bases de calcul et sa méthode de calcul ;
- le département, à la suite de l'annulation prononcée par le tribunal administratif, ne lui a notifié aucune nouvelle décision d'indu de revenu de solidarité active en méconnaissance de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles qui implique une notification préalable de dette ; la décision méconnait l'autorité de la chose jugée par le tribunal dans son jugement n° 1510040 ;
- c'est à tort que le département a retenu les sommes en cause comme des ressources personnelles au sens du dispositif relatif au revenu de solidarité active puisque ni les prêts obtenus ni l'aide de la région dans le cadre de l'aide à la création d'entreprise ne sont des libéralités.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 octobre 2022, le département de la Sarthe conclut au rejet de la requête de Mme A.
Il soutient que :
- le courrier du président du conseil départemental du 4 juillet 2019 n'est pas une décision faisant grief mais une simple réponse à une demande d'explications ;
- le délai raisonnable de recours d'un an contre les décisions du président du conseil départemental du 17 décembre 2018 et de la caisse d'allocations familiales du 21 janvier 2020 était dépassé ; la requête de Mme A, enregistrée le 6 juillet 2020, est donc tardive contre ces décisions ;
- à supposer que le courrier du 4 juillet 2019 constitue une décision, le délai raisonnable de recours d'un an est également dépassé ;
- la prescription biennale ne peut s'appliquer puisque la demande en justice de Mme A a interrompu le délai en application des articles 2241 et 2242 du code civil ;
- il n'y avait pas lieu de saisir la commission de recours amiable prévue par l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles, puisque les courriers de Mme A des 8 mars et 21 juin 2019 n'étaient pas des recours mais des demandes d'éclaircissements ;
- il a exécuté strictement les deux jugements du tribunal administratif de Nantes du 16 février 2018 et a intégré dans les ressources de Mme A les libéralités reçues conformément au jugement n° 1507638.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative ;
Le président du tribunal a désigné Mme Béria-Guillaumie, vice-présidente, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La magistrate désignée a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour et de l'heure de l'audience.
Le rapport de Mme C a été entendu au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit
1. Par une décision du 25 juin 2015, le président du conseil départemental a informé Mme B A, bénéficiaire du revenu de solidarité active, que compte tenu de crédits inexpliqués apparaissant sur son compte bancaire, il avait demandé à la caisse d'allocations familiales du département de recalculer le droit à allocation de revenu de solidarité active de l'intéressée à compter d'avril 2014 en intégrant l'ensemble de ces crédits non déclarés sur ses déclarations trimestrielles de ressources. Mme A a contesté cette décision par un recours du 29 juin 2015. Par une décision du 30 juin 2015, la caisse d'allocations familiales de la Sarthe a constaté à l'égard de Mme B A un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 9 162, 63 euros au titre de la période allant d'avril 2014 à juin 2015. Le recours de Mme A en date du 3 juillet 2015 a été rejeté par une décision du président du conseil départemental du 10 juillet 2015. Mme A a contesté la décision de la caisse d'allocations familiales du 30 juin 2015 par un recours daté du 29 août 2015. Ce recours a été rejeté par une décision du président du conseil départemental du 13 octobre 2015, rejetant par ailleurs une demande de remise gracieuse de l'indu correspondant.
2. Par un jugement n° 1507638 du 16 février 2018, le tribunal administratif de Nantes a rejeté la requête de Mme A tendant à l'annulation de la décision du 10 juillet 2015 par laquelle le président du conseil départemental de la Sarthe avait rejeté son recours contre la décision de cette autorité du 25 juin 2015 décidant de réintégrer dans ses ressources pour le calcul de son droit a revenu de solidarité active la somme de 19 021 euros. Par un jugement n°1510040 du même jour, le tribunal administratif de Nantes a, par ailleurs, pour un moyen d'incompétence, annulé la décision du 13 octobre 2015 par laquelle le président du conseil départemental de la Sarthe avait rejeté le recours de Mme A dirigé contre la décision de la caisse d'allocations familiales du 30 juin 2015 mettant à sa charge un indu de revenu de solidarité active. En revanche, par ce même jugement, le tribunal administratif a rejeté la requête de Mme A tendant à l'annulation de la décision du président du conseil départemental du 13 octobre 2015 en tant qu'elle avait rejeté sa demande de remise gracieuse.
3. Par un courrier du 21 janvier 2019, la caisse d'allocations familiales de la Sarthe a informé Mme A qu'à la suite d'un recours de l'intéressée transmis au conseil départemental le 6 décembre 2018, le recouvrement de la créance en cause avait été suspendu mais que par une décision du 17 décembre 2018, le président du conseil départemental de la Sarthe avait décidé de reprendre le recouvrement de la créance en cause par des retenues sur ses prestations à compter du mois de novembre 2018, le solde de la dette s'élevant alors à la somme de 5 734, 92 euros. Par un courrier du 8 mars 2019, le conseil de Mme A s'est étonné des prélèvements opérés en relevant que la décision du 13 octobre 2015 avait été annulée par le tribunal administratif de Nantes et que la somme récupérée correspondait à une période atteinte par la prescription. Par un courrier du 4 juillet 2019, le président du conseil départemental de la Sarthe a indiqué apporter des précisions à l'intéressée notamment en relevant que par le jugement n° 1507638 du 16 février 2018, le recours de Mme A dirigé contre la décision du 25 juin 2015 décidant la réintégration dans ses ressources prises en compte pour le calcul de son droit à revenu de solidarité active avait été rejeté. Par la présente requête Mme A demande l'annulation du courrier du 4 juillet 2019.
4. Ainsi qu'il a été dit au point précédent, dans le courrier du 4 juillet 2019, le président du conseil départemental de la Sarthe s'est borné à apporter au conseil de Mme A des précisions sur l'interprétation effectuée par le département des deux jugements du tribunal administratif de Nantes du 16 février 2018, le premier jugement annulant l'indu de revenu de solidarité active pour un vice de forme et l'autre rejetant le recours contre la prise en compte de libéralités dans le cadre du droit au revenu de solidarité active. Dans ce même courrier, le président retraçait également l'historique des décisions concernant Mme A, notamment depuis l'annulation prononcée par le jugement du tribunal administratif de Nantes. Ce courrier s'achevait ainsi en relevant que " c'est donc conformément au jugement du Tribunal Administratif que par décision en date du 17 décembre 2018, le Président du Conseil départemental a demandé le recouvrement de la créance RSA INK 6 ". Dès lors, ainsi que le soulève en défense le département, ce courrier du 4 juillet 2019, qui ne modifie pas la situation juridique, ne constitue pas une décision faisant grief.
5. Par ailleurs, le principe de sécurité juridique, qui implique que ne puissent être remises en cause sans condition de délai des situations consolidées par l'effet du temps, fait obstacle à ce que puisse être contestée indéfiniment une décision administrative individuelle qui a été notifiée à son destinataire, ou dont il est établi, à défaut d'une telle notification, que celui-ci a eu connaissance. En une telle hypothèse, si le non-respect de l'obligation d'informer l'intéressé sur les voies et les délais de recours, ou l'absence de preuve qu'une telle information a bien été fournie, ne permet pas que lui soient opposés les délais de recours fixés par le code de justice administrative, le destinataire de la décision ne peut exercer de recours juridictionnel au-delà d'un délai raisonnable. En règle générale et sauf circonstances particulières dont se prévaudrait le requérant, ce délai ne saurait, sous réserve de l'exercice de recours administratifs pour lesquels les textes prévoient des délais particuliers, excéder un an à compter de la date à laquelle une décision expresse lui a été notifiée ou de la date à laquelle il est établi qu'il en a eu connaissance.
6. En outre, à supposer que Mme A ait entendu contester la décision du 17 décembre 2018 par laquelle le président du conseil départemental de la Sarthe a décidé de reprendre le recouvrement de la dette de revenu de solidarité active de l'intéressée, cette décision a été portée à sa connaissance par le courrier de la caisse d'allocations familiales du 21 janvier 2019 dont elle a eu connaissance puisque son avocat a évoqué cette décision dans son courrier du 8 mars 2019. Cette décision a donc été portée à la connaissance de Mme A plus d'un an avant l'introduction de sa requête le 6 juillet 2020, donc au-delà du délai évoqué au point précédent. A supposer que le courrier du 8 mars 2019 ait constitué un recours contre la décision du 17 décembre 2018, ce recours a également été rejeté plus d'un an avant l'introduction de la requête de Mme A le 6 juillet 2020.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme A doivent être rejetées comme irrecevables, ainsi par voie de conséquence que ses conclusions à fin d'injonction.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au département de la Sarthe.
Une copie sera adressée à la caisse d'allocations familiales de la Sarthe.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 novembre 2022.
La magistrate désignée,
M. C
La greffière,
Y. BOUBEKEUR
La République mande et ordonne au préfet de Maine-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026