mercredi 11 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2102933 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | PRONOST |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 12 mars 2021, M. B A, représenté par Me Pronost, demande au tribunal :
1°) de condamner l'Etat à lui verser une somme équivalente au montant de l'allocation pour demandeur d'asile dont il a été privé à la suite d'une suspension illégale de son versement ;
2°) de condamner l'Etat à lui verser une indemnité de 2 400 euros en indemnisation du préjudice moral qu'il estime avoir subi à raison de la décision illégale de lui suspendre le bénéfice des conditions matérielles d'accueil, majorée des intérêts au taux légal à compter de la demande préalable ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'OFII a commis une faute en lui suspendant, par une décision du 16 septembre 2019, le bénéfice des conditions matérielles d'accueil alors que c'est par erreur qu'il a été déclaré en fuite dès lors qu'il a toujours respecté l'obligation de se présenter au commissariat ;
- il a subi un préjudice financier résultant de la suspension du versement de l'allocation pour demandeur d'asile à compter d'août 2019 jusqu'à son rétablissement en avril 2020 ;
- il a subi un préjudice moral ayant dû quitter, en novembre 2019, l'hébergement mis à sa disposition en qualité de demandeur d'asile, et s'étant retrouvé, en l'absence de ressources, dans une situation de grande précarité.
Par un mémoire en défense, enregistré le 31 mai 2024, l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- les conclusions tendant au versement du montant de l'allocation pour demandeur d'asile pour la période d'août 2019 à novembre 2020 sont devenues sans objet, cette somme ayant été versée rétroactivement ;
- les conclusions tendant au versement d'une indemnité au titre du préjudice moral sont dirigées contre l'Etat, personne morale distincte de l'OFII ;
- l'OFII n'a pas été destinataire d'une demande indemnitaire préalable de nature à lier le contentieux.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 10 septembre 2021.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Martel a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, ressortissant soudanais né en avril 1994, déclare être entré en France le 20 juin 2018. Il a accepté le 31 juillet 2018 l'offre de prise en charge au titre des conditions matérielles d'accueil des demandeurs d'asile. Sa demande d'asile a été enregistrée le 12 avril 2019 et il a fait l'objet d'une procédure de transfert vers un autre État membre de l'espace Schengen ainsi que d'un arrêté d'assignation à résidence. En l'absence de pointage de sa part auprès des autorités de police, l'autorité préfectorale a considéré qu'il était en fuite et, le 9 aout 2019, l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) lui a notifié son intention de suspendre le bénéfice des conditions matérielles d'accueil. M. A a transmis à l'OFII ses observations le 13 aout 2019. Par une décision du 16 septembre 2019, l'OFII a suspendu le bénéfice des conditions matérielles d'accueil. M. A a par ailleurs dû quitter l'hébergement dont il disposait à partir du mois de novembre 2019. Le 7 janvier 2020, le préfet de Maine-et-Loire a levé la déclaration de fuite. M. A a ensuite été convoqué pour procéder à un nouvel enregistrement de sa demande d'asile, et s'est vu délivrer le 5 mars 2020 une attestation de demande d'asile en procédure normale. Le 9 mars 2020, l'intéressé a sollicité de l'OFII le rétablissement des conditions matérielles d'accueil ainsi que le versement rétroactif de l'allocation pour demandeur d'asile. Les versements de cette allocation ont repris à partir du mois d'avril 2020 mais sans le versement rétroactif de l'allocation pour la période de septembre 2019 à mars 2020. M. A a bénéficié d'un nouvel hébergement à partir du 1er avril 2020. Par un courrier en date du 25 juin 2020, M. A a formé auprès du préfet de Maine-et-Loire une réclamation préalable en vue de la réparation des préjudices qu'il estime avoir subis à raison de la décision du 16 septembre 2019 par laquelle la directrice territoriale de l'OFII lui a suspendu le bénéfice des conditions matérielles d'accueil.
Sur les conclusions indemnitaires :
2. En premier lieu, il résulte de l'instruction que, postérieurement à l'introduction de la requête, par un jugement n° 2102797 du 6 mars 2024, le tribunal administratif de Nantes a annulé la décision du 16 septembre 2019 par laquelle la directrice de l'OFII a suspendu le bénéfice des conditions matérielles d'accueil de M. A et enjoint à l'OFII de lui verser l'allocation pour demandeur d'asile à titre rétroactif pour la période allant d'août 2019 à mars 2020. En exécution de ce jugement, l'OFII justifie avoir versé, le 27 mars 2024, la somme de 1 162,80 euros à M. A. Dès lors, ainsi que le fait valoir l'OFII en défense, les conclusions de la requête tendant au versement rétroactif de l'allocation pour demandeur d'asile pour la période d'août 2019 à mars 2020, lesquelles sont au demeurant mal dirigées, ont perdu leur objet.
3. En second lieu, les conclusions de M. A tendant à l'indemnisation de son préjudice moral sont dirigées contre l'Etat, auquel à seul été adressée sa réclamation préalable, et non contre l'OFII, personne morale distincte, auteur de la décision litigieuse. Par suite, ainsi que le fait valoir l'OFII, les conclusions de la requête tendant à l'indemnisation du préjudice moral de M. A sont mal dirigées et ne peuvent dès lors qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
4. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de M. A présentées sur le fondement des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête tendant au versement rétroactif de l'allocation pour demandeur d'asile.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à Me Pronost et à l'Office français de l'immigration de l'intégration.
Délibéré après l'audience du 13 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Martin, président,
Mme Martel, première conseillère,
Mme Kubota, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 décembre 2024.
La rapporteure,
C. MARTEL
Le président,
L. MARTINLa greffière,
S. BARBERA
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026