mercredi 14 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2012314 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Magistrat : M. ECHASSERIAU - R.222-13 |
| Avocat requérant | LE BORGNE |
Vu la procédure suivante :
I, Par une requête, enregistrée sous le n° 2008578 le 26 août 2020, Mme A B, représentée par Me Le Borgne demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 25 juin 2019 par laquelle la caisse d'allocations familiales de Maine-et-Loire a rejeté son recours administratif formé le 13 juin 2019 contre la décision implicite rejetant sa demande, présentée le 14 mars 2019, tendant à ce qu'il soit procédé à un nouveau calcul de ses droits au titre de la prime d'activité pour les années 2015 à 2019, ensemble ladite décision ;
2°) d'enjoindre à la caisse d'allocations familiales de Maine-et-Loire de recalculer ses droits au titre de la prime d'activité pour les années 2015 à 2019 sans prendre en compte les revenus de son ex époux dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de la caisse d'allocations familiales de Maine-et-Loire au profit de son avocat la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- la décision est entachée d'erreur de droit en ce que les dispositions des articles L. 842-1, L. 842-2 et L. 842-5 du code de l'action sociale et des familles ne permettaient pas de prendre en compte les ressources de son ex époux sur cette période dès lors qu'il n'était ni français ni résident en France ;
- le mariage avec son ex époux, célébré à l'étranger le 13 février 2015, ne pouvait pas être pris en compte pour le calcul de ses droits avant que ledit mariage ne soit transcrit dans le registre d'état civil français le 13 août 2015.
Par un mémoire enregistré le 7 octobre 2022, la caisse d'allocations familiales de Maine-et-Loire conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable en ce qui concerne la prime d'activité en ce que le recours en révision de ses droits par la requérante avait déjà fait l'objet d'une décision de rejet notifiée le 7 mai 2018 laquelle n'a pas été contestée dans le délai de deux mois ;
- les moyens soulevés par la requérante se rapportant à ses droits à l'allocation de logement à caractère familial ne sont pas fondés.
Une décision du 30 juillet 2020 du bureau d'aide juridictionnelle a admis Mme B au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
II, Par une requête enregistrée sous le n° 2012314 le 2 décembre 2020, Mme A B, représentée par Me Le Borgne demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 16 septembre 2019 par laquelle le département de Maine-et-Loire a rejeté son recours administratif formé le 17 juin 2019 contre la décision implicite rejetant sa demande, présentée le 14 mars 2019, tendant à ce qu'il soit procédé à un nouveau calcul de ses droits au revenu de solidarité active pour les mois de janvier et février 2016, ensemble ladite décision ;
2°) d'enjoindre au département de Maine-et-Loire de recalculer ses droits à l'allocation de revenu de solidarité active pour les mois de janvier et février 2016 sans prendre en compte les revenus de son ex époux, dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge du département de Maine-et-Loire au profit de son avocat la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que la décision est entachée d'erreur de droit en ce que les dispositions des articles L. 262-4 et L. 262-5 du code de l'action sociale et des familles ne permettaient pas de prendre en compte les ressources de son ex époux sur cette période dès lors qu'il n'était pas résident en France et qu'il ne lui a versé aucune somme, ce dernier n'étant finalement resté que quelques jours avec elle avant de repartir au Maroc.
Par un mémoire enregistré le 21 octobre 2022, le département de Maine-et-Loire conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la requête est irrecevable en ce qui concerne le recalcul du revenu de solidarité active entre janvier 2015 et mars 2017 en raison de la prescription biennale issue des dispositions de l'article L. 262-45 du code de l'action sociale et des familles ;
- les moyens de la requête sont infondés.
Une décision du 12 octobre 2020 du bureau d'aide juridictionnelle a admis Mme B au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le décret n° 2018-101 du 16 février 2018 ;
- l'arrêté du 06 mars 2018 relatif à l'expérimentation d'une procédure de médiation préalable obligatoire en matière de litiges sociaux ;
- la loi du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du Tribunal a désigné M. Echasserieau, premier conseiller, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a, sur sa proposition, dispensé la rapporteure publique de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. C a été entendu au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision du 22 février 2018, la caisse d'allocations familiales (CAF) de Maine-et-Loire a informé Mme B d'un trop perçu de prime d'activité d'un montant de 2 949,60 euros au titre de la période de mars 2016 à août 2017 et de revenu de solidarité active, d'un montant de 48,22 au titre des mois de janvier et février 2016. Par un courrier du 14 mars 2019, Mme B a sollicité de la caisse d'allocations familiales de Maine-et-Loire qu'il soit procédé à un nouveau calcul de ses droits à la prime d'activité et au RSA. Par un courrier du 13 juin 2019, l'intéressée a formé un recours gracieux auprès de la CAF de Maine-et-Loire et du département de Maine-et-Loire tendant à l'annulation des rejets implicites de ses demandes déposées le 14 mars 2019. Ces recours ont été rejetés par une décision du 25 juin 2019 de la CAF de Maine-et-Loire et une décision du 16 septembre 2019 du département de Maine-et-Loire. Par la présente requête Mme B sollicite du tribunal l'annulation des décisions précitées.
En ce qui concerne l'indu de prime d'activité :
2. D'une part, aux termes de l'article L. 845-2 du code de la sécurité sociale : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative à la prime d'activité prise par l'un des organismes mentionnés à l'article L. 843-1 fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours auprès de la commission de recours amiable, composée et constituée au sein du conseil d'administration de cet organisme et qui connaît des réclamations relevant de l'article L. 142-1. "
3. D'autre part, aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée ". Et l'article R. 421-5 du même code précise : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ".
4. La décision de la commission de recours amiable de la caisse d'allocations familiales de Maine-et-Loire du 11 avril 2018 comportait la mention des délais et voies de recours contentieux qui, en l'espèce, ne pouvaient être interrompus par la saisine du délégué départemental du médiateur sur le fondement de l'article 2 du décret du 16 février 2018 précité, dont les dispositions ne s'appliquent pas à la prime d'activité. Ainsi, les délais de recours contre cette décision ont couru à l'égard de Mme B, qui en a accusé réception le 7 mai 2018, et ont expiré le 8 juillet 2018. Par suite, la requête, enregistrée le 26 août 2020 sous le n° 2008578 est tardive en ce qu'elle a trait à la contestation du bien-fondé de l'indu de prime d'activité mis à la charge de Mme B et doit, dès lors, être rejetée comme irrecevable.
En ce qui concerne l'indu de revenu de solidarité active :
5. Aux termes de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles : " Tout paiement indu de revenu de solidarité active est récupéré par l'organisme chargé du service de celui-ci ainsi que, dans les conditions définies au présent article, par les collectivités débitrices du revenu de solidarité active. Toute réclamation dirigée contre une décision de récupération de l'indu, le dépôt d'une demande de remise ou de réduction de créance ainsi que les recours administratifs et contentieux, y compris en appel, contre les décisions prises sur ces réclamations et demandes ont un caractère suspensif. () ". Aux termes de l'article L. 262-47 du même code : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative au revenu de solidarité active fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours administratif auprès du président du conseil départemental. () ".
6. D'une part, il résulte des termes de la décision de la commission de recours amiable de la caisse d'allocations familiales de Maine-et-Loire du 11 avril 2018 que cette dernière n'a statué que sur les modalités du calcul des droits de Mme B à la prime d'activité au regard de la demande présentée par le conseil de la requérante le 5 décembre 2017. D'autre part, il résulte des termes de la décision du 22 février 2018 de la CAF de Maine-et-Loire, dont Mme B a accusé réception le 26 février suivant, que ladite caisse avait également informé l'intéressée d'un indu du RSA d'un montant de 48,22 au titre des mois de janvier et février 2016 en lui précisant que cette décision était susceptible d'un recours préalable dans un délai de deux mois auprès du président du département de la Maine-et-Loire.
7. Aux termes de l'article L. 262-45 du code de l'action sociale et des familles : " L'action en vue du paiement du revenu de solidarité active se prescrit par deux ans. Cette prescription est également applicable, sauf en cas de fraude ou de fausse déclaration, à l'action intentée par l'organisme chargé du service du revenu de solidarité active ou le département en recouvrement des sommes indûment payées.() ".
8. Il résulte de l'instruction que Mme B a présenté sa demande en vue de procéder à un nouveau calcul de ses droits par courrier du 14 mars 2019 reçu le 16 avril 2019 par le département de Maine-et-Loire. Par suite, les conclusions de la requérante portant sur ses droits au RSA pour la période du 1er janvier 2015 au 16 avril 2017 sont prescrites et doivent être rejetées.
9. Il ressort du tableau communiqué par le département de Maine-et-Loire en défense et non contesté par Mme B, que cette dernière, au cours de la période du mois d'avril 2017 au mois de mai 2019, a continuellement perçu des revenus supérieurs au plafond pouvant lui ouvrir droit au RSA. Par suite, les conclusions de Mme B aux fins de recalcul de ses droits au RSA tel que présentées dans sa demande du 14 mars 2019 doivent être rejetées.
10. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme B, enregistrée le 2 décembre 2020 sous le n° 2012314 doit être rejetée.
11. Il résulte de tout ce qui précède que les requêtes de Mme B doivent être rejetées en toutes leurs conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes n° 2008578 et n° 2012314 de Mme B sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, à la caisse d'allocations familiales de Maine-et-Loire, au département de Maine-et-Loire, au ministre des solidarités, de l'autonomie et des personnes handicapées et à Me Le Borgne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 décembre 2022.
Le magistrat désigné,
B. C
La greffière,
B. GAUTIER
La République mande et ordonne au ministre des solidarités, de l'autonomie et des personnes handicapées en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
la greffière,
N° 2008578, 2012314
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026