mardi 16 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2009463 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SAS HUGLO LEPAGE AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 22 septembre 2020, le 19 septembre 2022 et le 25 mai 2023, Mme A D, Mme C D et Mme B D, représentées par Me Lepage, demandent au tribunal :
1°) de condamner solidairement l'Etat, la société Eiffage Rail Express et SNCF Réseau à leur verser la somme de 92 500 euros en réparation du préjudice lié à la perte de valeur vénale de leur bien, et la somme de 100 000 euros en réparation du préjudice lié aux troubles dans leurs conditions d'existence, résultant de la création et du fonctionnement de la ligne à grande vitesse (LGV) Bretagne Pays-de-la-Loire, assorties des intérêts et de la capitalisation des intérêts ;
2°) de mettre à la charge solidairement de l'Etat, de la société Eiffage Rail Express et de SNCF Réseau une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elles soutiennent que la création et l'exploitation de la ligne à grande vitesse Bretagne-Pays de la Loire ont été la cause d'une perte de valeur de leur propriété et de troubles dans leurs conditions d'existence dont ils sont fondés à être indemnisés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 juin 2021, la ministre de la transition écologique conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par les requérantes ne sont pas fondés.
Par des mémoires enregistrés le 29 mars 2021, le 20 avril 2021 et le 6 avril 2023, la société Eiffage Rail Express, représentée par Me Di Francesco, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge des requérantes la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Par des mémoires enregistrés le 10 juin 2021 et le 29 juint 2023, SNCF Réseau, représentée par Me Nahmias, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge des requérantes la somme de 2 000 euros à lui verser au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'ordonnance n° 2004-559 du 17 juin 2004 ;
- le décret n° 2011-917 du 1er août 2011 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Thomas, première conseillère,
- les conclusions de M. Marowski, rapporteur public,
- les observations de Me Guillaumot, substituant Me Lepage, avocate des requérants,
- les observations de Me Di Francesco, avocat de la société Eiffage Rail Express,
- les observations de Me Monfront, substituant Me Nahmias, avocat de SNCF Réseau.
Considérant ce qui suit :
1.Mme A D est propriétaire et usufruitière de 50 % d'une maison d'habitation d'une superficie habitable de 132 m2 située au 5 allée du Chêne à Aigné, dont 50 % de la nue-propriété appartient à ses deux filles, C D et B D. La propriété est localisée à 107 m au sud de la ligne à grande vitesse (LGV) Bretagne-Pays-de-Loire et à 129 mètres d'une tranchée couverte. Estimant subir des préjudices du fait de l'implantation et de la mise en exploitation de la ligne à grande vitesse (LGV) Bretagne-Pays-de-Loire, elles demandent au tribunal la condamnation solidaire de l'Etat, de la société Eiffage Rail Express et de la société SNCF Réseau à leur verser la somme de 92 500 euros en réparation de la perte de valeur vénale de leur bien ainsi que la somme de 100 000 euros en réparation des troubles dans leurs conditions d'existence, résultant notamment de nuisances sonores et visuelles.
Sur la détermination de la personne publique responsable :
2.Aux termes de l'article 1er de l'ordonnance du 17 juin 2004 sur les contrats de partenariat, applicable au litige : " I. - Le contrat de partenariat est un contrat administratif par lequel l'Etat ou un établissement public de l'Etat confie à un tiers, pour une période déterminée en fonction de la durée d'amortissement des investissements ou des modalités de financement retenues, une mission globale ayant pour objet la construction ou la transformation, l'entretien, la maintenance, l'exploitation ou la gestion d'ouvrages, d'équipements ou de biens immatériels nécessaires au service public, ainsi que tout ou partie de leur financement à l'exception de toute participation au capital. / Il peut également avoir pour objet tout ou partie de la conception de ces ouvrages, équipements ou biens immatériels ainsi que des prestations de services concourant à l'exercice, par la personne publique, de la mission de service public dont elle est chargée. / II. - Le cocontractant de la personne publique assure la maîtrise d'ouvrage des travaux à réaliser. Après décision de l'Etat, il peut être chargé d'acquérir les biens nécessaires à la réalisation de l'opération, y compris, le cas échéant, par voie d'expropriation. () La rémunération du cocontractant fait l'objet d'un paiement par la personne publique pendant toute la durée du contrat. Elle est liée à des objectifs de performance assignés au cocontractant. () ". Aux termes de l'article 11 de cette ordonnance : " Un contrat de partenariat comporte nécessairement des clauses relatives : / a) A sa durée ; / b) Aux conditions dans lesquelles est établi le partage des risques entre la personne publique et son cocontractant ; / c) Aux objectifs de performance assignés au cocontractant, () / d) A la rémunération du cocontractant, () ".
3.Il résulte des dispositions citées au point précédent qu'un contrat de partenariat conclu sur le fondement des dispositions de l'ordonnance du 17 juin 2004, d'une part, a pour effet de confier la maîtrise d'ouvrage des travaux à réaliser au titulaire de ce contrat, d'autre part, détermine le partage des risques liés à cette opération entre ce titulaire et la personne publique.
4.D'une part, par un contrat de partenariat approuvé par décret du 1er août 2011, l'établissement public industriel et commercial Réseau ferré de France, aux droits duquel est venue la société SNCF Réseau, et conclu pour une durée de 25 ans, a confié à la société Eiffage Rail Express la conception, la construction, le fonctionnement, l'entretien, la maintenance, le renouvellement et le financement de la ligne ferroviaire à grande vitesse Bretagne-Pays de la Loire entre Connerré et Cesson-Sévigné et des raccordements au réseau existant, ainsi que cela est précisé à l'article 2.1 du contrat. L'article 5.1 de ce contrat, qui porte sur le champ des obligations contractuelles générales de la société Eiffage Rail Express au titre de la réalisation de la ligne ferroviaire, prévoit qu'" en qualité de maître d'ouvrage de la Ligne, le titulaire réalise l'ensemble des opérations nécessaires à la réalisation de la Ligne, et notamment les acquisitions foncières, les études de conception et l'exécution des travaux dans les conditions prévues au Contrat et dans le respect de la réglementation et des Règles de l'art ".
5.D'autre part, ce contrat de partenariat, conclu en avril 2011, prévoit en son article 36 relatif aux responsabilités que " le titulaire [la société Eiffage Rail Express] est responsable des dommages causés aux tiers, ainsi que des frais et indemnités qui en résultent, survenus à l'occasion de l'exécution, par le titulaire ou sous sa responsabilité, des obligations mises à sa charge au titre du contrat, à l'exclusion des dommages liés aux activités de gestion du trafic et des circulations imputables à RFF [Réseau Ferré de France]. () / () / Le titulaire supporte seul les conséquences pécuniaires de ces dommages. Il ne peut exercer d'action contre RFF à raison de ces dommages et garantit RFF contre toute action ou réclamation des tiers et toute condamnation susceptible d'être prononcée à son encore pour de tels dommages ou préjudices. ".
6.Les requérantes sollicitent l'indemnisation de la perte de valeur vénale de leur propriété et la réparation de troubles dans leurs conditions d'existence, à raison tant de la présence de la LGV Bretagne-Pays de la Loire située à proximité de leur propriété que de son fonctionnement, du fait notamment des nuisances sonores liées au passage des trains. Un tel dommage causé à un tiers, qui revêt un caractère permanent dès lors qu'il est inhérent à l'existence et au fonctionnement mêmes de l'ouvrage public, est survenu dans le cadre de l'exécution par la société Eiffage Rail Express de la mission globale qui lui a été confiée par l'article 2.1 du contrat de partenariat, et donc à l'occasion de " l'exécution des obligations mises à sa charge au titre du contrat ". Il ne saurait s'analyser en un dommage lié " aux activités de gestion du trafic et des circulations ". Dès lors, en application des stipulations de l'article 36.1 du contrat de partenariat la responsabilité des préjudices invoqués par les requérants du fait de la présence et du fonctionnement de l'ouvrage public que constitue la LGV Bretagne-Pays de la Loire ne peut être recherchée qu'auprès de la société Eiffage Rail Express sans que cette société puisse utilement invoquer la circonstance que le tracé de la ligne a été décidé avant la signature du contrat et lui a été imposé. Par suite, les requérantes sont fondées à rechercher la responsabilité de la société Eiffage Rail Express en réparation des dommages permanents inhérents à la présence et au fonctionnement de cet ouvrage public.
Sur les dommages dont les requérantes demandent réparation :
En ce qui concerne la perte de valeur de la propriété des requérantes :
7. Le préjudice résultant de la perte de valeur vénale du bien appartenant aux requérantes à raison de l'existence et du fonctionnement de la LGV Bretagne-Pays de la Loire ne peut faire l'objet d'une indemnisation par le maître de l'ouvrage au titre de la responsabilité sans faute que si, excédant les sujétions susceptibles d'être normalement imposées, dans l'intérêt général, aux riverains des ouvrages publics, il revêt un caractère grave et spécial.
8. Il résulte de l'instruction que la propriété des requérantes comprend un pavillon d'architecture traditionnelle construit en 2001 de 132 m2, classée en zone Up du plan local d'urbanisme. A environ 105 mètres au nord, au droit de la propriété des requérantes qui n'est pas protégée par un dispositif acoustique, la ligne entre par le côté est dans un tunnel dit de la " tranchée couverte d'Aigné " longue d'environ 200 mètres. Il résulte de l'instruction que les requérantes sont particulièrement exposées à l'intérieur comme l'extérieur de l'habitation à des pics de bruit lorsque les trains à grande vitesse entrent et sortent de ce tunnel. Il ressort de l'étude acoustique diligentée par le maître d'ouvrage que la projection acoustique sur la propriété des requérantes est de 55,6 dB avec et sans protection acoustique. Il ressort également des documents produits par SNCF Réseau que la valeur des pics de bruit (LAmax) est estimée entre 75 et 80 db(A). Il résulte de l'instruction, notamment par comparaison avec un relevé acoustique réalisé le 23 février 2018 par l'organisme CEREMA à l'extérieur d'une maison d'habitation située à proximité immédiate de la propriété des requérantes, et par suite présentant un caractère probant, que le niveau sonore des trains a été mesuré à 37,9 db(A) de 6 h à 22 h et à 28 db(A) de 22 h à 6 h, que le trafic mesuré est de 62 passages de trains de 6 h à 22 h et de 4 de 22 h à 6 h et que chaque passage se caractérise par des pics de bruit représentant des variations significatives, le niveau sonore étant au-delà de 60 db(A) entre 8 h et 9 h et atteignant 65 db(A) vers 20 h. En revanche, l'appréciation des vibrations ressenties au passage des trains n'est pas objectivement étayée. En outre, l'attestation immobilière réalisée à l'initiative des requérantes ne justifie pas ni n'objective les coefficients de dévaluation dont elle fait usage pour apprécier la valeur vénale du bien, en tenant compte de la présence de la ligne à grande vitesse. Compte tenu de l'ensemble de ces éléments, la proximité de la ligne à grande vitesse a entraîné une dégradation de l'environnement de la propriété des requérantes, et par suite une diminution de la valeur vénale de celle-ci, dont il sera fait une équitable appréciation, compte tenu de ses caractéristiques permettant l'estimation de sa valeur, de la configuration des lieux et de l'estimation des nuisances subies par les requérantes, en l'évaluant au regard de la valeur vénale de la propriété estimée au vu des pièces du dossier, à la somme de 68 000 euros, dont, eu égard au titre de propriété du 28 juin 2020, 50 % sera versé à Mme A D et 50 % à Mmes C et B D.
En ce qui concerne le préjudice de jouissance :
9. Les requérantes font état de nuisances sonores, résultant tant du niveau de bruit subi que des pics de bruit générés de façon répétée par le passage des trains. La circonstance que les seuils prévus par l'arrêté du 8 novembre 1999 relatif au bruit des infrastructures ferroviaires ne sont pas méconnus ne suffit pas à exclure l'existence d'un préjudice anormal et spécial liés à des nuisances sonores susceptibles d'engager la responsabilité, même sans faute, de la société Eiffage Rail Express. En outre, alors que les seuils fixés par cet arrêté rendent compte du niveau moyen d'énergie acoustique reçu par le tympan sur une durée déterminée, il y a lieu de prendre également en compte, pour l'appréciation d'un tel préjudice, l'importance des émergences sonores, générées par le passage des trains, appréciée notamment au regard de la valeur des pics de bruit (LAmax) et de leur répétition.
10. En ce qui concerne le niveau de la pression sonore, il ne résulte pas de l'instruction que les nuisances sonores excéderaient effectivement les seuils fixés par l'arrêté du 8 novembre 1999 de jour et de nuit. Toutefois, cette circonstance ne suffit pas à écarter le caractère grave des préjudices susceptibles d'engager la responsabilité sans faute de la société Eiffage Rail Express. En revanche, en ce qui concerne les émergences sonores, il résulte de l'instruction, notamment par comparaison avec le relevé acoustique précédemment mentionné réalisé dans une configuration et à une distance comparables, qui présente une force probante quant au nombre de passages de trains et aux niveaux de pression et d'émergence sonores susceptibles d'en résulter, que les requérantes sont exposés, à l'extérieur comme à l'intérieur de leur habitation, à des fréquences rapprochées correspondant aux passages de trains, à des niveaux d'émergence sonore particulièrement significatifs, aggravés en l'espèce par le passage de la voie sous tunnel à proximité immédiate de la propriété. En outre, le caractère grave et spécial du préjudice est aggravé par la profession de Mme A D, qui, en tant qu'assistante maternelle, accueille de jeunes enfants à son domicile. La société Eiffage Rail Express, qui se borne à faire valoir que les mesures acoustiques sont conformes à l'arrêté du 8 novembre 1999 et que les articles du code de la santé publique relatifs aux émergences sonores ne seraient pas applicables aux infrastructures ferroviaires, alors que ces circonstances ne sauraient l'exonérer de sa responsabilité sans faute, en cas de préjudice grave et spécial, ne conteste pas sérieusement la gravité des nuisances sonores subies par Mme A D, dont le niveau excède la gêne que peuvent normalement être appelés à subir, dans l'intérêt général, les riverains d'un tel ouvrage. En revanche, la réalité des troubles liés aux vibrations résultant du passage des trains n'est pas établie. Dans ces conditions, il sera fait une juste appréciation des troubles de jouissance que causent aux requérantes les bruits provoqués par la ligne à grande vitesse en les évaluant à 35 000 euros, à verser à Mme A D, qui, au vu des pièces du dossier, est la seule occupante du bien en cause
11. Il résulte de ce qui précède que les préjudices subis par Mmes D, inhérents à l'existence et au fonctionnement de la LGV Bretagne Pays de la Loire, consistant en une perte de valeur vénale de leur propriété et des troubles de jouissance dans leurs conditions d'existence, s'élèvent à la somme globale de 103 000 euros. Ces dommages, dont l'appréciation doit être globale, revêtent un caractère spécial, et dans les circonstances de l'espèce, notamment en ce que les nuisances sonores subies sont sans commune mesure avec celles que pouvaient générer l'environnement avant la mise en fonctionnement de la ligne à grande vitesse, présentent un caractère grave. Dès lors, Mme A D est fondée à obtenir le versement de la somme de 69 000 euros, et Mmes C D et B D sont fondées à obtenir le versement de la somme de 34 000 euros. Ces sommes porteront intérêts au taux légal à compter du 9 juin 2020, date de réception de la réclamation préalable de Mmes D par la société Eiffage Rail Express. La capitalisation de ces intérêts, demandée par la requête, prend effet à compter du 9 juin 2021, date à laquelle les intérêts étaient dus pour une année entière, et à chaque échéance annuelle ultérieure.
Sur les frais liés au litige :
12.Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne permettent pas d'en faire bénéficier la partie tenue aux dépens. Par suite, les conclusions présentées sur ce fondement par la société Eiffage Rail Express ne peuvent être accueillies. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de la société Eiffage Rail Express le versement d'une somme de 1 500 euros à verser aux requérants au titre des frais exposés et non compris dans les dépens et de rejeter les conclusions présentées par SNCF Réseau à ce même titre.
D E C I D E :
Article 1er : La société Eiffage Rail Express est condamnée à verser à Mme A D la somme de 69 000 euros et à Mmes C et B D la somme de 34 000 euros. Ces sommes porteront intérêt au taux légal à compter du 9 juin 2020. Les intérêts échus à la date du 9 juin 2021 puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date seront capitalisés à chacune de ces dates pour produire eux-mêmes intérêts.
Article 2 : La société Eiffage Rail Express versera la somme de 1 500 euros à Mmes D au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme A D, désignée représentante unique, au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, à la société Eiffage Rail Express et à SNCF Réseau.
Délibéré après l'audience du 19 mars 2024, à laquelle siégeaient :
M. Durup de Baleine, président,
Mme Thomas, première conseillère,
M. Brémond, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 avril 2024.
La rapporteure,
S. THOMAS
Le président,
A. DURUP DE BALEINELa greffière,
J. DIONIS
La République mande et ordonne
au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne
ou à tous commissaires de justice à ce
requis en ce qui concerne les voies de droit commun
contre les parties privées, de pourvoir
à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026