mardi 4 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2012326 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | GOUACHE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 3 décembre 2020 et 19 octobre 2023, M. B A, représenté par Me Gouache, demande au tribunal :
1°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 2 000 euros en réparation du préjudice qu'il estime avoir subi du fait de l'information erronée qui lui a été délivrée par les services de l'administration pénitentiaire, assortie des intérêts au taux légal à compter de la date de réception par l'administration de sa réclamation préalable indemnitaire ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- il s'est vu délivrer par le service d'insertion et de probation et le service du greffe une information erronée quant aux délais dont il disposait pour former appel de sa condamnation ;
- cette faute est de nature à engager la responsabilité de la puissance publique ;
- il est fondé à demander l'indemnisation de ses préjudices qu'il évalue à la somme globale de 2 000 euros.
Par un mémoire en défense enregistré le 6 octobre 2023, le garde des sceaux, ministre de la justice conclut à ce que la somme allouée à M. A soit limitée à 500 euros et au rejet du surplus des conclusions de la requête.
Il soutient que :
- seul un préjudice direct et certain peut donner droit à une indemnisation ;
- si le tribunal devait considérer le préjudice constitué, le montant des dommages et intérêts sollicités doit être réévalué à de plus justes proportions.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 14 octobre 2020.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le code de procédure pénale ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Pons,
- et les conclusions de M. Vauterin, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. A a été incarcéré au centre pénitentiaire de Nantes le 19 novembre 2018. Il a comparu devant le tribunal correctionnel de Dax en visioconférence depuis le centre pénitentiaire de Nantes le 6 décembre 2018. Par un jugement rendu ce même jour, il a été condamné à un emprisonnement délictuel de quatre mois et au paiement d'une amende de 350 euros. Par courrier du 25 avril 2019, il a formé une réclamation indemnitaire préalable tendant au versement de la somme de 2 000 euros en réparation du préjudice qu'il estime résulter d'une faute imputable aux services pénitentiaires. M. A demande au tribunal de condamner l'Etat à lui verser cette somme.
Sur les conclusions indemnitaires :
2. Il n'est pas contesté que par un courrier du 7 décembre 2018, la conseillère pénitentiaire d'insertion et de probation de M. A a porté à sa connaissance des informations erronées concernant les conditions dans lesquelles il pouvait interjeter appel du jugement du tribunal correctionnel de Dax du 6 décembre 2018, ce qui ne lui a pas permis de contester ce jugement avant l'expiration du délai d'appel.
3. Cette information erronée, ayant porté atteinte au droit de l'intéressé d'accéder à un second degré de juridiction, constitue une faute de nature à engager la responsabilité de l'Etat. La circonstance que l'appel de M. A ne lui aurait pas été favorable est sans incidence sur l'engagement de la responsabilité de l'Etat à l'égard de l'intéressé. Le requérant est donc en droit d'obtenir réparation du préjudice direct et certain en lien avec cette faute.
4. Dans les circonstances de l'espèce, il sera fait une juste appréciation du préjudice moral subi par l'intéressé, résultant de l'atteinte portée à son droit de relever appel du jugement précité, en fixant à 500 euros la somme destinée à le réparer.
5. M. A a droit aux intérêts au taux légal sur la somme de 500 euros à compter du 16 mai 2019, date de réception de sa demande indemnitaire préalable par le garde des sceaux, ministre de la justice.
6. Il résulte de ce qui précède que l'Etat doit être condamné à verser à M. A la somme de 500 euros assortie des intérêts au taux légal à compter du 16 mai 2019.
Sur les frais liés au litige :
7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à Me Gouache, avocat de M. A, bénéficiaire de l'aide juridictionnelle totale, au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Gouache renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive.
D E C I D E :
Article 1er : L'Etat est condamné à verser à M. A la somme de 500 euros, assortie des intérêts au taux légal à compter du 16 mai 2019.
Article 2 : L'Etat versera à Me Gouache, avocat de M. A, la somme de 1 500 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n°91-647 du 10 juillet 1991, sous réserve de sa renoncaition à percevoir la somme correspondant à la part contributive.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à Me Gouache et au garde des sceaux, ministre de la justice.
Délibéré après l'audience du 13 mai 2024, à laquelle siégeaient :
M. Cantié, président,
M. Pons, premier conseiller,
Mme Martel, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 juin 2024.
Le rapporteur,
F. PONS
Le président,
C. CANTIÉLa greffière,
C. DUMONTEIL
La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
C. DUMONTEIL
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026