mercredi 7 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2112182 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP HAUTEMAINE AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 28 octobre 2021, la société Risk Intervenant, représentée par Me Repaska, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 10 septembre 2021 par laquelle le service départemental d'incendie et de secours de la Sarthe a résilié le marché de prestation de service de gardiennage d'un centre de vaccination ;
2°) d'ordonner la reprise des relations contractuelles ;
3°) de condamner le service départemental d'incendie et de secours de la Sarthe à lui verser la somme de 147 425,70 euros en réparation du préjudice qu'elle a subi du fait de la résiliation du marché ;
4°) de mettre à la charge du service départemental d'incendie et de secours de la Sarthe la somme de 3 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la résiliation n'est pas fondée dès lors qu'elle n'a contrevenu à aucune disposition légale ou réglementaire et qu'elle a justifié de tous les documents sollicités par le service départemental d'incendie et de secours de la Sarthe ;
- elle est fondée à demander l'indemnisation de la somme correspondant au prix du marché restant à exécuter.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 février 2023, le service départemental d'incendie et de secours de la Sarthe conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de
3 000 euros soit mise à la charge de la société Risk Intervenant sur le fondement de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que les moyens soulevés par la société Risk Intervenant ne sont pas fondés.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de ce que les conclusions tendant à l'annulation de la décision du 10 septembre 2021 portant résiliation du marché de prestation de gardiennage sont irrecevables au regard de l'office du juge du contrat et qu'il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions à fin de reprise des relations contractuelles dès lors que les effets du contrat sont épuisés.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme El Mouats-Saint-Dizier,
- les conclusions de M. Simon, rapporteur public,
- et les observations de Me Cesbron, représentant le service départemental d'incendie et de secours de la Sarthe.
Considérant ce qui suit :
1. Par un acte d'engagement du 14 avril 2021, le service départemental d'incendie et de secours de la Sarthe et la société Risk Intervenant ont conclu un accord cadre ayant pour objet le service de gardiennage d'un centre de vaccination. Par une lettre du 10 septembre 2021, le SDIS a résilié le contrat au motif que la société ne justifiait pas des cartes professionnelles de ses agents. Par la présente requête, la société Risk Intervenant conteste cette résiliation et demande l'indemnisation du préjudice subi.
Sur l'étendue du litige :
2. Le juge du contrat, saisi par une partie d'un litige relatif à une mesure d'exécution d'un contrat, peut seulement, en principe, rechercher si cette mesure est intervenue dans des conditions de nature à ouvrir droit à indemnité. Toutefois, une partie à un contrat administratif peut, eu égard à la portée d'une telle mesure d'exécution, former devant le juge du contrat un recours de plein contentieux contestant la validité de la résiliation de ce contrat et tendant à la reprise des relations contractuelles. Elle doit exercer ce recours, y compris si le contrat en cause est relatif à des travaux publics, dans un délai de deux mois à compter de la date à laquelle elle a été informée de la mesure de résiliation.
3. Il résulte de ce qui vient d'être énoncé que les conclusions présentées par la société Risk Intervenant tendant à l'annulation de la mesure de résiliation prononcées par le service départemental d'incendie et de secours de la Sarthe le 10 septembre 2021 doivent être regardées comme tendant à la reprise des relations contractuelles.
Sur les conclusions à fin de reprise des relations contractuelles :
4. Il résulte de l'instruction que l'accord cadre de gardiennage du centre de vaccination, conclu le 14 avril 2021 pour une durée de neuf mois, est arrivé à son terme. Dans ces conditions, le contrat doit être regardé comme ayant épuisé ses effets. Par suite, les conclusions tendant à la reprise des relations contractuelles sont devenues sans objet et il n'y a plus lieu d'y statuer.
Sur les conclusions à fin d'indemnisation :
5. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " () Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle. () ".
6. Il ne résulte pas de l'instruction, en dépit d'une demande de régularisation, que la société Risk Intervenant aurait formé une demande préalable indemnitaire auprès du service départemental d'incendie et de secours de la Sarthe de nature à lier le contentieux. Par suite, les conclusions à fin d'indemnisation sont irrecevables.
7. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'indemnisation présentées par la société Risk Intervenant doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge du service départemental d'incendie et de secours de la Sarthe qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre une somme à la charge de la société Risk Intervenant au titre de ces mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions tendant à la reprise des relations contractuelles.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de la société Risk Intervenant est rejeté.
Article 3 : Les conclusions du service départemental d'incendie et de secours de la Sarthe présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la société Risk Intervenant et au service départemental d'incendie et de secours de la Sarthe.
Délibéré après l'audience du 17 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Rimeu, présidente,
M. Jégard, premier conseiller,
Mme El Mouats-Saint-Dizier, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 février 2024.
La rapporteuse,
M. EL MOUATS-SAINT-DIZIER
La présidente,
S. RIMEU La greffière,
P. LABOUREL
La République mande et ordonne au préfet de la Sarthe en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026