jeudi 13 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2104942 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | HARDY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 3 mai 2021, M. A C, représenté par Me Hardy, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux mises à sa charge au titre des années 2014 et 2015 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- c'est à tort que l'administration fiscale a refusé la déduction de son bénéfice d'une partie des charges qu'il a acquittées au titre de son activité de loueur de meublé professionnel en application de l'article 39 du code général des impôts ; ses bénéfices imposables doivent être ramenés à la somme de 1 016 euros pour l'année 2014 et 6 629 euros pour l'année 2015 ;
- les frais et charges engagés par la SCI Bonaparte auraient dû être déduits des revenus de cette société pour la détermination de ses revenus fonciers en application de l'article 31 du code général des impôts.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 août 2021, la directrice régionale des finances publiques des Pays de la Loire et du département de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- le litige est dépourvu d'objet en tant qu'il porte sur les droits et pénalités dégrevés le 11 août 2021 ;
- les autres moyens invoqués par M. C ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Frelaut,
- et les conclusions de M. Huin, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. A C a fait l'objet de contrôles fiscaux à l'issue desquels trois propositions de rectification datées du 21 mars 2017 lui ont été notifiées, la première relative à son activité de loueur en meublé, la deuxième relative à son activité de gérant de la SCI Bonaparte et la troisième à titre personnel. Les cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux correspondantes ont été mises en recouvrement le 30 septembre 2017. M. C a contesté ces impositions par une réclamation du 30 décembre 2020. Cette réclamation n'ayant fait l'objet que d'une décision d'admission partielle datée du 1er mars 2021, M. C demande au tribunal de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvement sociaux mises à sa charge au titre des années 2014 et 2015, pour un montant total de 7 970 euros.
Sur l'étendue du litige :
2. Il résulte de l'instruction que sur le fondement d'éléments produits pour la première fois en cours d'instance par M. C s'agissant des revenus fonciers, par une décision du 11 août 2021, postérieure à l'introduction de la requête, la directrice régionale des finances publiques des Pays de la Loire et du département de la Loire-Atlantique a accordé au requérant un dégrèvement des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles il a été soumis au titre de l'année 2014 à hauteur de 1 251 euros et des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles il a été assujetti au titre de l'année 2015 à hauteur de 2 748 euros. Les conclusions de la requête de M. C sont, dans cette mesure, devenues sans objet et il n'y a pas lieu d'y statuer.
Sur le bien-fondé de l'impôt :
En ce qui concerne la charge de la preuve :
3. Aux termes de l'article L. 193 du livre des procédures fiscales : " Dans tous les cas où une imposition a été établie d'office la charge de la preuve incombe au contribuable qui demande la décharge ou la réduction de l'imposition. ".
4. Il résulte de l'instruction que M. C n'a pas souscrit la déclaration d'ensemble de ses revenus au titre des années 2014 et 2015, et qu'en conséquence son imposition a été établie d'office pour ces mêmes années. Le requérant, qui demande la décharge des cotisations supplémentaires litigieuses, supporte donc la charge de la preuve en application des dispositions précitées de l'article L. 193 du livre des procédures fiscales.
En ce qui concerne l'activité de loueur de meublé professionnel de M. C :
5. D'une part, aux termes de l'article 39 du code général des impôts, applicable aux années en litige : " 1. Le bénéfice net est établi sous déduction de toutes charges, celles-ci comprenant, sous réserve des dispositions du 5, notamment : / 1° Les frais généraux de toute nature, les dépenses de personnel et de main-d'œuvre, le loyer des immeubles dont l'entreprise est locataire. / () 4° Sous réserve des dispositions de l'article 153, les impôts à la charge de l'entreprise, mis en recouvrement au cours de l'exercice ()".
6. Les charges pouvant être admises en déduction du bénéfice imposable, en application des dispositions de l'article 39 du code général des impôts, doivent avoir été exposées dans l'intérêt direct de l'entreprise ou se rattacher à sa gestion normale, correspondre à des charges effectives et être appuyées de justificatifs.
7. D'autre part, aux termes de l'article 154 bis du code général des impôts, dans sa rédaction applicable : " I. - Pour la détermination des bénéfices industriels et commerciaux et des bénéfices des professions non commerciales, sont admises en déduction du bénéfice imposable les cotisations à des régimes obligatoires, de base ou complémentaires, d'allocations familiales, d'assurance vieillesse, y compris les cotisations versées en exercice des facultés de rachat prévues aux articles L. 633-11, L. 634-2-2, L. 642-2-2, L. 643-2 et L. 723-5 du code de la sécurité sociale, invalidité, décès, maladie et maternité. () ".
8. Il résulte de l'instruction que l'administration fiscale a refusé la déduction, pour la détermination du bénéfice net de l'activité de loueur de meublé professionnel de M. B, des impôts, taxes et charges sociales dus au titre des années 2014 et 2015, au motif d'une part que les impôts déduits par le requérant correspondraient à la cotisation foncière des entreprises alors qu'il n'y a pas été assujetti en 2014 et 2015, d'autre part que ce dernier n'était pas à jour de ses obligations concernant les cotisations sociales pour ces mêmes années, et n'a pas justifié des appels effectifs de telles cotisations. M. C ne conteste pas sérieusement ces motifs et ne produit aucun élément de nature à les contredire. Dans ces conditions, c'est à bon droit que l'administration fiscale a refusé la déduction de ces charges pour la détermination du bénéfice net de son activité de loueur de meublé professionnels au titre des années 2014 et 2015.
9. Il résulte également de l'instruction que l'administration fiscale a fixé le montant des charges externes liées à cette activité à la somme de 5 435 euros au lieu de 11 872 euros pour l'année 2014, et de 8 623 euros au lieu de 23 215 euros pour l'année 2015, en prenant en compte les montants figurant sur les pièces justificatives fournies par M. B et en retenant à hauteur de 50 % les dépenses d'électricité dès lors que le bien faisant l'objet de l'activité de location meublée constitue également la résidence principale du requérant. Les pièces produites par M. C ne permettent pas d'établir qu'il aurait supporté des charges supérieures à celles qui ont ainsi été retenues par l'administration fiscale.
10. Compte tenu de l'ensemble de ces éléments, M. C n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que l'administration fiscale a refusé la déduction de l'intégralité des charges qu'il estime avoir acquittée au titre de son activité de loueur de meublé professionnel, ni que ces charges auraient dû être déduites par application des dispositions précitées de l'article 39 du livre des procédures fiscales et ses bénéfices imposables ramenés à la somme de 1 016 euros pour l'année 2014 et 6 629 euros pour l'année 2015.
En ce qui concerne les revenus de la SCI Bonaparte :
11. Il résulte de ce qu'il a été dit au point 2 du présent jugement que le moyen tiré de ce que les frais et charges engagés par la SCI Bonaparte auraient dû être déduits des revenus de la SCI par application de l'article 31 du code général des impôts est sans objet.
Sur les frais liés au litige :
12. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance le versement de la somme que demande le requérant au titre des frais liés au litige.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions aux fins de décharge dans la mesure des dégrèvements d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux dus au titre des années 2014 et 2015, à hauteur respectivement de 1 251 euros et de 2 748 euros, prononcé en cours d'instance.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. C est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au directeur régional des finances publiques des Pays de la Loire et du département de la Loire-Atlantique.
Délibéré après l'audience du 23 janvier 2025, à laquelle siégeaient :
Mme Allio-Rousseau, présidente,
Mme Frelaut, première conseillère,
Mme Benoist, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 février 2025.
La rapporteure,
L. FRELAUT
La présidente,
M.-P. ALLIO-ROUSSEAULa greffière,
C. MICHAULT
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce que requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026