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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2100306

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2100306

mercredi 5 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2100306
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationMagistrat : M. CATROUX - R. 222-13
Avocat requérantDE CAUMONT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés les 11 janvier et 8 juin 2021, M. B A, représenté par Me Sabatakakis, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 4 décembre 2020 par laquelle le ministre de l'intérieur et des outre-mer a prononcé l'invalidation de son permis de conduire pour solde de points nul ;

2°) d'annuler les décisions de retrait de points prises par le ministre de l'intérieur et des outre-mer au titre des infractions des 18 juillet 2018 et 17 novembre 2019 ;

3°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur et des outre-mer de lui restituer les points qu'il conteste dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'administration n'apporte pas la preuve de la délivrance, pour l'infraction du 18 juillet 2018, de l'information préalable prévue par les dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route ;

- la décision du 4 décembre 2020 et la décision de retrait de 8 points à la suite de l'infraction du 17 novembre 2019 ne sont pas suffisamment motivées.

Par un mémoire en défense enregistré le 30 mars 2021, le ministre de l'intérieur et des outre-mer et des outre-mer conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que le moyen tenant au défaut d'information soulevé par M. A n'est pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la route ;

- le code de procédure pénale ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Catroux, premier conseiller, pour statuer sur les litiges visés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Le rapport de M. Catroux a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Par une décision référencée " 48 SI " du 4 décembre 2020, le ministre de l'intérieur et des outre-mer a constaté la perte de validité du permis de conduire de M. A à la suite des infractions au code de la route commises les 18 juillet 2018 et 17 novembre 2019 et lui a enjoint de restituer son titre de conduite. M. A demande au tribunal l'annulation de cette décision " 48 SI " et des décisions de retrait de points correspondant à ces infractions.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne le moyen tiré du défaut de motivation :

2. La décision " 48 SI " du ministre de l'intérieur du 4 décembre 2020 précise la date, le lieu et l'heure des infractions commises par A ainsi que le nombre de points retirés au titre de chaque infraction et les textes dont il est fait application. Elle précise, s'agissant du retrait de 8 points à la suite de l'infraction du 17 novembre 2019 que la réalité de celle-ci est établie conformément à l'article L. 223-1 du code de la route par la condamnation devenue définitive prononcée à l'encontre du requérant le 20 mai 2020 par le tribunal de grande instance de Rennes. Cette décision, qui énonce les éléments de droit et de fait sur lesquels elle se fonde, et dont le requérant pouvait comprendre les motifs à sa seule lecture, est, dès lors, suffisamment motivée, y compris s'agissant du retrait de 8 points.

En ce qui concerne le moyen tiré du défaut d'information préalable :

3. La délivrance au titulaire du permis de conduire à l'encontre duquel est relevée une infraction donnant lieu à retrait de points de l'information prévue aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route constitue une garantie essentielle donnée à l'auteur de l'infraction pour lui permettre, avant d'en reconnaître la réalité par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'exécution d'une composition pénale, d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis et éventuellement d'en contester la réalité devant le juge pénal. Son accomplissement conditionne dès lors la régularité de la procédure au terme de laquelle le retrait de points est décidé. Cette information doit porter, d'une part, sur l'existence d'un traitement automatisé des points et la possibilité d'exercer le droit d'accès et, d'autre part, sur le fait que le paiement de l'amende établit la réalité de l'infraction dont la qualification est précisée et entraîne un retrait de points correspondant à cette infraction. Ni l'article L. 223-3, ni l'article R. 223-3 du code de la route n'exigent que le conducteur soit informé du nombre exact de points susceptibles de lui être retirés, dès lors que la qualification de l'infraction qui lui est reprochée est dûment portée à sa connaissance.

S'agissant de l'infraction du 18 juillet 2018 :

4. Il résulte de l'instruction que cette infraction a donné lieu à une composition pénale. M. A. Le ministre produit la notice d'information du conducteur relative au permis de conduire prévue par l'article L. 223-3 du code de la route, qui a été établie à la suite de cette infraction. Il résulte de ce document qui a été signé par le requérant, qui a reconnu en avoir reçu un exemplaire, qu'à la suite de l'infraction du 18 juillet 2018, celui-ci s'est vu délivrer, le même jour, les informations mentionnées au point précédent. Contrairement à ce que soutient le requérant, il ne résulte pas de l'instruction que cette information aurait été délivrée postérieurement à l'exécution de la composition pénale. Le moyen tiré de la méconnaissance par l'administration de son obligation d'information préalable doit, dès lors, être écarté.

5. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A doivent être rejetées. Il en va de même, par voie de conséquence, de ses conclusions à fin d'injonction et de celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 juin 2024.

Le magistrat désigné,

X. CATROUX

La greffière,

V. MALINGRELa République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

V. MALINGRE

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