vendredi 11 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2009448 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 12eme chambre |
| Avocat requérant | CABINET THOMAS PIERSON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 22 septembre 2020 et le 16 février 2022, la caisse primaire d'assurance maladie de la Loire-Atlantique, agissant pour le compte de la caisse primaire d'assurance maladie de la Sarthe et par délégation, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de condamner solidairement la commune de Pornichet et son assureur Paris Nord Assurances Services (PNAS) à lui verser la somme de 2 872,08 euros, assortie des intérêts au taux légal et de leur capitalisation à compter du 16 février 2022, en remboursement des prestations services à son assuré M. B, consécutivement à la chute de celui-ci sur le domaine public communal le 11 novembre 2017 ;
2°) de condamner solidairement la commune de Pornichet et PNAS au paiement de l'indemnité forfaitaire de gestion pour un montant de 957,36 euros, somme assortie des intérêts au taux légal avec anatocisme à compter du 16 février 2022 ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Pornichet le versement d'une somme de 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, somme assortie des intérêts au taux légal et de leur capitalisation à compter du 16 février 2022.
Elle soutient que :
- la matérialité des faits est établie par les pièces versées à l'instruction, l'assureur de la commune ne l'ayant pas contestée à l'occasion de la demande préalable ;
- la chute de M. B survenue le 11 novembre 2017, imputable à une excavation de la chaussée non signalée, résulte d'un défaut d'entretien de la voie publique de nature à engager la responsabilité de la commune de Pornichet ; la commune ne justifie d'aucun cas de force majeure ;
- cette chute lui a causé une fracture de sa cheville droite, et, partant, a entraîné des débours pour la caisse primaire d'un montant de 2 872,08 euros ;
- l'attestation d'imputabilité établie par le médecin-conseil est suffisamment probante.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 19 mai 2021 et 4 octobre 2023, la commune de Pornichet, représentée par Me Pierson, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la CPAM de la Loire-Atlantique une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la matérialité des faits n'est pas établie ;
- le défaut d'entretien normal n'est pas établi ;
- la chute est due à une faute d'attention de la victime, totalement exonératoire ;
- le montant du préjudice n'est pas établi à défaut de toute pièce médicale.
La requête a été communiquée à PNAS et à M. A B.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des propriétés des personnes publiques ;
- le code de la sécurité sociale.
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Milin,
- les conclusions de Mme Malingue, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. La caisse primaire d'assurance maladie de la Loire-Atlantique, agissant pour le compte de la caisse primaire d'assurance maladie de la Sarthe, demande au tribunal de condamner la commune de Pornichet et son assureur PNAS à lui rembourser les prestations servies à son assuré M. B, consécutivement à la chute de celui-ci sur le domaine public communal le 11 novembre 2017, en soutenant que la responsabilité de la commune est engagée pour défaut d'entretien normal du domaine public.
2. Il appartient à l'usager, victime d'un dommage survenu sur une voie publique, ou au tiers subrogé dans ses droits, lorsqu'il sollicite la réparation des préjudices consécutif à ce dommage, de rapporter la preuve du lien de cause à effet entre l'ouvrage public et le dommage dont il se plaint. La collectivité en charge de l'ouvrage public doit alors, pour que sa responsabilité ne soit pas retenue, établir que l'ouvrage public faisait l'objet d'un entretien normal ou que le dommage est imputable à la faute de la victime ou à un cas de force majeure.
3. La requérante fait valoir que M. B s'est fracturé la cheville en butant sur une excavation du boulevard des Océanides qui ne faisait l'objet d'aucune signalisation. Il résulte de l'instruction que l'excavation en cause consiste en une altération du bitume, située le long de l'empierrement limitant le trottoir, sur, environ, trente centimètres de long dans sa partie la plus longue, vingt centimètres de large dans sa partie la plus large et sur moins de cinq centimètres de profondeur. Cette défectuosité de la chaussée, compte tenu de ses dimensions en longueur et en largeur qui la rendaient visible, de sa faible profondeur, de son emplacement à l'extrémité du trottoir, ne constitue pas un obstacle excédant ceux qu'un usager piéton de la voie publique normalement prudent et attentif peut s'attendre à rencontrer, les lieux étant en outre, d'après le témoignage de la victime versé à l'instruction, éclairés au moment de la chute, sans qu'il soit établi que cet éclairage ait été insuffisant. Dans ces conditions, la commune établit l'absence de défaut d'entretien normal de l'ouvrage public, sans avoir à justifier de mesures de contrôle particulières de la voie, le défaut de justification de ces mesures n'étant pas davantage de nature à caractériser une carence du maire de la commune dans l'exercice de ses pouvoirs de police.
4. Il résulte de ce qui précède que la requérante n'est pas fondée à rechercher la responsabilité de la commune de Pornichet à raison des conséquences dommageables de la chute de M. B le 11 novembre 2017. Sa requête doit ainsi être rejetée, y compris ses conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. En revanche, dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de la CPAM de la Loire-Atlantique le versement à la commune de Pornichet d'une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la caisse primaire d'assurance maladie de la Loire-Atlantique est rejetée.
Article 2 : La caisse primaire d'assurance maladie de la Loire-Atlantique versera à la commune de Pornichet la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la caisse primaire d'assurance maladie de la Loire-Atlantique, à la commune de Pornichet, à Paris Nord Assurances Services et à M. A B.
Délibéré après l'audience du 20 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Gourmelon, présidente,
Mme Milin, première conseillère,
M. Cordrie, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 octobre 2024.
La rapporteure,
C. MILIN
La présidente,
V. GOURMELONLa greffière,
F. ARLAIS
La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent arrêt.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026