jeudi 11 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2008406 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Magistrat : Mme CARO - R. 222-13 |
| Avocat requérant | TARAORE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 21 août 2020, Mme C B, représenté par Me Taraoré, demande au Tribunal :
1°) d'annuler la décision du 22 juin 2020 par laquelle le préfet de la Mayenne a prononcé, pour une durée de six mois, la suspension de la validité de son permis de conduire à compter de la date de retrait du titre ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
3°) de condamner l'Etat aux entiers dépens ;
4°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Elle soutient que la décision litigieuse est entachée d'une erreur de fait dès lors qu'elle n'a commis aucune infraction au code de la route le 15 novembre 2016.
Par un mémoire en défense enregistré le 14 septembre 2020, le préfet de la Mayenne conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par la requérante n'est fondé.
Par une ordonnance du 25 janvier 2023, la clôture de l'instruction a été prononcée le 10 février 2023.
Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 21 avril 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la route ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Caro, première conseillère, pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La magistrate désignée a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique, le rapport de Mme A.
Considérant ce qui suit :
1. Le 15 novembre 2019, à 16 heures, sur le territoire de la commune de Château Gontier sur Mayenne (53), Mme B circulant à bord de son véhicule, a fait l'objet d'un contrôle par les services de la gendarmerie de la Mayenne. Les tests salivaires effectués ont fait apparaître qu'elle conduisait en ayant fait usage de stupéfiants. Par une décision du 22 juin 2020, prise sur le fondement de l'article L. 224-7 du code de la route, le préfet de la Mayenne a suspendu la validité du permis de conduire de Mme B pour une durée de six mois. Mme B demande au tribunal d'annuler cette décision.
2. L'article L. 224-1 du code de la route prévoit que les officiers et agents de police judiciaire procèdent à la rétention à titre conservatoire d'un permis de conduire, notamment, lorsqu'il est constaté ou suspecté que son titulaire conduisait après avoir fait usage de substances ou plantes classées comme stupéfiants au sens de l'article L. 235-1 du code de la route. L'article L. 224-7 du même code dispose que : " Saisi d'un procès-verbal constatant une infraction punie par le présent code de la peine complémentaire de suspension du permis de conduire, le représentant de l'Etat dans le département où cette infraction a été commise peut, s'il n'estime pas devoir procéder au classement, prononcer à titre provisoire soit un avertissement, soit la suspension du permis de conduire ou l'interdiction de sa délivrance lorsque le conducteur n'en est pas titulaire () ". Aux termes des dispositions de l'article L. 224-8 du même code : " La durée de la suspension ou de l'interdiction prévue à l'article L. 224-7 ne peut excéder six mois ".
3. En l'espèce, Mme B se borne à soutenir qu'elle n'a pas commis l'infraction qui lui est reprochée le 15 novembre 2016, à savoir une conduite en ayant fait usage de stupéfiants et que la décision du préfet de la Mayenne est entachée d'une erreur de fait. Toutefois, le préfet indique dans ses écritures que la mention de la date de l'infraction à la date du 15 novembre 2016 relève d'une simple erreur de plume et que l'infraction contestée s'est produite le 15 novembre 2019, ainsi que le mentionne le procès-verbal de synthèse du 28 avril 2020 établi par l'officier de police judiciaire et versé au dossier, aux termes duquel l'intéressée avoue avoir consommé du cannabis la veille du contrôle. L'appréciation de la réalité et de l'imputabilité de cette infraction à l'intéressée relève exclusivement de la compétence du juge judiciaire dans le cadre de la procédure pénale, et la constatation de cette imputabilité ne constitue pas un moyen susceptible d'être utilement soulevé devant le juge administratif. Dès lors, la gravité de l'infraction qui consiste en une conduite en ayant fait usage de stupéfiants est constitutive d'un danger pour la sécurité du requérant et celle des autres usagers de la route. Dans ces conditions, le préfet de la Mayenne pouvait donc prononcer la suspension de son permis de conduire pour une durée de six mois sans commettre d'erreur de droit.
4. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée, y compris par voie de conséquence, les conclusions au titre des articles L. 761-1 et R. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B, au ministre de l'intérieur et des outre-mer et à Me Taraoré.
Copie en sera adressée au préfet de la Mayenne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 mai 2023
La magistrate désignée,
N. A
La greffière,
V. MALINGRE
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
V. Malingre
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026