mardi 3 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2107996 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 11ème chambre |
| Avocat requérant | POULARD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 16 juillet 2021 et le 8 février 2022, M. A B, représenté par Me Poulard, demande au Tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision implicite née le 6 juin 2021 par laquelle la commission de recours amiable de la caisse de la mutualité sociale agricole (MSA) de Loire-Atlantique-Vendée a rejeté son recours contre la décision de cette même caisse lui refusant d'une part, de pouvoir de nouveau bénéficier des droits à l'allocation de logement sociale et à la prime d'activité et d'autre part, de réviser le montant de ces prestations déjà versées sur la période de mars 2017 à janvier 2021 ;
2°) d'annuler les décisions du 26 août 2021 par lesquelles la commission de recours amiable de la caisse de la MSA de Loire-Atlantique-Vendée a rejeté explicitement son recours ;
3°) d'enjoindre à la MSA de Loire-Atlantique-Vendée de réexaminer sa demande dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de l'État le versement à son conseil de la somme de 1 800 euros sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- les décisions attaquées sont insuffisamment motivées ;
S'agissant de l'aide au logement sociale :
- la décision attaquée du 26 août 2021 relative à l'aide au logement sociale est entachée d'une erreur de fait dès lors que les modalités de calcul de ses droits sont erronées au regard du montant de son loyer et des caractéristiques de son logement ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors que le montant de ses prestations varie tous les mois sans changement de sa situation personnelle ;
S'agissant de la prime d'activité :
- la décision attaquée du 26 août 2021 relative à la prime d'activité est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors que le montant de ses prestations varie tous les mois et que sa situation personnelle n'a pas été prise en compte.
Par un mémoire en défense enregistré le 15 septembre 2021, le directeur général de la caisse de la mutualité sociale agricole de Loire-Atlantique-Vendée conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du
17 janvier 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Roncière,
- et les observations de Mme Massiou, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, bénéficiaire de l'allocation de logement sociale depuis juin 2017 et de la prime d'activité sur la période de décembre 2017 à mars 2021, a, par un courrier du 6 avril 2021, saisi la commission de recours amiable de la caisse de la mutualité sociale agricole (MSA) de Loire-Atlantique-Vendée afin d'une part, de pouvoir de nouveau bénéficier, à compter de février 2021, de l'allocation de logement sociale et de la prime d'activité qu'elle lui versait, et d'autre part, d'obtenir la révision des montants des prestations versées sur la période de mars 2017 à janvier 2021. Par une décision implicite née le 6 juin 2021 puis par des décisions expresses du 26 août 2021, la commission de recours amiable de la MSA de Loire-Atlantique-Vendée a rejeté les demandes de M. B. Ce dernier demande au tribunal d'annuler la décision implicite et les décisions du 26 août 2021 de la commission de recours amiable et de déterminer ses droits en matière d'allocation au logement sociale et de prime d'activité.
Sur l'objet du litige :
2. Si le silence gardé par l'administration sur un recours gracieux ou hiérarchique fait naître une décision implicite de rejet qui peut être déférée au juge de l'excès de pouvoir, une décision explicite de rejet intervenue postérieurement, qu'elle fasse suite ou non à une demande de communication des motifs de la décision implicite présentée en application des dispositions de l'article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration, se substitue à la première décision. Il en résulte que des conclusions à fin d'annulation de cette première décision doivent être regardées comme dirigées contre la seconde.
3. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la requête de M. B tendant à l'annulation de la décision implicite née le 6 juin 2021 par laquelle la commission de recours amiable de la caisse de la MSA de Loire-Atlantique-Vendée a rejeté son recours contre la décision de la MSA de Loire-Atlantique-Vendée lui refusant le bénéfice de ses droits à perception de l'allocation de logement sociale et de la prime d'activité et d'autre part, la révision du montant des prestations déjà versées sur la période de mars 2017 à janvier 2021, doivent être regardées comme dirigées contre les décisions du 26 août 2021 par lesquelles la commission de recours a expressément rejeté ce recours.
Sur les conclusions à fin d'annulation des décisions du 26 août 2021 de la commission de recours amiable de la caisse de la mutualité sociale agricole de Loire-Atlantique-Vendée :
Sur le moyen commun aux décisions du 26 août 2021 :
4. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision par laquelle l'administration, sans remettre en cause des versements déjà effectués, détermine les droits d'une personne à des prestations sociales, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention dans la reconnaissance du droit à ces prestations d'aide sociale qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres des décisions attaquées, mais d'examiner les droits de l'intéressé sur lesquels l'administration s'est prononcée, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation des décisions attaquées est inopérant.
Sur la décision du 26 août 2021 concernant les droits à l'allocation de logement sociale :
5. Aux termes de l'article L. 821-1 du code de la construction et de l'habitation : " Les aides personnelles au logement ainsi que les primes accordées aux bénéficiaires de ces aides afin qu'ils déménagent pour s'assurer des conditions de logement plus adaptées sont régies par le présent livre. / Les aides personnelles au logement comprennent : / () / 2° Les allocations de logement : / () / b) L'allocation de logement sociale ". Aux termes de l'article L. 823-1 du même code : " Le montant des aides personnelles au logement est calculé en fonction d'un barème défini par voie réglementaire. / Ce barème est établi en prenant en considération : / 1° La situation de famille du demandeur et le nombre de personnes à charge vivant habituellement au foyer ; / 2° Ses ressources et la valeur en capital de son patrimoine () ; / 4° La qualité du demandeur : locataire, colocataire ou sous-locataire d'un logement meublé ou non, accédant à la propriété ou résident en logement-foyer. / () ". Enfin, aux termes de l'article D. 823-16 du code de la construction et de l'habitation : " Pour les ménages mentionnés au 1° de l'article D. 823-9, le montant mensuel de l'aide est calculé selon la formule suivante : " Af = L + C-Pp " où : 1° " Af " est l'aide mensuelle résultant de la formule de calcul ; 2° " L " est le loyer éligible, correspondant au loyer principal pris en compte dans la limite d'un plafond fixé par arrêté en fonction de la zone géographique et, sauf dans le cas où le logement occupé est une chambre, de la composition familiale ; 3° " C " est le montant forfaitaire au titre des charges, fixé par arrêté en fonction de la composition familiale ; 4° " Pp " est la participation personnelle du ménage calculée selon les dispositions de l'article D. 823-17. Le montant ainsi calculé est diminué lorsque le loyer principal dépasse un plafond de dégressivité. Il décroît proportionnellement au dépassement de ce plafond, de telle sorte qu'il soit nul lorsqu'il atteint un plafond de suppression. Le montant de ces plafonds est obtenu par l'application de coefficients multiplicateurs, fixés par arrêté en fonction de la zone géographique, au montant du plafond de loyer mentionné au 2°. Le plafond de dégressivité ne peut être inférieur à ce plafond de loyer multiplié par 2,5. Toutefois, cette diminution ne s'applique pas lorsque le demandeur ou son conjoint est bénéficiaire de l'allocation aux adultes handicapés prévue à l'article L. 821-1 du code de la sécurité sociale ou de l'allocation d'éducation de l'enfant handicapé prévue à l'article L. 541-1 du même code. Le résultat ainsi obtenu est minoré d'un montant fixé forfaitairement par arrêté. Le montant qui en résulte est diminué d'un montant représentatif des contributions sociales qui s'y appliquent, arrondi à l'euro inférieur, puis majoré de ce montant représentatif. Pour les locataires qui bénéficient de la réduction de loyer de solidarité en application de l'article L. 442-2-1, ce résultat est réduit d'un montant égal à 98 % de la réduction de loyer de solidarité. Lorsque ce dernier résultat, calculé selon les dispositions précédentes, est inférieur à un montant fixé par arrêté, selon celle des trois aides dont le ménage bénéficie, il n'est pas procédé à son versement. "
6. M. B soutient que le montant de ses droits à l'allocation logement sociale a été calculé de manière erronée par la MSA, depuis 2017, qui a considéré à tort que son logement était meublé, et n'a pas été pris en compte le montant de son loyer dans ce calcul. Toutefois, il résulte de l'instruction, ainsi que la MSA l'oppose sans être contredite, que les caractéristiques de son logement, comme le mentionnent notamment les relevés de ses prestations indiquant que le logement louait est un " local nu ", ainsi que le montant de son loyer, ont été valablement pris en compte dans le calcul de ses droits dans la limite du plafond applicable pour une personne isolée sans personne à charge vivant en zone 3. En outre, si M. B soutient que les montants de l'ALS qu'il a perçue ont varié au fil du temps, sans que ces variations puissent s'expliquer par un changement dans sa situation personnelle, ces différences de montants résultent, comme le relève la MSA, de l'évolution de ses revenus. Par ailleurs, la circonstance que ses collègues placés dans des situations différentes au regard du montant de leurs revenus et la composition de leurs foyers auraient perçu un montant d'ALS stable demeure sans incidence sur la régularité du calcul de la prestation allouée à l'intéressé.
7. Par ailleurs, si M. B demande que le versement à son profit de l'ALS, qui aurait cessé à compter de février 2021, soit rétabli, il résulte au contraire de l'instruction, et n'est au demeurant pas contesté par le requérant, que ces versements ont perduré au-delà de cette date, la MSA faisant état du versement de 193 euros en février et mars 2021 et de 360 euros en avril et mai 2021, le versement de l'ASL ne dépendant pas, en toute hypothèse, de l'exercice d'une activité professionnelle.
Sur la décision du 26 août 2021 concernant les droits à prime d'activité :
8. Aux termes de l'article L. 842-1 du code de la sécurité sociale : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective qui perçoit des revenus tirés d'une activité professionnelle a droit à une prime d'activité, dans les conditions définies au présent titre ". Aux termes de l'article L. 842-3 du même code : " La prime d'activité est égale à la différence entre : / 1° Un montant forfaitaire dont le niveau varie en fonction de la composition du foyer et du nombre d'enfants à charge, augmenté d'une fraction des revenus professionnels des membres du foyer, et qui peut faire l'objet d'une ou de plusieurs bonifications ; / 2° Les ressources du foyer, qui sont réputées être au moins égales au montant forfaitaire mentionné au 1° () ". L'article L. 842-4 du même code dispose : " Les ressources mentionnées à l'article L. 842-3 prises en compte pour le calcul de la prime d'activité sont : / 1° Les ressources ayant le caractère de revenus professionnels ou qui en tiennent lieu ; / 2° Les revenus de remplacement des revenus professionnels () ".
9. Si M. B soutient que les montants de la prime d'activité qu'il a perçus de décembre 2017 à février 2021 étaient inférieurs à ceux perçus par ses collègues et que le montant de cette prime variait selon les mois, il résulte de l'instruction que cette variation des montants versés résultent de celle des revenus perçus par l'intéressé sur cette même période, qui ne peuvent, comme il a été précédemment indiqué, utilement être comparés à ceux de ses collègues placés dans des situations différentes.
10. Par ailleurs, si M. B demande à bénéficier de nouveau de la prime d'activité, le versement de cette aide étant conditionné à l'exercice d'une activité professionnelle en vertu des dispositions de l'article L. 842-1 du code de la sécurité sociale, il est constant qu'il ne peut y prétendre depuis son placement en arrêt maladie en février 2021. Par suite, les conclusions présentées par M. B tendant à l'annulation des décisions attaquées et à la détermination de ses droits en matière d'allocation au logement social et de prime d'activité doivent être rejetées.
11. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, au ministre des solidarités, de l'autonomie et de l'égalité entre les femmes et les hommes et à Me Poulard.
Délibéré après l'audience du 12 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Besse, président,
Mme Roncière, première conseillère,
Mme Moreno, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 décembre 2024.
La rapporteure,
M.-A. RONCIÈRE
Le président,
P. BESSE
La greffière,
N. BRULANT
La République mande et ordonne au ministre des solidarités, de l'autonomie et de l'égalité entre les femmes et les hommes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026