mercredi 19 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2107603 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Magistrat : M. CATROUX - R. 222-13 |
| Avocat requérant | SCP ARTAUD BELFIORE CASTILLON GREBILLE-ROMAND |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 8 juillet 2021, M. A C B, représenté par Me Grebille-Romand, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 6 juin 2021 par laquelle le ministre de l'intérieur et des outre-mer a rejeté implicitement son recours gracieux contre la décision invalidant son permis de conduire ;
2°) d'annuler les décisions de retrait de points prises par le ministre de l'intérieur et des outre-mer au titre des infractions des 28 novembre 2012 à 14h04 et 14h09, 8 juin 2016, 12 février 2016, 18 février 2020 et 16 juin 2020 ;
3°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur et des outre-mer de reconstituer le capital de points dans un délai de huit jours à compter de la notification de la décision à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision du 6 juin 2021 et la décision invalidant son permis de conduire méconnaissent l'article R. 223-8, alinéa 3 du code de la route, dès lors qu'il a effectué un stage de sensibilisation à la sécurité routière le 10 et 11 mars 2021 et que 4 points devaient être ajoutés au capital de points attaché à son permis de conduire ;
- l'administration n'apporte pas la preuve de la délivrance, pour l'ensemble des infractions entraînant des retraits de points sur son permis, de l'information préalable prévue par les dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route.
Par un mémoire en défense enregistré le 1er septembre 2022, le ministre de l'intérieur et des outre-mer et des outre-mer conclut au non-lieu à statuer s'agissant des conclusions à fin d'annulation de la décision du 6 juin 2021 par laquelle le ministre de l'intérieur et des outre-mer a rejeté implicitement son recours gracieux contre la décision invalidant son permis de conduire ainsi qu'au rejet du surplus des conclusions de la requête.
Il fait valoir que :
- les conclusions dirigées contre une décision 48SI et contre une décision implicite de rejet d'un recours gracieux tendant à l'annulation d'une telle décision et à la prise en compte d'un stage de sensibilisation, sont sans objet, dès lors qu'aucune décision invalidant son permis de conduire n'a été prise et que le requérant a bénéficié le 12 mars 2021 d'un ajout de 4 points consécutivement au stage effectué les 10 et 11 mars 2021, qui lui a été attribué le 16 mars 2021 ;
- les moyens soulevés par M. C B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la route ;
- le code de procédure pénale ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Catroux, premier conseiller, pour statuer sur les litiges visés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de M. Catroux a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. C B s'est vu infliger des retraits de points de son permis de conduire à la suite notamment des infractions au code de la route commises les 28 novembre 2012 à 14h04 et 14h09, 8 juin 2016, 12 février 2016, 18 février 2020 et 16 juin 2020, seules ces infractions entraînant encore des retraits de points. Il a formé un recours gracieux, reçu le 6 avril 2021, par le ministre de l'intérieur et des outre-mer, contre l'invalidation de son permis de conduire et a sollicité que le capital de points le concernant soit crédité de 4 points à la suite du stage de sensibilisation à la sécurité routière effectué les 10 et 11 mars 2021. Par une décision implicite du 6 juin 2021, le ministre a rejeté ce recours. M. C B doit être regardé comme demandant au tribunal l'annulation de la décision d'invalidation de son permis de conduire et de la décision rejet de son recours gracieux ainsi que l'annulation des décisions de retrait de points correspondant aux infractions ci-dessus mentionnées.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne les conclusions à fin d'annulation des décisions d'invalidation du permis de conduire et de rejet du recours gracieux :
2. Il résulte de l'instruction, ainsi que le fait valoir le ministre, compte tenu des mentions probantes du relevé d'information intégral de l'intéressé qu'à la date d'introduction de la requête aucune décision référencée 48SI d'invalidation de son permis n'avait été prise à son encontre, et que le requérant avait bénéficié le 12 mars 2021 d'un ajout de 4 points consécutivement au stage effectué les 10 et 11 mars 2021. Les conclusions à fin d'annulation de la prétendue décision d'invalidation du permis de conduire et de la décision de rejet du recours gracieux étaient dès lors sans objet, ainsi que le fait valoir le ministre. La fin de non-recevoir qui doit être regardée comme invoquée par ce dernier ne peut, dès lors, qu'être accueillie et les conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées.
En ce qui concerne les conclusions à fin d'annulation des décisions de retrait de points :
S'agissant du moyen tiré du défaut d'information préalable :
3. La délivrance au titulaire du permis de conduire à l'encontre duquel est relevée une infraction donnant lieu à retrait de points de l'information prévue aux articles L. 223-3 et R. 223- 3 du code de la route constitue une garantie essentielle donnée à l'auteur de l'infraction pour lui permettre, avant d'en reconnaître la réalité par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'exécution d'une composition pénale, d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis et éventuellement d'en contester la réalité devant le juge pénal. Son accomplissement conditionne dès lors la régularité de la procédure au terme de laquelle le retrait de points est décidé. Cette information doit porter, d'une part, sur l'existence d'un traitement automatisé des points et la possibilité d'exercer le droit d'accès et, d'autre part, sur le fait que le paiement de l'amende établit la réalité de l'infraction dont la qualification est précisée et entraîne un retrait de points correspondant à cette infraction. Ni l'article L. 223-3, ni l'article R. 223-3 du code de la route n'exigent que le conducteur soit informé du nombre exact de points susceptibles de lui être retirés, dès lors que la qualification de l'infraction qui lui est reprochée est dûment portée à sa connaissance.
S'agissant des infractions des 28 novembre 2012 à 14h04 et 14h09 :
4. Si le ministre fait valoir que pour les infractions des 28 novembre 2012 à 14h04 et 14h09, l'intéressé a formé des requêtes en exonération ce qui serait de nature à démontrer qu'il a reçu les avis de contravention correspondants qui avaient fait l'objet de procès-verbaux électronique, il ne l'établit pas par les pièces qu'il produit. Toutefois, il produit l'annexe du procès-verbal relatif à l'infraction du 28 novembre 2012 à 14h09 dont il résulte que l'intéressé avait transmis, en réponse à l'avis de contravention, un courrier libre à l'officier du ministère public. Cette réponse montre que l'intéressé a effectivement reçu l'avis d'amende forfaitaire majorée comportant l'ensemble des informations prévues par les articles L. 223-3 et R.223-3 du code de la route. Le moyen tiré du défaut de délivrance de ces informations à l'occasion de l'infraction du 28 novembre 2012 à 14h09 doit, dès lors, être écarté, ainsi que, dans les circonstances de l'espèce, le même moyen s'agissant de l'infraction du même jour à 14h04, dès lors que le requérant n'a pas été privé de la garantie tenant à cette délivrance, compte tenu de la proximité dans le temps de ces deux infractions.
S'agissant de l'infraction du 8 juin 2016 :
5. Le ministre produit l'avis de réception postal indiquant que le pli contenant l'amende forfaitaire majorée a été avisé le 5 octobre 2016 et non réclamé à une adresse, dont il n'est ni établi, ni même allégué, qu'elle ne correspondrait pas à celle du requérant. Or, il n'est pas établi que le pli en cause ne contenait pas l'avis d'amende forfaitaire majorée et donc l'ensemble des informations prévues par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Le ministre doit, dès lors, être regardé comme établissant par la production de cet avis de réception postal qu'il a bien délivré ces informations à l'intéressé et que ce dernier n'a donc pas été privé, dans les circonstances de l'espèce, de la garantie correspondante.
S'agissant des infractions des 12 février 2016, 18 février 2020 et 16 juin 2020 :
6. L'ensemble de ces infractions, constatées par radars automatiques, a donné lieu à l'émission d'amendes forfaitaires majorées.
7. Si le ministre fait valoir que pour chacune de ces infractions, un avis de contravention, puis un avis d'amende forfaitaire majorée comportant l'ensemble des informations prévues par les articles L. 223-3 et R.223-3 du code de la route ont nécessairement été reçus par le titulaire du certificat d'immatriculation et que l'intéressé doit donc s'être vu délivrer les informations en cause. Toutefois, ce seul élément ne permet pas de démontrer cette délivrance. Dès lors, le ministre n'apporte pas la preuve, qui lui incombe, de la délivrance, pour les infractions ci-dessus mentionnées, de l'information préalable prévues aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Par suite, et alors même que cette information aurait été délivrée au requérant à l'occasion des infractions des 10 mars 2006, 23 janvier 2007, 3 novembre 2010, 7 mai 2011 et 8 juillet 2011, M. C B est fondé à soutenir que les décisions de retrait de points de son permis à la suite de ces infractions sont intervenues à l'issue de procédures irrégulières, et, qu'elles sont entachées d'illégalité, dès lors que ces vices de procédure l'ont privé, dans les circonstances de l'espèce, d'une garantie.
8. Il résulte de ce qui précède que les seules décisions de retrait de points du permis de conduire de M. C B à la suite des infractions des 12 février 2016, 18 février 2020 et 16 juin 2020 doivent être annulées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
9. L'exécution du présent jugement implique nécessairement qu'il soit enjoint au ministre de l'intérieur et des outre-mer de rétablir le bénéfice des points retirés à la suite des infractions des 12 février 2016, 18 février 2020 et 16 juin 2020 en en tirant toutes les conséquences à la date de sa nouvelle décision sur le droit à conduire de l'intéressé. Il y a lieu, par suite, de lui enjoindre de procéder à ce rétablissement dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
10. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 600 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Les décisions de retrait de points attachés au permis de conduire de M. C B à la suite des infractions des 12 février 2016, 18 février 2020 et 16 juin 2020 sont annulées.
Article 2 : Il est enjoint au ministre de l'intérieur et des outre-mer de rétablir le capital de points du permis de conduire de M. C B, en tenant compte de l'annulation des décisions de retrait de points prononcées à l'article 1er du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à M. C B la somme de 600 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A C B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 juin 2024.
Le magistrat désigné,
X. CATROUX
La greffière,
V. MALINGRELa République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
V. MALINGRE
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026