jeudi 30 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2006958 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | LEFEUVRE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 20 juillet 2020 et 22 septembre 2021, la société à responsabilité limitée (SARL) Ametsia, représentée par Me Lefeuvre, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des pénalités des rappels de taxe sur la valeur ajoutée mis à sa charge au titre de la période allant du 1er janvier 2016 au 31 octobre 2018 et la réduction des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés et des pénalités auxquelles elle a été assujettie au titre de l'exercice clos en 2016 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 5 000 euros HT sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les sommes versées à M. A par la SARL Ametsia ne peuvent être imposées dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers en tant que revenus distribués dès lors qu'elles correspondent à des traitements et salaires au sens de l'article 62 du code général des impôts ;
- l'imposition des sommes versées à M. A par la SARL Ametsia dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers conduirait à les soumettre à une double taxation dès lors que des cotisations sociales ont été versées au régime social des travailleurs non-salariés ;
- en application de l'article 110 du code général des impôts, l'administration fiscale ne peut imposer sur le fondement du 1° du 1 de l'article 109 de ce code des sommes réputées distribuées par une société si ces sommes n'ont pas été préalablement réintégrées dans l'assiette de l'impôt sur les sociétés ;
- il n'y a pas lieu de lui appliquer la majoration de 40 % pour manquement délibéré prévue au a de l'article 1729 du code général des impôts dès lors que certains chefs de redressement ont été abandonnés dans la réponse du 11 juin 2020 à sa réclamation préalable, qu'elle est de bonne foi, qu'elle n'a jamais fait l'objet de rectifications d'impôts par le passé et qu'il n'est pas démontré qu'elle a nécessairement eu connaissance des faits ou des situations qui motivent les rehaussements ;
- elle est fondée à se prévaloir de la doctrine administrative figurant aux paragraphes n° 40 du BOI-CF-INF-10-20-20-20170308, nos 1 à 20 du BOI-RPPM-RCM-10-20-20-40 et n° 180 du BOI-RPPM-RCM-10-20-10.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 décembre 2020, la directrice régionale des finances publiques des Pays de la Loire et du département de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par la SARL Ametsia ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Benoist,
- les conclusions de M. Huin, rapporteur public,
- et les observations de Me Lefeuvre, représentant la SARL Ametsia.
Considérant ce qui suit :
1. La société à responsabilité limitée (SARL) Ametsia exerce une activité de conseils en systèmes d'informations des entreprises agri et agroalimentaires. Elle a fait l'objet d'une vérification de comptabilité concernant les exercices clos en 2016 et 2017 en matière d'impôt sur les sociétés, et la période du 1er janvier 2016 au 31 octobre 2018 en matière de taxe sur la valeur ajoutée. Par une proposition de rectification du 18 avril 2019, des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés au titre des exercices clos en 2016 et 2017, des rappels de taxe sur la valeur ajoutée concernant la période du 1er janvier 2016 au 31 octobre 2018, ainsi que des pénalités ont été mises à sa charge. Suite au rejet partiel de sa réclamation, la SARL Ametsia demande au tribunal de prononcer la décharge en droits et pénalités des rappels de taxe sur la valeur ajoutée mis à sa charge au titre de la période vérifiée et des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés et des pénalités auxquelles elle a été assujettie au titre de l'exercice clos en 2016.
Sur le bien-fondé de l'impôt :
En ce qui concerne l'application de la loi fiscale :
2. En premier lieu, l'article 109 du code général des impôts prévoit : " 1. Sont considérés comme revenus distribués : / () 2° Toutes les sommes ou valeurs mises à la disposition des associés, actionnaires ou porteurs de parts et non prélevées sur les bénéfices. / () ". Aux termes de l'article 111 du même code : " Sont notamment considérés comme revenus distribués : / () c. Les rémunérations et avantages occultes ; / () ".
3. Par une proposition de rectification du 18 avril 2019, le service a relevé que des écritures portants le libellé " A Jean Luc " avaient été inscrites sur le compte 641300 de la SARL au titre des exercices clos les 31 décembre 2016 et 2017. Constatant que ces sommes correspondaient à une rémunération du gérant de la SARL Ametsia, que cette dernière n'avait procédé à aucune assemblée générale sur la période vérifiée et que le montant de la rémunération du gérant n'avait, en conséquence, fait l'objet d'aucune délibération de l'assemblée générale tant sur son principe que dans son montant, le service a considéré que ces sommes constituaient des rémunérations occultes et les a imposées au titre des capitaux mobiliers perçus par son gérant en application des dispositions citées ci-dessus.
4. D'une part, l'administration fiscale ayant fondé ses rectifications sur le 2° du 1 de l'article 109 du code général des impôts, la SARL Ametsia ne peut utilement soutenir qu'en application de l'article 110 du code général des impôts, il n'est pas possible d'imposer sur le fondement du 1° du 1 de l'article 109 du même code, des sommes réputées distribuées si elles n'ont pas été préalablement réintégrées dans l'assiette de l'impôt sur les sociétés.
5. D'autre part, la SARL Ametsia ne peut utilement soutenir que contrairement à ce qu'a retenu l'administration fiscale, les sommes versées à M. A constituent des salaires en qualité de gérant conformément à l'article 62 du code général des impôts, cette circonstance étant étrangère aux redressements dont elle a fait l'objet en matière d'impôt sur les sociétés et de taxe sur la valeur ajoutée.
6. En deuxième lieu, si la SARL Ametsia soutient que l'imposition des sommes versées à M. A dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers en tant que revenus distribués la soumet à une double imposition dès lors qu'elle a versé des cotisations sociales au régime social des travailleurs non-salariés, ce moyen ne peut qu'être écarté, les impositions en litige étant distinctes de celles réclamées à M. A.
7. En troisième lieu, aux termes de l'article 1729 du code général des impôts : " Les inexactitudes ou les omissions relevées dans une déclaration ou un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt ainsi que la restitution d'une créance de nature fiscale dont le versement a été indûment obtenu de l'Etat entraînent l'application d'une majoration de : / a. 40 % en cas de manquement délibéré (). "
8. Pour justifier le bien-fondé de l'application de cette majoration aux redressements en matière d'impôt sur les sociétés et de taxe sur la valeur ajoutée, il résulte de la proposition de rectification du 18 avril 2019 que l'administration s'est fondée sur les circonstances que la taxe sur la valeur ajoutée déductible a été systématiquement majorée sur chacun des exercices pour des montants relativement importants, des montants de taxe sur la valeur ajoutée collectée et déductible à régulariser sont présents du début à la fin de la période vérifiée et auraient dû être régularisés depuis de nombreuses années, des déductions à tort de la taxe sur la valeur ajoutée sur les frais d'hôtels ont été effectuées en 2016 et 2017, le caractère professionnel de certaines dépenses n'a pas pu être justifié, la SARL Ametsia n'a pas été en mesure de fournir de procès-verbal de ses assemblées générales, sa comptabilité présente une incohérence injustifiée de 54 928 euros au titre de l'exercice clos en 2017.
9. Si la société requérante soutient que suite à l'abandon, dans la réponse du 11 juin 2020 à la réclamation préalable, d'un rehaussement relatif au montant d'un billet d'avion pour les Antilles au titre de l'exercice clos en 2017, l'administration fiscale aurait dû réduire la majoration pour manquement délibéré, il résulte de l'instruction que les cotisations d'impôt sur les sociétés au titre de l'exercice clos au 31 décembre 2017, ainsi que les pénalités correspondantes, ont fait l'objet d'un dégrèvement total le 11 juin 2020. Par suite, et compte tenu des manquements énoncés au point 8 du présent jugement, l'administration doit être regardée comme apportant la preuve du caractère délibéré des manquements reprochés à la SARL Ametsia justifiant l'application de la pénalité de 40 % aux redressements toujours en litige tant en matière de taxe sur la valeur ajoutée que d'impôt sur les sociétés.
En ce qui concerne l'interprétation de la loi fiscale :
10. La société requérante n'est pas fondée à se prévaloir, sur le fondement de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales, des commentaires administratifs publiés au bulletin officiel des finances publiques aux paragraphes nos 1 à 20 du BOI-RPPM-RCM-10-20-20-40 et n° 180 du BOI-RPPM-RCM-10-20-10 dès lors qu'ils ne sont pas applicables au litige et, en tout état de cause, ne contiennent pas d'interprétation de la loi fiscale différente de celle dont il est fait application dans le présent jugement, ni ceux publiés au paragraphe n° 40 du BOI-CF-INF-10-20-20-20170308 dès lors qu'ils sont relatifs à la procédure d'imposition et sont ainsi exclus du champ d'application de la garantie instituée par cet article.
11. Il résulte de tout ce qui précède que la SARL Ametsia n'est pas fondée à demander la décharge des pénalités des rappels de taxe sur la valeur ajoutée mis à sa charge au titre de la période allant du 1er janvier 2016 au 31 octobre 2018 et la réduction des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés et des pénalités auxquelles elle a été assujettie au titre de l'exercice clos en 2016.
Sur les frais liés au litige :
12. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par la SARL Ametsia au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SARL Ametsia est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société à responsabilité limitée (SARL) Ametsia et au directeur régional des finances publiques des Pays de la Loire et du département de la Loire-Atlantique.
Délibéré après l'audience du 9 janvier 2025, à laquelle siégeaient :
Mme Allio-Rousseau, présidente,
Mme Frelaut, première conseillère,
Mme Benoist, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 janvier 2025.
La rapporteure,
L.-L. BENOISTLa présidente,
M.-P. ALLIO-ROUSSEAU
La greffière,
C. MICHAULT
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026