jeudi 7 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2108594 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | Magistrat : M. LABOUYSSE - R. 222-13 |
| Avocat requérant | PLATEAUX |
Vu la procédure suivante :
Par une décision n° 436873 du 30 juillet 2021, le Conseil d'Etat statuant au contentieux, saisi d'un pourvoi présenté pour M. A C, a annulé le jugement n° 1703374 du tribunal administratif de Nantes du 17 octobre 2019 et a renvoyé l'affaire à ce tribunal.
Procédure contentieuse avant cassation :
Par une requête, enregistrée le 18 avril 2017, et des mémoires, enregistrés les 25 mai et 24 novembre 2017 ainsi que le 8 février 2018, M. A C, représenté par Me Wistan Plateaux, demande au Tribunal :
1°) d'annuler la décision du 4 avril 2017 par laquelle le ministre de l'intérieur a constaté la perte de validité de son permis de conduire ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'un vice de procédure dès lors qu'elle méconnaît l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- elle est entachée d'une erreur de fait, dès lors qu'il conservait un point sur le capital de points de son permis de conduire ;
- le retrait de la décision du 17 février 2017 qui portait ce capital à 5 points est illégal, dès lors qu'il est intervenu en méconnaissance de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration ; l'illégalité de cette décision de retrait d'une décision créatrice de droit prive de base légale la décision attaquée ;
- l'administration n'apporte pas la preuve de la délivrance de l'information préalable prescrite par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route pour l'ensemble des infractions ayant donné aux retraits de points en cause.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 mai 2017, le ministre de l'intérieur demande au tribunal :
1°) de rejeter les conclusions présentées par M. C ;
2°) de mettre à sa charge la somme de 750 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il ressort du relevé d'information intégral de l'intéressé que des points retirés ont été restitués au requérant les 5 septembre 2014, 19 août 2015 et 10 février 2017 ;
- le moyen tiré de la méconnaissance de la procédure contradictoire préalable est inopérant ;
- les autres moyens soulevés ne sont pas fondés.
Procédure contentieuse après cassation :
Par un mémoire, enregistré le 13 janvier 2022, le ministre de l'intérieur conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions présentées par le requérant.
Il soutient que M. C est décédé le 2 septembre 2020 de sorte que les conclusions sont devenues sans objet.
Vu les autres pièces du dossier, et notamment le courrier, enregistré le 10 février 2022, présenté par Me Plateaux.
Vu :
- le code de la route ;
- le code de procédure pénale ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. David Labouysse, premier conseiller, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour et de l'heure de l'audience.
Le rapport de M. B a été entendu au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 23 juin 2022 à partir de 10h45.
Considérant ce qui suit
1. Par des décisions du 4 avril 2019, le ministre de l'intérieur a retiré 4 points du capital du permis de conduire de M. A C, à la suite d'une infraction relevée le 2 mars 2016, et a constaté la perte de validité de ce permis par suite du retrait de la totalité des points dont était affecté ce capital. Le courrier notifiant ces décisions récapitule également les retraits de points antérieurs auquel il a été procédé, à la suite d'infractions commises le 5 octobre 2012, les 14 octobre et 18 décembre 2013, le 12 décembre 2014 ainsi que les 9 juin et 8 novembre 2016. M. C a demandé au tribunal l'annulation de la décision du 4 avril 2017 par laquelle le ministre de l'intérieur a constaté la perte de validité de son permis de conduire. Par un jugement n° 1703374 du 17 octobre 2019, le tribunal a rejeté ces conclusions. Saisi d'un pourvoi en cassation formé par M. C, le Conseil d'Etat a annulé ce jugement et renvoyé l'affaire devant ce même tribunal.
Sur l'exception de non-lieu à statuer :
2. Aux termes de l'article R. 634-1 du code de justice administrative : " Dans les affaires qui ne sont pas en état d'être jugées, la procédure est suspendue par la notification du décès de l'une des parties (). Cette suspension dure jusqu'à la mise en demeure pour reprendre l'instance () ". Il résulte de ces dispositions que le seul décès du requérant ne prive pas d'objet les conclusions qu'il avait présentées.
3. Le ministre de l'intérieur a, le 13 janvier 2022, informé le tribunal du décès de M. C survenu le 2 septembre 2020. Toutefois, l'affaire étant en l'état d'être jugée, il y a dès lieu d'y statuer, alors même qu'aucun ayant-droit n'aurait déclaré reprendre l'instance. Par suite, l'exception de non-lieu à statuer opposée par le ministre de l'intérieur ne peut qu'être écartée.
Au fond :
4. Saisi de conclusions tendant exclusivement à l'annulation de la décision constatant la perte de validité d'un permis de conduire, le juge peut, soit rejeter ces conclusions, soit prononcer l'annulation demandée. Il justifie suffisamment l'annulation en constatant qu'en raison de l'illégalité d'un des retraits de points, invoquée par voie d'exception, le solde de points n'est pas nul. Il n'est pas alors tenu de se prononcer sur la légalité des autres retraits de points critiqués par le requérant
5. Le requérant a invoqué, par la voie de l'exception, l'illégalité de chacun des retraits de points mentionnés au point 1. Il est en particulier soutenu, s'agissant du retrait de 6 points consécutif à l'infraction relevée le 5 octobre 2012 que l'information prévue par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route n'a pas été délivrée.
6. Aux termes de l'article L. 223-1 du code de la route : " Le permis de conduire est affecté d'un nombre de points. Celui-ci est réduit de plein droit si le titulaire du permis a commis une infraction pour laquelle cette réduction est prévue. / () La réalité d'une infraction entraînant retrait de points est établie par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, l'exécution d'une composition pénale ou par une condamnation définitive () ". Selon le deuxième alinéa de l'article L. 223-3 de ce même code : " Lorsqu'il est fait application de la procédure de l'amende forfaitaire ou de la procédure de composition pénale, l'auteur de l'infraction est informé que le paiement de l'amende ou l'exécution de la composition pénale entraîne le retrait du nombre de points correspondant à l'infraction reprochée, dont la qualification est dûment portée à sa connaissance ; il est également informé de l'existence d'un traitement automatisé de ces points et de la possibilité pour lui d'exercer le droit d'accès ". Lorsqu'il est fait application de la procédure de composition pénale, l'information remise ou adressée au conducteur doit porter, en vertu du deuxième alinéa de l'article L. 223-3 du code de la route, d'une part, sur l'existence d'un traitement automatisé des points et la possibilité d'exercer le droit d'accès conformément aux articles L. 225-1 à L. 225-9 du code, d'autre part, sur le fait que l'exécution de la composition pénale établit la réalité de l'infraction, dont la qualification est précisée, et entraîne un retrait de points correspondant à cette infraction.
7. Il résulte de l'instruction que la réalité de l'infraction du 5 octobre 2012 au sens de l'article L. 223-1 du code de la route a été établie, non par une condamnation définitive, mais par l'exécution d'une composition pénale. Le ministre de l'intérieur soutient que le procès-verbal de proposition de composition pénale, joint au mémoire enregistré le 8 février 2018, mentionne l'ensemble des informations requises par les dispositions précitées du deuxième alinéa de l'article L. 223-3 du code de la route. Toutefois, il ressort de la lecture de ce document que ces informations n'y figurent pas, la seule indication relative à l'obligation d'accomplir un stage de sensibilisation à la sécurité routière dans un délai de six mois ne suffit en particulier pas pour considérer qu'une information sur le lien entre l'exécution de la composition pénale et le prononcé du retrait du nombre de points correspondant à l'infraction reprochée aurait été délivrée à M. C.
8. Par suite, la décision procédant au retrait de 6 points du capital du permis de conduire consécutivement à l'infraction du 5 octobre 2012 est entachée d'illégalité.
9. Compte tenu de l'illégalité de cette décision, le solde de point affecté à ce capital n'est pas nul. Par suite, la décision du 4 avril 2017 par laquelle le ministre de l'intérieur a constaté la perte de validité du permis de conduire qui avait été délivré à M. C doit être annulée.
Sur les frais liés au litige :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, partie perdante dans la présente instance, obtienne le remboursement des frais d'instance qu'il aurait supportés. Bien qu'il soit la partie perdante, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à sa charge une somme au titre de ces mêmes dispositions. Par suite l'ensemble des conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 4 avril 2017 par laquelle le ministre de l'intérieur a constaté la perte de validité du permis de conduire délivrée à M. C est annulée.
Article 2 : Les conclusions des parties présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Me Jean-Baptiste Toussaint, notaire en charge de la succession de feu M. C et au ministre de l'intérieur.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 juillet 202Le magistrat désigné,
D. B
La greffière,
S. BARBERA
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026