mardi 12 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2102179 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP ATLANTIQUE AVOCATS ASSOCIES (SAINT-HERBLAIN) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 25 février 2021, Mme A B, représentée par la SELARL Atlantique avocats associés, demande au tribunal :
1°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 580 000 euros en réparation des préjudices financier et moral que lui a causé le refus de lui confier des heures supplémentaires, des responsabilités supplémentaires et des heures d'interrogation orale ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 6 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le principe selon lequel " à travail égal, salaire égal " a été méconnu dès lors qu'elle subit une inégalité salariale de l'ordre de 15 000 euros annuels par rapport aux professeurs masculins de l'établissement de même grade qu'elle ;
- elle subit une discrimination à raison de son genre ayant pour effet une inégalité salariale par rapport à ses collègues masculins ;
- le chef d'établissement n'exerce pas ses prérogatives légales, les heures supplémentaires étant attribuées en dehors de tout contrôle hiérarchique et de tout critère objectif ;
- ces fautes sont à l'origine de préjudices matériel et moral qu'elle évalue à 360 000 euros au titre de la perte de revenus sur 9 ans, 50 000 euros au titre du préjudice d'établissement, 20 000 euros au titre du préjudice moral et 150 000 euros au titre d'une perte de ses droits à la retraite.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er décembre 2021, le recteur de l'académie de Nantes conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- s'agissant de l'attribution des heures supplémentaires, la cour administrative d'appel de Nantes, dans un arrêt du 15 décembre 2020, a jugé que le refus de lui en attribuer constituait, en l'absence de discrimination, une mesure d'ordre intérieur ; qu'en tout état de cause, aucun texte ne confère un droit à l'attribution d'heure supplémentaire ;
- s'agissant des heures d'interrogation orale, des heures lui ont été attribuées à ce titre suite à l'arrêt précité ;
- les rémunérations dont fait état la requérante sont la contrepartie d'un service effectivement réalisé et ne sauraient, dès lors, être prises en compte pour l'appréciation de l'existence d'une perte de rémunération par rapport à des collègues ayant effectivement réalisé ces heures, la requérante ayant été rémunérée conformément aux services qu'elle a effectués.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code de l'éducation ;
- la loi n° 2008-496 du 27 mai 2008 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Martel,
- et les conclusions de M. Vauterin, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, professeure agrégée de lettres modernes, affectée au lycée Gabriel Guist'hau de Nantes à compter du 1er septembre 2011 en tant que professeure de lettres modernes pour les classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE), déplorant que lui soient attribuées uniquement, pour l'ensemble de son obligation réglementaire de service, des heures d'enseignement de théâtre et aucune heure d'enseignement des lettres, et au surplus, aucune heure supplémentaire, a sollicité, par deux courriers du 6 décembre 2015, auprès du recteur de l'académie de Nantes ainsi de l'inspection générale de l'éducation nationale l'évolution de sa situation concernant l'octroi d'heures d'enseignement en lettres par le chef de son établissement d'affectation. Dans ces courriers, l'intéressée a demandé un rééquilibrage des services respectifs des enseignants de lettres aux CPGE littéraires, pour davantage d'équité.
2. N'ayant pas obtenu de réponse, Mme B a saisi le tribunal administratif de Nantes d'une requête tendant à l'annulation du refus implicite de l'administration scolaire de modifier la répartition des enseignements des lettres aux CPGE du lycée Guist'hau et de lui attribuer un service d'enseignement de lettres. Par un jugement du 2 avril 2019, le tribunal a annulé la décision implicite par laquelle l'administration scolaire a rejeté la demande présentée par Mme B le 6 décembre 2015, tendant à obtenir l'octroi de cours d'enseignement de lettres aux classes préparatoires aux grandes écoles littéraires du lycée Guist'hau de Nantes et enjoint au recteur de l'académie de Nantes de procéder au réexamen de sa situation. Par un arrêt du 15 décembre 2020, la cour administrative d'appel de Nantes a annulé ce jugement en tant qu'il a prononcé l'annulation de la décision de rejet implicite de la demande d'attribution d'heures d'enseignement en littérature dans le cadre de l'obligation règlementaire de service ou d'heures supplémentaires et enjoint au recteur de l'académie de Nantes de procéder au réexamen de la situation de Mme B sur cette attribution, rejeté la demande de Mme B à ce titre, et enjoint au ministre de l'éducation nationale de réexaminer la situation de celle-ci au regard de l'attribution d'heures d'interrogation.
3. Par un courrier reçu le 27 octobre 2020, Mme B a sollicité du recteur de l'académie de Nantes l'indemnisation des préjudices qu'elle estime avoir subis à raison d'un traitement discriminatoire et de la méconnaissance du principe de l'égalité de traitement dans le service qui lui a été confié en classe préparatoire aux grandes écoles du lycée Guist'hau à Nantes. Mme B demande au tribunal de condamner l'Etat à lui verser la somme de 580 000 euros en réparation des préjudices financier et moral du fait de la discrimination et des fautes qu'elle invoque.
Sur la responsabilité de l'Etat :
En ce qui concerne la méconnaissance du principe " à travail égal, salaire égal " :
4. Il résulte de l'instruction que la différence de rémunération alléguée par Mme B est liée à la différence des services accomplis avec ses collègues de lettres des classes préparatoires aux grandes écoles du lycée Guist'hau, lesquels effectuent, outre leur obligation réglementaire de service, des heures supplémentaires et des heures d'interrogation orale. Ainsi, la différence de rémunération étant fondée sur des éléments objectifs, la requérante n'est pas fondée à se prévaloir d'une méconnaissance par l'Etat du principe " à travail égal, salaire égal ".
En ce qui concerne l'existence d'une pratique discriminatoire :
5. Aux termes des dispositions figurant aujourd'hui à l'article L. 131-1 du code général de la fonction publique : " Aucune distinction, directe ou indirecte, ne peut être faite entre les agents publics en raison de leurs opinions politiques, syndicales, philosophiques ou religieuses, de leur origine, de leur orientation sexuelle ou identité de genre, de leur âge, de leur patronyme, de leur situation de famille ou de grossesse, de leur état de santé, de leur apparence physique, de leur handicap, de leur appartenance ou de leur non-appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie ou une race, sous réserve des dispositions des articles L. 131-5, L. 131-6 et L. 131-7 ". Aux termes de l'article L. 131-2 du même code : " Aucune distinction ne peut être faite entre les agents publics en raison de leur sexe. ". Aux termes de l'article 1er de la loi du 27 mai 2008 portant diverses dispositions d'adaptation au droit communautaire dans le domaine de la lutte contre les discriminations : " Constitue une discrimination directe la situation dans laquelle, sur le fondement (), de son sexe, (), une personne est traitée de manière moins favorable qu'une autre ne l'est, ne l'a été ou ne l'aura été dans une situation comparable. / Constitue une discrimination indirecte une disposition, un critère ou une pratique neutre en apparence, mais susceptible d'entraîner, pour l'un des motifs mentionnés au premier alinéa, un désavantage particulier pour des personnes par rapport à d'autres personnes, à moins que cette disposition, ce critère ou cette pratique ne soit objectivement justifié par un but légitime et que les moyens pour réaliser ce but ne soient nécessaires et appropriés () " Aux termes de l'article 4 de cette même loi : " Toute personne qui s'estime victime d'une discrimination directe ou indirecte présente devant la juridiction compétente les faits qui permettent d'en présumer l'existence. Au vu de ces éléments, il appartient à la partie défenderesse de prouver que la mesure en cause est justifiée par des éléments objectifs étrangers à toute discrimination () ".
6. De manière générale, il appartient au juge administratif, dans la conduite de la procédure inquisitoire, de demander aux parties de lui fournir tous les éléments d'appréciation de nature à établir sa conviction. Cette responsabilité doit, dès lors qu'il est soutenu qu'une mesure a pu être empreinte de discrimination, s'exercer en tenant compte des difficultés propres à l'administration de la preuve en ce domaine et des exigences qui s'attachent aux principes à valeur constitutionnelle des droits de la défense et de l'égalité de traitement des personnes. S'il appartient au requérant qui s'estime lésé par une telle mesure de soumettre au juge des éléments de fait susceptibles de faire présumer une atteinte à ce dernier principe, il incombe au défendeur de produire tous ceux permettant d'établir que la décision attaquée repose sur des éléments objectifs étrangers à toute discrimination. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si la décision contestée devant lui a été ou non prise pour des motifs entachés de discrimination, se détermine au vu de ces échanges contradictoires. En cas de doute, il lui appartient de compléter ces échanges en ordonnant toute mesure d'instruction utile.
7. Pour soutenir avoir été victime d'une discrimination liée à son sexe, Mme B fait valoir qu'elle perçoit une rémunération très inférieure à celles de ses collègues masculins, lesquels dispensent entre 3 et 5 heures supplémentaires, alors qu'elle ne s'en ait vu attribuer aucune depuis son affectation dans l'établissement. En outre, elle soutient que ceux-ci ont dispensé, jusqu'à l'arrêt précité de la cour administrative d'appel de Nantes en date du 15 décembre 2020, entre 63 et 135 heures d'interrogations orales sur l'année, alors qu'il ne lui en a été attribué aucune.
8. S'agissant de l'attribution des heures supplémentaires, il résulte de l'instruction que sur cinq professeurs de lettres enseignant en classes préparatoires aux grandes écoles au lycée Guist'hau, trois professeurs masculins dispensent, depuis plusieurs années, entre 3 et 5 heures supplémentaires, sa collègue féminine assurant 3 heures supplémentaires, alors qu'elle-même n'en assure aucune. Ainsi, les allégations de Mme B sont insuffisantes à faire présumer que la répartition des heures supplémentaires serait empreinte de discrimination à raison de son sexe.
9. En revanche, s'agissant de la répartition des heures d'interrogations orales, elle fait valoir que les deux enseignantes de l'équipe pédagogique de lettres sont exclues de la répartition de ces heures, réservées à leurs collègues de sexe masculin, alors qu'au besoin, ils font appel à des collègues masculins extérieurs à l'équipe. Ces faits ne sont pas contestés par l'administration, laquelle se borne à indiquer que depuis l'arrêt précité de la cour administrative d'appel de Nantes la situation de Mme B a évolué, des heures d'interrogations orales lui ayant été confiées à compter de la fin de l'année scolaire 2020-2021. Ainsi, alors que l'administration ne produit aucun élément de nature à établir que le refus, malgré les demandes réitérées de l'intéressée, de lui attribuer des heures d'interrogation orale repose sur des éléments objectifs étrangers à toute discrimination, les pratiques discriminatoires dans la répartition des heures d'interrogation orale invoquées par Mme B doivent être regardées comme établies. Par suite, la responsabilité de l'Etat est engagée à ce titre envers l'intéressée.
En ce qui concerne la faute alléguée dans l'organisation du service :
10. Aux termes de l'article R. 421-10 du code de l'éducation : " En qualité de représentant de l'Etat au sein de l'établissement, le chef d'établissement : / 1° A autorité sur l'ensemble des personnels affectés ou mis à disposition de l'établissement. Il désigne à toutes les fonctions au sein de l'établissement pour lesquelles aucune autre autorité administrative n'a reçu de pouvoir de nomination. Il fixe le service des personnels dans le respect du statut de ces derniers ; () ". Selon l'article D. 333-14 du même code : " Les services d'enseignement sont répartis entre les personnels par le chef d'établissement qui recueille à cet effet tous les avis qu'il juge utiles. ".
11. Il résulte de ces dispositions que le proviseur du lycée Guist'hau est seul compétent pour fixer le service d'enseignement des professeurs des classes préparatoires aux grandes écoles. Il n'est pas établi que celui-ci n'aurait pas exercé les compétences qu'il tient de l'article R. 421-10 du code de l'éducation tant pour la répartition des services d'enseignement que pour l'attribution des heures supplémentaires. En revanche, il ressort tant des échanges de courriels entre Mme B et le proviseur, que du compte-rendu de la réunion du 24 mars 2016 rédigé par la requérante mais dont le contenu n'est pas contesté par l'administration, que le proviseur du lycée Guist'hau a délégué la répartition des heures d'interrogations orales à deux professeurs masculins chargés de l'enseignement de lettres. Ainsi, alors que ceux-ci ne disposent d'aucun pouvoir hiérarchique sur leurs collègues, l'attribution d'heures d'interrogations orales à Mme B était soumise, non à l'avis de l'équipe enseignante, mais à l'accord de ces deux collègues. En refusant d'exercer ses prérogatives dans l'attribution des heures d'interrogations orales, le proviseur de l'établissement a commis une faute de nature à engager la responsabilité de l'Etat à l'égard de la requérante.
Sur les préjudices et la réparation :
12. A raison tant du refus par le proviseur de l'établissement d'exercer ses prérogatives pour attribuer aux enseignants les heures d'interrogations orales qu'à raison des pratiques discriminatoires dans la répartition de ces heures, Mme B a subi un préjudice financier résultant de ce que, depuis son affectation au lycée Guist'hau en 2011 jusqu'à l'arrêt de la cour administrative d'appel de Nantes du 15 décembre 2020, soit durant neuf ans, aucune heure d'interrogation orale ne lui a été attribuée. Il résulte de l'instruction que 270 heures d'interrogation orale en lettres étaient annuellement dispensées. Ainsi, à raison d'une répartition égalitaire entre les cinq enseignants en lettres affectés en classes préparatoires aux grandes écoles au lycée Guist'hau, elle aurait pu prétendre en dispenser 54 annuellement. Dès lors, depuis son affectation au lycée Guist'hau jusqu'en décembre 2020, elle justifie avoir subi un préjudice financier qui peut être évalué 19 000 euros à raison du refus de lui attribuer des heures d'interrogations orales.
13. Les préjudices dont se prévaut Mme B tenant à l'absence d'attribution d'heures supplémentaires, à l'absence de responsabilité en qualité de professeure principale ou à l'absence de rémunération supplémentaire pour classe nombreuse sont, en revanche, sans lien avec les fautes retenues à l'encontre de l'Etat, et ne peuvent donc ouvrir droit à réparation.
14. Mme B soutient en outre qu'à raison d'une rémunération moindre pendant plusieurs années, elle a subi un préjudice d'établissement ainsi qu'une perte dans ses droits à la retraite. Toutefois, elle ne justifie pas des préjudices ainsi allégués.
15. Enfin, il résulte de l'instruction que le traitement discriminatoire subi par Mme B pendant 9 ans est à l'origine d'un préjudice moral. Ainsi, elle justifie notamment avoir, à compter de mai 2016, suivi un traitement pour un syndrome dépressif, puis avoir été placée en congé pour maladie du 14 au 23 mars 2018 pour une situation de souffrance au travail. Au vu de l'ensemble de ces éléments, et de la longue période durant laquelle ces pratiques ont perduré, il sera fait une juste appréciation du préjudice moral subi par Mme B en fixant à 3 000 euros la somme destinée à le réparer.
16. Il résulte de ce qui précède que l'Etat doit être condamné à verser à Mme B, qui n'a pas sollicité l'octroi d'intérêts, la somme de 22 000 euros.
Sur les frais liés au litige :
17. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre, à ce titre, à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à Mme B.
D E C I D E :
Article 1er : L'Etat est condamné à verser à Mme B la somme de 22 000 euros.
Article 2 : L'Etat versera à Mme B la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à la ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse.
Copie sera adressée, pour information, à la rectrice de l'académie de Nantes.
Délibéré après l'audience du 20 février 2024, à laquelle siégeaient :
M. Cantie, président,
Mme Martel, première conseillère,
M. Delohen, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 mars 2024.
La rapporteure,
C. MARTEL
Le président,
C. CANTIÉLa greffière,
C. DUMONTEIL
La République mande et ordonne à la ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
C. DUMONTEIL
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026