jeudi 20 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2009211 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL LEXCAP ANGERS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 14 septembre 2020, Mme A B, représentée par Me Brossard, demande au tribunal :
1°) d'annuler la mise en demeure valant commandement de payer émise le 15 juillet 2020 pour la commune de Mauges-sur-Loire en vue du recouvrement d'un titre émis le 7 mai 2012 pour un montant de 500 euros et de la décharger de l'obligation de payer cette somme ;
2°) d'annuler le titre exécutoire émis par la commune de Mauges-sur-Loire le 7 mai 2012 au titre des frais engagés pour un " raccordement assainissement " ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Mauges-sur-Loire une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'action en recouvrement est prescrite ;
- la mise en demeure ne renseigne pas suffisamment sur les éléments justifiant la créance.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 novembre 2020, la direction départementale des finances publiques de Maine-et-Loire conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.
La procédure a été communiquée à la commune de Mauges-sur-Loire, qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur les moyens relevés d'office tirés, d'une part, de l'incompétence de la juridiction administrative en matière de contentieux du recouvrement des créances non fiscales des collectivités territoriales (Cf. TC, 14 juin 2021, Conflit sur renvoi du Conseil d'Etat, n°C4212, A) et, d'autre part, de l'irrecevabilité des conclusions tendant à l'annulation du titre du 7 mai 2012 en l'absence de moyens soulevés contre cette décision (R. 411-1 du C.J.A.).
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Huet,
- les conclusions de Mme Diniz, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Par un titre émis le 7 mai 2012, Mme A B a été rendue redevable, par la commune de Mauges-sur-Loire, du paiement de frais relatif à un " raccordement assainissement ", pour un montant de 500 euros. Le 15 juillet 2020, une mise en demeure valant commandement de payer a été adressée à Mme B en vue du recouvrement de cette somme. Mme B demande au tribunal, d'une part, d'annuler la mise en demeure du 15 juillet 2020 et de la décharger de l'obligation de payer cette somme et, d'autre part, d'annuler le titre émis le 7 mai 2012.
Sur les conclusions dirigées contre la mise en demeure du 15 juillet 2020 valant commandement de payer :
2. Aux termes de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales : " () / 1° En l'absence de contestation, le titre de recettes individuel ou collectif émis par la collectivité territoriale ou l'établissement public local permet l'exécution forcée d'office contre le débiteur. / () / L'action dont dispose le débiteur d'une créance assise et liquidée par une collectivité territoriale ou un établissement public local pour contester directement devant la juridiction compétente le bien-fondé de ladite créance se prescrit dans le délai de deux mois à compter de la réception du titre exécutoire ou, à défaut, du premier acte procédant de ce titre ou de la notification d'un acte de poursuite. / 2° La contestation qui porte sur la régularité d'un acte de poursuite est présentée selon les modalités prévues à l'article L. 281 du livre des procédures fiscales. () ".
3. Aux termes de l'article L. 281 du livre des procédures fiscales : " Les contestations relatives au recouvrement des impôts, taxes, redevances, amendes, condamnations pécuniaires et sommes quelconques dont la perception incombe aux comptables publics doivent être adressées à l'administration dont dépend le comptable qui exerce les poursuites. / () / Les contestations relatives au recouvrement ne peuvent pas remettre en cause le bien-fondé de la créance. Elles peuvent porter : / 1° Sur la régularité en la forme de l'acte ; / 2° A l'exclusion des amendes et condamnations pécuniaires, sur l'obligation au paiement, sur le montant de la dette compte tenu des paiements effectués et sur l'exigibilité de la somme réclamée. / Les recours contre les décisions prises par l'administration sur ces contestations sont portés dans le cas prévu au 1° devant le juge de l'exécution. Dans les cas prévus au 2°, ils sont portés : / () / c) Pour les créances non fiscales des collectivités territoriales, des établissements publics locaux et des établissements publics de santé, devant le juge de l'exécution. ".
4. Il ressort de ces dispositions que l'ensemble du contentieux du recouvrement des créances non fiscales des collectivités territoriales est de la compétence du juge de l'exécution, tandis que le contentieux du bien-fondé de ces créances est de celle du juge compétent pour en connaître sur le fond.
5. Mme B demande au tribunal, à titre principal, d'annuler l'acte de poursuite que constitue la mise en demeure valant commandement de payer ainsi que, par voie de conséquence, de la décharger de l'obligation de payer la somme réclamée. Une telle demande ressortissant au contentieux du recouvrement, c'est le juge de l'exécution, juge judiciaire, qui est compétent pour en connaître, sans que puisse être remis en cause devant lui le bien-fondé de la créance. La juridiction administrative étant incompétente pour en connaître, il y a lieu de rejeter la demande de Mme B comme portée devant une juridiction incompétente.
Sur les conclusions dirigées contre le titre du 7 mai 2012 :
6. Aux termes de l'article R. 411-1 du code de justice administrative : " La juridiction est saisie par requête. () Elle contient l'exposé des faits et moyens, ainsi que l'énoncé des conclusions soumises au juge. / L'auteur d'une requête ne contenant l'exposé d'aucun moyen ne peut la régulariser par le dépôt d'un mémoire exposant un ou plusieurs moyens que jusqu'à l'expiration du délai de recours. ". En l'espèce, à supposer, d'une part, que la juridiction administrative soit compétente pour connaître des conclusions dirigées contre le titre du 7 mai 2012, que Mme B ne produit au demeurant pas, et, d'autre part, que lesdites conclusions ne soient pas tardives en application des dispositions précitées de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales, la requête de Mme B ne comporte aucun moyen qui serait assorti de précisions suffisantes pour permettre au tribunal d'en apprécier le bien-fondé au soutien de ses conclusions tendant à l'annulation du titre du 7 mai 2012. Les conclusions tendant à l'annulation de ce titre sont, dès lors, irrecevables et doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
7. Il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de Mme B présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Les conclusions de Mme B tendant à l'annulation de la mise en demeure valant commandement de payer émise le 15 juillet 2020 et à ce qu'elle soit déchargée de l'obligation de payer sont rejetées comme portées devant une juridiction incompétente pour en connaître.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, à la commune de Mauges-sur-Loire et à la direction départementale des finances publiques de Maine-et-Loire.
Délibéré après l'audience du 30 mai 2024, à laquelle siégeaient :
M. Giraud, président,
Mme Beyls, conseillère,
M. Huet, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 juin 2024.
Le rapporteur,
F. HUET
Le président,
T. GIRAUD
La greffière,
C. GENTILS
La République mande et ordonne au préfet de Maine-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026