vendredi 31 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2007553 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | ORATIO ANGERS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 30 juillet 2020, la société d'économie mixte (SEM) Soclova, représentée par Me Héry, demande au tribunal :
1°) de prononcer la réduction, à hauteur de la somme totale de 68 103 euros, des cotisations supplémentaires de taxe foncière sur les propriétés bâties auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2017 et 2018 à raison du complexe sportif de la Baumette dont elle est propriétaire situé 58, promenade de la Baumette à Angers (Maine-et-Loire) ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la valeur locative du complexe sportif de la Baumette doit être évaluée en tenant compte de l'abattement de 50 % prévu par les dispositions du 3ème alinéa du A du III de l'article 1498 du code général des impôts ;
- le complexe sportif est affecté à un service public ou d'intérêt général, ainsi que cela résulte des termes du contrat de sous-location conclu le 17 mai 2013 avec la société Angers SCO pour l'occupation de ces locaux ;
- elle est fondée à se prévaloir, sur le fondement de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales, des énonciations des commentaires administratifs publiés sous la référence BOI-IF-TFB-10-50-10-20, n° 10 ;
- l'application de l'abattement de 50 % conduit à diviser la base d'imposition par deux, et à la ramener à la somme de 33 359 euros au titre de l'année 2017 et à la somme de 33 482 euros au titre de l'année 2018.
Par un mémoire en défense enregistré le 6 novembre 2020, le directeur de la direction spécialisée de contrôle fiscal Centre Ouest conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 2010-1658 du 29 décembre 2010 de finances rectificatives pour 2010 ;
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- les conclusions de M. Vauterin, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La SEM Soclova a acquis, par un bail emphytéotique conclu avec la ville d'Angers le 17 mai 2013, un ensemble immobilier à l'usage de complexe sportif situé sur le territoire de cette commune, promenade de la Baumette, qu'elle donne en location, par un contrat du même jour, à la société Angers Sporting Club de l'Ouest (Angers SCO), qui gère un club professionnel de football et dispose, par ailleurs, de l'usage du stade Raymond Kopa attenant à ce complexe sportif. A la suite de la vérification de comptabilité dont a fait l'objet la société Angers SCO et ayant conduit l'administration fiscale à réévaluer la valeur locative des locaux ainsi occupés par cette société pour son imposition à la cotisation foncière des entreprises, la SEM Soclova s'est vu notifier, par une lettre du 28 novembre 2018, des cotisations supplémentaires de taxe foncière sur les propriétés bâties au titre des années 2017 et 2018 à raison du complexe sportif de la Baumette, à hauteur des montants respectifs de 59 012 euros et 57 113 euros. La réclamation formée par cette société en contestation de ces impositions a été rejetée par une décision du 3 juin 2020. Par sa requête, la SEM Soclova demande la réduction desdites impositions à hauteur de la somme totale de 68 103 euros.
Sur les conclusions aux fins de réduction des impositions litigieuses :
En ce qui concerne l'application de la loi fiscale :
2. Aux termes des dispositions des I à VI de l'article 34 de la loi n° 2010-1658 du 29 décembre 2010, dans sa rédaction issue de la loi n° 2015-1786 du 29 décembre 2015, applicable à l'année d'imposition 2017 : " VI.- Lorsque le IV n'est pas applicable, la valeur locative est déterminée par voie d'appréciation directe en appliquant un taux de 8 % à la valeur vénale de la propriété ou fraction de propriété au sens du I, telle qu'elle serait constatée à la date de référence définie au B du IV si cette propriété ou fraction de propriété était libre de toute location ou occupation () / La valeur locative mentionnée au premier alinéa du présent VI est réduite de moitié pour tenir compte de l'impact de l'affectation de la propriété ou fraction de propriété au sens du I, partielle ou totale, à un service public ou d'utilité générale () ". Pour l'année 2018, ces dispositions ont été transférées à l'article 1498 du code général des impôts, aux termes duquel : " III. - A. - La valeur locative des propriétés ou des fractions de propriété qui présentent des caractéristiques exceptionnelles est déterminée en appliquant un taux de 8 % à la valeur vénale de la propriété ou fraction de propriété, telle qu'elle serait constatée si elle était libre de toute location ou occupation à la date de référence définie au B du présent III. () /
La valeur locative mentionnée au premier alinéa du présent A est réduite de moitié pour tenir compte de l'impact de l'affectation de la propriété ou fraction de propriété, partielle ou totale, à un service public ou d'utilité générale () ".
3. La SEM Soclova soutient qu'en application des dispositions précitées, un abattement de 50 % doit être appliqué sur la valeur locative du complexe sportif de la Baumette à prendre en compte pour le calcul de la taxe foncière sur les propriétés bâties à laquelle elle a été assujettie au titre des années 2017 et 2018 à raison de ces locaux, afin de tenir compte de leur affectation à un service public ou d'utilité générale. Toutefois, si le contrat conclu le 17 mai 2013 avec la société Angers SCO pour la location de ces locaux mentionne leur affectation à l'usage du public, dans le cadre de l'organisation de manifestations et compétitions sportives, et l'existence d'un intérêt public local, il résulte des stipulations de ce même contrat que le complexe sportif mis à la disposition de cette société privée, dont il abrite les locaux administratifs, est destiné à l'entraînement, la formation et l'hébergement des sportifs du club de football professionnel Angers SCO. Dans ces conditions, et quand bien même la préparation des sportifs s'inscrit notamment dans le cadre de compétitions ouvertes au public, il ne résulte pas de l'instruction que, compte tenu des activités menées en son sein par une société privée, le complexe sportif puisse être regardé comme affecté à un service public ou d'utilité générale au sens et pour l'application des dispositions précitées de l'article 34 de la loi n° 2010-1658 du 29 décembre 2010 et de l'article 1498 du code général des impôts. La société requérante n'est par suite pas fondée à se prévaloir de la réduction de moitié de la valeur locative prévue, pour les années en litige, par ces dispositions.
En ce qui concerne l'interprétation de la loi fiscale :
4. Dès lors que, comme il vient d'être dit, il ne résulte pas de l'instruction que les locaux de la SEM Soclova seraient affectés à un service public ou d'utilité générale, la société requérante n'est pas fondée à invoquer, sur le fondement de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales, les énonciations des commentaires administratifs publiés sous la référence BOI-IF-TFB-10-50-10-20, n° 10, qui sont au demeurant relatifs à l'exonération de taxe foncière sur les propriétés bâties prévue par les dispositions du 1° de l'article 1382 du code général des impôts, dont elle ne sollicite pas l'application.
Sur les frais liés au litige :
5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans le présent litige, la somme demandée par la SEM Soclova au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SEM Soclova est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SEM Soclova et au directeur de la direction spécialisée de contrôle fiscal Centre Ouest .
Délibéré après l'audience du 10 mars 2023, à laquelle siégeaient :
M. Livenais, président,
Mme Rosemberg, première conseillère,
M. Huin, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 31 mars 2023.
La rapporteure,
V. A
Le président,
Y. LIVENAIS
Le greffier,
E. LE LUDEC
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
5
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026