mardi 11 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2013611 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | GIROUD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 31 décembre 2020, le 23 février 2021 et le 25 avril 2024, Mme A B, représentée par Me Vérité, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de condamner Nantes Métropole et Nantes Métropole Aménagement à lui verser la somme de 26 079, 47 euros assortie des intérêts au taux légal ;
2°) d'enjoindre à Nantes Métropole et à Nantes Métropole Aménagement, en ce qui concerne le bourrelet de terre séparant le fossé de pied de digue et sa parcelle, de remédier à l'obstacle au libre écoulement des eaux pluviales depuis sa parcelle, dans un délai de deux mois à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard, en ce qui concerne le fossé de pied de digue et l'ensemble des ouvrages permettant l'évacuation des eaux pluviales de sa parcelle, d'assurer leur bon entretien, et de lui communiquer un document d'intervention et de planification régulières pour ces entretiens, sous astreinte de 200 euros par jour de retard passé les délais fixés au calendrier d'intervention ;
3°) de mettre à la charge de Nantes Métropole et de Nantes Métropole Aménagement la somme de 16 158,94 euros au titre des dépens ;
4°) de mettre à la charge de Nantes Métropole et de Nantes Métropole Aménagement la somme de 10 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le sous-dimensionnement d'un bassin de rétention des eaux pluviales avant son agrandissement en 2014 et la création d'obstacles au bon écoulement des eaux par la présence d'un bourrelet de terre entre sa parcelle et le fossé de pied de digue et l'absence d'entretien du fossé de pied de digue, ainsi que le défaut d'entretien de ce fossé, sont la cause d'inondations répétées de son terrain ;
- elle est fondée à être indemnisée des préjudices résultant de ces inondations ;
- en raison de la persistance de ces dommages et de l'abstention de Nantes Métropole et de Nantes Métropole Aménagement d'y mettre fin, il y a lieu d'enjoindre à ces personnes de prendre les mesures pour remédier aux désordres.
Par des mémoires, enregistrés le 14 mars 2024 et le 3 mai 2024, Nantes Métropole, représentée par Me Ardouin, conclut au rejet au requête et à ce que soit mise à la charge de Mme B la somme de 2 000 euros à lui verser au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les conclusions indemnitaires de la requérante doivent être rejetées, en l'absence de preuve d'établissement du préjudice, de son éventuel lien de causalité avec un ouvrage public dont Nantes Métropole aurait la charge de l'entretien et en l'absence de défaut d'entretien normal d'un tel ouvrage ;
- les conclusions de la requérante tendant à la réalisation de travaux publics sont sans objet.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 mai 2024, Nantes Métropole Aménagement, représentée par Me Naux, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 800 euros soit mise à la charge de la requérante au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête, insuffisamment motivée, est irrecevable ;
- les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Vu l'ordonnance du 12 juin 2018 par laquelle le juge des référés du tribunal administratif de Nantes a ordonné une expertise en vue de déterminer l'origine des désordres affectant la propriété de Mme B.
Vu le rapport de l'expert enregistré le 6 mars 2020.
Vu l'ordonnance en date du 26 mai 2020, par laquelle le président du tribunal a liquidé et taxé les frais et honoraires de l'expert à la somme de 16 158,94 euros et les a mis à la charge, pour moitié, de Mme B et, pour moitié, de Nantes Métropole.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Thomas, première conseillère,
- les conclusions de M. Marowski, rapporteur public,
- les observations de Me Vérité, avocate de Mme B,
- les observations de Me Manent, substituant Me Ardouin, avocat de Nantes Métropole,
- les observations de Me Léon, substituant Me Naux, avocate de Nantes Métropole Aménagement.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B est propriétaire d'une maison située au n° 8 rue Robert Doisneau à Bouaye (Loire-Atlantique), parcelle cadastrée ZC n° 305, construite en 2001, et qui appartient au lotissement " les Prairies d'Hélios ". Ce dernier, situé au nord de la commune, se trouve à proximité d'un bassin de rétention des eaux pluviales (BR1) et d'installations connexes d'évacuation des eaux pluviales, constituées par un fossé de pied de digue et un exutoire. Ces ouvrages sont implantés sur un terrain qui appartient à Nantes Métropole Aménagement et leur entretien a été confié à Nantes Métropole. Selon Mme B, le débordement et le déversement du bassin de rétention des eaux pluviales ainsi que le mauvais entretien du fossé de pied de digue et de ses accessoires sur les limites de sa parcelle, seraient à l'origine, depuis 2009, d'inondations répétées sur son terrain. Mme B demande au tribunal de condamner Nantes Métropole et Nantes Métropole Aménagement à la réparation des désordres subis et de leur enjoindre de procéder aux travaux nécessaires en réparation et pour la prévention de ces désordres.
Sur les conclusions à fin d'indemnisation :
En ce qui concerne la responsabilité de Nantes Métropole et de Nantes Métropole Aménagement :
2. Le maître d'ouvrage est responsable, même en l'absence de faute, des dommages que les ouvrages publics dont il a la garde peuvent causer aux tiers, tant en raison de leur existence que du fait de leur fonctionnement. Il appartient alors au demandeur ayant la qualité de tiers par rapport à ces ouvrages d'apporter la preuve de la réalité des préjudices qu'il allègue avoir subis et de l'existence d'un lien de causalité entre l'ouvrage public et ces préjudices. Ces tiers ne sont pas tenus de démontrer le caractère grave et spécial du préjudice qu'ils subissent lorsque le dommage présente un caractère accidentel. Le maître de l'ouvrage ne peut dégager sa responsabilité que s'il établit que ces dommages résultent de la faute de la victime ou d'un cas de force majeure. Dans le cas d'un dommage causé à un immeuble, la fragilité ou la vulnérabilité de celui-ci ne peuvent être prises en compte pour atténuer la responsabilité du maître de l'ouvrage, sauf lorsqu'elles sont elles-mêmes imputables à une faute de la victime. En dehors de cette hypothèse, de tels éléments ne peuvent être retenus que pour évaluer le montant du préjudice indemnisable.
3. Toutefois, l'inexécution d'un travail ou d'un ouvrage public n'engage pas la responsabilité de la puissance publique, sauf dans le cas où elle est légalement tenue de le construire.
4. En premier lieu, il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise établi par l'expert désigné par le juge des référés du tribunal administratif de Nantes, que, d'une part, la présence assez fréquente d'eau sur la partie avant au sud du terrain de la requérante, qui a été effectivement constatée depuis 2009 et dont la matérialité n'est pas sérieusement remise en cause en défense, procédait pour partie du sous-dimensionnement du bassin de rétention des eaux pluviales référencé BR1 réalisé en 2000 par Nantes Métropole Aménagement et que ces désordres ont cessé à la suite de travaux d'agrandissement de cet ouvrage en 2014. Ces désordres, résultant d'un défaut de conception de cet ouvrage, sont imputables à Nantes Métropole Aménagement.
5. En second lieu, il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise, que la stagnation d'eaux pluviales et de ruissellement à l'angle nord-est de la parcelle de Mme B, effectivement constatée depuis 2018, mais non établie sur la période antérieure, bien que de relativement faible ampleur dans le temps et l'espace, procède, d'une part, de l'absence d'exécutoire à l'écoulement naturel des eaux pluviales et de ruissellement depuis la parcelle de la requérante, en raison du maintien sur un terrain appartenant à Nantes Métropole Aménagement d'un bourrelet de terre issu des travaux de décaissement du fossé de pied de digue contigu à cette parcelle. Néanmoins, il résulte également de l'instruction qu'il a été procédé par Nantes Métropole le 26 janvier 2023 aux travaux nécessaires au raccordement de la parcelle de Mme B à ce fossé de digue. Contrairement à ce que soutient la requérante, ces travaux sont suffisants pour permettre l'écoulement des eaux pluviales et de ruissellement depuis sa parcelle vers ce fossé, ce que les photographies qu'elle a prises en février 2024 ne suffisent pas à remettre en cause.
6. D'autre part, il ressort de l'instruction que l'écoulement des eaux pluviales depuis la parcelle de la requérante est entravé, ainsi que l'a constaté l'expert désigné par le tribunal, par un entretien irrégulier de ce fossé de pied de digue, dont a la charge Nantes Métropole. En l'espèce, Nantes Métropole, qui se borne à se prévaloir des dispositions du règlement de la zone d'aménagement concerté des Ormeaux, n'apporte en tout état de cause pas la preuve, qui lui incombe, de l'entretien normal de cet ouvrage.
7. Ainsi, les désordres en cause sont de nature à engager la responsabilité de Nantes Métropole Aménagement et de Nantes Métropole.
8. Toutefois, il résulte de l'instruction que la stagnation d'eaux pluviales au nord-est de la parcelle de Mme B résulte également pour partie de la nature argilo-limoneuse du sous-sol, de la présence d'une zone humide immédiatement voisine, et enfin du décaissement que la requérante a réalisé pour implanter, sans déclaration préalable de travaux, dans la partie la plus basse de son terrain, une dalle de béton supportant un cabanon non surélevé par rapport au sol et dépourvu de gouttières. Il résulte également de l'instruction que les désordres affectant ce cabanon comme la terrasse de la requérante résultent de la topographie du terrain, de la nature des sols, ainsi que de leur construction non conforme aux règles de l'art.
9. Il résulte de ce qui précède que Mme B est fondée à rechercher la responsabilité de Nantes Métropole Aménagement, en raison de la présence d'eau sur la partie sud de son terrain survenue de façon répétée de 2009 à 2014, résultant du sous-dimensionnement du bassin d'orage que Nantes Métropole Aménagement a réalisé. Mme B est également fondée à rechercher la responsabilité solidaire de Nantes Métropole Aménagement et de Nantes Métropole, en raison des difficultés d'évacuation des eaux pluviales sur la partie nord-est de son terrain, résultant, d'une part, d'un défaut de conception du fossé de digue sur le terrain appartenant à Nantes Métropole Aménagement, et, d'autre part, du défaut d'entretien normal de ce fossé par Nantes Métropole. Toutefois, les aménagements réalisés par Mme B, tenant notamment dans l'implantation d'un cabanon sans déclaration préalable de travaux, sont de nature à exonérer Nantes Métropole et Nantes Métropole Aménagement pour moitié de leur responsabilité solidaire.
En ce qui concerne les préjudices :
10. Compte tenu de la fréquence des désordres, mais de leur ampleur limitée, il sera fait une juste appréciation des troubles de jouissance subis par Mme B, en raison de la présence d'eau dans la partie sud de son terrain de 2009 à 2014 en l'estimant à la somme de 1 000 euros, qu'il y a lieu de mettre à la charge de Nantes Métropole Aménagement.
11. En outre, s'agissant des préjudices résultant de la stagnation des eaux pluviales sur la partie nord-est du terrain de la requérante, il résulte de l'instruction que ces désordres ne surviennent qu'en cas d'épisodes pluvieux importants sur de courtes durées, restent de faible ampleur et ne sont pas d'une gravité telle qu'ils feraient obstacle au développement de toute végétation ou à toute jouissance du terrain, dont l'expert a constaté qu'il restait " praticable ". En outre, il résulte de l'instruction que les dégradations de la partie basse du cabanon de la requérante procèdent de défauts de construction. Il ne résulte pas davantage de l'instruction que l'humidité à la base des murs de la façade arrière de la maison signalée par Mme B procèderait directement de l'absence de raccordement de sa parcelle au réseau public d'évacuation des eaux pluviales. Les désordres de la terrasse résultent enfin de la topographie du terrain et d'une implantation non conforme aux règles de l'art. Par ailleurs, si la requérante se prévaut d'un préjudice moral, elle n'en justifie pas. Dans ces conditions, il sera fait une juste appréciation des troubles de jouissance subis par la requérante en les évaluant à la somme de 2 000 euros. Compte tenu de la cause exonératoire résultant du fait de la victime précédemment mentionnée, il y a lieu de mettre à la charge solidaire de Nantes Métropole Aménagement et de Nantes Métropole, la somme de 1 000 euros à verser à Mme B.
12. Il résulte de tout ce qui précède qu'il y a lieu de mettre à la charge de Nantes Métropole Aménagement la somme de 1 000 euros et à la charge solidaire de Nantes Métropole Aménagement et de Nantes Métropole celle de 1 000 euros, à verser à Mme B.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
13. Aux termes de l'article L. 1531-1 du code général des collectivités territoriales : " Les collectivités territoriales et leurs groupements peuvent créer, dans le cadre des compétences qui leur sont attribuées par la loi, des sociétés publiques locales dont ils détiennent la totalité du capital. () Ces sociétés revêtent la forme de société anonyme régie par le livre II du code de commerce et sont composées, par dérogation à l'article L. 225-1 du même code, d'au moins deux actionnaires. () ". Nantes Métropole Aménagement est une société publique locale et revêt donc en conséquence la forme d'une société anonyme de droit privé régie par le code de commerce. Les dommages subis par Mme B sont liés au service public de gestion des eaux pluviales urbaines de la zone d'aménagement concerté des Ormeaux dont cette société avait été chargée.
14. Il résulte de l'instruction que les travaux suffisants pour le libre écoulement des eaux pluviales et de ruissellement raccordant la parcelle de la requérante au fossé de digue situé à l'arrière de son terrain, ont été réalisés dès janvier 2023, de sorte que les conclusions de Mme B tendant à l'exécution de tels travaux sont devenues sans objet.
15. En revanche, dès lors que Nantes Métropole n'apporte pas la preuve de la charge qui lui incombe de l'entretien régulier du fossé de digue à l'arrière de la propriété de la requérante, il y a lieu d'enjoindre à Nantes Métropole d'y procéder, afin que ce fossé assure le bon écoulement des eaux pluviales, en particulier de celles s'écoulant depuis la propriété de la requérante, et ce, dans un délai de six mois à compter du présent jugement. Dans ce cadre, il n'y a pas lieu d'enjoindre à Nantes Métropole de communiquer à la requérante des documents administratifs particuliers. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu non plus d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais d'expertise :
16. Aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. () ".
17. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de laisser à la charge définitive pour moitié de Nantes Métropole et pour moitié de Nantes Métropole Aménagement les frais et honoraires de l'expertise judiciaire, liquidés et taxés à la somme de 16 158,94 euros, par ordonnance du président du tribunal du 26 mai 2020.
Sur les intérêts :
18. Mme B a droit aux intérêts au taux légal sur les sommes dues à compter du 26 octobre 2020, date de réception de ses demandes préalables d'indemnisation par Nantes Métropole Aménagement et Nantes Métropole.
Sur les frais liés au litige :
19. Dans les circonstances de l'espèce et en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, il y a lieu de mettre à la charge solidaire de Nantes Métropole et de Nantes Métropole Aménagement la somme globale de 1 500 euros à verser à la requérante au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions présentées par Nantes Métropole et Nantes Métropole Aménagement à ce même titre.
D E C I D E :
Article 1er : Nantes Métropole Aménagement est condamnée à verser à Mme B la somme de 1 000 euros, majorée des intérêts au taux légal à compter du 26 octobre 2020.
Article 2 : Nantes Métropole Aménagement et Nantes Métropole sont solidairement condamnées à verser à Mme B la somme de 1 000 euros, majorée des intérêts au taux légal à compter du 26 octobre 2020.
Article 3 : Il est enjoint à Nantes Métropole de procéder à l'entretien du fossé de digue contigu de la parcelle de Mme B afin d'assurer par cet ouvrage le bon écoulement des eaux pluviales, dans un délai de six mois à compter de la notification de la présente décision.
Article 4 : Les frais de l'expertise, taxés et liquidés à la somme de 16 158,94 euros sont mis, pour moitié, à la charge définitive de Nantes Métropole et pour moitié à la charge définitive de Nantes Métropole Aménagement.
Article 5 : Nantes Métropole et Nantes Métropole Aménagement verseront à Mme B la somme globale de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 6 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 7 : La présente décision sera notifiée à Mme A B, à Nantes Métropole Aménagement et à Nantes Métropole.
Délibéré après l'audience du 14 mai 2024, à laquelle siégeaient :
M. Durup de Baleine, président,
Mme Thomas, première conseillère,
M. Brémond, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 juin 2024.
La rapporteure,
S. THOMAS
Le président,
A. DURUP de BALEINE
La greffière,
S. LE DUFF
La République mande et ordonne
au préfet de la Loire-Atlantique
en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce
requis en ce qui concerne les voies de droit commun
contre les parties privées, de pourvoir
à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026