mercredi 19 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2101237 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C+ |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | LAMBERT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 2 février 2021, le 17 novembre 2023 et le 5 janvier 2024 et un mémoire récapitulatif produit en application de l'article R. 611-8-1 du code de justice administrative, enregistré le 5 janvier 2024, la commune d'Angers, représentée par Me Brossard, demande au tribunal de :
1°) condamner in solidum les sociétés Crespy et Aumont, OTEIS, SOCOTEC et SMC2 à lui verser la somme de 1 145 807,44 euros toutes taxes comprises (TTC), outre les intérêts à compter du dépôt de la requête, au titre des travaux de ventilation et de déshumidification ;
2°) condamner in solidum les sociétés Crespy et Aumont, OTEIS, SOCOTEC et SMC2 à lui verser la somme de 151 366,80 euros TTC, outre les intérêts à compter du dépôt de la requête, au titre des travaux de mise en œuvre d'une alimentation électrique des équipements de ventilation ;
3°) condamner in solidum les sociétés Crespy et Aumont, OTEIS, SOCOTEC et SMC2 à lui verser la somme de 15 072 euros TTC, outre les intérêts à compter du dépôt de la requête, pour travaux de reprise des surfaces des courts de tennis ;
4°) condamner in solidum les sociétés Crespy et Aumont, OTEIS, SOCOTEC et SMC2 à lui verser la somme de la somme de 60 000 euros TTC (à parfaire), outre les intérêts à compter du dépôt de la requête, pour la réparation des préjudices d'usage, d'exploitation et d'image ;
5°) condamner la société SMC2 à lui verser la somme de 975 224, 22 euros TTC au titre des travaux de reprise des peintures de la charpente métallique de la halle de sport, outre les intérêts à compter du dépôt de la requête ;
6°) condamner in solidum les sociétés Crespy et Aumont, OTEIS, SOCOTEC et SMC2 à lui verser la somme de 27 489,60 euros TTC, outre les intérêts à compter du dépôt de la requête, au titre des frais engagés dans le cadre de l'expertise judiciaire ;
7°) condamner in solidum les sociétés Crespy et Aumont, OTEIS, SOCOTEC et SMC2 à lui verser la somme 11 151, 60 euros (à parfaire) au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
8°) condamner in solidum les sociétés Crespy et Aumont, OTEIS, SOCOTEC et SMC2 aux entiers dépens lesquels comprendront les frais d'expertise pour un montant de
33 699,75 euros.
La commune d'Angers soutient que :
- les désordres relatifs à la condensation élevée dans la halle de tennis, qui sont de nature décennale, sont imputables aux sociétés Crespy et Aumont, OTEIS, SOCOTEC et SMC2 et sont évalués à la somme totale de 1 312 246,24 euros TTC ;
- l'oxydation prématurée des éléments de la charpente relève de la responsabilité de la société SMC2 au titre de la garantie de parfait achèvement, à titre subsidiaire, au titre de la responsabilité contractuelle et, à titre infiniment subsidiaire, au titre de la garantie décennale ; la réparation de ce désordre s'élève à 975 224,22 euros TTC ;
- elle a subi des préjudices d'usage et d'exploitation qui incombent aux sociétés Crespy et Aumont, OTEIS, SOCOTEC et SMC2 et sont évalués à la somme de 60 000 euros ;
- les dépens et frais exposés dans le cadre de l'expertise judiciaire incombent aux sociétés Crespy et Aumont, OTEIS, SOCOTEC et SMC2 et sont évalués à la somme totale de
1 312 246,24 euros TTC.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 12 juillet 2021, 19 octobre 2022, 2 juin et 8 septembre 2023, et un mémoire récapitulatif produit en application de l'article R. 611-8-1 du code de justice administrative, enregistré le 22 décembre 2023, la société par actions simplifiée (SAS) SMC2, représentée par Me Courant, doit être regardée comme demandant au tribunal de :
1°) débouter la commune d'Angers ou tout appelant en garantie à l'instance, de toutes ses demandes, fins et conclusions contre elle, tant au titre du phénomène de condensation excessive à l'intérieur de la halle de tennis (dommage 1), que de la corrosion des éléments de charpente métallique (dommage 2) ou de ses demandes d'indemnisations accessoires ou consécutives ;
2°) condamner le maitre d'ouvrage, en toute hypothèse, à conserver à sa charge le cout de la centrale de traitement d'air et les travaux d'alimentation électrique, sauf enrichissement sans cause (dommage 1) ;
3°) limiter, en toute hypothèse, le traitement de peinture au devis SMPI d'un montant de 96 794,88 euros et, à titre plus subsidiaire, au cout de la solution 2 envisagée par la société Altrad Preziozo, 324 900,70 euros, à titre plus subsidiaire encore, au cout de la solution 2 de l'expert judiciaire 475 963,20 euros TTC (dommage 2) ;
4°) limiter le montant total des dommages et frais annexes pouvant être alloué à la commune d'Angers à la somme de 139 356,40 euros TTC (solution 3) ;
5°) au titre du désordre 1, condamner les sociétés Crespy et Aumont, OTEIS, SOCOTEC, EIB et Sportingsols à la garantir de toutes les condamnations prononcées à son endroit dans la limite de la part résiduelle laissée à sa charge ;
6°) au titre du désordre 2, condamner les sociétés Crespy et Aumont, OTEIS, SOCOTEC, EIB, Sportingsols, MBP Grenaillage et Montage Charpente Iséroise à la garantir de toutes les condamnations prononcées à son endroit dans la limite de la part résiduelle laissée à sa charge
7°) rejeter toute autre prétention du maitre de l'ouvrage et répartir les dépens ainsi que l'indemnité au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative entre les intervenants au prorata de leur implication dans les désordres.
Elle soutient que :
Sur les désordres :
- elle est intervenue uniquement pour le lot n° 4 " charpente couverture textile et bardage " et non pour les lots n° 13 " plomberie - chauffage - ventilation " et n°15 " revêtements de sols sportifs " ;
- le désordre n° 1 est imputable au maitre d'ouvrage qui a refusé de mettre en place la solution proposée dans le cahier des clauses techniques particulières (CCTP) alors que les éléments de couverture finalement retenus étaient appelés à réduire une éventuelle condensation mais en aucune façon à l'empêcher ;
- le désordre n° 2 est la conséquence du désordre n° 1, de nature décennale ; la garantie de parfait achèvement de l'ouvrage ne peut jouer dès lors que les réserves émises lors de la réception évoquent une révision de peinture mais pas un phénomène de corrosion ;
- en tout état de cause, le délai d'épreuve et d'action de la garantie de parfait achèvement est sanctionné par la forclusion de l'action, i.e. cette demande de la commune d'Angers est forclose depuis le 25 juillet 2019 ;
- sa responsabilité contractuelle ne peut être engagée au regard de la faible étendue de corrosion observée ;
Sur la réparation des préjudices :
- le quantum de réparation du désordre n° 1 doit être réduit en raison de la réalisation d'une plus-value ; s'agissant du désordre n° 2, le préjudice doit être ramené à de plus justes proportions ;
- les autres prétentions indemnitaires sont infondées ;
Sur les appels en garantie :
- s'agissant des désordres n° 1 et 2, les sociétés EIB et Sportingsols ont manqué à leur devoir de conseil ; les sociétés Crespy et Aumont, OTEIS, SOCOTEC devront elle aussi la garantir dès lors qu'il s'agit d'un défaut de conception générale ;
- s'agissant du désordre n° 2, les sous-traitantes de la société Charpente Saint-Clair, les sociétés MBP Grenaillage et Montage Charpente Iséroise, n'ont pas travaillé dans les règles de l'art et doivent donc la garantir.
Par un mémoire en défense, enregistré le 31 janvier 2023, et un mémoire récapitulatif produit en application de l'article R. 611-8-1 du code de justice administrative, enregistré le
4 janvier 2024, la SAS OTEIS, représentée par Me Caous-Pocreau, demande au tribunal de :
1°) débouter toutes les parties de leurs conclusions dirigées contre elle ;
2°) la mettre hors de cause ;
3°) condamner la commune d'Angers et plus généralement toute partie succombante à lui verser une somme de 5 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les entiers dépens ;
Subsidiairement,
4°) condamner les sociétés Crespy et Aumont, SOCOTEC, SMC2, EIB et Sportingsols à la garantir de toute condamnation susceptible d'être prononcée à son endroit, tant en principal, frais et intérêts qu'au titre des frais de justice et des dépens ;
5°) réduire les demandes de la commune d'Angers à de plus justes proportions.
Elle soutient que :
- le phénomène de condensation est purement ponctuel et ne constitue pas un désordre en soi ; en tout état de cause, ce phénomène est la conséquence du choix du maitre de l'ouvrage qui a accepté ce risque qu'il connaissait, le risque lui ayant été signalé ;
- les travaux préconisés pour remédier à ce phénomène ne constituent pas des travaux de reprise mais l'enrichissement sans cause du maitre de l'ouvrage ;
- les préjudices d'usage et d'exploitation ne sont pas établis ;
- s'agissant de la corrosion, en l'absence de remise en cause de la pérennité de l'ouvrage, la société SMC2 n'est pas fondée à l'appeler en garantie ; en cas contraire, la responsabilité doit prioritairement incomber aux sociétés Crespy et Aumont, SOCOTEC, SMC2, EIB et Sportingsols ;
- les sommes demandées par la commune d'Angers au titre des dépens et autres frais sont infondées.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 14 février et 27 novembre 2023, et un mémoire récapitulatif produit en application de l'article R. 611-8-1 du code de justice administrative, enregistré le 21 décembre 2023, la SAS SOCOTEC Construction, représentée par Me Viaud, demande au tribunal de :
1°) rejeter la requête de la commune d'Angers ;
2°) en tout état de cause, rejeter les conclusions de la commune d'Angers dirigées contre elle ;
3°) rejeter l'ensemble des appels en garantie dirigés contre elle ;
4°) la mettre hors de cause ;
5°) subsidiairement, condamner in solidum les sociétés Crespy et Aumont, OTEIS, SMC2 et EIB à la garantir de toute condamnation susceptible d'être prononcée contre elle ;
6°) condamner la commune d'Angers à lui verser la somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- si le phénomène de condensation dénoncé est bien de nature à rendre l'ouvrage impropre à sa destination, il est en revanche étranger aux missions qui lui ont été confiées ;
- l'expert n'a pas retenu sa responsabilité pour le désordre relatif à la corrosion, imputable à la mise en œuvre d'une peinture de protection en épaisseur insuffisante, c'est-à-dire à un pur défaut d'exécution ;
- elle est fondée à appeler en garantie les sociétés Crespy et Aumont, OTEIS, qui ont omis de prescrire le système de ventilation qui aurait permis d'éviter le phénomène de condensation dénoncé, SMC2, qui devait la mise en œuvre de la couverture textile qui condense, et EIB, qui détenait le lot " plomberie chauffage ventilation " et aurait dû alerter sur le risque lié à l'absence de ventilation ;
- les travaux préconisés pour remédier au désordre lié à la condensation ne constituent pas des travaux de reprise mais l'enrichissement sans cause du maitre de l'ouvrage ;
- les sommes demandées par la commune d'Angers au titre des dépens et autres frais sont infondées.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 février 2023, la société à responsabilité limitée (SARL) d'architecture Jean-Pierre Crespy et Isabelle Aumont, représentée par Me Caillet, demande au tribunal de :
1°) rejeter la requête de la commune d'Angers ;
2°) en tout état de cause, rejeter les conclusions de la commune d'Angers dirigées contre elle ;
3°) rejeter l'ensemble des appels en garantie dirigés contre elle ;
4°) la mettre hors de cause ;
5°) subsidiairement, condamner in solidum les sociétés OTEIS, SOCOTEC, SMC2, EIB et Sportingsols à la garantir de toute condamnation susceptible d'être prononcée contre elle ;
6°) condamner la commune d'Angers, et, subsidiairement, les sociétés OTEIS, SOCOTEC, SMC2, EIB et Sportingsols à lui verser la somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par un courrier du 30 novembre 2023, la société d'architecture Jean-Pierre Crespy et Isabelle Aumont a été invitée à produire, en application des dispositions de l'article R. 611-8-1 du code de justice administrative, un mémoire récapitulatif dans un délai de quarante jours.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 novembre 2023, et un mémoire récapitulatif produit en application de l'article R. 611-8-1 du code de justice administrative, enregistré le
30 novembre 2023, la SAS MBP Grenaillage, représentée par Me Lambert, demande au tribunal de :
1°) rejeter les conclusions de la commune d'Angers à l'égard de la société SMC2 au titre du désordre n° 2 ;
Subsidiairement,
2°) rejeter les conclusions d'appel en garantie de la société SMC2 dirigées contre elle ;
Plus subsidiairement,
3°) limiter à 5 % sa part de responsabilité et rejeter le surplus des conclusions d'appel en garantie de la société SMC2 dirigé contre elle ;
4°) limiter la réparation des préjudices subis par la commune d'Angers au titre du désordre n° 2 de somme de 475 963,20 euros au titre des travaux de reprise et 981,60 euros au titre des frais exposés au cours des opérations d'expertise ;
5°) rejeter les conclusions d'appel en garantie de la société SMC2 au titre des préjudices d'usage et d'exploitation allégués par la commune d'Angers ;
6°) limiter le recours en garantie de la société SMC2 à son endroit au titre des frais de justice et dépens exposés par la commune d'Angers à la somme de 800 euros ;
7°) condamner la société SMC2 à lui verser la somme de 4 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- s'agissant du désordre n° 2, l'action en garantie de parfait achèvement était forclose et ni la garantie contractuelle de cinq ans ni la garantie décennale ne sont applicables ; la responsabilité de la société SMC2 ne peut donc être recherchée ;
- en l'absence de caractérisation d'un manquement dans l'exécution de sa prestation, la mise en œuvre sa responsabilité ne peut être recherchée ;
- les sommes demandées par la commune d'Angers au titre des travaux de reprise, des frais exposés en cours d'expertise et du préjudice d'usage et d'exploitation ne sont pas fondées.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 novembre 2023, la société par actions simplifiée unipersonnelle (SASU) Électricité Industrielle et Bâtiment (EIB), représentée par
Me Boucheron, demande au tribunal de :
1°) rejeter les conclusions des sociétés Crespy et Aumont, SOCOTEC Construction, OTEIS et SMC2 ;
2°) la mettre hors de cause ;
À titre subsidiaire,
3°) rejeter les conclusions de la commune d'Angers en paiement d'une indemnité de 1 145 807,44 euros au titre des travaux de ventilation et de déshumidification de la halle de tennis ;
4°) limiter, en toute hypothèse, le traitement de peinture au devis SMPI d'un montant de 96 794,88 euros et, à titre plus subsidiaire, au cout de la solution 2 envisagée par la société Altrad Preziozo, 324 900,70 euros, à titre plus subsidiaire encore, au cout de la solution 2 de l'expert judiciaire 475 963,20 euros TTC (dommage 2) ;
5°) limiter le montant total du préjudice d'usage, d'exploitation et d'image de la commune d'Angers à la somme de 60 000 euros ;
6°) Condamner in solidum les sociétés Crespy et Aumont, SOCOTEC Construction, OTEIS et SMC2 à la garantir de toutes les condamnations qui seraient prononcées à son endroit ;
En tout état de cause,
7°) Condamner in solidum les sociétés Crespy et Aumont, SOCOTEC Construction, OTEIS et SMC2 aux dépens et à lui verser 2 000 euros au titre des dispositions de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative.
Par un courrier du 30 novembre 2023, la SASU EIB a été invitée à produire, en application des dispositions de l'article R. 611-8-1 du code de justice administrative, un mémoire récapitulatif dans un délai de quarante jours.
La requête a été communiquée aux SAS SPORTINGSOLS et Montage Charpente Iséroise qui n'ont pas produit de mémoire en défense.
Par une ordonnance du 25 janvier 2024, la clôture de l'instruction a été prononcée avec effet immédiat.
La commune d'Angers a été invitée, en application de l'article R. 613-1-1 du code de justice administrative, à produire des éléments ou des pièces en vue de compléter l'instruction.
Par un courrier du 9 avril 2023, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'incompétence de la juridiction administrative pour connaitre des conclusions tendant aux appels en garantie de la société SMC2 contre les sociétés Charpente Saint-Clair, Charpente iséroise et MBP Grenaillage.
Par un mémoire enregistré le 3 mai 2024, la société SMC2 a produit des observations en réponse à ce moyen.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le code de la commande publique ;
- l'arrêté du 8 septembre 2009 portant approbation du cahier des clauses administratives générales applicables aux marchés publics de travaux ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 29 mai 2024 :
- le rapport de M. Jégard,
- les conclusions de M. Simon, rapporteur public,
- les observations de Me Carré substituant Me Brossard, représentant la commune d'Angers,
- les observations de Me Caillet, représentant la SARL Crespy et Aumont,
- les observations de Me Beyou substituant Me Caous-Pocreau, représentant la SAS OTEIS,
- les observations de Me Parée substituant Me Viaud, représentant la SAS SOCOTEC Construction.
Considérant ce qui suit :
1. La commune d'Angers a lancé en 2016 un projet de réalisation d'équipements sportifs dédiés au tennis au sein du Parc des sports de la Baumette situé boulevard du Maréchal Leclerc. Ce projet prévoyait la construction d'une halle couverte abritant cinq courts de tennis en terre battue, deux courts de tennis en synthétique et quatre courts de padel, de locaux annexes comprenant le pavillon-club, les vestiaires, les sanitaires, des bureaux, des locaux de rangement, des locaux techniques et une zone non aménagée destinée au futur restaurant, d'un mur d'entrainement extérieur couvert, d'une zone de stockage extérieure couverte, de quatre courts de tennis extérieurs en terre battue ainsi que le traitement des abords comprenant parking, parvis, allées piétonnes et espaces verts.
2. Le contrôle technique pour les phases d'études, travaux et post-réception a été confié par acte d'engagement du 20 janvier 2016 à la société SOCOTEC, devenue depuis lors SOCOTEC Construction. La maitrise d'œuvre a été confiée par acte d'engagement du 8 avril 2016 à un groupement conjoint composé de la société à responsabilité limitée (SARL) d'architecture société d'architecture Jean-Pierre Crespy et Isabelle Aumont (mandataire solidaire du groupement), du bureau d'études ISATEG - devenu depuis OTEIS, de la SARL BET Bertherm pour les calculs de l'isolation acoustique et thermique et de Monsieur C D pour le traitement des espaces verts.
3. Pour la réalisation de ce chantier, le marché a été alloti. Le lot n° 4, " charpente couverture textile et bardage " a été confié à un groupement conjoint composé de la société par actions simplifiées (SAS) SMC2 (mandataire solidaire) et de la SAS BMTI par acte d'engagement du 28 septembre 2016. La société SMC2 a déclaré le 26 décembre 2016 la société Charpentes Saint Clair comme sous-traitante pour des prestations de fourniture et pose de charpente métallique.
4. Le 9 juin 2017, la réception partielle de la halle de tennis a été prononcée sous réserves de travaux supplémentaires avant le 7 juillet 2017 parmi lesquels le procès-verbal de réception du lot n° 4. Les réserves n'ont pas été levées. À l'issue de ces travaux, la commune d'Angers a mis l'ouvrage à disposition de l'association Angers Tennis Club (ATC). Par courrier du 25 septembre 2017, la commune d'Angers a signalé à la société d'architecture Jean-Pierre Crespy et Isabelle Aumont une condensation importante sous l'ensemble de la toiture en membrane textile, qui retombe directement sur les courts intérieurs.
5. Après ce qu'elle a considéré être une généralisation du phénomène de condensation sur l'ensemble de la membrane et sur les ouvrages métalliques, la commune d'Angers a saisi le juge des référés le 4 juin 2018 pour que soit ordonnée une expertise. Par une ordonnance n° 1805027 du 25 juillet 2018, le juge des référés a désigné M. B A comme expert. Sa mission a été étendue par les ordonnances n° 1811204, 1812473, 1903936 et 1910185 respectivement des 15 janvier, 21 février, 22 mai et 18 novembre 2019.
6. Le rapport d'expertise a été remis le 30 septembre 2020. Les frais et honoraires de l'expertise ont été liquidés et taxés à la somme de 33 699,75 euros, mis à la charge de la commune d'Angers par une ordonnance du 10 novembre 2020.
7. Par sa requête, la commune d'Angers demande au tribunal de condamner in solidum les sociétés Crespy et Aumont, OTEIS, SOCOTEC et SMC2 au titre des différents préjudices qu'elle estime avoir subis.
Sur l'application de l'article R. 611-8-1 du code de justice administrative :
8. Aux termes de l'article R. 611-8-1 du code de justice administrative : " Le président de la formation de jugement () peut demander à l'une des parties de reprendre, dans un mémoire récapitulatif, les conclusions et moyens précédemment présentés dans le cadre de l'instance en cours, en l'informant que, si elle donne suite à cette invitation, les conclusions et moyens non repris seront réputés abandonnés. () / Le président de la formation de jugement () peut en outre fixer un délai, qui ne peut être inférieur à un mois, à l'issue duquel, à défaut d'avoir produit le mémoire récapitulatif mentionné à l'alinéa précédent, la partie est réputée s'être désistée de sa requête ou de ses conclusions incidentes. La demande de production d'un mémoire récapitulatif informe la partie des conséquences du non-respect du délai fixé. "
9. La société d'architecture Jean-Pierre Crespy et Isabelle Aumont et la société par actions simplifiée unipersonnelle (SASU) Électricité Industrielle et Bâtiment (EIB) ont été, en application des dispositions de l'article R. 611-8-1 du code de justice administrative, invitées, par un courrier de la présidente de la formation de jugement du 30 novembre 2023, à présenter un mémoire récapitulatif et informées de ce que, à défaut de cette production dans le délai de quarante jours, elles seraient réputées s'être désistées d'office. Aucun mémoire récapitulatif n'ayant été produit dans ce délai, ces deux sociétés doivent être réputées s'être désistées de leurs conclusions. Dès lors, il y a lieu de donner acte de ces désistements.
Sur le bienfondé :
En ce qui concerne le désordre n° 1 :
S'agissant de la responsabilité décennale des constructeurs :
10. Il résulte des principes qui régissent la responsabilité décennale des constructeurs que des désordres apparus dans le délai d'épreuve de dix ans, de nature à compromettre la solidité de l'ouvrage ou à le rendre impropre à sa destination dans un délai prévisible, engagent leur responsabilité, même s'ils ne se sont pas révélés dans toute leur étendue avant l'expiration du délai de dix ans. Les constructeurs ne peuvent s'exonérer de leur responsabilité qu'en prouvant que les désordres proviennent d'une cause étrangère à leur intervention.
S'agissant du caractère décennal du désordre :
11. Il résulte de l'instruction et notamment du rapport de l'expert désigné par le juge des référés que le désordre n° 1 est constitué de très fortes formations d'eau en provenance de la condensation en sous face de la couverture qui coulent abondamment sur les courts de tennis et sur les joueurs, ce qui a pour conséquence non de compromettre la solidité de l'ouvrage mais de le rendre impropre à sa destination.
S'agissant de l'imputabilité du désordre :
12. Il résulte de l'instruction que ce désordre est la conséquence de l'absence de mise en œuvre d'une ventilation de la halle couverte. Il est à noter qu'une différence majeure est intervenue entre l'avant-projet définitif du 8 avril 2016, lequel prévoyait une couverture ventilée à l'aide d'un moteur, et le cahier des clauses techniques particulières (CCTP) de juin 2016, lequel stipulait finalement une couverture en membrane réalisée à partir d'un tissu de fils de polyester haute ténacité enduit double face PVC. Dans le CCTP il n'était plus fait état de ventilation de la membrane, ce qui rendait nécessaire la mise en place un système de ventilation particulier pour la halle, ventilation censée être mise en place selon les recommandations du bureau de contrôle. Cette ventilation n'a pas été installée, ce qui est la cause directe de ce désordre.
13. Ainsi qu'indiqué plus haut, la société SMC2 était chargée de mettre en œuvre la couverture. Au-delà de sa mission de conception du projet avec le bureau d'études OTEIS, la société d'architecture Jean-Pierre Crespy et Isabelle Aumont remplissait les missions Ordonnancement-Pilotage-Coordination (OPC) ainsi que, conjointement avec le bureau d'études OTEIS, les missions " exécution partielle " et " synthèse ". Contrairement à ce qu'elle soutient, il résulte de l'instruction que la société SOCOTEC était titulaire de la mission " F " - fonctionnement des installations. Elle remplissait donc bien une mission de contrôle s'agissant de la ventilation. Elle a émis des réserves sur le principe de la couverture au stade de l'avant-projet sommaire, mais elle n'a pas renouvelé ses observations au stade de la mise en œuvre et n'a pas pris en compte la nécessité de ventiler la halle de tennis comme indiqué dans le CCTP. Les désordres sont donc imputables à ces quatre sociétés. Enfin, contrairement à ce que font valoir les défenderesses, il ne résulte pas de l'instruction que la commune d'Angers aurait commis une faute en retenant le choix du procédé de couverture. Dès lors, la commune d'Angers est fondée à demander la condamnation in solidum les sociétés Crespy et Aumont, OTEIS, SOCOTEC et SMC2 au titre de ce désordre.
S'agissant de l'évaluation des préjudices :
14. En premier lieu, la commune d'Angers évalue son préjudice à la somme de 1 312 146,24 euros toutes taxes comprises (TTC). Ce montant est la somme des travaux de ventilation et déshumidification pour un montant de 1 145 807,44 euros, de mise en œuvre d'une alimentation électrique pour un montant de 151 366,80 euros et de la reprise des surfaces des courts de tennis endommagés pour un montant de 15 072 euros, pour lesquels des devis sont produits.
15. Les sociétés SMC2 et OTEIS font valoir que la mise en œuvre d'une centrale de traitement de l'air était une dépense qui aurait dû être envisagée et payée initialement par la commune d'Angers. S'il est vrai que, initialement, le projet ne prévoyait pas de ventilation en raison du choix retenu pour la couverture, il résulte du CCTP que la commune d'Angers avait bien acté un système de ventilation de la halle et qu'elle aurait donc dû financer cette installation si elle avait été mise en place au moment des travaux de construction initiaux. Il en résulte qu'elle n'est pas fondée à demander la réparation de l'intégralité des travaux de ventilation et de mise en œuvre d'une alimentation électrique, mais seulement d'une quote-part, laquelle, eu égard aux frais propres à l'installation du chantier et à ceux induits par la réalisation a posteriori desdits travaux doit être fixée à 45 %. Par suite, le montant de la condamnation au titre des travaux de ventilation et d'humidification et d'alimentation électrique est fixé à la somme de 590 465,81 euros TTC. Doit être ajouté à cette somme le montant de 15 072 euros correspondant aux travaux de reprise des surfaces des courts de tennis endommagés.
16. Il résulte de ce qui précède que la réparation du préjudice au titre du désordre n° 1 s'élève au montant total de 605 537,81 euros TTC.
17. En second lieu, il résulte de l'instruction que, pour satisfaire aux nécessités de l'expertise, la commune d'Angers a également dû payer des études acoustiques et de déshumidification et expertises d'hygrométrie, de peinture, ainsi qu'un diagnostic de charpente pour un montant total de 27 489,60 euros TTC. Les sociétés Crespy et Aumont, OTEIS, SOCOTEC et SMC2 seront donc condamnées in solidum à lui verser cette somme.
S'agissant des appels en garantie :
18. D'une part, il ne résulte pas de l'instruction que la société Sportingsols, chargée de la pose des sols ait été investie d'un devoir de conseil envers le constructeur de la couverture. D'autre part, si la société EIB était titulaire du lot n° 13 " plomberie - chauffage - ventilation ", elle n'était pas chargée de la couverture de la halle. Il ne résulte pas de l'instruction qu'elle aurait manqué à une éventuelle obligation d'information alors que, au demeurant, il résulte de son dire du 21 septembre 2020 joint au rapport d'expertise qu'elle avait proposé une prestation de ventilation qui n'a pas été retenue. Par suite, les appels en garantie dirigés contre ces deux sociétés, Sportingsols et EIB, doivent être rejetés.
19. Eu égard aux manquements respectifs des sociétés Crespy et Aumont, SMC2, OTEIS et SOCOTEC rappelés au point 13, il sera fait une juste appréciation des parts de responsabilité respectives de ces sociétés dans l'apparition du désordre n° 1, en les fixant à 60 % pour les membres du groupement de maitrise d'œuvre - soit 30 % pour la société d'architecture Jean-Pierre Crespy et Isabelle Aumont et 30 % pour le bureau d'études techniques OTEIS - 20 % pour la société SMC2 et 20 % pour SOCOTEC Construction.
20. Il en résulte que la société d'architecture Jean-Pierre Crespy et Isabelle Aumont doit être condamnée à garantir les sociétés SMC2, OTEIS et SOCOTEC Construction à hauteur de 30 % des condamnations décrites aux points 16 et 17, que la société SMC2 doit être condamnée à garantir les sociétés OTEIS et SOCOTEC Construction à hauteur de 20 % des condamnations décrites aux points 16 et 17 , que la société SOCOTEC Construction doit être condamnée à garantir les sociétés OTEIS et SMC2 à hauteur de 20 % des condamnations décrites aux points 16 et 17 et que le bureau d'études techniques OTEIS doit être condamné à garantir les sociétés SMC2 et SOCOTEC Construction à hauteur de 30 % des condamnations décrites aux points 16 et 17.
En ce qui concerne le désordre n° 2 :
S'agissant de la nature du désordre :
21. Il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'expertise que ce désordre est constitué par une oxydation importante des aciers qui composent la structure métallique. Ce désordre est la conséquence d'une mauvaise préparation des surfaces avant peinture, d'un stockage des éléments métalliques dans de mauvaises conditions et d'une insuffisance d'épaisseur des peintures. Ce désordre a par ailleurs été accentué par l'importance de l'humidité dans la halle mais n'est pas en soi la conséquence du désordre n° 1.
S'agissant de la responsabilité contractuelle :
22. Il résulte du CCTP du lot n° 4 " charpente métallique " que la société SMC2, attributaire du lot, a garanti ses travaux au titre des revêtements pendant une durée de cinq années à compter de la date de réception des travaux. Cette garantie n'était donc pas expirée à la date d'introduction de la requête par la commune d'Angers. Eu égard aux lacunes relevées par l'expert et résumées au point 21, la commune d'Angers est fondée à solliciter la condamnation de la société SMC2 au titre de sa responsabilité contractuelle.
S'agissant de l'évaluation du préjudice :
23. La collectivité requérante demande la condamnation de la société SMC2 à lui verser la somme de 975 224, 22 euros TTC au titre des travaux de reprise des peintures. Cette somme correspond à une reprise totale avec grenaillage des aciers avant peinture. Si la société SMC2 produit en défense des devis d'un montant inférieur, il ne résulte pas de ces derniers qu'ils correspondent exactement aux mêmes travaux que ceux nécessaires et décrits par l'expert. Il en résulte que la réparation du préjudice au titre du désordre n° 2 doit être fixée à la somme de
975 224,22 euros TTC.
S'agissant des appels en garantie :
24. Le litige né de l'exécution d'un marché de travaux publics et opposant des participants à l'exécution de ces travaux relève de la compétence de la juridiction administrative, sauf si les parties sont unies par un contrat de droit privé.
25. La société SMC2 appelle en garantie les sociétés Crespy et Aumont, OTEIS, SOCOTEC, EIB, Sportingsols, MBP Grenaillage et Montage Charpente Iséroise. Il est constant que ces deux dernières entreprises étaient les sous-traitantes de la société Charpente Saint-Clair, elle-même sous-traitante de la société SMC2. Si aucun contrat ne lie directement l'entreprise principale aux sous-traitantes de sa sous-traitante, elles sont reliées entre elles par deux contrats de droit privé, ce qui fait obstacle à la compétence du juge administratif. Par suite, le tribunal est incompétent pour connaitre des conclusions tendant à ce que les sociétés MBP Grenaillage et Montage Charpente Iséroise garantissent la société SMC2.
26. S'agissant des autres appels en garantie, ainsi qu'il a été indiqué au point 21, ce désordre n'est pas directement la conséquence du désordre n° 1, mais résulte des seuls manquements de la société SMC2, les sociétés Crespy et Aumont, OTEIS, SOCOTEC, EIB, Sportingsols n'ayant pas commis de faute. Il en résulte que les conclusions aux fins appels en garantie dirigées contre ces dernières doivent être rejetées.
En ce qui concerne les autres préjudices :
27. La commune d'Angers n'établit ni le préjudice d'image ni le préjudice d'exploitation qu'elle aurait subi en raison de la fermeture du complexe sportif pendant une durée de quatre mois, durée des travaux. Par suite, ses conclusions au titre de ce préjudice doivent être rejetées.
Sur les intérêts et leur capitalisation :
28. La commune d'Angers a demandé que les sommes auxquelles les défenderesses sont condamnées soient assorties des intérêts au taux légal le 2 février 2021. Elle a donc droit, à compter de cette date, aux intérêts au taux légal pour l'intégralité des condamnations prononcées dans ce jugement.
29. La capitalisation de ces intérêts a été demandée le 2 février 2021. Il y a lieu de faire droit à cette demande à compter du 2 février 2022, date à laquelle était due, pour la première fois, une année d'intérêts, ainsi qu'à chaque échéance annuelle à compter de cette date.
Sur les dépens :
30. Aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. / Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. / () "
31. En premier lieu, ainsi qu'indiqué au point 6, les frais et honoraires de l'expertise ont été liquidés et taxés à la somme de 33 699,75 euros. Ces frais seront mis à la charge in solidum des sociétés Crespy et Aumont, OTEIS, SOCOTEC et SMC2.
32. En second lieu, dès lors que la société OTEIS demande que les sociétés Crespy et Aumont, SOCOTEC, SMC2, EIB et Sportingsols la garantissent de toute condamnation, il sera fait droit à cette conclusion selon la clé de répartition indiquée au point 19.
Sur les frais liés au litige :
33. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune d'Angers, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, les sommes que les autres parties demandent au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de chacune des sociétés Crespy et Aumont, OTEIS, SOCOTEC et SMC2 une somme de 2 000 euros au titre des frais exposés par la commune d'Angers et non compris dans les dépens.
34. Les autres conclusions des parties sur ce fondement sont rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : Il est donné acte des désistements de leurs conclusions des sociétés Crespy et Aumont et EIB.
Article 2 : Les sociétés Crespy et Aumont, SOCOTEC, SMC2 et OTEIS sont condamnées in solidum à verser à la commune d'Angers une somme de 605 537,81 euros TTC au titre de la réparation du désordre n° 1 et une somme de 27 489, 60 euros TTC au titre des frais engendrés par l'expertise.
Article'3 : La société SMC2 est condamnée à verser à la commune d'Angers une somme de 975 224,22 euros TTC au titre du désordre n° 2.
Article 4 : Les sommes mentionnées aux articles 2 et 3 portent intérêts au taux légal à compter du 2 février 2021 et capitalisation de ces intérêts à compter du 2 février 2022.
Article 5 : Les frais d'expertise liquidés et taxés à la somme de 33 699,75 euros TTC, sont mis à la charge définitive des sociétés Crespy et Aumont, SOCOTEC, SMC2 et OTEIS.
Article 6 : Les sociétés Crespy et Aumont, SOCOTEC et SMC2 sont condamnées à garantir la société OTEIS à hauteur de 70% des condamnations prononcées à son encontre aux articles 2 et 5 du présent jugement.
Article 7 : Les sociétés Crespy et Aumont, SOCOTEC et OTEIS sont condamnées à garantir la société SMC2 à hauteur de 80% des condamnations prononcées à son encontre à l'article 2 du présent jugement.
Article 8 : Les sociétés Crespy et Aumont, SMC2 et OTEIS sont condamnées à garantir la société SOCOTEC à hauteur de 80% des condamnations prononcées à son encontre à l'article 2 du présent jugement.
Article 9 : Les sociétés Crespy et Aumont, SOCOTEC, SMC2 et OTEIS sont condamnées à verser chacune à la commune d'Angers une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 10 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 11 : Le présent jugement sera notifié à :
- La commune d'Angers,
- La SARL d'architecture Jean-Pierre Crespy et Isabelle Aumont,
- La SAS SMC2,
- La SAS OTEIS,
- La SAS SOCOTEC Construction,
- La SAS MBP Grenaillage,
- La SASU Électricité Industrielle et Bâtiment,
- La SAS SPORTINGSOLS et à
- Me Cuinet en sa qualité de liquidateur judiciaire de la SAS Montage Charpente Iséroise.
Délibéré après l'audience du 29 mai 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Rimeu, présidente,
M. Jégard, premier conseiller,
Mme El Mouats St Dizier, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 juin 2024.
Le rapporteur,
X. JÉGARDLa présidente,
S. RIMEU
La greffière,
P. LABOUREL
La République mande et ordonne au préfet de Maine-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026