mardi 14 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2010087 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Président 1 : M. DURUP DE BALEINE - R. 222-13 |
| Avocat requérant | FROISSART AVOCAT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 8 octobre 2020 et 23 août 2021, M. C, représenté par Me Eveno, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite de rejet née du silence gardé par Nantes Métropole sur sa demande indemnitaire du 9 juin 2020 s'élevant à 5 461,18 euros augmentés des intérêts et capitalisation de ces intérêts, en réparation des préjudices subis résultant d'un défaut d'entretien normal d'une voie publique ;
2°) de condamner Nantes Métropole à lui verser la somme de 5 461,18 euros assortie des intérêts et de leur capitalisation, en réparation des préjudices subis résultant du défaut d'entretien normal d'une voie publique ;
3°) de mettre à la charge de Nantes Métropole le versement à son profit d'une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la responsabilité de Nantes Métropole est engagée pour défaut d'entretien normal de la voie publique dès lors que son véhicule a été endommagé en raison du nouvel aménagement de la voie publique qui ne permettait pas la circulation à double sens, ainsi que de l'absence de signalisation avertissant les automobilistes du rétrécissement de la chaussée ;
- le lien entre le dommage subi et l'ouvrage public est bien établi dans la mesure où le requérant a dégradé son pneu en percutant le trottoir après avoir voulu se rabattre lors d'un croisement avec un autre véhicule circulant en sens inverse ;
- la collectivité n'apporte aucun élément de preuve démontant qu'il roulait à une vitesse trop élevée et faisait preuve d'une imprudence fautive ;
- au moment des faits, il était parfaitement maître de son véhicule, respectait les limitations de vitesse et son véhicule ne présentait aucun défaut d'entretien ;
- il est fondé à être indemnisé d'une somme s'élevant à 5 461,18 euros, dont 1 461,18 euros au titre du préjudice matériel et 4 000 euros au titre du préjudice moral.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 16 mars 2021, 15 juillet 2021 et 10 septembre 2021, Nantes Métropole, représentée par Me Reveau, conclut dans le dernier état de ses écritures :
1°) à titre principal, au rejet la requête de M. C ;
2°) à titre subsidiaire ;
- à ce que les demandes de M. C soient ramenées à de plus justes proportions ;
- à ce que la société Colas France soit condamnée à la garantir de toute condamnation susceptible d'être prononcée contre elle ;
3°) à ce que soit mis à la charge de M. C et de la société Colas France le versement à son profit de la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le requérant ne démontre pas l'existence d'un lien de causalité direct et certain entre le dommage et l'ouvrage public, aucun élément n'étant apporté pour démontrer qu'il aurait croisé un véhicule en sens inverse, ni qu'il respectait la limitation de vitesse ;
- le défaut d'entretien normal n'est pas caractérisé dès lors que ;
o si la largeur de la chaussée est passée de 9 à 5 mètres, une largeur de voie de 5 mètres permet aisément le croisement de deux véhicules, cela d'autant plus que la vitesse de circulation est limitée à 30 km/h dans ce secteur, de telle sorte que la mise en place de restriction de circulation n'était nullement justifiée ;
o des barrières et des plots de signalisation avertissant les usagers étaient installés au moment des travaux d'aménagement ;
o la circonstance qu'il a été procédé à un renforcement de la signalisation une fois les travaux terminés, n'est pas de nature à démontrer l'existence d'un défaut d'entretien normal de la voie ;
- le secteur étant parfaitement sécurisé, l'accident n'a pu intervenir qu'en raison de l'imprudence et de l'inattention de M. C, qui constitue une faute de nature à exonérer Nantes Métropole de toute responsabilité ;
- les préjudices matériel et moral allégués ne sont pas établis dès lors que ni le lien de causalité avec le dommage, ni leur matérialité ne sont démontrés ;
- il n'est pas démontré que les sommes déboursées par le requérant n'auraient pas fait l'objet d'une prise en charge par son assureur ;
- les travaux n'ayant pas fait l'objet d'une réception à la date de l'accident, la société Colas qui a réalisé les travaux d'aménagement de la voie publique est tenue de garantir la collectivité de toute condamnation susceptible d'être prononcée, en vertu des stipulations du cahier des clauses administratives et particulières (CCAP).
Par des mémoires, enregistrés les 26 mai 2021 et 22 septembre 2021, la société Colas France, représentée par Me Froissart, conclut dans le dernier état de ses écritures :
1°) à titre principal, au rejet la requête de M. C ;
2°) à titre subsidiaire, au rejet des conclusions d'appel en garantie de Nantes Métropole ;
3°) à titre infiniment subsidiaire, à ce que les demandes de M. C soient ramenées à de plus justes proportions ;
4°) à la mise à la charge in solidum de M. C et Nantes Métropole le versement de la somme de 3 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le requérant ne démontre ni la réalité du dommage allégué, ni le lien de causalité entre le dommage et l'ouvrage public ;
- l'accident est imputable à la faute d'imprudence commise par le requérant ;
- le défaut d'entretien normal de la voie publique n'est pas établi ;
- les travaux étant terminés au moment de l'accident, l'appel en garantie de Nantes Métropole ne peut être que rejeté en vertu de l'article 18.2 du CCAP ;
- la matérialité des préjudices allégués n'est pas établie.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la commande publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B de Baleine,
- les conclusions de M. Sarda, rapporteur public,
- les observations de Me Eveno, avocat de M. C,
- celles de Me Auriau, avocate de Nantes Métropole ;
- les observations de Me Froissart, avocate de la société Colas France.
Considérant ce qui suit :
1. A compter du mois de mars 2019, Nantes Métropole a confié à la société Colas la réalisation de travaux d'aménagement de voirie au niveau de l'intersection entre la rue du Moulin des Rochettes et la route de Rennes à Nantes. Ces travaux achevés le 14 juin 2019 ont conduit à un rétrécissement de la chaussée. Le 18 juin 2019, M. C déclare avoir endommagé son véhicule, vers 15 h 15, à cette intersection en percutant le trottoir en raison de l'étroitesse de la chaussée lors d'un croisement avec un autre véhicule circulant en sens inverse. Par une première réclamation en date du 21 juin 2019, l'intéressé a demandé à Nantes Métropole le remboursement des frais d'intervention estimés à 960 euros. Par courrier du 1er août 2019, cette demande a été rejetée par la société BEAC, assureur de Nantes Métropole. Par deux lettres des 7 août 2019 et 30 octobre 2019, M. C puis Aviva, sa compagnie d'assurance, ont sollicité auprès de la société BEAC l'indemnisation des préjudices matériels subis. Par courrier du 29 janvier 2020, la société BEAC a une nouvelle fois refusé d'accorder une indemnité au requérant. Par une réclamation indemnitaire du 9 juin 2020, reçue le 11 juin suivant, M. C a demandé à Nantes Métropole à être indemnisé de la somme 5 461,18 euros avec intérêts et capitalisation au titre des préjudices subis causés par un ouvrage public. Il n'a pas été fait droit à cette demande. M. C demande au tribunal de condamner Nantes Métropole à l'indemniser à hauteur de 5 461,18 euros au titre des préjudices subis en raison d'un défaut d'entretien normal d'un ouvrage public.
Sur les conclusions indemnitaires :
2. Il appartient à l'usager d'un ouvrage public victime d'un dommage qu'il estime imputable à cet ouvrage de rapporter la preuve de l'existence d'un lien de causalité entre l'ouvrage et le dommage dont il se plaint. La collectivité en charge de l'ouvrage public doit alors, pour que sa responsabilité ne soit pas retenue, établir que l'ouvrage public faisait l'objet d'un entretien normal ou que le dommage est imputable à la faute de la victime ou à un cas de force majeure.
3. Si M. C soutient que son véhicule a été endommagé en raison d'un choc avec le trottoir survenu le 18 juin 2019 au carrefour de la rue du Moulin des Rochettes et de la route de Rennes à Nantes, après avoir tenté d'éviter un véhicule circulant en sens inverse, les éléments au dossier ne sont pas suffisants pour démontrer que les dommages occasionnés à son véhicule auraient été causés par un choc avec le trottoir dont s'agit. L'absence d'attestation d'un témoin de l'accident ou de photographie du véhicule accidenté, une facture de remplacement de pneumatiques émise le 19 juin 2019, des photographies du trottoir, un courrier daté du 30 octobre 2019 de la compagnie d'assurance du requérant appuyant sa demande d'indemnisation auprès de Nantes Métropole, ainsi que des images extraites d'un site internet d'accès libre ne sont pas propres à établir que le dommage occasionné au véhicule du requérant aurait eu pour cause le choc avec un trottoir dont il fait état, alors d'ailleurs que le requérant ne fournit aucune précision ni justification quant au dépannage automobile dont il aurait bénéficié le 18 juin 2019 à Nantes. Par suite, l'existence d'un lien de causalité entre l'ouvrage public et le dommage allégué n'est pas établi. Dans ces conditions, M. C n'est pas fondé à rechercher la responsabilité de Nantes Métropole.
4. Il résulte de ce qui précède que les conclusions indemnitaires de M. C doivent être rejetées, ainsi que par voie de conséquence, les conclusions d'appel en garantie présentées par Nantes Métropole à l'encontre de la société Colas France.
Sur les frais liés au litige :
5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions présentées à ce titre par le requérant, de même qu'à celles dirigées par Nantes Métropole contre la société Colas France et cette dernière contre Nantes Métropole. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions dirigées à ce titre contre M. C par Nantes Métropole et la société Colas France.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Les conclusions d'appel en garantie dirigées par Nantes Métropole à l'encontre de la société Colas France sont rejetées.
Article 3 : Les conclusions de Nantes Métropole et de la société Colas France au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A C, à Nantes Métropole et à la société Colas France.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 février 2023.
Le président-rapporteur,
A. B DE BALEINELa greffière,
L. LÉCUYER
La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026