jeudi 5 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2105951 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 7ème Chambre |
| Avocat requérant | CABINET EVODROIT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire respectivement enregistrés le 28 mai 2021 et le 5 décembre 2023, M. A B, représenté par Me Auchet, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 29 mars 2021 par laquelle l'Agence nationale de l'habitat a rejeté son recours administratif préalable obligatoire formé à l'encontre de la décision du 2 décembre 2020 par laquelle cette Agence a refusé de lui accorder le bénéfice de la prime de transition énergétique, dite " MaPrimeRénov " à hauteur de 2 500 euros, ainsi que la décision initiale du 2 décembre 2020 ;
2°) d'enjoindre à l'Agence nationale de l'habitat de lui verser la prime de transition énergétique d'un montant de 2 500 euros dans un délai de deux mois à compter du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Agence nationale de l'habitat (Anah) la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée du 29 mars 2021 méconnait les dispositions de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration dès lors qu'elle est dépourvue de la signature de son auteure ;
- elle est entachée d'une erreur de fait dès lors que l'Anah a accusé réception de sa demande dès le 9 septembre 2020, soit avant la réalisation des travaux le 31 octobre 2020 ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors qu'aucune information utile ne lui a été transmise le 9 septembre 2020 et que le dysfonctionnement du site internet de l'Anah ne lui a pas permis de finaliser sa demande plus vite ;
- l'Anah pouvait, à titre exceptionnel, lui délivrer la prime dès lors que les travaux réalisés étaient urgents en ce qu'ils devaient permettre à son foyer de se chauffer à la veille de l'hiver et de la baisse des températures.
Par un mémoire en défense enregistré le 7 juin 2023, l'Agence nationale de l'habitat conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- la facture produite le 31 octobre 2020 est antérieure à l'accusé de réception, du 2 novembre 2020, de la demande de prime formulée par le requérant ; l'accusé de réception du 2 septembre 2020 correspond à la création du compte de M. B et non à l'accusé de réception de sa demande de prime ;
- aucun des moyens soulevés par le requérant n'est fondé.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le décret n° 2020-26 du 14 janvier 2020 ;
- l'arrêté du 14 janvier 2020 relatif à la prime de transition énergétique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Baufumé, rapporteure,
- et les conclusions de Mme Le Lay, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B a sollicité, pour son logement situé à Savigné-l'Evêque (Sarthe), l'attribution d'une prime délivrée sous conditions par l'Agence nationale de l'habitat (Anah) intitulée " MaPrimeRénov' ". Le requérant a fait installer dans ce logement un poêle à granulés. Par courriel du 9 septembre 2020, l'Anah lui a transmis un " accusé réception de sa demande ". Par courriel du 2 novembre 2020, elle l'a ensuite informé de ce que sa demande de prime était finalisée et de ce qu'il pouvait commencer ses travaux. Par une décision du 2 décembre 2020, l'Agence a toutefois rejeté la demande de prime formulée par M. B au motif tiré de ce que les travaux d'installation du poêle à granulés avaient débuté avant le dépôt de son dossier. Le 21 décembre 2020, M. B a formé un recours administratif préalable obligatoire à l'encontre de cette décision. Par décision du 29 mars 2021, l'Anah a rejeté ce recours. M. B demande l'annulation de cette dernière décision ainsi que celle de la décision du 2 décembre 2020.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision du 2 décembre 2020 :
2. Aux termes de l'article L. 412-7 du code des relations entre le public et l'administration : " La décision prise à la suite d'un recours administratif préalable obligatoire se substitue à la décision initiale ". Aux termes de l'article L. 412-5 du même code : " L'administration statue sur le recours administratif préalable obligatoire sur le fondement de la situation de fait et de droit prévalant à la date de sa décision, sauf mention contraire dans une loi ou un règlement ". Aux termes de l'article 9 du décret du 14 janvier 2020 relatif à la prime de transition énergétique dans sa version applicable au litige : " L'introduction d'un recours afférent aux décisions relatives à la prime de transition énergétique est subordonnée à l'exercice préalable d'un recours administratif auprès du directeur général de l'Agence nationale de l'habitat () ".
3. S'il est saisi de conclusions tendant à l'annulation d'une décision qui ne peut donner lieu à un recours devant le juge de l'excès de pouvoir qu'après l'exercice d'un recours administratif préalable, le juge de l'excès de pouvoir doit regarder les conclusions dirigées formellement contre la décision initiale comme tendant à l'annulation de la décision, née de l'exercice du recours, qui s'y est substituée.
4. Il résulte des dispositions citées au point 2 que la décision du 29 mars 2021 de l'Anah rejetant le recours administratif préalable obligatoire formé par M. B s'est substituée à la décision initialement prise par l'Agence le 2 décembre 2020. Dès lors, les conclusions présentées par M. B tendant à l'annulation de la décision du 2 décembre 2020 ne peuvent qu'être rejetées comme irrecevables.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision du 29 mars 2021 :
5. En premier lieu, aux termes de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute décision prise par une administration comporte la signature de son auteur ainsi que la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci ". L'article L. 212-2 du même code dresse la liste des décisions dispensées de la formalité prescrite par l'article L. 212-1. Enfin, aux termes de l'article L. 212-3 du même code : " Les décisions de l'administration peuvent faire l'objet d'une signature électronique. Celle-ci n'est valablement apposée que par l'usage d'un procédé, conforme aux règles du référentiel général de sécurité mentionné au I de l'article 9 de l'ordonnance n° 2005-1516 du 8 décembre 2005 relative aux échanges électroniques entre les usagers et les autorités administratives et entre les autorités administratives, qui permette l'identification du signataire, garantisse le lien de la signature avec la décision à laquelle elle s'attache et assure l'intégrité de cette décision ".
6. Il résulte de ces dispositions combinées que le destinataire d'une décision administrative doit pouvoir constater que son auteur l'a signée. Or il ressort des pièces du dossier que si la décision attaquée du 29 mars 2021 porte mention des prénom, nom et qualité de sa signataire, elle est dépourvue de toute signature. Par ailleurs, il ne ressort pas des pièces du dossier, et l'Anah ne soutient pas, qu'elle serait au nombre des décisions mentionnées à l'article L. 212-3 du code des relations entre le public et l'administration, précité, relatif aux décisions administratives notifiées au public par l'intermédiaire d'un téléservice. Par suite, la décision litigieuse, qui n'est pas au nombre de celles énumérées à l'article L. 212-2 du code des relations entre le public et l'administration, ne satisfait pas aux exigences posées par les dispositions de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration.
7. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que la décision du 29 mars 2021 de l'Anah doit être annulée.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
8. Le présent jugement, eu égard à son motif, implique nécessairement mais uniquement que l'Anah procède au réexamen de la demande de M. B dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement.
Sur les frais liés au litige :
9. Dans les circonstances de l'espèce et en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, il y a lieu de mettre à la charge de l'Anah la somme de 1 200 euros à verser à M. B au titre des frais exposés et non compris dans les dépens
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 29 mars 2021 de l'Agence nationale de l'habitat est annulée.
Article 2 : Il est enjoint à l'Agence nationale de l'habitat de procéder au réexamen de la demande de M. B dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Agence nationale de l'habitat versera la somme de 1 200 (mille deux cents) euros à M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le rejet du surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à l'Agence nationale de l'habitat.
Délibéré après l'audience du 14 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Béria-Guillaumie, présidente,
M. Hannoyer, premier conseiller,
Mme Baufumé, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 décembre 2024.
La rapporteure,
A. BAUFUMÉ
La présidente,
M. BÉRIA-GUILLAUMIE
Le greffier,
P. VOSSELER
La République mande et ordonne à la ministre du logement et de la rénovation urbaine en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis
en ce qui concerne les voies de droit commun
contre les parties privées, de pourvoir
à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026