vendredi 29 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2011492 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | HARDY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 13 novembre 2020, le 26 mai 2021 et le 2 janvier 2023, M. A B, représenté par Me Hardy, demande au tribunal :
1°) de prononcer le dégrèvement total des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux mis à sa charge au titre des années 2015 et 2017 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
En ce qui concerne les parcelles cadastrées n° 764 et 765 :
- les deux lots situés sur les parcelles n° 764 et 765 étaient, contrairement à ce qu'a retenu l'administration fiscale, déjà affectés à l'habitation quand il les a acquis ;
- les travaux effectués sur ces deux lots n'étaient pas, au sens de l'article 31 du code général des impôts, des travaux de reconstruction et d'agrandissement, et n'ont pas eu pour effet d'en augmenter la surface habitable, mais ont uniquement consisté en des dépenses d'amélioration ;
- il est également fondé à se prévaloir des conditions de déductibilité prévues par la doctrine référencée BOI-RFPI-BASE 20 30 10 n° 70 et BOI-RFPI-BASE 20 30 20 n° 120 en application de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales ;
En ce qui concerne les parcelles cadastrées n° 766 et 767 :
- le lot assis sur les parcelles n° 766 et 767 était, lors de son acquisition, constitué d'une surface principale de 84 m² et d'une dépendance de 50 m², formant une même unité d'habitation supérieure à 130 m² ;
- c'est à tort que l'administration fiscale a considéré que les travaux effectués dans ce lot avaient pour objet sa transformation et en ont augmenté la surface habitable ; ces travaux correspondaient majoritairement à des dépenses d'entretien, de réparation et pour partie à des dépenses d'amélioration au sens de l'article 31 du code général des impôts ;
- à titre subsidiaire, l'administration aurait dû considérer, dans sa mesure de tempérance, que la somme de 21 516 euros (35 % de la totalité des dépenses de travaux) n'était pas déductible, au lieu de la somme de 39 960 euros qui a été retenue (65 % des dépenses).
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 avril 2021, la directrice régionale des finances publiques de Loire-Atlantique conclut au non-lieu à statuer partiel en ce qui concerne les cotisations dues au titre de l'année 2017 et au rejet du surplus des conclusions de la requête.
Elle fait valoir que :
- les conclusions à fin de décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux mises à la charge du requérant au titre de l'année 2016 sont irrecevables, compte tenu du dégrèvement prononcé le 14 septembre 2020 ;
- il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin de décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux mises à la charge du requérant au titre de l'année 2017, celles-ci ayant fait l'objet en cours d'instance d'un dégrèvement total ;
- les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts ;
- le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Frelaut,
- et les conclusions de M. Huin, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. B a acquis, en 2015, deux lots d'un ensemble immobilier situé 46, rue Pasteur à Seiches sur le Loir (Maine-et-Loire), correspondant aux parcelles cadastrées n° 764 et 765. En 2016, il a acquis un troisième lot de cet ensemble, correspondant aux parcelles cadastrées n° 766 et 767. Le montant des dépenses occasionnées par les travaux réalisés au sein de ces biens, qui ont abouti à la création d'une résidence collective d'habitation de trois logements assortie de plusieurs dépendances à vocation locative, a été déduit par le contribuable de ses revenus fonciers déclarés au titre des années 2015 et 2016, à hauteur de 39 991 euros (parcelle n° 764) et 56 385 euros (parcelle n° 765) en 2015, et de 61 477 euros (parcelles n° 766 et 767) en 2016. L'administration fiscale a remis en cause la déduction ainsi réalisée et a conséquence mis à la charge de M. B des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales pour ces trois années. Suite aux réclamations de M. B, l'administration fiscale a admis que 35 % des dépenses de travaux effectués sur ces parcelles n° 766 et 767 étaient déductibles. Un dégrèvement total des cotisations supplémentaires et des pénalités correspondantes pour l'année 2016 et partiel en 2017 à hauteur de 2 103 euros a ainsi été accordé au contribuable. Par sa requête, M. B demande au tribunal de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux restées à sa charge après ces dégrèvements au titre des années 2015 et 2017.
Sur l'étendue du litige :
2. Il résulte de l'instruction que la directrice régionale des finances publiques des Pays de la Loire a prononcé, par une décision du 27 avril 2021 postérieure à l'introduction de l'instance, le dégrèvement total des contributions supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales ainsi que les pénalités afférentes laissées à la charge de M. B au titre de l'année 2017, correspondant à une somme de 6 248 euros en droits et 591 euros en pénalités. Dès lors, les conclusions tendant à la décharge de ces cotisations et de ces pénalités sont devenues sans objet, de sorte qu'il n'y a plus lieu d'y statuer.
Sur le bien-fondé des impositions restant en litige :
3. En premier lieu, aux termes de l'article 28 du code général des impôts : " Le revenu net foncier est égal à la différence entre le montant du revenu brut et le total des charges de la propriété. ". Aux termes de l'article 31 de ce code, dans sa version en vigueur : " I. Les charges de la propriété déductibles pour la détermination du revenu net comprennent : / () / b) Les dépenses d'amélioration afférentes aux locaux d'habitation, à l'exclusion des frais correspondant à des travaux de construction, de reconstruction ou d'agrandissement, ainsi que des dépenses au titre desquelles le propriétaire bénéficie du crédit d'impôt sur le revenu prévu à l'article 200 quater ou de celui prévu à l'article 200 quater A ;() ". Au sens de ces dispositions, doivent être regardés comme des travaux de reconstruction ceux qui comportent la création de nouveaux locaux d'habitation ou qui ont pour effet d'apporter une modification importante au gros œuvre, ainsi que les travaux d'aménagement interne qui, par leur importance, équivalent à des travaux de reconstruction, et, comme des travaux d'agrandissement, ceux qui ont pour effet d'accroître le volume ou la surface habitable des locaux existants. Des travaux d'aménagement interne, quelle que soit leur importance, ne peuvent être regardés comme des travaux de reconstruction que s'ils affectent le gros œuvre ou s'il en résulte une augmentation de volume ou de la surface habitable.
4. Il est constant que M. B a déclaré avoir dépensé, en 2015, les sommes respectives de 39 991 euros et 56 385 euros pour les travaux effectués sur les parcelles cadastrées n° 764 et n° 765, acquises le 29 avril et le 16 juillet 2015. Le contribuable a en outre déclaré que les travaux étaient achevés au 31 juillet 2015 pour la parcelle n° 764, et le 1er février 2016 pour la parcelle n° 765. L'administration fiscale a relevé, pour procéder au rehaussement litigieux, que les biens situés sur ces parcelles ne présentaient pas, au jour de leur acquisition par M. B et avant les travaux qu'il y a réalisés, les caractéristiques de logements habitables, et ainsi qu'ils devaient être regardés comme ayant été intégralement transformés par ce dernier afin d'en permettre l'usage à titre d'habitation.
5. M. B ne conteste pas que les biens litigieux étaient, avant d'être transformés en logements, des hangars agricoles. Il fait toutefois valoir que la société unipersonnelle qui lui a vendu ces biens s'était vu délivrer antérieurement à la vente un certificat d'urbanisme autorisant le changement d'affectation du bâtiment et y avait effectué des travaux de gros œuvre, tandis que les travaux qu'il a réalisés après l'acquisition des biens visaient uniquement à l'amélioration du confort pour en permettre la location et n'en ont pas augmenté la surface habitable. S'il résulte de l'instruction que le cédant s'était effectivement engagé, dans l'acte de vente des biens, à vendre à M. B " une propriété close et couverte en gros œuvre en ce compris les huisseries extérieures (), avec l'ensemble des réseaux de viabilisation () dans un plateau à aménager en second œuvre par l'acquéreur ", l'isolation, le cloisonnement intérieur, les escaliers de distribution intérieure, les installations sanitaires et de plomberie, notamment les canalisations, le plafonnement intérieur, les planchers non porteurs et leur revêtement, les huisseries intérieures, les installations électriques et le système de chauffage restaient toutefois à la charge du requérant. Au regard de l'ampleur des travaux ainsi réalisés, les locaux acquis par M. B ne peuvent être regardés comme ayant été habitables antérieurement à la réalisation de ces travaux, en dépit du fait, d'ailleurs non établi en l'absence de déclaration d'achèvement des travaux, que le cédant aurait, ainsi qu'il s'y était engagé, achevé les travaux de gros œuvre et de viabilisation des réseaux à sa charge avant le transfert de propriété. Si M. B se prévaut en outre du certificat d'urbanisme du maire de Seiches sur le Loire, autorisant l'ancien propriétaire à changer l'affectation du bâtiment en 3 logements à compter du 11 septembre 2014 ainsi que le permis de construire déposé par ce dernier le 27 novembre 2014, accordé par la mairie, pour la réhabilitation des biens existant en 3 logements, ces documents d'urbanisme ne permettent pas de démontrer que les locaux présentaient effectivement un caractère habitable à la date de leur acquisition par le requérant. Compte tenu de l'ensemble de ces éléments, la transformation des locaux à usage agricole en locaux d'habitation doit être regardée comme ayant été permise par la réalisation, par M. B, des travaux précités, de sorte que ce dernier n'est pas fondé à soutenir que les parcelles litigieuses étaient déjà affectées à l'habitation quand il les a acquises, et qu'il a uniquement procédé à des dépenses d'amélioration.
6. En second lieu, M. B n'est pas fondé à se prévaloir, sur le fondement des dispositions de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales, du paragraphe n° 70 de la doctrine référencée BOI-RFPI-BASE 20 30 10 et du paragraphe n° 120 de la doctrine référencée BOI-RFPI-BASE 20 30 20, qui ne comportent pas une interprétation de la loi fiscale différente de celle appliquée ci-dessus.
7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée, en toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions aux fins de décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales, ainsi que des majorations correspondantes, mises à la charge de M. B au titre de l'année 2017.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la directrice régionale des finances publiques de Loire-Atlantique.
Délibéré après l'audience du 8 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Allio-Rousseau, présidente,
Mme Frelaut, premier conseiller,
Mme Benoist, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 septembre 2023.
La rapporteure,
L. FRELAUT
La présidente,
M-P. ALLIO-ROUSSEAULa greffière,
C. MICHAULT
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce que requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026