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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2107113

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2107113

jeudi 12 février 2026

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2107113
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation7ème Chambre
Avocat requérantALEXA

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Nantes a examiné la requête des consorts C... visant à engager la responsabilité du centre hospitalier Côte de Lumière des Sables d’Olonne pour le décès de Mme D... survenu le 31 décembre 2017, après une prise en charge jugée tardive et insuffisante aux urgences. Le tribunal a retenu une faute dans l'organisation et le fonctionnement du service, sur le fondement du I de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique, mais a estimé que cette faute n'avait entraîné qu'une perte de chance de 10 % d'éviter le décès, compte tenu de l'état antérieur grave de la patiente. En conséquence, il a condamné l'hôpital à verser 150 € au titre des souffrances endurées par la victime, 2 000 € à son époux et 500 € à sa fille pour leurs préjudices moraux et d'affection, le tout avec intérêts au taux légal à compter du 29 mars 2021.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 28 juin 2021 et 23 mars 2022, M. B... C..., en son nom personnel et en qualité d’ayant droit de Mme A... D..., épouse C... et Mme F... C... épouse E..., représentés par Me Sarday, demandent au tribunal :

1°) de condamner le centre hospitalier Côte de Lumière des Sables d’Olonne à leur verser la somme totale de 27 000 euros, assortie des intérêts au taux légal à compter de la date de réception de leur demande indemnitaire préalable ;

2°) de mettre à la charge du centre hospitalier Côte de Lumière des Sables d’Olonne la somme de 1 500 euros à verser à chacun des requérants en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :
- la responsabilité du centre hospitalier Côte de Lumière est engagée sur le fondement du I de l’article L. 1142-1 du code de la santé publique à raison du retard avec lequel Mme D... épouse C... a été prise en charge lors de son arrivée aux urgences le soir du 30 décembre 2017 et de l’absence de surveillance de son état de santé ;
- les fautes ainsi commises dans l’organisation et le fonctionnement du service sont à l’origine d’une perte de chance de 60 % pour Mme D... épouse C... d’échapper à son décès survenu le matin du 31 décembre 2017 ;
- ces fautes justifient que l’établissement répare, d’une part, le préjudice moral subi par la victime à hauteur d’un montant de 3 000 euros, d’autre part, le préjudice moral et d’affection supporté par son époux évalué à 15 000 euros et, enfin, le préjudice moral et d’affection subi par la fille de la victime à hauteur de 9 000 euros, ces sommes tenant compte du taux de perte de chance de 60 %.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 16 août 2021 et 10 mai 2022, le centre hospitalier Côte de Lumière des Sables d’Olonne, représenté par la SELARL Alexa, conclut à la diminution à de plus justes proportions des sommes à verser en indemnisation des préjudices subis par les requérants.

Il soutient que :
- le taux de perte de chance que Mme D... épouse C... échappe au décès doit être fixé à 10 % en raison de son état antérieur et des signes de gravité du tableau initial ;
- en conséquence, les sommes à allouer en indemnisation doivent être ramenées aux montants de 150 euros pour les souffrances endurées par la victime, de 2 000 euros pour le préjudice moral subi par son époux et de 500 euros pour le préjudice moral supporté par chacun de leurs enfants.

Par un mémoire, enregistré le 31 août 2021, la caisse primaire d’assurance maladie de la Loire-Atlantique, agissant pour le compte de la caisse primaire d’assurance maladie de la Vendée, conclut ne pas avoir de créance à faire valoir dans la présente instance.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code civil ;
- le code monétaire et financier ;
- le code de la santé publique ;
- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de Mme Gibson-Théry,
- les conclusions de Mme Le Lay, rapporteure publique,
- les observations de Me Sarday, représentant les consorts C..., et de Me N’Guyen, représentant le centre hospitalier Côte de Lumière des Sables d’Olonne.


Considérant ce qui suit :

Le soir du 30 décembre 2017, Mme A... D... épouse C..., née le 18 janvier 1940, prise de malaise à son domicile, a été transportée par les pompiers aux urgences du centre hospitalier Côte de Lumière situé aux Sables d’Olonne (Vendée) où elle a été admise à 20 heures 16. Elle a été examinée par le médecin urgentiste à 21 heures 52, puis a été transférée, dans la nuit, au sein du service des soins intensifs du centre hospitalier départemental de La Roche-sur-Yon, où elle est décédée le matin du 31 décembre 2017. Par un courrier du 10 mars 2018, M. B... C..., époux de la patiente, a demandé au centre hospitalier Côte de Lumière de lui expliquer les raisons du délai anormalement long, selon lui, de prise en charge de son épouse. La société hospitalière d’assurances mutuelles (SHAM), assureur du centre hospitalier Côte de Lumière, a mandaté un expert, qui a rendu son rapport le 9 novembre 2018 après une expertise sur pièces. Par un courrier du 28 février 2019, la SHAM a proposé à M. C... une indemnisation correspondant à 10 % de perte de chance de survenue du décès de sa défunte épouse, soit 2 000 euros pour réparer son propre préjudice d’affection et 525 euros pour réparer celui de chacun de ses deux enfants. Après échanges avec M. C..., la SHAM a respectivement porté ces propositions d’indemnisation, par un courrier du 25 mars 2019, aux montants de 2 500 euros et de 650 euros. M. C... a, parallèlement, sollicité une seconde expertise auprès de son propre assureur, qui a désigné un expert le 3 décembre 2018. Cette seconde expertise a été réalisée sur pièces le 15 juillet 2019. Par un courrier réceptionné par le centre hospitalier Côte de Lumière le 29 mars 2021, les consorts C... ont demandé la réparation du préjudice subi par Mme D... épouse C... ainsi que de leur préjudice moral. Par leur requête, M. B... C..., veuf de Mme D... et sa fille Mme F... E... épouse C..., fille de Mme D..., demandent au tribunal la condamnation du centre hospitalier Côte de Lumière des Sables d’Olonne à indemniser les préjudices de Mme D... épouse C... et à les indemniser des douleurs morales qu’ils estiment avoir supportées, pour un montant total de 27 000 euros.

Sur la responsabilité :

En ce qui concerne les fautes commises :

Aux termes du I de l’article L. 1142-1 du code de la santé publique : « I.- Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d’un défaut d’un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d’actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu’en cas de faute ».

Il résulte de l’instruction, et notamment des deux rapports d’expertise, que Mme D... épouse C... a été admise aux urgences du centre hospitalier Côte de Lumière pour « dorsalgies évoluant depuis 48 heures, malaise à son domicile avec hypotension désaturation », où elle a été installée immédiatement, en « urgence relative » d’après le rapport d’expertise du 9 novembre 2018. Les deux rapports indiquent qu’elle a été examinée par le médecin urgentiste de garde à 21 heures 53, lequel, dans son propre rapport, a précisé que Mme C... souffrait de dorsalgies depuis trois jours avec fièvre et frissons et que son médecin traitant lui avait prescrit, la veille, de l’azithromycine, ainsi que, en début de mois, de l’amoxicilline en raison d’une surinfection d’un lambeau cutané et qu’elle était asthénique et dyspnéique à la parole ou gênée par les douleurs dorsales. A l’occasion d’un prélèvement sanguin effectué entre 22 heures 15 et 22 heures 30, a été constatée une leucopénie « sévère », d’après le rapport du 15 juillet 2019. Mme C... a été, de nouveau, examinée par le médecin urgentiste à 23 heures 30, qui a relevé alors une aggravation de son état clinique avec coma hypercapnique et, à la radiographie pulmonaire, un foyer de base droite sans épanchement pleural. A 0 heure 20, alors qu’elle était comateuse, elle a été intubée par un anesthésiste et une antibiothérapie par rocéphine a été débutée, en raison d’un choc septique et d’une pneumopathie bilatérale. Elle a ensuite été transférée le 31 décembre 2017 entre 2 heures 30 et 4 heures 30 au sein du service de soins intensifs du centre hospitalier départemental de La-Roche-sur-Yon, où elle est décédée à 9 heures 20. Selon le rapport d’expertise du 15 juillet 2019, qui cite le compte-rendu d’hospitalisation en réanimation à l’arrivée de Mme C... au centre hospitalier départemental, elle a dû être réanimée lors du transfert médicalisé avec 2 milligrammes d’adrénaline et cinq minutes de massage cardiaque. Les conclusions d’entrée à l’hôpital font alors état d’une défaillance multiviscérale avec syndrome de détresse respiratoire aiguë sévère, état de choc, insuffisance rénale aiguë secondaire à une pneumopathie infectieuse et multiples arrêts cardiaques, ainsi que d’une hypoxémie sévère persistante, état de choc réfractaire avec hyperlactatémie et acidose métabolique sévère, ayant ainsi entraîné le décès à 9 heures 20 de Mme D... épouse C....

Les requérants soutiennent que le retard de trois heures pour la mise en place de l’assistance ventilatoire à compter de 23 heures 30 et de l’antibiothérapie, et que l’absence de surveillance rapprochée jusqu’à ce même horaire sont constitutifs de fautes dans l’organisation et le fonctionnement du service public hospitalier. S’agissant des conditions de son admission, si le centre hospitalier allègue une prise en charge adaptée jusqu’à 21 heures 53 au regard de l’état clinique de la patiente à son arrivée, dont les constante vitales étaient correctes, comme le relève l’expertise du 9 novembre 2018, il résulte cependant des deux expertises que Mme C... a été admise alors qu’elle présentait une détresse respiratoire manifeste, avec une tachypnée et une saturation en oxygène, qui, d’après le classement en gravité 2 selon la classification FRENCH lors de son arrivée, postulait, selon le rapport du 15 juillet 2019 non contesté sur ce point, un risque d’aggravation dans l’heure et impliquait un examen médical dans les vingt minutes. Or, il est constant que Mme C... n’a été examinée qu’à 21 heures 53 par le médecin urgentiste et qu’aucune nouvelle prise de constantes n’a été tracée pendant plus de trois heures à compter de son admission, alors que le bilan biologique réalisé entre 22 heures 15 et 22 heures 30 faisait état de signes de gravité supplémentaires, qui se sont traduits par une acidémie respiratoire et lactique, une hypoxémie sévère malgré 9 litres d’oxygène, une insuffisance rénale et une leucopénie. Il résulte ainsi de l’instruction que Mme C... aurait dû bénéficier d’un examen plus rapide et d’une surveillance rapprochée. A ce dernier égard, les conclusions expertales sont convergentes sur la carence fautive d’une surveillance rapprochée, en l’absence de traçabilité de surveillance des constantes vitales entre 20 heures 30 et 23 heures 30, alors que la patiente montrait des signes cliniques de détresse respiratoire et des troubles de la conscience ayant aggravé l’atteinte respiratoire. Ces fautes traduisent des manquements dans l’organisation et le fonctionnement du centre hospitalier Côte de Lumière, de nature à engager sa responsabilité.

En ce qui concerne le taux de perte de chance :

Dans le cas où la faute commise lors de la prise en charge ou le traitement d’un patient dans un établissement public hospitalier a compromis ses chances d’obtenir une amélioration de son état de santé ou d’échapper à son aggravation, le préjudice résultant directement de la faute commise par l’établissement et qui doit être intégralement réparé n’est pas le dommage corporel constaté, mais la perte de chance d’éviter que ce dommage soit advenu. La réparation qui incombe à l'hôpital doit alors être évaluée à une fraction du dommage corporel déterminée en fonction de l'ampleur de la chance perdue.

Les requérants soutiennent que les fautes commises par le centre hospitalier Côte de Lumière dans la prise en charge de Mme D... épouse C... ont entraîné une perte de 60 % de chance de survie de l’intéressée, qui n’a pas pu bénéficier rapidement d’une antibiothérapie adaptée ni d’une extension volémique précoce ou d’une évaluation hémodynamique et de drogues vaso-actives. Le centre hospitalier, quant à lui, invoque un taux de perte de chance de 10 % compte tenu de l’état antérieur de Mme C... et d’une insuffisance de surveillance d’une durée d’une heure trente, entre 22 heures et 23 heures 30, et non de trois heures, sachant qu’une prise en charge plus précoce d’une heure n’aurait, selon l’établissement, pas permis d’éviter la survenue rapide du décès.

Il résulte de l’instruction, et notamment des rapports d’expertise, que Mme C... a subi un cancer de la base de la langue déclaré en 2006, une pneumonie bactérienne en 2011, une nécrose post radique de la mandibule avec chirurgie récente au moment de son hospitalisation et qu’elle présentait à son arrivée aux urgences une infection pulmonaire, qui était traitée depuis la veille ou l’avant-veille par de l’azithromycine, une molécule non conforme, selon l’expertise du 15 juillet 2019, aux recommandations en vigueur pour traiter une infection respiratoire basse. En outre, âgée de plus de 65 ans, ayant déjà souffert d’une pneumonie et ayant été hospitalisée dans l’année pour résorber la nécrose, Mme C... aurait bénéficier d’un meilleur taux de chance d’échapper à son décès si elle avait été hospitalisée dès le 29 décembre 2017 afin d’identifier plus précocement les signes de gravité de son état de santé et d’adapter son traitement. Toutefois, il résulte du rapport du 15 juillet 2019 qu’au regard de la détresse respiratoire et du contexte de fébrilité, l’hypotension ayant été nécessairement constatée par les pompiers, il y avait lieu de mettre en place une antibiothérapie dans l’heure suivant le constat de l’hypotension, selon les recommandations internationales, le diagnostic de choc infectieux pouvant, dans ce contexte, être a minima évoqué dès l’admission de l’intéressée aux urgences. En outre, à défaut de surveillance rapprochée, les troubles de la conscience de Mme C... n’ont pas été détectés, et elle a présenté un coma profond à 0 heure 03. Si le premier rapport d’expertise relève que l’état de santé antérieur de Mme C... aurait fait obstacle, en tout état de cause et même si la prise en charge avait été plus précoce, à une évolution favorable de son état de santé, sauf dans 10 % des cas, il résulte toutefois du second rapport d’expertise du 15 juillet 2019 que le cancer de la base de la langue de Mme C... était en rémission complète depuis novembre 2017, Mme C... ne rentrant ainsi pas dans les prévisions de survie à seulement 10 % de ce cancer. En outre, si le rapport d’expertise du 9 novembre 2018 indique un taux de mortalité de 70 % des patients atteints de pneumopathie hypoxémiante sévère avec syndrome de détresse respiratoire aiguë, il résulte toutefois de la littérature scientifique produite par les requérants, plus récente que celle qui est citée par l’expert de la SHAM, que le taux de mortalité de patients atteints de ce syndrome s’élève à 30 à 45 %. A cet égard, le second rapport d’expertise retient un taux de mortalité de 36 % pour les patients tels que Mme C..., non immuno-déprimée, et note que chaque heure de retard de l’instauration d’une antibiothérapie adaptée entraîne une perte de chance de survie de 7,6 %. Cependant, les requérants admettent également, dans leurs écritures, que le patient convenablement pris en charge survit au minimum une semaine à un mois. Dans ces conditions, et alors que Mme C... montrait des signes de dénutrition ainsi que le relève le premier rapport d’expertise, il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, de retenir pour Mme C... un taux de perte de chance de 30 % d’échapper à son décès.

Sur les préjudices :

En ce qui concerne le préjudice de Mme D... épouse C... :

Il résulte de ce qui a été dit au point 4 du présent jugement que Mme D... épouse C... présentait, lors de son admission aux urgences du centre hospitalier, une détresse respiratoire manifeste accompagnée d’une tachypnée et d’une saturation en gaz carbonique, et que son état s’est dégradé, au point qu’elle a été retrouvée, selon le rapport d’expertise du 15 juillet 2019, dans le coma à 0 heure 03, avec une désaturation profonde malgré l’oxygénothérapie et une tachycardie. Il ne résulte ainsi pas de l’instruction qu’elle n’aurait pas été consciente avant d’être retrouvée comateuse, entre 23 heures 30 et minuit, d’après le rapport d’expertise du 9 novembre 2018. Dans ces conditions, Mme D... épouse C... a supporté des souffrances physiques et morales liées au retard fautif de sa prise en charge à l’origine d’un préjudice qui sera justement réparé par l’octroi d’une indemnité de 5 000 euros.

En ce qui concerne les préjudices de M. B... C... :

Il résulte de l’instruction que la victime était mariée à son conjoint depuis plus de 56 ans lorsqu’elle est décédée et que son époux a subi un préjudice moral à la vue des souffrances psychologiques qu’elle a endurées et compte tenu de la soudaineté de son décès, liées aux fautes retenues à l’encontre du centre hospitalier Côte de Lumière. Par suite, il sera fait une juste appréciation du préjudice moral et d’affection subi par M. C... en l’évaluant à la somme globale de 6 000 euros, tenant compte du taux de perte de chance retenu de 30 %.



En ce qui concerne les préjudices de Mme F... C... épouse E... :

Il résulte de l’instruction que la fille de Mme D... épouse C... et de M. C..., seule requérante dans la présente instance ainsi qu’il ressort du courrier de l’avocate des requérants du 30 juin 2021, était majeure à la date de son décès et ne résidait pas au domicile de ses parents. Il sera donc fait une juste appréciation de son préjudice moral et d’affection en lui allouant une somme de 1 500 euros, compte tenu du taux de perte de chance de 30 % précité.

Sur les intérêts et leur capitalisation :

Lorsqu'ils ont été demandés, et quelle que soit la date de cette demande, les intérêts moratoires dus en application de l'article 1153 du code civil courent à compter du jour où la demande de paiement du principal est parvenue au débiteur ou, en l'absence d'une telle demande préalablement à la saisine du juge, à compter du jour de cette saisine.

Les requérants ont droit aux intérêts au taux légal sur l’indemnité totale de 12 500 euros à compter du 29 mars 2021, date à laquelle le centre hospitalier Côte de Lumière a réceptionné leur demande préalable.

Sur les frais liés au litige :

Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge du centre hospitalier Côte de Lumière une somme totale de 2 000 euros au titre des frais exposés par les requérants non compris dans les dépens, en application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.



D E C I D E :




Article 1er : Le centre hospitalier Côte de Lumière versera à M. C... la somme de 11 000 euros et à Mme C... épouse E... la somme de 1 500 euros. Ces sommes porteront intérêts au taux légal à compter du 29 mars 2021.

Article 2 : Le centre hospitalier Côte de Lumière versera à M. C... et Mme C... épouse E... une somme totale de 2 000 euros en application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B... C..., à Mme F... C... épouse E... et au centre hospitalier Côte de Lumière des Sables d’Olonne.






Délibéré après l'audience du 22 janvier 2026, à laquelle siégeaient :

Mme Béria-Guillaumie, présidente,
Mme Gibson-Théry, première conseillère,
Mme Baufumé, première conseillère.


Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 février 2026.



La rapporteure,




S. Gibson-Théry



La présidente,




M. Béria-GuillaumieLe greffier,




P. Vosseler



La République mande et ordonne à la ministre de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.


Pour expédition conforme
Le greffier,






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