mercredi 19 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2108542 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | CABINET MANDIN ANGRAND |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 28 juillet 2021 et le 12 janvier 2024, le département de la Loire-Atlantique, représenté par Me Boisset, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de condamner, in solidum, la société SPIE Facilities, la société SPIE Industrie Tertiaire et la société Egis Mobilité, à titre principal sur le fondement de la garantie décennale et à titre subsidiaire sur le fondement de la responsabilité contractuelle, à lui verser la somme de 4 490 916,19 euros, augmentée des intérêts au taux légal à compter de l'enregistrement de la requête, en réparation des désordres affectant le pont de Saint-Nazaire ;
2°) de mettre à la charge solidaire des société SPIE Facilities, SPIE Industrie Tertiaire et Egis Mobilité la somme de 4 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le marché d'équipement en câbles et plots du pont de Saint-Nazaire a fait apparaître des désordres qui n'étaient pas apparents lors de la réception des travaux ;
- les désordres rendent l'ouvrage impropre à sa destination ;
- les désordres sont imputables à la société SPIE Facilities, à la société SPIE Industrie Tertiaire et à la société Egis Mobilité ;
- il est fondé à demander la condamnation in solidum de ces sociétés à lui verser la somme de 4 490 916,19 euros au titre des travaux réalisés.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 29 novembre 2023 et le 22 janvier 2024, la société SPIE Facilities et la société SPIE Industrie et Tertiaire, représentées par Me Mandin, concluent :
1°) au rejet des conclusions dirigées contre elles ;
2°) à ce que la somme de 3 500 euros à verser à chaque société soit mise à la charge du département de la Loire-Atlantique au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elles font valoir que :
- la requête du département est irrecevable dès lors que le département n'a pas intérêt à agir ;
- la société SPIE Facilities doit être mise hors de cause dès lors qu'elle n'est débitrice d'aucune garantie concernant l'ouvrage.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 27 octobre 2021 et le 30 novembre 2023, la société Egis Mobilité, représentée par Me Dupuy, conclut :
1°) à titre principal, au rejet des conclusions dirigées contre elle ;
2°) à titre subsidiaire, à ce que les indemnités susceptibles d'être mises à sa charge soit ramenées à de plus juste proportions ;
3°) à ce que les société SPIE Facilities et SPIE Industrie et Tertiaire soient condamnées à la garantir des condamnations qui pourraient être prononcées à son encontre ;
4°) à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge du département de la Loire-Atlantique sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- le département n'a pas intérêt à agir ;
- le délai de garantie décennale est expiré ;
- le département ne démontre pas la réalité de son préjudice ;
- le montant des préjudices est surévalué ;
- elle est fondée à solliciter la condamnation de la société SPIE Facilities et de la société SPIE Industrie et Tertiaire à hauteur de 90%.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- l'ordonnance du 10 octobre 2013 par laquelle le président du tribunal a taxé les frais de l'expertise réalisée par Me Collot.
Vu :
- le code civil ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme El Mouats-Saint-Dizier,
- les conclusions de M. Simon, rapporteur public,
- et les observations de Me Boisset, représentant le département de la Loire-Atlantique, de Me Mandin, représentant les sociétés SPIE Facilities et SPIE Industrie et Tertiaire et de Me Dupuy, représentant la société Egis Mobilité.
Considérant ce qui suit :
1. Dans le cadre de l'aménagement et de l'équipement du pont de Saint-Nazaire, le département de la Loire-Atlantique a confié la maîtrise d'œuvre de la mise en place d'un système d'affectation dynamique des voies de circulation à la société Egis Mobilité. Les travaux ont été confiés à la société SPIE Ouest Centre, devenue SPIE Industrie et Tertiaire, laquelle a sous-traité une partie des travaux à la société SPIE Sud Ouest, devenue SPIE Facilities. Les travaux ont été reçus avec réserves le 28 juillet 2010 et les réserves ont été levées le 25 janvier 2011. Des dysfonctionnements sur les plots lumineux, constatés en juin 2011, ont été signalés par le maître d'œuvre et la société SPIE Industrie et Tertiaire a procédé au remplacement intégral des plots et des câbles. Les désordres ont continué à apparaître sur les plots et les câbles. L'expert désigné par une ordonnance du juge des référés du tribunal le 5 juillet 2012 a remis son rapport le
31 juillet 2013. Par la présente requête, le département de la Loire-Atlantique demande l'indemnisation du préjudice matériel qu'il estime avoir subi en raison des désordres affectant l'ensemble linéaire du pont, sur le fondement de la garantie décennale.
Sur les fins de non-recevoir opposées en défense :
2. En premier lieu, par une délibération du 1er juillet 2021, le conseil départemental de la Loire-Atlantique a donné mandat à son président pour agir en justice. Ainsi, la fin de non-recevoir tirée de ce que le président du conseil départemental ne disposait pas de la qualité lui donnant intérêt à agir au nom du département doit être écartée.
3. En second lieu, le département de la Loire-Atlantique, en sa qualité de maître de l'ouvrage et de partie au marché de maîtrise d'œuvre signé le 24 décembre 2008 et au marché de travaux signé le 3 août 2009, a intérêt à agir en réparation des préjudices qu'il estime avoir subis sur le fondement de la responsabilité décennale des constructeurs et sur le fondement de la responsabilité contractuelle. Par suite, la fin de non-recevoir tirée du défaut d'intérêt à agir du département doit être écartée.
Sur les conclusions indemnitaires du département de la Loire-Atlantique :
4. Il résulte des principes qui régissent la responsabilité décennale des constructeurs que des désordres apparus dans le délai d'épreuve de dix ans, de nature à compromettre la solidité de l'ouvrage ou à le rendre impropre à sa destination dans un délai prévisible, engagent leur responsabilité, même s'ils ne se sont pas révélés dans toute leur étendue avant l'expiration du délai de dix ans. Le constructeur dont la responsabilité est recherchée sur ce fondement ne peut en être exonéré, outre les cas de force majeure et de faute du maître d'ouvrage, que lorsque, eu égard aux missions qui lui étaient confiées, il n'apparaît pas que les désordres lui soient en quelque manière imputables.
S'agissant de l'exception de prescription opposée par les sociétés :
5. Aux termes de l'article 2240 du code civil : " La reconnaissance par le débiteur du droit de celui contre lequel il prescrivait interrompt le délai de prescription. ". Aux termes de l'article 2241 du code civil : " La demande en justice, même en référé, interrompt le délai de prescription ainsi que le délai de forclusion. () ".
6. Il résulte de l'instruction que la réception des travaux a été prononcée avec réserves le 28 juillet 2010 et que les réserves ont été levées le 25 janvier 2011. Le délai de garantie décennale expirait donc le 25 janvier 2021. Toutefois, les parties à l'opération de travaux ont constaté des désordres dans le courant de l'année 2011 et ont procédé aux travaux de reprise. Eu égard à la nature des travaux et aux conditions dans lesquelles ils ont été entrepris, leur exécution a constitué, de la part des sociétés, une reconnaissance de responsabilité qui a interrompu le délai de garantie décennale à leur égard. Dans ces conditions, un nouveau délai de dix ans a commencé à courir à compter du 9 octobre 2013, date de réception sans réserve des travaux de reprise. Par suite, l'exception de prescription opposée par les sociétés constructrices doit être écartée.
S'agissant des désordres affectant les câbles d'alimentation des plots :
7. En premier lieu, il résulte de l'instruction, et notamment du rapport de l'expert désigné par le juge des référés, que les câbles d'alimentation des plots lumineux présentent des arrachements, des blessures ou des sectionnements. Ces désordres présentent un caractère évolutif, les câbles endommagés se multiplient et sont situés sur l'ensemble de l'ouvrage. L'ampleur des désordres affectant les câbles et les risques engendrés sur la sécurité des usagers sont de nature à rendre l'ouvrage impropre à sa destination. Par suite, les désordres constatés sont de nature à engager la responsabilité décennale des constructeurs.
8. En deuxième lieu, il résulte de l'instruction que les blessures, arrachements et sectionnements des câbles ont pour origine une coupure mécanique des matériaux isolants, ce qui favorise l'oxydation et la corrosion des câbles. L'expert conclut, sans être contredit, que les coupures ont été provoquées par la présence, dans la tranchée, de granulats anguleux issus du corps de chaussée et d'effets statiques ou dynamiques, dont la friction a entaillé l'isolant des câbles et a causé leur rupture. Les câbles sont par ailleurs grevés d'un vice de conception dès lors qu'ils ne sont pas assez protégés mécaniquement, en dépit des préconisations du marché. Par suite, les désordres affectant les câbles d'alimentation sont imputables à la société SPIE Industrie et Tertiaire qui a exécuté les travaux et à la société Egis Mobilité, maître d'œuvre chargé d'une mission de contrôle.
9. Il résulte de ce qui précède que le département de la Loire-Atlantique est fondé à demander la condamnation in solidum des société SPIE Industrie et Tertiaire et Egis Mobilité à réparer les conséquences dommageables des désordres affectant les câbles d'alimentation des plots.
S'agissant des désordres affectant les plots lumineux :
10. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport de l'expert désigné par le juge des référés, que les LED des plots affectant la circulation ne s'allument plus. En juillet 2012, 200 plots dysfonctionnaient, et le nombre de plots défectueux a augmenté chaque semaine jusqu'à la date à laquelle l'expert a remis son rapport. Ils affectent ainsi plus de 25% des plots mis en place à l'origine et concernent toutes les parties de l'ouvrage. Les désordres constatés perturbent la circulation routière, principalement la nuit et occasionnent des risques de chocs entre les véhicules. Dans ces conditions, ils sont de nature à rendre l'ouvrage impropre à sa destination. Par suite, les désordres sont de nature à engager la responsabilité décennale des constructeurs.
11. Il résulte de l'instruction que l'endommagement des LED a pour origine l'infiltration de vapeur d'eau condensée à l'intérieur des plots et la migration de l'eau vers la carte électronique placée sous chaque plot, jusqu'à atteindre les LED. L'électrolyse avec les composants et pistes métalliques occasionnent des pannes protéiformes sur les LED, pouvant causer leur extinction. Ces désordres sont liés à un vice de conception dû à l'absence de prise en compte des particularités de l'ouvrage lors des test d'étanchéité, lesquelles étaient mentionnées dans le cahier des clauses techniques particulières du marché (CCTP). Les désordres ainsi constatés sont imputables à la société SPIE Industrie et Tertiaire qui a procédé à l'installation des plots fournis par son sous-traitant sans réaliser les essais d'étanchéité requis et à la société Egis Mobilité, maître d'œuvre chargé d'une mission de contrôle.
12. Il résulte de ce qui précède que le département de la Loire-Atlantique est fondé à demander la condamnation in solidum des société SPIE Industrie et Tertiaire et Egis Mobilité à réparer les conséquences dommageables des désordres affectant les plots lumineux. En revanche, le département n'est pas fondé à rechercher la responsabilité de la société SPIE Facilities, qui n'était que sous-traitante de la société SPIE Industrie et Tertiaire pour les opérations concernées.
S'agissant de l'évaluation des préjudices :
13. D'une part, il résulte de l'instruction que les parties ont organisé, parallèlement aux opérations d'expertise, les travaux de reprise des désordres. Il résulte du rapport de l'expert, et n'est contesté par aucune des parties, que les travaux effectués sont de nature à réparer les dysfonctionnements observés et ont été préfinancés par la société SPIE Facilities. Les travaux de réparation ont été réceptionnés sans réserves le 9 octobre 2013. Par suite, le département n'est pas fondé à demander une somme au titre des travaux de reprise dont il n'a pas supporté le coût, ni à demander l'indemnisation en vue de faire réaliser des travaux alors qu'il résulte de l'instruction que la réparation des désordres ne nécessite pas de travaux supplémentaires.
14. D'autre part, il résulte de l'instruction que le département a supporté des coûts pour assurer la sécurisation du site, notamment la mise en place d'un balisage par cône, en attendant que les travaux de reprises soient effectués, à hauteur de 199 958,20 euros hors taxes. Il résulte par ailleurs de l'instruction que les travaux de remplacement du matériel n'ont pas engendré de plus-value pour le département. Il y a donc lieu de mettre la somme de 199 958,20 euros à la charge, in solidum, des sociétés SPIE Industrie et Tertiaire et Egis Mobilité.
15. Le département de la Loire-Atlantique a droit aux intérêts de la somme de
199 958,20 euros à compter de la date d'enregistrement de sa requête au tribunal.
Sur les frais de l'expertise :
16. Aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. / Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties () ".
17. Les frais et honoraires d'expertises ont été taxés et liquidés à la somme totale de 19 512,04 euros par ordonnance du président du tribunal administratif de Nantes du
10 octobre 2013. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre ces frais à la charge définitive de la société SPIE Industrie et Tertiraire et de la société Egis Mobilité.
Sur l'appel en garantie de la société Egis Mobilité :
18. Dans le cadre d'un litige né de l'exécution de travaux publics, le titulaire du marché peut rechercher la responsabilité quasi délictuelle des autres participants à la même opération de construction avec lesquels il n'est lié par aucun contrat, notamment s'ils ont commis des fautes qui ont contribué à l'inexécution de ses obligations contractuelles à l'égard du maître d'ouvrage, sans devoir se limiter à cet égard à la violation des règles de l'art ou à la méconnaissance de dispositions législatives et réglementaires. Il peut en particulier rechercher leur responsabilité du fait d'un manquement aux stipulations des contrats qu'ils ont conclus avec le maître d'ouvrage.
19. D'une part, il résulte de l'instruction que les désordres affectant les câbles sont dus principalement à des manquements de la société SPIE Industrie et Tertiaire, mandataire du groupement attributaire du lot n° 1, chargée des travaux concernés par les malfaçons. Les désordres sont également dus à un manquement du maître d'œuvre, la société Egis Mobilité, qui a imposé une contrainte de largeur des saignées à l'origine des malfaçons.
20. D'autre part, il résulte de l'instruction que les désordres affectant les plots lumineux sont dus à des manquements de la société Cryzal, fournisseur des plots à la société SPIE Industrie et Tertiaire, qui n'a pas alerté sur les précautions à prendre pour éviter le phénomène de condensation à l'origine des pannes. Les désordres sont également dus à des fautes d'exécution de la société SPIE Industrie et Tertiaire, qui a procédé à la pose des plots commandés auprès de la société Cryzal. Enfin, les désordres sont liés à des manquements de la société Egis Mobilité qui connaissait les caractéristiques environnementales du pont de Saint-Nazaire et n'a pas imposé les essais qui auraient évité le phénomène de condensation.
21. Compte tenu des fautes ainsi à l'origine des désordres affectants les plots et les câbles d'alimentation, il sera fait une juste appréciation de la part de responsabilité de la société SPIE Industrie et Tertiaire dans l'apparition des désordres en la fixant à 87,5%, et de la part de responsabilité de la société Egis Mobilités en la fixant à 12,5%.
22. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de faire droit dans cette mesure aux conclusions d'appel en garantie formées par la société Egis Mobilités.
Sur les frais de l'instance :
23. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du département de la Loire-Atlantique, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, les sommes que les sociétés Egis Mobilité, SPIE Facilities et SPIE Industrie et Tertiaire demandent au titre des frais de l'instance.
24. En revanche, il y a lieu de faire application de ces dispositions et de mettre une somme de 2 000 euros à verser au département à la charge de la société SPIE Industrie et Tertiaire et une somme de 1 000 euros à verser au département à la charge de la société Egis Mobilité.
D E C I D E :
Article 1er : Les sociétés SPIE Industrie et Tertiaire et Egis Mobilité sont condamnées in solidum au paiement d'une indemnité de 199 958,20 euros HT au département de la Loire-Atlantique. Cette somme portera intérêt au taux légal à compter du 28 juillet 2021.
Article 2 : Les frais et honoraires d'expertise, liquidés et taxés à la somme de 19 512,04 euros, sont mis à la charge définitive, in solidum, des société SPIE Industrie et Tertiaire et Egis Mobilité.
Article 3 : La société SPIE Industrie et Tertiaire est condamnée à garantir la société Egis Mobilité à hauteur de 90% des condamnations prononcées aux articles 1 et 2.
Article 4 : La société SPIE Industrie et Tertiaire versera au département de la Loire-Atlantique la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : La société Egis Mobilité versera au département de la Loire-Atlantique la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 6 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 7 : Le présent jugement sera notifié au département de la Loire-Atlantique, à la société SPIE Industrie et Tertiaire, à la société SPIE Facilities et à la société Egis Mobilité.
Délibéré après l'audience du 29 mai 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Rimeu, présidente,
M. Jégard, premier conseiller,
Mme El Mouats-Saint-Dizier, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 juin 2024.
La rapporteuse,
M. EL MOUATS-SAINT-DIZIER
La présidente,
S. RIMEU La greffière,
P. LABOUREL
La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°210854
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026