jeudi 19 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2006698 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Magistrat : M. LABOUYSSE - R. 222-13 |
| Avocat requérant | SELARL AVOCATLANTIC |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 13 juillet 2020, et un mémoire, enregistré le 24 septembre 2020, M. A B, représenté par Me Arnaud Bernard, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 22 avril 2020 par laquelle le ministre de l'intérieur a constaté la perte de validité de son permis de conduire ;
2°) d'enjoindre à cette autorité de rétablir les points illégalement retirés au capital de ce permis et de procéder au retrait de la décision attaquée, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les retraits de points intervenus suite à un procès-verbal dématérialisé ou à un contrôle par radar automatique ont été prononcés sans qu'ait été respectée l'exigence de délivrance de l'information préalable ;
- la décision constatant la perte de validité de son permis de conduire est fondée sur des infractions irrégulièrement constatées.
Par un mémoire, enregistré le 16 septembre 2020, le ministre de l'intérieur demande au tribunal de rejeter les conclusions par M. B.
Il soutient que les moyens soulevés par le requérant qui sont énoncés ci-dessus ne sont pas fondés.
La clôture de l'instruction est intervenue trois jours francs à l'audience en application du premier alinéa de l'article R. 613-2 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la route ;
- le code de procédure pénale ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. David Labouysse, premier conseiller, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour et de l'heure de l'audience.
Le rapport de M. C a été entendu au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 11 octobre 2023 à partir de 10h30.
Considérant ce qui suit
1. M. A B s'est vu notifier les décisions du 22 avril 2020 par lesquelles le ministre de l'intérieur a retiré trois points du capital de son permis de conduire à la suite d'une infraction relevée le 18 septembre 2019 et a constaté, après avoir rappelé deux précédents retraits de trois points, un retrait de quatre points et un retrait d'un point opérés de ce capital liés à des infractions relevées respectivement les 23 septembre 2015, 10 juillet 2017, 6 août 2018 et 31 août 2019, la perte de validité de ce permis. M. B demande l'annulation de la seule décision ministérielle du 22 avril 2020 constatant cette perte de validité.
2. A l'appui de son recours, M. B soutient que les retraits de points prononcés à la suite d'un procès-verbal dématérialisé ou d'un contrôle par radar automatique sont intervenus sans qu'ait été respectée l'exigence de délivrance de l'information préalable et que la décision constatant la perte de validité est fondée sur des infractions irrégulièrement constatées. Par cette argumentation, M. B peut être regardé comme entendant invoquer, à l'appui des conclusions tendant à l'annulation de la décision du 22 avril 2020 constatant la perte de validité de son permis de conduire, l'illégalité des retraits de points auxquels il se réfère, qui sont uniquement ceux procédant des infractions relevées les 23 septembre 2015, 31 août 2019 et 18 septembre 2019.
3. M. B soutient que l'information prévue par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route ne lui a pas été délivrée au titre de chacune de ces infractions, lesquelles ont donné lieu à des poursuites selon la procédure de l'amende forfaitaire.
4. La délivrance, préalablement à l'établissement de la réalité de l'infraction, de l'information prévue par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route constitue une condition de la légalité des décisions de retrait de points. Lorsqu'il est fait application de la procédure d'amende forfaitaire, l'information doit porter sur l'existence du traitement automatisé de points, sur la possibilité d'exercer un droit d'accès, et sur le fait que le paiement de l'amende ou l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée établit la réalité de l'infraction, dont la qualification doit être précisée, et entraîne le retrait de points correspondant.
5. En premier lieu, le II de l'article R. 49-1 du code de procédure pénale prévoit que le procès-verbal constatant une contravention pouvant donner lieu à une amende forfaitaire " peut être dressé au moyen d'un appareil sécurisé dont les caractéristiques sont fixées par arrêté du garde des sceaux, ministre de la justice, permettant le recours à une signature manuscrite conservée sous forme numérique ". En vertu des dispositions de l'article A. 37-19 du même code, l'appareil électronique sécurisé permet d'enregistrer, pour chaque procès-verbal, d'une part, la signature de l'agent verbalisateur, d'autre part, celle du contrevenant qui est invité à l'apposer " sur une page écran qui lui présente un résumé non modifiable des informations concernant la contravention relevée à son encontre, informations dont il reconnaît ainsi avoir eu connaissance ". Enfin, en vertu des dispositions du II de l'article A. 37-27-2 de ce même code, en cas d'infraction entraînant un retrait de points, le résumé non modifiable des informations concernant la contravention relevée précise qu'elle entraîne retrait de points et comporte l'ensemble des éléments mentionnés aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route.
6. Lorsqu'une infraction entraînant un retrait de points est constatée au moyen d'un appareil conforme aux dispositions citées ci-dessus, l'agent verbalisateur invite le contrevenant à apposer sa signature sur une page écran où figure l'ensemble des informations exigées par la loi. Dès lors, la signature apposée par l'intéressé et conservée par voie électronique établit que ces informations lui ont été délivrées.
7. Il résulte de l'instruction que M. B a, lors de l'établissement du procès-verbal relatif à chacune des infractions relevées les 23 septembre 2015 et 18 septembre 2019, apposé sa signature sur la page écran mentionnée au paragraphe précédent. Dans ces conditions, et alors au surplus qu'il ressort de l'examen de la copie du procès-verbal électronique produit en défense, que l'ensemble des informations requises y figurent, l'administration doit être regardée comme apportant la preuve de ce que l'information prévue aux articles L. 223 3 et R. 223-3 du code de la route a été délivrée à l'intéressé.
8. En second lieu, le formulaire d'avis d'amende forfaitaire majorée utilisé par l'administration et constituant le titre exécutoire en vue du règlement de cette amende, dont l'émission établit la réalité de l'infraction au sens de l'article L. 223-1 du code de la route, est revêtu des mentions permettant au contrevenant de comprendre que, en l'absence de contestation de ce titre exécutoire, il sera procédé au retrait de points, et portant à sa connaissance l'ensemble des informations requises par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route.
9. Il ressort des mentions du relevé d'information intégral qu'un titre exécutoire a été émis le 19 novembre 2019 en vue du recouvrement de l'amende forfaitaire majorée liée à l'infraction relevée à l'encontre de M. B au moyen d'un radar automatique le 31 août 2019.
10. Il incombe à l'administration, lorsqu'elle soutient que l'auteur d'une infraction donnant lieu à retrait de points a reçu notification du titre exécutoire émis en vue du recouvrement de l'amende forfaitaire majorée liée à cette infraction, d'établir que cet acte a été régulièrement notifié à l'intéressé. La preuve d'une telle notification permet de considérer comme établie la délivrance des informations que contient cet acte. Contrairement à ce que soutient M. B, la preuve de la notification régulière d'un acte ne résulte pas seulement de sa remise effective. En effet, lorsque cet acte est notifié par lettre recommandée avec avis de réception, et en cas de retour à l'administration, au terme du délai de mise en instance, de ce pli, la notification est réputée avoir été régulièrement accomplie à la date à laquelle il a été présenté à l'adresse de l'intéressé, dès lors du moins qu'il résulte, soit de mentions précises, claires et concordantes portées sur l'enveloppe, soit, à défaut, d'une attestation du service postal ou d'autres éléments de preuve, que l'agent des services postaux a, conformément à la réglementation en vigueur, déposé un avis d'instance informant le destinataire que le pli était à sa disposition au bureau de poste. La circonstance que le destinataire du pli ne l'a pas retiré au bureau de poste mentionné sur l'avis de passage dans le délai imparti est sans incidence sur l'existence d'une notification régulière.
11. Le ministre de l'intérieur produit l'avis d'amende forfaitaire majorée émis le 19 novembre 2019 correspondant à l'infraction du 31 août 2019 relevée à l'encontre de M. B. Ce document comporte les informations prévues aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Il a été envoyé à l'adresse de l'intéressé à Nantes par lettre recommandée avec avis de réception. Le ministre de l'intérieur produit également la photocopie du pli retourné au service expéditeur sur lequel apparaît la mention "Présenté / Avisé le 13/12/19", un autocollant "Bureau de Nantes St Jacques" ainsi qu'un autre autocollant indiquant les différents cas dans lesquels un pli recommandé est restitué à l'expéditeur et comportant une croix dans la case "pli avisé et non réclamé". La valeur probante de ces éléments n'est même pas discutée par le requérant, lequel se borne en réplique à relever que "l'administration doit apporter la preuve que l'administré a effectivement reçu l'information requise" et qu'il "n'a jamais reçu un avis de contravention correspondant à la prétendue infraction". Or, cette argumentation est, au regard de ce qui a été dit au paragraphe 10 concernant les conditions dans lesquelles la preuve de l'envoi d'un acte contenant l'information devant être délivrée à un contrevenant peut-être apportée, sans incidence sur la valeur probante des éléments produits par l'administration, lesquels démontrent que l'intéressé a été mis à même de disposer de cette information. Ainsi, au regard de l'ensemble des mentions précises, claires et concordantes figurant sur la photocopie du pli adressé à M. B contenant l'avis d'amende forfaitaire majorée émis le 19 novembre 2019, cet avis doit être regardé comme lui ayant été régulièrement notifié et l'information y figurant doit être ainsi considérée comme lui ayant été délivrée, quand bien même il n'a pas eu cet acte entre ses mains. Dans ces conditions, le moyen tiré du défaut de l'information préalable prévue aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route doit être également écarté en ce qui concerne le retrait de points lié à l'infraction du 31 août 2019.
12. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 22 avril 2020 du ministre de l'intérieur constatant la perte de validité de son permis de conduire, ni, par voie de conséquence, qu'il soit enjoint à cette autorité de rétablir les points illégalement retirés.
13. M. B étant la partie perdante dans la présente instance, sa demande tendant à la mise en œuvre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doit être également rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : Les conclusions présentées par M. B sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 octobre 2023.
Le magistrat désigné,
D. C
La greffière,
V. MALINGRE
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
V. MALINGRE
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026