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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2103821

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2103821

jeudi 19 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2103821
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationMagistrat : M. HANNOYER - R.222-13
Avocat requérantANGIBAUD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 6 avril 2021, M. A B, représenté par Me Angibaud, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite née le 18 décembre 2019 par laquelle la caisse d'allocations familiales (CAF) de la Loire-Atlantique a rejeté sa demande de versement de l'aide personnalisée au logement à compter du 1er juillet 2019 ;

2°) d'enjoindre à la CAF de la Loire-Atlantique de lui accorder rétroactivement le bénéfice de ses droits à compter du 1er juillet 2019 et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

Il soutient qu'il percevait jusqu'au mois de juin 2019 inclus une aide personnalisée au logement d'un montant de 231 euros, et que la réévaluation de ses ressources réalisée par la CAF de la Loire-Atlantique en juillet 2019 a conduit celle-ci à suspendre le versement de cette aide au motif que l'évaluation forfaitaire de ses ressources dépassait le plafond d'octroi de ladite aide fixé à 14 900 euros au titre de l'année 2019 pour une personne seule ; toutefois, la décision de la CAF est mal fondée dès lors qu'il n'a pas perçu de tels revenus en 2019 comme en atteste notamment son avis d'imposition au titre de cette année.

La requête a été communiquée à la caisse d'allocations familiales de la Loire-Atlantique, qui n'a pas produit d'observations en défense, malgré un rappel de conclusions adressé par le tribunal à celle-ci le 3 avril 2023, une réponse favorable du tribunal adressée à celle-ci le 6 avril 2023 suite à sa demande du même jour tendant à l'octroi d'un délai supplémentaire de trente jours pour produire ses observations, ainsi qu'une mise en demeure adressée par le tribunal à celle-ci le 29 décembre 2023.

Vu les pièces du dossier.

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Hannoyer, premier conseiller, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le magistrat désigné a, sur sa proposition, dispensé la rapporteure publique de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Hannoyer, magistrat désigné, a été entendu au cours de l'audience publique.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Par décision du 28 janvier 2021, le bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Nantes a admis M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.

Considérant ce qui suit :

1. M. B a bénéficié de l'aide personnalisée au logement (APL) du mois de juillet 2018 au mois de juin 2019. A la suite de la réévaluation de ses droits, la caisse d'allocations familiales (CAF) de la Loire-Atlantique a mis fin au versement de l'APL à compter du 1er juillet 2019 au motif, évoqué par le requérant et non contesté par la caisse qui n'a pas produit de mémoire en défense, que les ressources du foyer de M. B, évaluées forfaitairement, étaient supérieures au plafond permettant de prétendre au bénéfice de cette aide au titre de l'année 2019. M. B a contesté cette décision devant la commission de recours amiable de la CAF de la Loire-Atlantique qui a rejeté son recours préalable par une décision implicitée née le 18 décembre 2019. M. B demande au tribunal d'annuler cette décision et de lui accorder rétroactivement le bénéfice de ses droits à compter du 1er juillet 2019.

Sur l'acquiescement aux faits :

2. Aux termes de l'article R. 612-6 du code de justice administrative : " Si, malgré une mise en demeure, la partie défenderesse n'a produit aucun mémoire, elle est réputée avoir acquiescé aux faits exposés dans les mémoires du requérant. ".

3. En l'espèce, malgré la mise en demeure adressée le 29 décembre 2023, la caisse d'allocations familiales de Loire-Atlantique n'a produit aucun mémoire avant la clôture de l'instruction. Ainsi, elle est réputée avoir acquiescé aux faits exposés dans la requête. Il appartient toutefois au tribunal de vérifier que ces faits ne sont pas contredits par l'instruction et qu'aucune règle d'ordre public ne s'oppose à ce qu'il soit donné satisfaction au requérant. En outre, l'acquiescement aux faits est en lui-même sans conséquence sur leur qualification juridique au regard des textes sur lesquels l'administration s'est fondée ou dont M. B demanderait l'application.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

4. D'une part, aux termes de l'article R 351-5 du code de la construction et de l'habitation, alors applicable : " I.-Les ressources prises en considération pour le calcul de l'aide personnalisée sont celles perçues par le bénéficiaire, son conjoint et les personnes vivant habituellement au foyer. (). / Sont retenues les ressources perçues pendant l'année civile de référence. L'année civile de référence est l'avant-dernière année précédant la période de paiement prévue à l'article R. 351-4. Ces ressources sont appréciées selon les dispositions qui figurent ci-dessous et après application le cas échéant des dispositions des articles R. 351-6, R. 351-7-1, R. 351-7-2 et R. 351-10 à R. 351-14-1, sauf dans les cas prévus à l'article R. 351-7 où sont retenues les ressources évaluées forfaitairement conformément aux dispositions dudit article. / II.-Les ressources prises en considération s'entendent du total des revenus nets catégoriels retenus pour l'établissement de l'impôt sur le revenu d'après le barème, des revenus taxés à un taux proportionnel ou soumis à un prélèvement libératoire de l'impôt sur le revenu, ainsi que des revenus perçus hors de France ou versés par une organisation internationale ".

5. D'autre part, aux termes de l'article R 351-7 du code de la construction et de l'habitation : " I.-Il est procédé à une évaluation forfaitaire des ressources de la personne et de son conjoint ou concubin lorsque les conditions ci-après sont réunies :1° D'une part, -soit, à l'ouverture du droit, lorsque le total des ressources de la personne et de son conjoint ou concubin perçu au cours de l'année civile de référence et apprécié selon les dispositions de l'article R. 351-5 est au plus égal à 1 015 fois le salaire minimum de croissance horaire en vigueur au 31 décembre de cette année ; -soit, à l'occasion du premier renouvellement du droit, lorsque les ressources lors de l'ouverture du droit ont déjà fait l'objet d'une évaluation forfaitaire ; () 2° D'autre part, le bénéficiaire, son conjoint ou son concubin perçoit une rémunération. () II.-L'évaluation forfaitaire correspond soit à 12 fois la rémunération mensuelle perçue par l'intéressé le mois civil qui précède l'ouverture du droit ou le mois de novembre précédant le renouvellement du droit, affectée des déductions prévues au deuxième alinéa du 3° de l'article 83 et au 5 (a) de l'article 158 du code général des impôts, soit, s'il s'agit d'une personne exerçant une activité professionnelle en qualité d'employeur ou de travailleur indépendant, à 1 500 fois le salaire minimum de croissance horaire en vigueur au 1er juillet qui précède l'ouverture ou le renouvellement du droit. () ".

6. Il résulte de l'instruction que M. B est travailleur indépendant depuis le 1er juillet 2018 et que c'est ainsi à bon droit que la CAF de la Loire-Atlantique a procédé à l'évaluation forfaitaire de ses ressources à l'occasion du renouvellement de ses droits. Le requérant ne conteste pas le montant des ressources forfaitaires pris en compte par la CAF de la Loire-Atlantique au regard de son statut de travailleur indépendant, ni que cette somme est supérieure au plafond de ressources au-delà duquel il peut prétendre au bénéfice de l'aide personnalisée au logement au titre de l'année 2019. En se bornant à soutenir qu'il n'a pas effectivement perçu la somme ainsi forfaitairement retenue par la CAF, alors que les dispositions applicables prévoient pour l'évaluation forfaitaire des revenus perçus par les travailleurs indépendants un montant prédéterminé sans lien avec les revenus effectivement perçus par les intéressés, M. B ne conteste pas sérieusement le bien-fondé de la décision attaquée. Dans ces conditions, M. B n'est pas fondé, par le seul moyen qu'il invoque, à soutenir que c'est à tort que la CAF de la Loire-Atlantique a procédé à une évaluation forfaitaire de ses ressources pour déterminer ses droits à l'APL au titre de l'année 2019.

7. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision implicite du 18 décembre 2019 par laquelle la CAF de la Loire-Atlantique lui a refusé le bénéfice de l'APL à compter du 1er juillet 2019. Par suite, sa requête doit être rejetée en toutes ses conclusions.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à la caisse d'allocations familiales de la Loire-Atlantique et à Me Angibaud.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 septembre 2024.

Le magistrat désigné,

R. HANNOYER

La greffière,

B. GAUTIER La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, chargé du logement en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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