mercredi 21 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2107825 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL LEXCAP RENNES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 7 juillet 2021, le 14 février 2022, les
9 janvier, 4 octobre et 28 novembre 2023, M. A B et Mme C B, représentés par Me Sylvie Potier Kerloc'h, doivent être regardés comme demandant au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) d'annuler la facture d'un montant de 253,67 euros émise le 16 octobre 2020 par la commune de La Flèche ainsi que la décision de la mairesse de cette commune du 30 juin 2021 rejetant leur recours gracieux ;
2°) de condamner la commune de La Flèche à leur verser la somme de 5 000 euros à titre de dommages et intérêts en compensation des préjudices moraux et financiers subis ;
3°) de rejeter les conclusions formulées par la commune de La Flèche ;
4°) de rembourser les frais d'instance, composés notamment d'envois par lettres recommandées avec demandes d'avis de réception.
M. et Mme B soutiennent que :
- leur requête est recevable dès lors que :
° elle n'est pas tardive ;
° M. B dispose bien d'un intérêt à agir ;
° ils ont bien présenté des moyens au soutien de leurs conclusions ;
- en l'absence de l'intégralité des cours dispensés par l'école de musique lors du premier trimestre de l'année scolaire 2020/2021, la somme réclamée n'est pas due, la facturation devant être faite prorata temporis ;
- ils ont bien formé une réclamation indemnitaire préalable.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 5 novembre 2021, le 21 juillet 2022 et le 11 octobre 2023, la commune de La Flèche, agissant par sa mairesse et représentée par
Me Vincent Lahalle, conclut au rejet de la requête et demande que la somme de 1 500 euros soit in solidum mise à la charge de Monsieur et Madame B, au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable dès lors que :
° elle est tardive ;
° elle est dépourvue de tout moyen et de conclusions expresses ;
° M. B ne dispose pas d'un intérêt à agir ;
- la demande de dommages et intérêt n'a pas été précédée d'une demande préalable et relève d'une cause et d'un fondement juridique distincts de l'action initialement engagée ;
- le moyen soulevé n'est pas fondé.
La requête a été transmise le 9 novembre 2021 au directeur départemental des finances publiques de la Sarthe, qui n'a pas émis d'observations.
Par une ordonnance du 29 novembre 2023, la clôture de l'instruction, initialement fixée au 26 octobre 2023, a été reportée au 14 décembre 2023.
Par décision du 2 décembre 2021, le bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Nantes a admis les époux B au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 1er février 2024 :
- le rapport de M. Jégard,
- les conclusions de M. Simon, rapporteur public,
- et les observations de Me Vautier substituant Me Lahalle, représentant la commune de La Flèche.
Considérant ce qui suit :
1. Le 29 mai 2020, Mme C B, s'est réinscrite à l'école municipale de musique de La Flèche (Sarthe) en cours de formation musicale pour adultes et d'accordéon. Elle a reçu le 16 octobre 2020 une facture d'un montant de 253,67 euros. Cette facture n'a pas été réglée et, par un courrier du 28 décembre 2020, le comptable public lui a adressé une lettre de relance. Par un courriel du 18 janvier 2021, M. B a informé la mairie de la désinscription de son épouse de manière rétroactive, depuis le 1er novembre 2020, en raison de l'absence d'enseignement due au contexte sanitaire. Le directeur de l'école de musique a répondu à ce courriel et, par un nouveau courriel du 19 janvier 2021, M. B a contesté la facturation. La facture n'a toujours pas été réglée et par des courriels des 3 et 5 mai 2021, M. et Mme B ont de nouveau contesté la facturation. Par courrier du 25 mai 2021, la mairesse de la commune a rejeté leur demande et a confirmé sa position par un nouveau courrier du 30 juin 2021. Par leur requête, les époux B doivent être regardés comme demandant au tribunal d'annuler la facture du 16 octobre 2020 ainsi que les rejets de leur recours gracieux des 25 mai et 30 juin 2021.
Sur le bienfondé de la contestation :
2. D'une part, par une délibération du 9 juillet 2012, le conseil municipal de La Flèche a adopté le règlement intérieur de l'école municipale de musique. Il résulte de cette délibération qu'il s'agit d'un service public géré en régie. Le titre II de ce règlement intérieur dispose que : " Les inscriptions valent acceptation du règlement intérieur. L'inscription est subordonnée à l'acquittement des droits annuels d'inscription ". L'article 45 du règlement intérieur prévoit des paiements trimestriels - en novembre, en mars et mai - de cette redevance annuelle et énonce par ailleurs que " () L'inscription à l'école de musique et son engagement sont annuels ainsi nul ne pourra prétendre à un remboursement en cas d'abandon, excepté pour un motif non imputable à l'élève. () ". Il ne résulte pas de ces dispositions que la facturation soit effectuée prorata temporis.
3. D'autre part, en raison du deuxième confinement de la population ayant eu lieu à partir de l'automne 2020 en raison de la pandémie de COVID-19, rendant impossible la tenue de cours de musique sur le site de l'école de musique au cours des mois de novembre et décembre, le conseil municipal de La Flèche a, par une délibération du 12 avril 2021, énoncé une remise gracieuse correspondant à la gratuité des cours adultes pour le deuxième trimestre de l'année scolaire 2020/2021. La commune soutient par ailleurs sans être contestée que cette remise gracieuse a été renouvelée pour le troisième trimestre de l'année scolaire 2020/2021.
4. Il résulte de l'instruction que les cours de musique ont pu être délivrés en présentiel du 14 septembre au 17 octobre 2020 puis du 19 mai au 3 juillet 2021. Il s'agit de douze semaines de cours en présentiel. La commune a mis en place un système de vidéoconférence pour permettre les cours pendant la période s'écoulant de novembre 2020 au 18 mai 2021. M. et Mme B soutiennent que le suivi des cours par le système de vidéoconférence n'a pas été possible. Cette circonstance est contestée par la commune qui démontre avoir acquis du matériel informatique au cours du mois de novembre 2020. Il résulte de l'instruction que du matériel informatique a effectivement été acquis par la commune d'une part le 5 novembre 2020 et d'autre part à la fin du mois de novembre, confirmant sur ce point l'absence d'adaptation du matériel initialement à disposition. Il n'en demeure pas moins que la commune a tenté de trouver un système permettant la continuité du service public malgré les circonstances exceptionnelles et qui ont justifié que, par dérogation à l'article 11 du règlement intérieur, les cours ne soient pas donnés dans l'enceinte de l'école de musique. Ces éléments semblent avoir été déterminants dans le choix de Mme B de se désinscrire de l'école de musique en janvier 2021. Pour autant, ainsi que le prévoit le règlement intérieur, auquel elle a adhéré par son inscription, la redevance annuelle était due, redevance qui d'ailleurs, ainsi que cela a été dit au point 3, a fait l'objet de remises gracieuses.
5. Il résulte de ce qui précède que les époux B ne sont pas fondés à contester la facture émise le 16 octobre 2020, ni donc les décisions de rejet de leur recours gracieux.
Sur les conclusions indemnitaires :
6. En l'absence de faute et, par ailleurs de préjudice, les conclusions indemnitaires doivent être rejetées.
7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. et Mme B doit être rejetée, en toutes ses conclusions, sans qu'il soit besoin d'examiner les fins de non-recevoir opposées en défense.
Sur les conclusions de la commune tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
8. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge des époux B, qui sont bénéficiaires de l'aide juridictionnelle, la somme demandée par la commune de La Flèche au titre des frais de justice.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de La Flèche tendant à l'application de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et Mme C B, à
Me Sylvie Potier Kerloc'h et à la commune de La Flèche.
Délibéré après l'audience du 1er février 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Rimeu, présidente,
M. Jégard, premier conseiller,
Mme El Mouats St Dizier, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 février 2024.
Le rapporteur,
X. JÉGARDLa présidente,
S. RIMEU
La greffière,
A. GOUDOU
La République mande et ordonne au préfet de la Sarthe en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026