vendredi 17 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2111806 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP TEN FRANCE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 21 octobre 2021 et le 19 avril 2022,
M. F C, représenté par Me Aide, demande au tribunal :
1°) de prononcer la réduction des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquelles il a été assujetti au titre de l'année 2015, ainsi que des majorations correspondantes ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'administration fiscale n'était pas fondée à procéder à la réintégration, dans son revenu imposable au titre de l'année 2015, de revenus fonciers ; elle a admis que les revenus issus de la location d'appartements situés à Courbevoie bénéficient exclusivement à son ex-épouse, et lui a accordé, pour ce motif, un dégrèvement au titre de l'année 2014 ; il est fondé à se prévaloir, sur le fondement de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales, de la prise de position de l'administration fiscale sur ce point ;
- l'administration fiscale n'était pas fondée à procéder à la réintégration, dans son revenu imposable au titre de l'année 2015, de revenus d'origine indéterminée ; la somme de 8 000 euros correspond à la vente de deux bouteilles de Romanée-Conti 1973, la commission départementale des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires, réunie le 28 novembre 2019, ayant estimé qu'il apportait un commencement de preuve à l'appui de ses allégations et rendu un avis défavorable aux impositions en litige à ce titre ; la somme de 5 440 euros inscrite au crédit de son compte courant d'associé au sein de la société Dynalec le 30 janvier 2015 correspond à une régularisation, suite à l'enregistrement au débit de son compte courant d'une facture relative à l'acquisition de mobilier destiné à la société ; la somme de 20 000 euros inscrite au crédit de son compte courant d'associé au sein de la société Dynalec le 7 août 2015 correspond au remboursement partiel d'un prêt consenti en octobre 2009 à son cousin,
M. G E, pour un montant de 25 000 euros.
Par des mémoires en défense enregistrés le 23 mars 2022 et le 1er juin 2022, le directeur de la direction spécialisée de contrôle fiscal Centre Ouest conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme H,
- les conclusions de M. Vauterin, rapporteur public,
- et les observations de Me Aide, représentant M. C.
Considérant ce qui suit :
1. M. C et Mme B, alors liés par un pacte civil de solidarité, ont fait l'objet d'un examen contradictoire de leur situation fiscale personnelle au titre des années 2014 et 2015, à l'occasion duquel l'administration fiscale a notamment estimé qu'ils n'avaient pas déclaré l'ensemble des revenus perçus au cours de l'année 2015, et procédé à la réintégration dans leur revenu imposable de revenus fonciers et de revenus d'origine indéterminée. Elle leur a par conséquent notifié, par une proposition de rectification du 2 février 2018, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales au titre de l'année 2015, assorties des intérêts de retard, de la majoration pour manquement délibéré de 40 % prévue par le a) de l'article 1729 du code général des impôts et de la majoration de 10 % prévue par l'article 1758 A du même code. Leur réclamation préalable formée le 25 février 2021 ayant donné lieu à une décision de rejet le 23 août 2021, M. C demande, par sa requête, la réduction des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales mises à sa charge ainsi qu'à celle de Mme B au titre de l'année 2015, ainsi que des majorations correspondantes.
Sur les conclusions aux fins de décharge des impositions :
En ce qui concerne les revenus fonciers :
2. Il résulte de l'instruction qu'au cours de la vérification de comptabilité dont
M. C et Mme B ont fait l'objet, l'administration fiscale a estimé que M. C avait perçu, au titre des années 2014 et 2015, des revenus fonciers à raison de la mise en location de neuf appartements situés à Courbevoie dont il était propriétaire avec son ex-épouse, la circonstance que le produit de la location était conservé sur un compte dédié auprès d'une étude notariale, dans l'attente de la finalisation de la liquidation du régime matrimonial, ne faisant pas obstacle à ce qu'il soit regardé comme en ayant la libre disposition. Au regard des éléments produits dans le cadre de la réclamation préalable du 26 septembre 2019 par laquelle M. C et Mme B ont contesté les impositions supplémentaires mises à leur charge au titre de l'année 2014, l'administration fiscale a toutefois constaté qu'en vertu d'un protocole d'accord transactionnel conclu entre les ex-époux le 10 mai 2007 et homologué par le juge judiciaire, l'ex-épouse de M. C s'était vu attribuer l'ensemble des droits afférents aux biens immobiliers en cause. Elle a, dans ces conditions, par sa décision d'acceptation partielle du 19 février 2020, abandonné les rectifications prononcées au titre de l'année 2014 à raison de la prise en compte des revenus procurés par la mise en location de ces biens, et a procédé à un dégrèvement des impositions supplémentaires en ayant résulté. Il résulte par ailleurs de l'instruction que, contrairement à ce que soutient M. C, l'administration fiscale a également tenu compte de ces mêmes éléments au titre de l'année 2015, en lui notifiant, par un courrier du 28 février 2020, les nouvelles conséquences financières du contrôle résultant, pour cette année 2015, de l'abandon des rectifications relatives aux revenus fonciers procurés à l'intéressé par les biens immobiliers en cause. Ainsi, les impositions supplémentaires litigieuses, mises en recouvrement postérieurement à cette décision le 31 décembre 2020, n'intègrent pas de rehaussements au titre de revenus fonciers qui auraient été procurés à M. C par la mise en location des appartements situés à Courbevoie. Par suite, le requérant ne peut utilement se prévaloir de l'absence de revenus locatifs perçus au titre de ces biens, ni soutenir que l'administration fiscale aurait méconnu la prise de position formulée sur ce point dans sa décision du 19 février 2020, pour contester les impositions litigieuses.
En ce qui concerne les revenus d'origine indéterminée :
S'agissant de la charge de la preuve :
3. D'une part, aux termes de l'article L. 16 du livre des procédures fiscales : " En vue de l'établissement de l'impôt sur le revenu, l'administration peut demander au contribuable des éclaircissements. Elle peut, en outre, lui demander des justifications au sujet de sa situation et de ses charges de famille, des charges retranchées du revenu net global (). / Elle peut également lui demander des justifications lorsqu'elle a réuni des éléments permettant d'établir que le contribuable peut avoir des revenus plus importants que ceux qu'il a déclarés (). / Les demandes visées aux alinéas précédents doivent indiquer explicitement les points sur lesquels elles portent et mentionner à l'intéressé le délai de réponse dont il dispose en fonction des textes en vigueur ". Aux termes de l'article L. 16 A du même livre : " Les demandes d'éclaircissements et de justifications fixent au contribuable un délai de réponse qui ne peut être inférieur à deux mois () ". Et aux termes de l'article L. 69 du même livre : " Sous réserve des dispositions particulières au mode de détermination des bénéfices industriels et commerciaux (), sont taxés d'office à l'impôt sur le revenu les contribuables qui se sont abstenus de répondre aux demandes d'éclaircissements ou de justifications prévues à l'article L. 16 ".
4. D'autre part, aux termes de l'article L. 66 du livre des procédures fiscales : " Sont taxés d'office : / 1° à l'impôt sur le revenu, les contribuables qui n'ont pas déposé dans le délai légal la déclaration d'ensemble de leurs revenus (), sous réserve de la procédure de régularisation prévue à l'article L. 67 () ". Aux termes de l'article L. 67 du même livre : " La procédure de taxation d'office prévue aux 1° et 4° de l'article L. 66 n'est applicable que si le contribuable n'a pas régularisé sa situation dans les trente jours de la notification d'une mise en demeure () ".
5. Enfin, aux termes de l'article L. 193 du livre des procédures fiscales : " Dans tous les cas où une imposition a été établie d'office la charge de la preuve incombe au contribuable qui demande la décharge ou la réduction de l'imposition. ". L'article R. 193-1 de ce même livre précise que : " Dans le cas prévu à l'article L. 193 le contribuable peut obtenir la décharge ou la réduction de l'imposition mise à sa charge en démontrant son caractère exagéré. ".
6. Il résulte de l'instruction que M. C et Mme B n'ont pas répondu à la demande d'éclaircissements et de justifications du 6 octobre 2017 que leur a adressé l'administration fiscale aux fins de connaître, notamment, l'origine et la nature des revenus identifiés par comparaison entre les revenus déclarés et ceux effectivement perçus par les intéressés au titre de l'année 2015, qu'elle a regardés comme constitutifs de revenus d'origine indéterminée, dans le délai de deux mois à compter de la réception de cette demande qui leur était imparti pour le faire. Les intéressés ayant ainsi été taxés d'office à raison de ces revenus, et quand bien même ils ont saisi, préalablement à l'introduction de la présente requête, la commission des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires, il incombe à M. C d'apporter la preuve du caractère exagéré des impositions mises à leur charge à ce titre.
S'agissant du bien-fondé des impositions supplémentaires en litige :
7. En premier lieu, l'administration fiscale a constaté que M. C a perçu sur son compte bancaire, le 25 juin 2015, une somme de 8 000 euros correspondant à l'encaissement d'un chèque. Le requérant soutient que cette somme correspond au produit de la vente de deux bouteilles de Romanée-Conti 1973 issues de ses réserves personnelles au bénéfice de M. A D. Toutefois, l'attestation non datée établie par ce dernier et le document tendant à établir la cotation, à une date non déterminée, d'une bouteille de Romanée-Conti 1973, à la somme de 7 299 euros, produits à l'appui de ces allégations, sont insuffisants pour en justifier et ne permettent pas d'établir, par suite, que le versement dont a ainsi bénéficié M. C ne serait pas constitutif d'un revenu imposable.
8. En deuxième lieu, M. C soutient que l'inscription au crédit de son compte courant d'associé au sein de la société Dynalec d'une somme de 5 440 euros à laquelle il a été procédé le 31 janvier 2015 correspond à la correction d'une erreur d'enregistrement comptable. Ainsi, une somme totale de 11 810,01 euros, correspondant à l'achat de mobilier, aurait été inscrite à tort au débit de son compte courant d'associé, alors qu'une partie seulement du mobilier en cause était destiné à son usage personnel. Toutefois, les factures qu'il produit ne permettent pas de distinguer les meubles qui auraient été acquis pour la société Dynalec au prix de 5 440 euros, de ceux qui auraient été acquis pour son propre usage au prix de 6 370,01 euros. Le requérant n'établit pas, dans ces conditions, le bien-fondé de ses allégations. Le service était par suite fondé à regarder la somme en cause comme constitutive d'un revenu d'origine indéterminée.
9. En troisième lieu, si le requérant soutient que la somme de 20 000 euros portée au crédit de son compte courant d'associé au sein de la société Dynalec le 7 août 2015 correspond au remboursement partiel d'un prêt consenti à son cousin, M. G E, au mois d'octobre 2009, pour un montant total de 25 000 euros, la seule attestation établie par ce dernier le 15 octobre 2009 n'est pas suffisante pour établir la réalité de ces allégations, en l'absence, notamment, de tout document de nature à justifier de l'accord des intéressés quant au principe et aux conditions de remboursement d'un tel prêt. L'administration fiscale pouvait par suite, à bon droit, rehausser le revenu imposable de l'intéressé au titre de l'année 2015 en tenant compte de cette somme supplémentaire de 20 000 euros.
10. Il résulte de tout ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander la réduction des impositions supplémentaires mises à sa charge au titre de l'année 2015 et des majorations correspondantes.
Sur les frais liés au litige :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante à la présente instance, la somme demandée par M. C au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. F C et au directeur de la direction spécialisée de contrôle fiscal Centre Ouest.
Délibéré après l'audience du 17 février 2023, à laquelle siégeaient :
M. Livenais, président,
Mme Rosemberg, première conseillère,
Mme Thierry, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 17 mars 2023.
La rapporteure,
V. H
Le président,
Y. LIVENAIS
Le greffier,
E. LE LUDEC
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
5
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026