mardi 1 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2012718 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SAS HUGLO LEPAGE AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 10 décembre 2020, Mme C D et M. A B, représentés par Me Lepage, demandent au tribunal :
1°) de condamner solidairement l'Etat, la société Eiffage Rail Express et la société SNCF Réseau à leur verser la somme de 65 743,80 euros en réparation du préjudice lié à la perte de valeur vénale de leur bien et la somme de 74 487,60 euros en réparation du préjudice lié aux troubles dans leurs conditions d'existence, résultant de la création et du fonctionnement de la ligne à grande vitesse (LGV) Bretagne-Pays de la Loire, assorties des intérêts et de la capitalisation des intérêts ;
2°) de mettre à la charge solidaire de l'Etat, de la société Eiffage Rail Express et de la société SNCF Réseau une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que la création et l'exploitation de la ligne à grande vitesse Bretagne-Pays de la Loire ont été la cause d'une perte de valeur de leur propriété et de troubles dans leurs conditions d'existence dont ils demandent l'indemnisation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 juin 2021, la ministre de la transition écologique conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Par des mémoires en défense enregistrés le 31 mars 2021, le 21 avril 2021, et le 13 juin 2023, la société Eiffage Rail Express, représentée par Me Di Francesco, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge des requérants la somme de 3 000 euros à lui verser au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Par des mémoires enregistrés le 10 juin 2021, le 5 juillet 2023 et le 6 février 2024, la société SNCF Réseau, représentée par Me Nahmias, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge des requérants la somme de 2 000 euros à lui verser au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'ordonnance n° 2004-559 du 17 juin 2004 ;
- le décret n° 2011-917 du 1er août 2011 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Thomas, première conseillère,
- les conclusions de M. Marowski, rapporteur public,
- les observations de Me Sagiloli, substituant Me Lepage, avocate des requérants,
- les observations de Me Di Francesco, avocat de la société Eiffage Rail Express,
- les observations de Me Baud, substituant Me Nahmias, avocat de SNCF Réseau.
Considérant ce qui suit :
1. M. B est propriétaire depuis 2008 d'une maison d'habitation située sur la parcelle cadastrée section ZS n°45 au lieudit du Bersay à Coulans-sur-Gée, qu'il occupe avec Mme D. Estimant subir des préjudices du fait de l'implantation et de la mise en exploitation de la ligne à grande vitesse (LGV) Bretagne-Pays de la Loire située à environ 120 mètres de cette propriété, ils demandent au tribunal la condamnation solidaire de l'Etat, de la société Eiffage Rail Express et de la société SNCF Réseau à leur verser la somme de 65 743,80 euros en réparation du préjudice lié à la perte de valeur vénale de leur propriété et la somme de 74 487,60 euros en réparation du préjudice lié aux troubles dans leurs conditions d'existence, résultant notamment de la création et du fonctionnement de cette ligne à grande vitesse.
Sur la détermination de la personne publique responsable :
2.Aux termes de l'article 1er de l'ordonnance du 17 juin 2004 sur les contrats de partenariat, applicable au litige : " I. - Le contrat de partenariat est un contrat administratif par lequel l'Etat ou un établissement public de l'Etat confie à un tiers, pour une période déterminée en fonction de la durée d'amortissement des investissements ou des modalités de financement retenues, une mission globale ayant pour objet la construction ou la transformation, l'entretien, la maintenance, l'exploitation ou la gestion d'ouvrages, d'équipements ou de biens immatériels nécessaires au service public, ainsi que tout ou partie de leur financement à l'exception de toute participation au capital. / Il peut également avoir pour objet tout ou partie de la conception de ces ouvrages, équipements ou biens immatériels ainsi que des prestations de services concourant à l'exercice, par la personne publique, de la mission de service public dont elle est chargée. / II. - Le cocontractant de la personne publique assure la maîtrise d'ouvrage des travaux à réaliser. Après décision de l'Etat, il peut être chargé d'acquérir les biens nécessaires à la réalisation de l'opération, y compris, le cas échéant, par voie d'expropriation. () La rémunération du cocontractant fait l'objet d'un paiement par la personne publique pendant toute la durée du contrat. Elle est liée à des objectifs de performance assignés au cocontractant. () ". Aux termes de l'article 11 de cette ordonnance : " Un contrat de partenariat comporte nécessairement des clauses relatives : / a) A sa durée ; / b) Aux conditions dans lesquelles est établi le partage des risques entre la personne publique et son cocontractant ; / c) Aux objectifs de performance assignés au cocontractant, () / d) A la rémunération du cocontractant, () ".
3.Il résulte des dispositions citées au point précédent qu'un contrat de partenariat conclu sur le fondement des dispositions de l'ordonnance du 17 juin 2004, d'une part, a pour effet de confier la maîtrise d'ouvrage des travaux à réaliser au titulaire de ce contrat, d'autre part, détermine le partage des risques liés à cette opération entre ce titulaire et la personne publique.
4.D'une part, par un contrat de partenariat approuvé par décret du 1er août 2011, l'établissement public industriel et commercial Réseau ferré de France, aux droits duquel est venue la société SNCF Réseau, et conclu pour une durée de 25 ans, a confié à la société Eiffage Rail Express la conception, la construction, le fonctionnement, l'entretien, la maintenance, le renouvellement et le financement de la ligne ferroviaire à grande vitesse Bretagne-Pays de la Loire entre Connerré et Cesson-Sévigné et des raccordements au réseau existant, ainsi que cela est précisé à l'article 2.1 du contrat. L'article 5.1 de ce contrat, qui porte sur le champ des obligations contractuelles générales de la société Eiffage Rail Express au titre de la réalisation de la ligne ferroviaire, prévoit qu'" en qualité de maître d'ouvrage de la Ligne, le titulaire réalise l'ensemble des opérations nécessaires à la réalisation de la Ligne, et notamment les acquisitions foncières, les études de conception et l'exécution des travaux dans les conditions prévues au Contrat et dans le respect de la réglementation et des Règles de l'art ".
5.D'autre part, ce contrat de partenariat, conclu en avril 2011, prévoit en son article 36 relatif aux responsabilités que " le titulaire [la société Eiffage Rail Express] est responsable des dommages causés aux tiers, ainsi que des frais et indemnités qui en résultent, survenus à l'occasion de l'exécution, par le titulaire ou sous sa responsabilité, des obligations mises à sa charge au titre du contrat, à l'exclusion des dommages liés aux activités de gestion du trafic et des circulations imputables à RFF [Réseau Ferré de France]. () / () / Le titulaire supporte seul les conséquences pécuniaires de ces dommages. Il ne peut exercer d'action contre RFF à raison de ces dommages et garantit RFF contre toute action ou réclamation des tiers et toute condamnation susceptible d'être prononcée à son encore pour de tels dommages ou préjudices. ".
6.M. B et Mme D sollicitent l'indemnisation de la perte de valeur vénale de leur propriété et la réparation de troubles dans leurs conditions d'existence, à raison tant de la présence de la LGV Bretagne-Pays de la Loire située à proximité que de son fonctionnement, du fait notamment des nuisances sonores liées au passage des trains. Un tel dommage causé à un tiers, qui revêt un caractère permanent dès lors qu'il est inhérent à l'existence et au fonctionnement mêmes de l'ouvrage public, est survenu dans le cadre de l'exécution par la société Eiffage Rail Express de la mission globale qui lui a été confiée par l'article 2.1 du contrat de partenariat, et donc à l'occasion de " l'exécution des obligations mises à sa charge au titre du contrat ". Il ne saurait s'analyser en un dommage lié " aux activités de gestion du trafic et des circulations ". Dès lors, en application des stipulations de l'article 36.1 du contrat de partenariat la responsabilité des préjudices invoqués par les requérants du fait de la présence et du fonctionnement de l'ouvrage public que constitue la LGV Bretagne-Pays de la Loire ne peut être recherchée qu'auprès de la société Eiffage Rail Express sans que cette société puisse utilement invoquer la circonstance que le tracé de la ligne a été décidé avant la signature du contrat et lui a été imposé. Par suite, les requérants sont fondés à rechercher la responsabilité de la société Eiffage Rail Express au titre de la maîtrise d'ouvrage, en réparation des dommages permanents inhérents à la présence et au fonctionnement de cet ouvrage public.
Sur les dommages dont les requérants demandent réparation :
En ce qui concerne la perte de valeur de la propriété des requérants :
7. Les préjudices dont les requérants sollicitent réparation ne peuvent faire l'objet d'une indemnisation par le maître de l'ouvrage au titre de la responsabilité sans faute que si, excédant les sujétions susceptibles d'être normalement imposées, dans l'intérêt général, aux riverains des ouvrages publics, ils revêtent un caractère grave et spécial. Saisi de conclusions indemnitaires en ce sens, il appartient au juge du plein contentieux de porter une appréciation globale sur l'ensemble des chefs de préjudice allégués, aux fins de caractériser l'existence ou non d'un dommage revêtant, pris dans son ensemble, un caractère grave et spécial.
8. En outre, lorsqu'il est soutenu qu'une partie s'est exposée en connaissance de cause au risque dont la réalisation a causé les dommages dont elle demande réparation au titre de la présence ou du fonctionnement d'un ouvrage public, il appartient au juge d'apprécier s'il résulte de l'instruction, d'une part, que des éléments révélant l'existence d'un tel risque existaient à la date à laquelle cette partie est réputée s'y être exposée et, d'autre part, que la partie en cause avait connaissance de ces éléments et était à cette date en mesure d'en déduire qu'elle s'exposait à un tel risque, lié à la présence ou au fonctionnement d'un ouvrage public, qu'il ait été d'ores et déjà constitué ou raisonnablement prévisible.
9. M. B a acquis la propriété en cause par un acte authentique du 17 juin 2008. A cette date, les travaux nécessaires à la réalisation de la ligne ferroviaire à grande vitesse Bretagne-Pays de la Loire entre Cesson-Sévigné et Connerré, conformément aux plans annexés, avaient été déclarés d'utilité publique et urgents par un décret du 26 octobre 2007 publié au Journal officiel de la République française du 28 octobre 2007. Dès lors, à la date à laquelle il a acquis ce bien, le requérant doit être regardé comme ayant eu connaissance des caractéristiques essentielles du projet de ligne à grande vitesse, et des caractéristiques de la voie projetée notamment sa construction à proximité leur habitation. Si les requérants font valoir que les informations dont ils disposaient, notamment de la part de la société Eiffage Rail Express et de leur notaire, étaient erronées, ils n'apportent pas d'élément pour l'établir. Dans ces conditions, les requérants ne peuvent prétendre, sur le fondement de la responsabilité sans faute du maître d'ouvrage, à la réparation de la perte de valeur vénale de cette propriété, résultant de l'existence et du fonctionnement de la ligne à grande vitesse née de la réalisation de risques auxquels ils doivent être regardés comme s'étant exposés en connaissance de cause.
En ce qui concerne le préjudice de jouissance :
10.Les requérants ne peuvent être regardés comme ayant eu connaissance, à la date d'acquisition de la maison d'habitation par M. B, de la gravité des nuisances sonores engendrées par le fonctionnement de l'ouvrage dans toute son ampleur, de telles nuisances n'étant pas raisonnablement prévisibles.
11.La responsabilité de la société Eiffage Rail Express ne peut ainsi être engagée qu'au titre des nuisances sonores, à supposer que ces dernières puissent être qualifiées de dommage grave et spécial. La circonstance que les seuils prévus par l'arrêté du 8 novembre 1999 relatif au bruit des infrastructures ferroviaires ne sont pas méconnus ne suffit pas à exclure l'existence d'un préjudice anormal et spécial liés à des nuisances sonores susceptibles d'engager la responsabilité, même sans faute, de la société Eiffage Rail Express. En outre, alors que les seuils fixés par cet arrêté rendent compte du niveau moyen d'énergie acoustique reçu par le tympan sur une durée déterminée, il y a lieu de prendre également en compte, pour l'appréciation d'un tel préjudice, l'importance des émergences sonores générés par le passage des trains, tenant à la fois au niveau maximal des pics de bruit (LAmax) et à leur répétition.
12.La propriété des requérants comprend une longère rénovée, de 128,9 m2 habitables de plein pied, et entourée d'un jardin arboré. A environ 120 mètres au droit de la propriété des requérants qui est protégée par un écran acoustique, la ligne à grande vitesse est en déblais, puis en remblais. Il résulte de l'instruction que les requérants sont particulièrement exposés à l'intérieur comme l'extérieur de leur habitation à des pics de bruit lors du passage des trains. Il résulte de l'étude acoustique diligentée par le maître d'ouvrage que la pression sonore est de 56,2 dB(A) avec l'écran absorbant, soit à un niveau qui reste proche du seuil réglementaire. Il ressort également de la cartographie dressée par le conseil général de l'environnement et du développement durable que, s'agissant de la valeur maximale des pics de bruit, la propriété est située à proximité l'isophone de 80 dB(A). Il ressort enfin d'un relevé acoustique réalisé sur une habitation voisine de celle des requérants que le trafic mesuré est de 81 passages de trains de 6 heures à 22 heures et de 5 passages de 22 heures à 6 heures. Ces éléments attestent de nuisances sonores d'une particulière gravité que n'atténue pas significativement le merlon implanté le long de la ligne et les jeunes boisements situés à proximité. En revanche, la gravité des nuisances visuelles liées à la présence de la ligne apparaît limitée et le ressenti de vibrations lors du passage des trains n'est pas objectivé et par suite n'est pas établi. Dans ces conditions, il sera fait une juste appréciation des troubles de jouissance que causent aux requérants les bruits provoqués par la ligne à grande vitesse, qui excèdent la gêne que peuvent normalement être appelés à subir, dans l'intérêt général, les riverains d'un tel ouvrage, en les évaluant à 33 000 euros.
13.Il résulte de ce qui précède que les préjudices subis par les requérants, inhérents au fonctionnement de la LGV Bretagne-Pays de la Loire, consistant en des troubles de jouissance dans leurs conditions d'existence, s'élèvent à la somme globale de 33 000 euros. Ces dommages, dont l'appréciation doit être globale, revêtent un caractère spécial, et dans les circonstances de l'espèce, notamment en ce que les nuisances sonores subies sont sans commune mesure avec celles que pouvaient générer l'environnement auparavant calme et rural de ce hameau avant la mise en fonctionnement de la ligne à grande vitesse, présentent un caractère de particulière gravité. Dès lors, les requérants sont fondés à demander la condamnation de la société Eiffage Rail Express à leur verser en réparation la somme de 33 000 euros.
14.Il résulte de tout ce qui précède qu'il y a lieu de condamner la société Eiffage Rail Express à verser à M. B et Mme D une somme de 33 000 euros en réparation des troubles de jouissance dans leurs conditions d'existence imputables à l'existence et au fonctionnement de la LGV Bretagne-Pays de la Loire. Cette somme portera intérêts au taux légal à compter du 15 septembre 2020, date de réception de la réclamation préalable de M. B et Mme D par la société Eiffage Rail Express. La capitalisation de ces intérêts, demandée par la requête, prend effet à compter du 15 septembre 2021, date à laquelle les intérêts étaient dus pour une année entière, et à chaque échéance annuelle ultérieure.
Sur les frais liés au litige :
15.Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative dont obstacle à ce que la somme demandée par la société Eiffage Rail Express soit mise à la charge des requérants, qui ne sont pas la partie perdante dans la présente instance. Dans les circonstances de l'espèce il y a lieu de mettre à la charge de la société Eiffage Rail Express le versement d'une somme de 1 500 euros à verser aux requérants au titre des frais exposés et non compris dans les dépens et de rejeter les conclusions présentées par la société SNCF Réseau à ce même titre.
D E C I D E :
Article 1er : La société Eiffage Rail Express est condamnée à verser à M. B et Mme D la somme de 33 000 euros. Cette somme portera intérêt au taux légal à compter du 15 septembre 2020. Les intérêts échus à la date du 15 septembre 2021 puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date seront capitalisés à chacune de ces dates pour produire eux-mêmes intérêts.
Article 2 : La société Eiffage Rail Express versera la somme de 1 500 euros à M. B et Mme D au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et Mme C D, à la ministre de la transition écologique, de l'énergie, du climat et de la prévention des risques, à la société Eiffage Rail Express et à la société SNCF Réseau.
Délibéré après l'audience du 3 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Douet, présidente,
Mme Thomas, première conseillère,
M. Brémond, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er octobre 2024.
La rapporteure,
S. THOMAS
La présidente,
H. DOUETLa greffière,
L. LÉCUYER
La République mande et ordonne
à la ministre de la transition écologique, de l'énergie, du climat et de la prévention des risques en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce
requis en ce qui concerne les voies de droit commun
contre les parties privées, de pourvoir
à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026