vendredi 31 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2008420 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | HARDY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 24 août 2020, M. A B et Mme C B, représentés par Me Silly, demandent au tribunal :
1°) de prononcer la réduction des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu, de contributions sociales et de contribution exceptionnelle sur les hauts revenus mises à leur charge au titre des années 2014, 2015 et 2016, ainsi que des majorations correspondantes ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 7 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- les impositions litigieuses ont été mises à leur charge à l'issue d'une procédure irrégulière, l'administration fiscale ayant méconnu le principe du contradictoire à l'occasion de la vérification de comptabilité dont la société par actions simplifiée (SAS) Coro Entreprise a fait l'objet ;
- les impositions supplémentaires mises à leur charge à raison de la libéralité que la SAS Coro Entreprise aurait consentie à M. B à l'occasion d'un échange de titres à prix minoré ne sont pas fondées ;
- s'agissant de la société Hydrolock, la valeur des titres à prendre en compte correspond à la valeur de leur première acquisition, ainsi que le stipule le pacte d'associés, qui a été conclu afin de favoriser l'investissement des cadres manageurs et assurer leur fidélisation ; il convient ainsi de prendre en compte une valeur de 45,10 euros par titre ; l'administration fiscale a dans ces conditions estimé à tort que ces titres avaient été cédés à un prix minoré ; elle n'a pas tenu compte du risque d'engagement de sa responsabilité contractuelle qui aurait pesé sur la SAS Coro Entreprise si elle n'avait pas respecté les termes de ce pacte d'associés ;
- s'agissant de la société Redip, il y a lieu de tenir compte d'une valeur de référence, correspondant au prix de 1 250 000 euros pratiqué lors de la cession intervenue le 6 février 2015 ;
- la valeur des titres de la SAS Coro Entreprise correspond, dans la mesure où elle est une holding pure, à la somme des valeurs réelles de ses filiales ; l'évaluation de la valeur de ses filiales à laquelle l'administration fiscale a procédé est erronée ; la valeur mathématique et la valeur de productivité ont été déterminées sur la base de données erronées ; l'administration fiscale a appliqué des méthodes différentes selon les filiales ; seule la valeur mathématique devrait être appliquée, dans la mesure où, comme l'a admis oralement l'administration fiscale, l'application de la méthode de rentabilité conduit à une augmentation anormale de cette valeur ;
- la décote de 20 % appliquée par l'administration fiscale n'est pas suffisante au regard des énonciations du guide d'évaluation des entreprises de l'administration fiscale ; il y a lieu d'appliquer une décote de 30 % au titre des participations dans la société Sonepack ; une décote de 20 % doit être appliquée au titre des participations minoritaires dans les sociétés RFM Développement, Redip Holding, CTN, Elyos et Neolix ; il y a lieu d'appliquer une décote de
30 % aux titres de la société Hydrolock et de la société Coro Entreprise ;
- la majoration de 40 % pour manquement délibéré mise à leur charge n'est pas fondée, l'élément intentionnel n'étant pas établi ;
- elle est fondée à se prévaloir, sur le fondement de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales, des énonciations des commentaires administratifs publiés sous la référence BOI-CF-INF-10-20-20, n° 30.
Par un mémoire en défense enregistré le 11 décembre 2020, le directeur de la direction spécialisée de contrôle fiscal Centre Ouest conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme D,
- les conclusions de M. Vauterin, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. et Mme B sont associés de la SAS Coro Entreprise, société holding à la tête d'un groupe fiscalement intégré au sens de l'article 223 A du code général des impôts composé de sociétés commerciales, de sociétés civiles immobilières, de sociétés holdings et de plusieurs filiales italiennes et espagnoles, dont ils sont respectivement directeur général et présidente. Suite à la vérification de comptabilité dont cette société a fait l'objet au titre des exercices clos en 2014 et en 2015 et qui a conduit l'administration fiscale à identifier l'existence de revenus réputés distribués au bénéfice de M. B au titre de ces deux exercices, les intéressés se sont vu notifier, par une proposition de rectification du 15 décembre 2017, des suppléments d'impôt sur le revenu, de contributions sociales et de contribution exceptionnelle sur les hauts revenus au titre de l'année 2014 à raison, en particulier, des revenus distribués à l'occasion d'un échange de titres de la SAS Coro Entreprise intervenu le 31 décembre 2014 et regardés comme constitutifs d'avantages occultes sur le fondement du c) de l'article 111 du code général des impôts. Par une proposition de rectification du 4 décembre 2018, l'administration fiscale leur a par ailleurs notifié des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu, de contributions sociales et de contribution exceptionnelle sur les hauts revenus au titre des années 2015 et 2016. La réclamation préalable présentée par M. et Mme B en contestation de ces impositions a été rejetée par une décision du 20 février 2020. Par leur requête, ces derniers demandent la réduction de l'ensemble des impositions supplémentaires ainsi mises à leur charge, ainsi que des majorations correspondantes.
Sur les conclusions aux fins de réduction des impositions litigieuses :
En ce qui concerne la régularité de la procédure d'imposition :
2. Si M. et Mme B soutiennent que la vérification de comptabilité engagée à l'encontre de la SAS Coro Entreprise est entachée d'irrégularité, en tant que l'administration fiscale aurait méconnu le principe du contradictoire, une telle irrégularité est, en vertu du principe d'indépendance des procédures, sans influence sur la régularité et le bien-fondé des impositions mises à leur charge. Au demeurant, le tribunal administratif de Nantes a, en tout état de cause, par un jugement n° 2008389 du 31 mars 2023, écarté le moyen soulevé à ce titre par la SAS Coro Entreprise et repris, dans leur requête, par M. et Mme B, remettant en cause la régularité du contrôle dont elle a fait l'objet.
En ce qui concerne le bien-fondé de l'imposition :
3. Aux termes de l'article 111 du code général des impôts : " Sont notamment considérés comme revenus distribués : c. Les rémunérations et avantages occultes () ".
4. En cas d'acquisition par une société à un prix que les parties ont délibérément majoré par rapport à la valeur vénale de l'objet de la transaction, ou, s'il s'agit d'une vente, délibérément minoré, sans que cet écart de prix comporte de contrepartie, l'avantage ainsi octroyé doit être requalifié comme une libéralité représentant un avantage occulte constitutif d'une distribution de bénéfices au sens des dispositions précitées du c de l'article 111 du CGI, alors même que l'opération est portée en comptabilité et y est assortie de toutes les justifications concernant son objet et l'identité du cocontractant, dès lors que cette comptabilisation ne révèle pas, par elle-même, la libéralité en cause. La preuve d'une telle distribution occulte doit être regardée comme apportée par l'administration lorsqu'elle établit l'existence, d'une part, d'un écart significatif entre le prix convenu et la valeur vénale du bien cédé et, d'autre part, d'une intention, pour la société, d'octroyer, et, pour le cocontractant, de recevoir, une libéralité du fait des conditions de la cession, sans que cet avantage soit assorti d'une contrepartie.
5. La valeur vénale d'actions non cotées en bourse sur un marché réglementé doit être appréciée compte tenu de tous les éléments dont l'ensemble permet d'obtenir un chiffre aussi voisin que possible de celui qu'aurait entraîné le jeu normal de l'offre et de la demande à la date où la cession est intervenue. L'évaluation des titres d'une telle société doit être effectuée, par priorité, par référence au prix d'autres transactions intervenues dans des conditions équivalentes et portant sur les titres de la même société ou, à défaut, de sociétés similaires. Toutefois, en l'absence de transactions intervenues dans des conditions équivalentes et portant sur les titres de la même société ou, à défaut, de sociétés similaires, l'administration peut légalement se fonder sur l'une des méthodes destinées à déterminer la valeur de l'actif ou sur la combinaison de plusieurs de ces méthodes.
6. Il résulte de l'instruction que, le 31 décembre 2014, M. B a apporté à la SAS Coro Entreprise 2 172 parts de la société FEC, d'une valeur de 400 000 euros, et a reçu, en échange de cet apport et pour la même valeur, 51 089 titres de la SAS Coro Entreprise. La valeur unitaire des titres de la SAS Coro Entreprise a ainsi été évaluée dans le cadre de cet échange de titres à 7,83 euros, en tenant compte des fonds propres détenus au 31 décembre 2013. Au cours de la vérification de comptabilité dont cette société a fait l'objet, l'administration fiscale a remis en cause la méthode ainsi employée pour évaluer la valeur de ces titres, l'intéressée n'ayant pas tenu compte de la valeur de l'ensemble des participations qu'elle détenait dans le capital de ses filiales. Elle a, par suite, évalué la valeur vénale réelle des titres en cause à la date de l'échange de titres en se fondant, par application des préconisations du guide de l'évaluation des entreprises et des titres de sociétés, sur la valeur mathématique des titres de la SAS Coro Entreprise, qu'elle a corrigée en tenant compte de la valeur de rendement et de la valeur de productivité, la valeur mathématique tenant elle-même compte de la valeur de ses participations dans ses filiales figurant à son actif, déterminée pour chacune de ces filiales par application de la même méthode. Elle a ainsi estimé qu'au 31 décembre 2014, cette valeur vénale s'élevait, après application d'un abattement global de 20 % destiné à compenser la non-liquidité des actifs immobilisés et la fiscalité latente sur les actifs, à 11,45 euros, ce montant étant ramené, suite au recours hiérarchique exercé par la SAS Coro Entreprise dans le cadre du contrôle dont elle faisait l'objet et à raison de l'application de décotes supplémentaires sur la valeur des participations de plusieurs de ses filiales, à 11,30 euros.
7. En premier lieu, M. et Mme B contestent l'évaluation de la valeur vénale des titres de plusieurs des filiales de la SAS Coro Entreprise à laquelle l'administration fiscale a procédé afin d'évaluer la valeur vénale des titres de cette société à la date de l'échange de titres en litige.
8. D'une part, l'administration fiscale a évalué la valeur vénale des titres de la société Hydrolock en combinant la valeur mathématique, la valeur de rendement et la valeur de productivité et l'a estimée, après application d'une décote de non-liquidité de 10 %, au prix unitaire de 115 euros au 31 décembre 2013 et 213 euros au 31 décembre 2014. Si les requérants soutiennent que la valeur des titres de la société Hydrolock devait être évaluée par référence au prix unitaire de 45,10 euros pratiqué lors de la cession de ces titres déclarée le 1er janvier 2013, dont il résulte de l'instruction qu'elle correspond à l'acquisition de ces titres par la SAS Coro Entreprise, ladite cession est intervenue environ deux ans avant l'échange de titres en litige, l'administration fiscale ayant en outre relevé que la situation de la société Hydrolock avait largement évolué au cours de cette période, emportant des conséquences sur la valeur réelle des titres de cette société. En l'absence d'autre transaction intervenue à une date proche de l'échange de titres en cause et dans des conditions similaires, l'administration fiscale pouvait ainsi évaluer la valeur vénale de ces titres en se fondant sur la combinaison des méthodes précédemment mentionnées. M. et Mme B ne contestent pas sérieusement, par ailleurs, l'évaluation de la valeur vénale des titres de la société Hydrolock à laquelle l'administration fiscale a procédé par application de ces méthodes. Ils ne peuvent en outre utilement soutenir que le pacte d'associés conclu avec la société Elyos le 8 avril 2013 aurait imposé à la SAS Coro Entreprise de céder à celle-ci ses titres de la société Hydrolock à leur prix d'acquisition, ni que la SAS Coro Entreprise justifiait de son intérêt à la conclusion de ce pacte ou à la minoration du prix des titres de la société Hydrolock, ces circonstances étant sans incidence sur la valeur vénale des titres de la société Hydrolock détenus par la SAS Coro Entreprise au 31 décembre 2014.
9. D'autre part, l'administration fiscale a évalué la valeur vénale des titres de la société Redip au 31 décembre 2014 en prenant en compte la valeur mathématique, pondérée par la valeur de productivité, et l'a ainsi estimée, pour l'ensemble des 946 titres détenus par la SAS Coro Entreprise, comme représentant une valeur totale de 1 640 479 euros, soit un prix unitaire de 1 734 euros. M. et Mme B soutiennent qu'il convenait de procéder par référence au prix pratiqué lors d'une cession de titres de la société Redip intervenue le 6 février 2015, un mois et six jours après l'échange de titres, la valeur totale des titres étant alors fixée à 1 250 000 euros, soit un prix unitaire de 1 321 euros. L'administration fiscale fait toutefois valoir que cette cession ayant été réalisée au bénéfice de la SAS Coro Entreprise par la société Redip Holding, créée peu de temps avant, le 14 décembre 2014, et dont la SAS Coro Entreprise était elle-même associée à hauteur de 20 %, la communauté d'intérêts existant ainsi entre les sociétés intéressées ne permettait pas de regarder le prix pratiqué lors de cette cession comme correspondant à la valeur des titres de la société Redip au 31 décembre 2014 telle qu'elle résulterait du jeu normal du marché. Au demeurant, compte tenu en particulier de l'écart entre le prix pratiqué lors de cette cession et celui retenu par l'administration fiscale ainsi que de la part que représente la valeur des titres de la société Redip dans l'ensemble de l'actif de la SAS Coro Entreprise, il ne résulte pas de l'instruction que la prise en compte d'une valeur unitaire de 1 321 euros conduirait à modifier de manière significative la valeur vénale des titres de la SAS Coro Entreprise à la date de l'échange de titres en litige.
10. En deuxième lieu, il ne résulte pas de l'instruction que, contrairement à ce que soutiennent M. et Mme B, l'administration fiscale aurait évalué la valeur vénale des titres de la SAS Coro Entreprise en se fondant sur des données erronées ou inadaptées à l'activité de la société ou de ses filiales. Ainsi, dès lors que, compte tenu de son activité de holding, les participations détenues par cette société sont nécessaires à son activité et n'ont pas vocation à être vendues, la valeur de ces participations pouvait être déterminée sans tenir compte d'un impôt latent. En outre, l'administration fiscale pouvait, compte tenu de cette activité, appliquer la méthode forfaitaire pour évaluer la valeur des éléments incorporels des fonds de commerce de ses filiales, sans qu'il y ait lieu de prendre en compte la fiscalité due à ce titre. M. et Mme B ne sont pas fondés, par ailleurs, à soutenir qu'un taux de risque de 7,3 %, correspondant au taux constaté au sein des entreprises cotées, aurait dû être pris en compte au titre des filiales de la SAS Coro Entreprise, dès lors que ces filiales constituent des entreprises non cotées se distinguant des entreprises cotées par leur taille et leur structure, l'administration fiscale ayant en outre appliqué un taux de 5 % en s'appuyant sur la prime de risque historique du marché français. Les requérants ne sont pas davantage fondés à soutenir que le taux de risque de la SAS Coro Entreprise correspondrait au taux moyen pondéré de risque de ses filiales, l'administration fiscale, qui fait valoir que la société holding ne supporte, compte tenu de son activité, aucun risque lié à une exploitation commerciale ou industrielle, ayant au demeurant appliqué un taux de 3 %, dont il ne résulte pas de l'instruction qu'il ne correspondrait pas aux risques auxquelles elle est effectivement exposée. Enfin, si M. et Mme B soutiennent que la valeur de productivité, qui conduit à augmenter la valeur mathématique de la SAS Coro Entreprise de plus de 50 %, ne pouvait être appliquée compte tenu de l'activité de cette société, il résulte de l'instruction que la méthode utilisée par l'administration fiscale a permis de tenir compte de cette circonstance en appliquant à la valeur mathématique et à la valeur de productivité les coefficients respectifs de 3 et 1, la circonstance qu'il lui aurait été indiqué oralement, au cours du contrôle, que seule la méthode mathématique serait pertinente, qui n'est au demeurant pas justifiée, étant sans incidence sur le bien-fondé de la méthode effectivement appliquée.
11. En troisième et dernier lieu, il résulte de l'instruction que les modalités d'évaluation de la valeur des participations détenues par la SAS Coro Entreprise au sein de ses filiales ont permis de tenir compte, par la pondération de la valeur mathématique et de la valeur de rendement, du caractère minoritaire de ces participations. En outre, l'administration fiscale a fait application de décotes de non-liquidité de 10 % sur la valeur des titres de la société Hydrolock et de la société Sonepack afin de tenir compte des clauses d'agrément prévues pour la cession de ces titres, ainsi que d'un abattement global de 20 % sur la valeur des titres de la SAS Coro Entreprise destiné à compenser la non-liquidité des actifs immobilisés et la fiscalité latente sur les actifs. Si M. et Mme B sollicitent l'application de décotes de 30 % sur la valeur des titres des sociétés Sonepack et Hydrolock et de la SAS Coro Entreprise, et de 20 % sur la valeur des titres des sociétés RFM Développement, Redip Holding, CTN, Elyos et Neolix, il ne résulte pas de l'instruction que les décotes et l'abattement déjà pratiqués par l'administration fiscale ne permettraient pas de prendre suffisamment en compte le caractère minoritaire des participations détenues par la SAS Coro Entreprise au sein de ces entreprises ou la non-liquidité des actifs immobilisés.
12. Il résulte de ce qui précède que M. et Mme B ne sont pas fondés à contester l'évaluation de la valeur vénale des titres de la SAS Coro Entreprise à laquelle l'administration fiscale a procédé pour considérer qu'il existait un écart significatif entre cette valeur vénale et la valeur retenue à l'occasion de l'échange de titres réalisé au profit de M. B le 31 décembre 2014, et le regarder, par suite, comme ayant bénéficié d'un avantage occulte au sens des dispositions du c) de l'article 111 du code général des impôts, devant être pris en compte pour la détermination du revenu imposable des intéressés au titre de l'année 2014.
En ce qui concerne la majoration pour manquement délibéré :
13. Aux termes de l'article 1729 du code général des impôts : " Les inexactitudes ou les omissions relevées dans une déclaration ou un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt ainsi que la restitution d'une créance de nature fiscale dont le versement a été indûment obtenu de l'Etat entraînent l'application d'une majoration de : / a. 40 % en cas de manquement délibéré () ".
14. Si M. et Mme B contestent le caractère délibéré de la minoration de la valeur des titres de la SAS Coro Entreprise reçus par M. B le 31 décembre 2014, la majoration de 40 % prévue par les dispositions du a) de l'article 1729 du code général des impôts n'a pas été mise à leur charge à raison des impositions supplémentaires procédant de cette rectification, mais seulement à raison de celles résultant des distributions perçues au titre de dépenses engagées par la SAS Coro Entreprise dans un but étranger à l'intérêt de son exploitation. Les arguments développés par les requérants sont par suite sans incidence sur le bien-fondé des majorations ainsi mises à leur charge, ceux-ci n'étant au demeurant par fondés à invoquer, sur le fondement des dispositions de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales, les énonciations des commentaires administratifs publiés sous la référence BOI-CF-INF-10-20-20, n° 30, qui ne donnent aucune interprétation de la loi fiscale différente de celle dont il est fait application.
15. Il résulte de tout ce qui précède, dès lors que M. et Mme B ne développent aucun argument de nature à remettre en cause le bien-fondé du surplus des impositions supplémentaires et des majorations mises à leur charge, que leurs conclusions aux fins de réduction desdites impositions et majoration doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
16. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante à la présente instance, la somme demandée par M. et Mme B au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Mme C B et au directeur de la direction spécialisée de contrôle fiscal Centre Ouest.
Délibéré après l'audience du 10 mars 2023, à laquelle siégeaient :
M. Livenais, président,
Mme Rosemberg, première conseillère,
M. Huin, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 31 mars 2023.
La rapporteure,
V. D
Le président,
Y. LIVENAIS
Le greffier,
E. LE LUDEC
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
5
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026