vendredi 25 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2107540 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | VALLAIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 7 juillet 2021, M. A B, représenté par Me Vallais, demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article R. 541-1 du code de justice administrative :
- de condamner l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM) à lui verser la somme provisionnelle de 77 086, 99 euros au titre des frais d'assistance par tierce personne pour la période du 1er décembre 2020 au 30 avril 2028 ;
- de mettre à la charge de l'ONIAM le versement de la somme de 1 800 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- par un jugement du 1er octobre 2013 devenu définitif, le tribunal a condamné l'ONIAM à l'indemniser de divers préjudices résultant de l'aléa thérapeutique dont il a été victime ; il a par ailleurs jugé que, dès lors que le montant de l'aide allouée au titre de la compensation du handicap à domicile ne pouvait être connu au-delà de la date du 30 novembre 2015, il lui appartiendrait de saisir à nouveau le tribunal de conclusions indemnitaires tendant au remboursement des frais d'assistance par tierce personne à compter du 1er décembre 2015, accompagnées des justificatifs adéquats ;
- il a déjà obtenu la somme provisionnelle de 35 974, 54 euros en réparation de ses frais d'assistance par tierce personne au cours de la période du 1er décembre 2015 au 30 novembre 2020 par une ordonnance du juge des référés du 19 février 2018 ;
- il a adressé une demande indemnitaire à l'ONIAM qui a rejeté sa demande par un courrier du 7 juillet 2021 ;
- le montant de la prestation de compensation du handicap versé par le département de Maine-et-Loire étant de 508, 67 euros par mois, cela représente un total de 45 169, 89 euros pour la période allant du 1er décembre 2020 au 30 avril 2028 ; cette somme doit être déduite du montant de 122 256, 88 euros euros correspondant à l'assistance par tierce personne pour la même période, ce qui aboutit à une somme de 77 086, 99 euros que l'ONIAM doit être condamné à lui verser.
Par un mémoire en défense enregistré le 28 juillet 2021, l'ONIAM, représenté par Me Fitoussi, conclut à ce que la somme qu'il devra verser à M. B soit seulement de 48 416, 59 euros et au rejet du surplus des conclusions de la requête.
Il soutient qu'il convient de capitaliser la somme restant à la charge du requérant au titre de l'assistance par tierce personne, déduction faite de la prestation de compensation du handicap versée par le département ; entre 2020 et 2028, M. B sera âgé de 59 à 67 ans, ce qui correspond à un taux de capitalisation de 7,184 ; l'application de ce taux aboutit à un total pour la période concernée de 48 416, 59 euros.
Une ordonnance en date du 31 décembre 2021 a fixé, en application de l'article R.613-1 du code de justice administrative, la clôture de l'instruction au 31 janvier 2022.
Vu les pièces de la requête ;
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme C pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, né le 7 mars 1962 et qui exerçait la profession de menuisier, s'est blessé le 10 décembre 2000 à la main droite en réparant son véhicule. Il a été pris en charge par le centre hospitalier de Cholet (Maine-et-Loire). En mars 2001, devant les douleurs persistantes et la raideur des articulations métacarpo-phalangiennes avec déminéralisation loco-régionale à la radiographie, une algodystrophie post-traumatique a été diagnostiquée. Le 4 novembre 2002, une opération de téno-arthrolyse a été réalisée au centre hospitalier de Cholet. En janvier 2003, une nouvelle poussée d'algodystrophie a été constatée. Après plusieurs tentatives de reprise d'activité à mi-temps thérapeutique, M. B a été placé en retraite anticipée le 1er octobre 2008.
2. Par un jugement n° 1101715 du 1er octobre 2013, le tribunal a jugé qu'il résultait de l'instruction que l'opération de téno-arthrolyse du 4 novembre 2002 avait été réalisée dans les règles de l'art et sans faute médicale, mais avait provoqué une aggravation majeure de la pathologie dont souffrait M. B, et que cette aggravation devait être regardée comme une conséquence anormale au regard de l'état de santé antérieur de l'intéressé et de son évolution prévisible, caractérisant un aléa thérapeutique dont les conséquences dommageables devaient être indemnisées au titre de la solidarité nationale par l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM), en application des dispositions de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique. Le Tribunal a condamné l'ONIAM à indemniser M. B de divers préjudices. Il l'a notamment condamné au versement d'une somme de 63 593 euros au titre de l'assistance par tierce personne pendant la période du 1er octobre 2008 au 30 novembre 2015. Pour la période postérieure au 30 novembre 2015, le Tribunal a jugé que, dès lors que le montant de l'aide allouée au titre de la compensation du handicap à domicile ne pouvait être connu au-delà de cette date, il appartiendrait à M. B de saisir à nouveau le tribunal de conclusions indemnitaires tendant au remboursement des frais d'assistance par tierce personne, à compter du 1er décembre 2015, accompagnées des justificatifs adéquats.
3. Par une ordonnance du 19 février 2018, le juge des référés du tribunal administratif de Nantes a condamné l'ONIAM à verser à M. B une somme provisionnelle de 35 974, 54 euros en réparation de ses frais d'assistance par tierce personne au cours de la période du 1er décembre 2015 au 30 novembre 2020.
4. Par la présente requête, M. B demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, de condamner l'ONIAM à lui verser la somme provisionnelle de 77 086, 99 euros au titre de l'assistance par tierce personne pour la période du 1er décembre 2020 au 30 avril 2028. L'ONIAM conclut que la montant de la somme allouée soit de seulement 48 416, 59 euros.
Sur la demande de provision :
5. L'article R. 541-1 du code de justice administrative dispose que : " Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable () ". Il résulte de ces dispositions que, pour regarder une obligation comme non sérieusement contestable, il appartient au juge des référés de s'assurer que les éléments qui lui sont soumis par les parties sont de nature à en établir l'existence avec un degré suffisant de certitude. Dans ce cas, le montant de la provision que peut allouer le juge des référés n'a d'autre limite que celle résultant du caractère non sérieusement contestable de l'obligation dont les parties font état. Dans l'hypothèse où l'évaluation du montant de la provision résultant de cette obligation est incertaine, le juge des référés ne doit allouer de provision, le cas échéant assortie d'une garantie, que pour la fraction de ce montant qui lui parait revêtir un caractère de certitude suffisant.
6. Il résulte de l'instruction que le tribunal dans le cadre de l'instance n° 1101715 a retenu au point 6 de son jugement une évaluation à deux heures et demie par jour les assistances par tierce personne de M. B qui, ayant perdu l'usage complet de son bras droit, ne peut plus effectuer les actes de la vie nécessitant l'intégrité de cette assistance. Le coût annuel de cette assistance s'élève donc, sur la base d'un taux horaire de 13 euros et des 412 jours par an admis par l'ONIAM pour tenir compte des jours de congés payés, à un montant de 13 390 euros. Le montant de la prestation de compensation du handicap versée par le département à M. B s'élève à la somme mensuelle non contestée de 508, 67 euros. De la somme de 13 390 euros définie telle que précédemment doit donc être déduite la somme de 6 104, 04 euros correspondant au montant annuel de la prestation de compensation du handicap versée par le département de Maine-et-Loire, ce qui aboutit à un montant de 7 285, 96 euros annuel. Ce montant doit faire l'objet d'une capitalisation. L'âge de M. B allant entre 2020 et 2028 de 58 à 66 ans, le taux de capitalisation à appliquer est de 7,646. L'application de ce taux pour la période concernant allant du 1er décembre 2020 au 30 avril 2028 aboutit à la somme de 51 530, 32 euros.
7. Cette créance n'étant pas sérieusement contestable, il y a lieu de condamner l'ONIAM au paiement de la somme de 51 530, 32 euros.
Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, par application de ces dispositions, de mettre à la charge de l'ONIAM le versement de la somme de 1 000 euros à M. B au titre des frais exposés par lui dans la présente instance et non compris dans les dépens.
O R D O N N E
Article 1er : L'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM) versera à M. B la somme provisionnelle de 51 530, 32 euros (cinquante-et-un mille cinq cents trente euros et trente-deux centimes) en réparation de ses frais d'assistance par tierce personne au cours de la période du 1er décembre 2020 au 30 avril 2028.
Article 2 : L'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM) versera à M. B la somme de 1 000 (mille) euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et à l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM).
Fait à Nantes, le 25 novembre 2022.
Le juge des référés,
M. C
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026