mardi 15 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2103896 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | ROLLAND |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 7 avril 2021 et 10 septembre 2024, M. A B, représenté par Me Rolland, demande au tribunal :
1°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 11 000 euros en réparation du préjudice résultant de l'inexécution des ordonnances du juge d'instruction autorisant sa sortie exceptionnelle sous escorte le 1er octobre 2020 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- l'absence d'exécution des ordonnances du juge d'instruction l'autorisant à sortir sous escorte le 1er octobre 2020 est constitutive d'une illégalité fautive ;
- il a subi un préjudice moral en conséquence de cette illégalité.
Par un mémoire en défense enregistré le 23 août 2024, le garde des sceaux, ministre de la justice conclut au rejet de la requête.
Il soutient que
- le refus de procéder à la sortie sous escorte de M. B était justifié par un motif légitime ;
- le montant du préjudice allégué devra être ramené à de plus justes proportions.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 18 mai 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de procédure pénale ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Delohen,
- et les conclusions de M. Vauterin, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. B a été incarcéré à la maison d'arrêt de Lorient - Ploemeur du 22 janvier au 16 novembre 2020. Son père est décédé le 28 septembre 2020. Il a alors sollicité une autorisation de sortie sous escorte du 28 septembre au 2 octobre 2020 afin d'assister à la veillée funèbre puis aux obsèques. Par des ordonnances des 28 et 29 septembre 2020, le juge d'instruction du tribunal judiciaire de Saint-Nazaire a fait partiellement droit à sa demande, autorisant sa sortie sous escorte pour assister à la mise en bière du corps et aux obsèques, organisées dans l'après-midi du 1er octobre 2020. Toutefois, il a été informé le 30 septembre 2020 par l'administration pénitentiaire de l'impossibilité d'organiser son extraction en raison d'un manque de disponibilité de personnels pour assurer l'escorte. Par un courrier du 30 novembre 2020, l'intéressé a formé une demande indemnitaire préalable, qui a été rejetée par une décision en date du 23 avril 2021 du garde des sceaux, ministre de la justice. M. B demande au tribunal de condamner l'Etat à lui verser la somme de 11 000 euros en réparation du préjudice moral qu'il estime avoir subi à raison de l'inexécution fautive de son autorisation exceptionnelle de sortie.
2. Aux termes de l'article 723-6 du code de procédure pénale : " Tout condamné peut, dans les conditions de l'article 712-5, obtenir, à titre exceptionnel, une autorisation de sortie sous escorte ". Aux termes de l'article D. 292 du même code, dont les dispositions sont aujourd'hui reprises à l'article D. 215-3 du code pénitentiaire : " Toute réquisition ou ordre de transfèrement ou d'extraction régulièrement délivré a un caractère impératif et le chef de l'établissement de détention doit y déférer sans le moindre retard, à moins d'impossibilité matérielle ou de circonstances particulières dont il aurait alors à rendre compte immédiatement à l'autorité requérante () ".
3. Les autorisations de sortie accordées par le juge de l'application des peines sur le fondement des dispositions de l'article 723-6 constituent des mesures exceptionnelles autorisant un détenu à quitter temporairement son lieu de détention, pour une cause et à des conditions déterminées par la juridiction compétente, sous réserve d'un encadrement par une escorte de police, de gendarmerie ou de personnels de l'administration pénitentiaire, dans des conditions de nature à assurer la sécurité des personnels chargés de l'escorte, du détenu, ainsi que la préservation de l'ordre public. Par suite, les nécessités de l'ordre public et les contraintes des services chargés de l'escorte peuvent légitimer un refus d'escorte pour la mise en œuvre d'une autorisation de sortie accordée à titre exceptionnel par le juge de l'application des peines sur le fondement de l'article 723-6 du code pénal. Dans ces conditions, la responsabilité de l'Etat à raison d'un refus des services administratifs compétents d'assurer l'organisation d'une telle escorte ne peut être engagée qu'en cas de faute, lorsque cette décision n'est pas justifiée par un motif légitime.
4. Le refus d'organiser l'extraction de M. B le 1er octobre 2020, dans les conditions déterminées par les ordonnances du juge d'instruction du tribunal judiciaire de Saint-Nazaire des 28 et 29 septembre 2020, est fondé sur l'absence de personnels en nombre suffisant pour assurer l'escorte de l'intéressé. Il résulte de l'instruction que les services de l'autorité de régulation et de programmation des extractions judiciaires (ARPEJ) de la direction interrégionale des services pénitentiaires de Rennes ont signalé, par un courriel du 30 septembre 2020, l'indisponibilité de moyens humains permettant d'assurer l'escorte de M. B. L'autorité judiciaire a ensuite vainement sollicité les services de la gendarmerie nationale, qui ont également fait part d'un manque d'effectifs disponibles, ainsi que le centre pénitentiaire de Lorient-Ploemeur, dont le directeur adjoint a indiqué qu'il ne pouvait pas libérer de personnels en raison de l'organisation de deux extractions médicales prévues le 1er octobre 2020. Le ministre indique en outre que le neveu et le fils de M. B, également incarcérés au moment des faits et bénéficiant chacun d'une autorisation de sortie sous escorte pour assister aux funérailles du père du requérant, faisaient l'objet d'une interdiction d'entrer en contact avec M. B, prononcée par l'autorité judiciaire, ce qui rendait ainsi impossible l'organisation des sorties sous escorte de l'ensemble des intéressés. Le refus d'exécuter les ordonnances précitées du juge d'instruction autorisant la sortie de M. B le 1er octobre 2020 est ainsi justifié par un motif légitime tenant à l'impossibilité matérielle d'assurer son escorte. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir que ce refus serait constitutif d'une illégalité fautive.
5. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à rechercher la responsabilité de l'Etat.
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Rolland et au garde des sceaux, ministre de la justice.
Délibéré après l'audience du 24 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Cantié, président,
M. Barès, premier conseiller,
M. Delohen, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 octobre 2024.
Le rapporteur,
D. DELOHENLe président,
C. CANTIÉ
La greffière,
C. DUMONTEIL
La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
C. DUMONTEIL
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026