LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2108426

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2108426

mardi 12 mars 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2108426
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationPrésident 1 : M. DURUP DE BALEINE - R. 222-13
Avocat requérantIPSO FACTO

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 26 juillet 2021 et le 20 juin 2023, M. A C, représenté par Me Parent, demande au tribunal :

1°) de condamner Nantes Métropole à lui verser en réparation les sommes de 2 163, 50 euros et de 600 euros ;

2°) de mettre à la charge de Nantes Métropole le versement de la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- les racines des tilleuls implantés sur le trottoir ont endommagé le dallage de la cour de sa maison ;

- il est tiers à ces arbres, qui sont des dépendances du domaine public ;

- le lien de causalité est établi ;

- la responsabilité de Nantes Métropole, maître de l'ouvrage, est en conséquence engagée ;

- le dommage est anormal et spécial ;

- le développement racinaire est une conséquence de l'élagage des arbres en 2020 ;

- il n'a pas commis de faute et il n'y a pas de cas de force majeure.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 25 novembre 2021 et le 12 décembre 2022, Nantes Métropole, représentée par Me Pontier, demande au tribunal de rejeter la requête, à titre subsidiaire de ramener l'indemnisation demandée à de plus justes proportions sans dépasser la somme de 1 514, 45 euros et, en tout état de cause, de mettre à la charge de M. C le versement de la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- les moyens de la requête ne sont pas fondés ;

- subsidiairement, les prétentions indemnitaires du requérant sont exagérées ;

- l'indemnisation ne saurait excéder 1 514, 45 euros.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Durup de Baleine en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 13 février 2024 :

- le rapport de M. Durup de Baleine, président,

- les conclusions de M. Marowski, rapporteur public,

- les observations de Me Labarrère, substituant Me Parent, avocate de M. C,

- les observations de M. C.

Considérant ce qui suit :

1. M. C est propriétaire et occupant, depuis 2012, d'une maison d'habitation située, à Saint-Herblain, 20 rue de la Chauvinière ainsi que bordée, à l'arrière de cette maison et du jardin attenant, par la rue du Docteur B D, sur laquelle la maison possède également un accès piétonnier. Il demande la condamnation de Nantes Métropole à lui payer les sommes de 2 163, 50 euros et 600 euros en réparation du préjudice matériel et du préjudice moral résultant des dommages occasionnés au dallage de la terrasse de sa maison, côté rue du Docteur B D, par les racines d'arbres plantés sur le trottoir de cette rue au droit de la clôture de son terrain.

Sur les conclusions en réparation :

2. Le maître de l'ouvrage est responsable, même en l'absence de faute, des dommages que les ouvrages publics dont il a la garde peuvent causer aux tiers tant en raison de leur existence que de leur fonctionnement. Il ne peut dégager sa responsabilité que s'il établit que ces dommages résultent de la faute de la victime ou d'un cas de force majeure. Ces tiers ne sont pas tenus de démontrer le caractère grave et spécial du préjudice qu'ils subissent lorsque le dommage n'est pas inhérent à l'existence même de l'ouvrage public ou à son fonctionnement et présente, par suite, un caractère accidentel.

3. Lorsqu'il est soutenu qu'une partie s'est exposée en connaissance de cause au risque dont la réalisation a causé les dommages dont elle demande réparation au titre de la présence ou du fonctionnement d'un ouvrage public, il appartient au juge d'apprécier s'il résulte de l'instruction, d'une part, que des éléments révélant l'existence d'un tel risque existaient à la date à laquelle cette partie est réputée s'y être exposée et, d'autre part, que la partie en cause avait connaissance de ces éléments et était à cette date en mesure d'en déduire qu'elle s'exposait à un tel risque, lié à la présence ou au fonctionnement d'un ouvrage public, qu'il ait été d'ores et déjà constitué ou raisonnablement prévisible.

4. Il résulte de l'instruction que les dommages dont M. C demande réparation ont pour cause les racines d'un tilleul implanté sur le trottoir de la rue du Docteur B D à Saint-Herblain. M. C a la qualité de tiers à cet arbre implanté sur la voie publique et qui en est l'accessoire, Nantes Métropole en étant, pour sa part, le maître de l'ouvrage.

5. Il résulte également de l'instruction que les dommages occasionnés au dallage de la terrasse de la maison de M. C par les racines de ce tilleul ont été constatés en 2019. Nantes Métropole a fait procéder à l'enlèvement de cet arbre, comme de deux autres tilleuls, en 2020, sans que cet enlèvement mette fin à ces dommages, résultant du développement racinaire, envahissant et peu profond, de ces tilleuls.

6. Toutefois, il résulte également de l'instruction que le tilleul dont s'agit était déjà planté dans le trottoir de la rue du Docteur B D lorsque M. C est devenu propriétaire de cette maison en 2012. M. C ne pouvait ignorer, lors de l'achat en 2012 de cette maison construite au début des années 1980, les inconvénients pour sa propriété résultant de la proximité de cet arbre, comme des deux autres tilleuls, implantés dans un étroit trottoir, environ à cinquante centimètres de la clôture de cette propriété. Il avait d'ailleurs lui-même, en raison de cette proximité et des inconvénients pouvant en résulter, demandé à Nantes Métropole en 2015 et 2018, de faire procéder à l'élagage de ces arbres. Le développement racinaire de tels arbres est normal ainsi que, inhérent à leur existence, raisonnablement prévisible et il ne résulte pas de l'instruction que ce développement racinaire n'aurait pas existé avant 2012, alors qu'il en résulte en revanche que ces arbres avaient été plantés dans les années 1980, lors de l'aménagement du lotissement dont fait partie la maison de M. C et que les racines du tilleul en l'espèce en cause étaient seulement cachées à la vue par une haie formant clôture de la propriété de M. C, haie qu'il a fait retirer en 2019 pour aménager une autre clôture. Dès lors, un tel développement racinaire ne présente pas un caractère accidentel. Nantes Métropole établit, en outre, que ces tilleuls présentaient en 2008 un aspect identique à celui qu'ils présentaient en 2020 avant leur enlèvement. Dès lors, la cause des dommages dont M. C demande réparation était, ainsi, raisonnablement prévisible lors de cette acquisition en 2012. M. C avait, à cette époque, connaissance de la présence de ces arbres et était alors en mesure d'en déduire qu'il s'exposait au risque d'une dégradation d'un élément de sa propriété, tel que le simple dallage extérieur dont il est fait état, par le développement racinaire de l'un d'entre eux. Il en résulte que le dommage occasionné au dallage de la terrasse de la maison par les racines de l'un de ces arbres ne peut être considéré comme présentant un caractère de gravité engageant au bénéfice de M. C la responsabilité sans faute de Nantes Métropole.

7. Il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander la condamnation de Nantes Métropole à lui verser en réparation les sommes qu'il demande.

Sur les frais liés au litige :

8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de Nantes Métropole, qui n'a pas dans la présente instance la qualité de partie perdante, le versement d'une somme à ce titre. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par Nantes Métropole au même titre.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par Nantes Métropole au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et à Nantes Métropole.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 mars 2024.

Le magistrat désigné,

A. DURUP de BALEINELa greffière,

L. LÉCUYER

La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions