mardi 8 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2105237 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | BOURGEOIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 10 mai 2021, M. A B, agissant en son nom propre et pour le compte de sa fille mineure C B, représenté par Me Bourgeois, demande au tribunal :
1°) de condamner l'Etat à lui verser une somme de 20 808,17 euros en réparation des préjudices matériels et moraux que lui-même et sa fille C B ont subis, en raison de la faute de l'Etat résultant du refus de délivrer à C B un visa de long séjour en qualité d'enfant étranger de ressortissant français, à assortir des intérêts au taux légal à compter du 8 mars 2021 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision de l'autorité consulaire française à Conakry et la décision de la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France du 3 avril 2019, qui a été annulée par un jugement du tribunal administratif de Nantes du 10 octobre 2019, sont illégales, et par suite, de nature à engager la responsabilité de l'Etat ;
- ces fautes ont entraîné des préjudices matériels et un préjudice moral dont il demande, en son nom et celui de C B, réparation.
Par un mémoire en défense enregistré le 14 juin 2021, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les préjudices allégués ne présentent pas un caractère réel, direct et certain.
Par une décision du 7 décembre 2021, M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de Mme Thomas, première conseillère, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B demande au tribunal de condamner l'Etat à lui verser une somme globale de 20 808,17 euros au titre des dommages et intérêts en réparation de divers préjudices résultant de l'illégalité des décisions de refus de visa d'entrée en France opposées par l'autorité consulaire française à Conakry (Guinée) et par la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France, à la demande de visa de long séjour présentée pour sa fille C B, née le 15 août 2003.
Sur les conclusions indemnitaires :
En ce qui concerne la faute de l'Etat :
2. Il ne résulte pas de l'instruction que le refus de visa d'entrée et de long séjour opposé par l'autorité consulaire française à Conakry le 19 octobre 2018 à la demande présentée pour C B, au motif, notamment, que le dossier de demande ne comportait pas la preuve de l'autorité parentale et du droit de garde par son parent français, aurait été infondé, au vu des éléments produits au soutien de la demande à cette date et dès lors que le jugement de délégation au père de l'enfant de l'exercice exclusif de l'autorité parentale et l'autorisation de sortie du territoire guinéen, signée par la mère de C B, ne sont intervenus que postérieurement à cette décision, respectivement les 11 janvier et 19 février 2019.
3. En revanche, il résulte de l'instruction, et notamment du jugement n° 1904365 du tribunal administratif de Nantes du 10 octobre 2019 qui a annulé la décision de rejet opposée le 5 avril 2019 par la commission de recours contre les décisions implicite de refus de délivrance de visas, prise au seul motif de l'absence de preuve de la filiation entre l'enfant et son père de nationalité française ne serait pas établi, que cette décision est entachée d'illégalité, un tel lien de filiation devant être regardé comme établi par possession d'état. Cette illégalité constitue une faute de nature à ouvrir au requérant droit à réparation par l'Etat.
En ce qui concerne la période de responsabilité :
4. La responsabilité de l'Etat à l'égard des requérants court à compter de la date à laquelle la décision illégale de la commission de recours contre les décisions de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a été prise, soit à compter du 5 avril 2019, et ce jusqu'à la date de délivrance du visa sollicité, soit jusqu'au 17 octobre 2019.
En ce qui concerne les préjudices :
5. L'illégalité de la décision de refus de visa a eu pour effet de prolonger pendant une période d'environ un an la séparation de M. B et de sa fille, alors mineure. Eu égard à cette durée, il sera fait une juste appréciation du préjudice moral et des troubles dans les conditions d'existence des intéressés en leur allouant à ce titre la somme globale de 750 euros.
6. En revanche, l'absence de versement à M. B de prestations sociales telles que l'allocation de rentrée scolaire, est sans lien direct avec les fautes commises par l'administration, ces aides ayant pour objet de compenser partiellement les dépenses engagées pour l'entretien et l'éducation des enfants présents sur le territoire national, compte tenu du niveau et du coût de la vie en France.
7. Il résulte de tout ce qui précède qu'il y a lieu de condamner l'Etat à verser à M. A B et à Mme C B la somme totale de 750 euros, cette somme portant intérêts à compter du 8 mars 2021, date de réception de la demande préalable d'indemnisation par l'administration.
Sur les frais liés au litige :
8. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : L'Etat est condamné à verser à M. A B et à Mme C B une somme globale de 750 euros, assortie des intérêts à compter du 8 mars 2021.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Mme C B, au ministre de l'intérieur et à Me Bourgeois.
Délibéré après l'audience du 17 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Douet, présidente,
Mme Thomas, première conseillère,
M. Brémond, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 octobre 2024.
La rapporteure,
S. THOMAS
La présidente,
H. DOUET
La greffière,
L. LÉCUYER
La République mande et ordonne
au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne
ou à tous commissaires de justice à ce
requis en ce qui concerne les voies de droit commun
contre les parties privées, de pourvoir
à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026