vendredi 17 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2112983 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | WOLF |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 19 novembre 2021 et 12 janvier 2022, la communauté d'agglomération Les Sables d'Olonne Agglomération, représentée par Me Mouriesse, demande au juge des référés de :
1°) prescrire une nouvelle expertise en vue de constater les nouveaux désordres affectant la canalisation DN 800 et les ouvrages de protection anti-bélier en précisant leurs dates d'apparition ;
2°) réserver les dépens.
Elle soutient, dans le dernier état de ses écritures, que :
- elle justifie que le président du Conseil communautaire est autorisé à ester en justice s'agissant de la casse survenue le 9 novembre 2021 ;
- elle est chargée de la gestion des eaux usées, notamment de la collecte et du transport des eaux usées vers la station d'épuration intercommunale ;
- elle a procédé à des travaux pour la mise en œuvre d'un système de transport des eaux usées et a conclu à cette fin, le 5 janvier 2004, un marché public de maîtrise d'œuvre avec la société Sogreah (devenue Artelia Ville et Transport) pour la réalisation des travaux de pose d'un réseau de transfert des eaux usées ;
- elle a conclu, le 4 juillet 2005, un marché public de construction d'une conduite DN 800 de transfert des eaux usées vers la future station d'épuration avec le groupement composé des sociétés DLE Ouest (mandataire) et CISE TP ;
- à la suite de deux casses et une fuite survenues en 2015 sur la conduite, une expertise judiciaire a été ordonnée le 10 février 2016 par le juge des référés du tribunal et l'expert désigné a rendu son rapport d'expertise le 30 janvier 2017 ;
- par un jugement n°1806254 du 18 mars 2020 la juridiction a considéré que les casses de la canalisation DN 800 relevaient de la garantie décennale et que la responsabilité des constructeurs était engagée ;
- deux nouvelles casses de la conduite se sont produites les 16 mai et 9 novembre 2021 occasionnant des déversements d'eaux usées non traitées dans le milieu naturel et le port de plaisance qui nuisent à la protection de l'environnement ; les parties endommagées de la canalisation ont été conservées en vue de l'expertise ;
- les sociétés Artelia et DLE ont refusé leur intervention au titre de leur responsabilité décennale ;
- désordres survenus le 16 mai 2021 sont toujours couverts par la garantie décennale du fait de la première mesure d'expertise intervenue en 2016 ;
- la requête est recevable dès lors qu'un nouveau délai de garantie de 10 ans s'est mis à courir à compter du 31 janvier 2017, date de la remise du rapport d'expertise par l'expert ;
- l'expertise diligentée en 2016 concernait l'ensemble de la canalisation DN 800 ;
- une nouvelle expertise s'avère utile.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 décembre 2021, la société CISE TP, représentée par Me Nicolaï-Le Cam, demande au juge des référés :
1°) à titre principal,
- de débouter la collectivité requérante de sa demande d'expertise à son encontre ;
- de lui allouer la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
2°) à titre subsidiaire,
- de lui donner acte de ce qu'elle formule toutes protestations et réserves de responsabilité et de garantie sur la demande d'expertise ;
- de compléter la mission d'expertise selon ses observations ;
- de réserver toutes prétentions de toute partie au titre des dispositions de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que
- il n'est pas établi que les nouveaux désordres affectent la conduite principale de refoulement DN800, objet des travaux réceptionnés le 3 juillet 2008 ;
- la demande en garantie qui pourrait être engagée à son encontre est désormais prescrite dès lors que les nouveaux désordres subis par la canalisation n'ont pas été dénoncés avant le 3 juillet 2018.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 9 décembre 2021 et 19 mai 2022, la société Artelia, représentée par Me Roger, demande au juge des référés, dans le dernier état de ses écritures, de :
1°) lui donner acte de ses plus expresses protestations et réserves quant au bien-fondé de la demande d'expertise ;
2°) rejeter les conclusions de la société Allianz tendant à sa mise hors de cause ;
3°) dire que le coût de la mesure d'expertise sera à la charge de la collectivité publique requérante ;
3°) modifier la mission d'expertise selon ses observations ;
4°) demander à l'expert de déposer un pré-rapport ;
5°) réserver les dépens.
Elle soutient que :
- elle a été condamnée avec la société DLE au paiement de la somme de 223 939 euros en application du jugement rendu par le tribunal le 18 mars 2020 ;
- les observations des Sables d'Olonne Agglomération sur un hypothétique lien de causalité entre les nouvelles casses survenues sur la conduite et les travaux initialement réalisés, sont prématurées ;
- le débat sur la mobilisation des garanties du contrat d'assurance est prématuré au stade de l'instance en référé expertise dès lors que le juge des référés ne peut statuer sur l'application des garanties souscrites auprès des assureurs.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 décembre 2021, la société XL Insurance Company, représentée par Me Halfon, demande au juge des référés de :
1°) recevoir et déclarer son intervention aux droits de la société AXA Corporate Solutions Assurance ;
2°) rejeter les conclusions de Sables d'Olonne Agglomération ; la lui donner acte de ce qu'elle conteste la recevabilité de l'action en raison de la prescription intervenue ;
3°) constater que les Sables d'Olonne Agglomération n'ont reçu l'autorisation d'ester que pour la casse du 16 mai 2021 ;
4°) lui donner acte de ses plus expresses protestations et réserves sur la demande d'expertise ;
5°) dire que l'expert recevra la mission indiquée dans ses observations et déposera un pré-rapport ;
6°) réserver toutes prétentions de toute partie au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le président des Sables d'Olonne Agglomération n'a reçu l'autorisation d'ester en justice que pour la casse du 16 mai 2021 ; la requête est irrecevable ;
- l'action est prescrite dès lors que la prescription de l'action n'a pas été interrompue sur la totalité des 1483 éléments constituant le réseau ;
- la collectivité requérante ne justifie pas que la rupture invoquée s'est réellement produite sur la canalisation DN 800.
- la société SAUR, gestionnaire du réseau, est responsable de l'entretien de la canalisation et de son bon fonctionnement.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 24 décembre 2021 et 22 février 2022, la société DLE Ouest, représentée par Me Siebert, demande au juge des référés :
1°) à titre principal, de constater que la mesure d'expertise sollicitée ne présente aucune utilité en raison de l'expiration du délai applicable à la garantie décennale et de rejeter la requête ;
2°) à titre subsidiaire,
- de lui décerner acte de ce qu'elle s'associe à la demande d'expertise ;
- de compléter la mission de l'expert aux fins de déterminer si les causes des désordres constatés sont similaires à celles ayant entraîné les casses survenues en 2015 ;
- d'exclure de la mission d'expertise l'examen des ouvrages de protection anti-bélier.
Elle soutient que :
- le tribunal a écarté le caractère décennal des désordres en ce qui concerne les non-conformités alléguées sur les protections anti-bélier par son jugement du 18 mars 2020 devenu définitif ;
- l'effet interruptif et suspensif du délai de garantie décennale est limité aux trois ruptures survenues en juillet 2015 et novembre 2015 alors que la canalisation fait une longueur totale de 8,8 kms.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 janvier 2022, la société SMA, représentée par Me Tessier, demande au juge des référés de :
1°) la mettre hors de cause ;
2°) condamner Les Sables d'Olonne Agglomération à lui verser la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que la première procédure est sans incidence sur l'expiration du délai de garantie décennale à son encontre dès lors qu'elle n'a été mise en cause qu'en novembre 2021.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 février 2022, la société Saur, représentée par Me Toret, forme les protestations et réserves d'usage sur la demande d'expertise.
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 mars 2022, la société HDI Global SE, représentée par Mes Rogel et Wolf, demande au juge des référés de :
1°) rejeter la requête ;
2°) condamner Les Sables Agglomération à lui verser la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête en demande d'expertise en date du 22 janvier 2016 n'a pas eu d'effet interruptif à son encontre dès lors qu'elle n'a pas été attraite à l'instance par la collectivité requérante ;
- elle n'est pas l'assureur de responsabilité décennale de la société EHTP (NGE) mais uniquement son assureur de responsabilité civile ;
- garantie de responsabilité civile n'est pas mobilisable dès lors que la police d'assurance a été résiliée au 31 décembre 2012 et que la garantie n'est due que pour les réclamations formulées pendant la période de validité du contrat ;
- la société EHTP est manifestement étrangère aux désordres.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 mai 2022, la société Allianz, représentée par Me Le Lain, demande au juge des référés :
1°) à titre principal, de :
- débouter la collectivité requérante de l'ensemble de ses demandes dirigées à son encontre ;
- prononcer sa mise hors de cause ;
- condamner Les Sables d'Olonne Agglomération à lui verser la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
2°) à titre subsidiaire, de :
- prendre acte de ce qu'elle émet ses plus expresses réserves tant au regard de la recevabilité que du bien-fondé de la demande d'expertise ;
- prendre acte que, sous ces réserves, elle ne s'oppose pas à la demande d'expertise judiciaire à son contradictoire aux frais avancés de la collectivité requérante ;
- rejeter toutes autres demandes effectuées à son encontre.
Elle soutient que :
- elle est l'assureur de la société SOGREAH, aux droits de laquelle vient la société Artélia, maître d'œuvre ;
- par contrat du 5 janvier 2004, la société Artelia n'est assurée qu'au titre des " dommages à l'ouvrage après réception pour les ouvrages soumis à obligation d'assurance " ; or les travaux en litige ne constituent pas un ouvrage soumis à l'obligation d'assurance décennale ; par suite, les clauses de garanties du contrat d'assurance ne sont pas mobilisables.
La requête susvisée a été communiquée à la société Arteliagroup, à la société DLE (filiale d'Eiffage), à la société Eiffage TP hydraulique, à la société le Réservoir Massal, à la SAUR, à la société AIG Europe limited, à la société Allianz Global Corporate et Speciality SE et à la société AXA Corporate Solution, pour lesquels il n'a pas été présenté de mémoire dans le délai imparti ;
Vu les pièces jointes à la requête ;
Vu :
- le code civil ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code des marchés publics ;
- le code de justice administrative ;
Considérant ce qui suit :
1. La communauté de communes des Olonnes, devenue la communauté d'agglomération Les Sables d'Olonne Agglomération, est chargée de la collecte et du transport des eaux usées de son territoire vers une station de traitement intercommunale, dite du Petit Plessis, dont le rejet, après épuration, se fait en mer. Le 5 janvier 2004, elle a attribué à la société Sogreah, devenue Artelia Ville et Transport (société Artelia), un marché de maîtrise d'œuvre en vue de la réalisation de travaux de pose d'un réseau de transfert des eaux usées ainsi que de renforcement et de fiabilisation du transfert existant sur son territoire. Le lot n°1 du marché de construction et de renforcement des ouvrages existants, portant sur le poste de relèvement général de la Sablière, a été attribué le 4 mai 2005 à la société DLE. Le lot n°2, relatif à la conduite de transfert des eaux usées vers la station d'épuration, a été attribué le 4 juillet suivant à un groupement d'entreprises composé des sociétés DLE (mandataire) et CISE TP. La réception des travaux a été prononcée le 3 juillet 2008 s'agissant du lot n°2 et le 29 août suivant s'agissant du lot n°1. L'exploitation des ouvrages a été confiée à la société SAUR par un contrat d'affermage conclu le 22 octobre 2012. Des travaux d'extension du système d'assainissement, dont la maîtrise d'œuvre a été confiée le 11 juin 2012 à la société Artelia, ont été attribués le 8 avril 2014 à la société DLE Ouest, en vue de la réalisation d'un poste de pompage, dit des Aubépines, et de sa bâche de sécurité associée. La réception de l'ouvrage a été prononcée le 13 juillet 2015.
2. Dans le courant des mois de juillet et novembre 2015, deux casses et une fuite sont survenues sur la conduite principale de refoulement dite DN800 assurant le transport des effluents depuis le poste général de La Sablière jusqu'à la station d'épuration du Petit Plessis. À la demande de la communauté d'agglomération, le président du tribunal administratif de Nantes a ordonné le 10 février 2016 la réalisation d'une expertise portant sur ces désordres, enregistrée sous le n° 1600493-1603639, confiée à M. D B, qui a déposé son rapport le 30 janvier 2017. Par un jugement du 18 mars 2020, n° 1806254, du présent tribunal administratif, la société Artelia Ville et Transport a été condamnée à verser aux Sables d'Olonne Agglomération la somme de 84 000 euros assortie des intérêts légaux à compter du 9 juillet 2018 et de leur capitalisation à compter du 9 juillet 2019, au titre de la non-conformité des dispositifs de protection anti-bélier et anti-cavitation. Par le même jugement, les sociétés Artelia Ville et Transport et DLE Ouest ont été condamnées in solidum à verser aux Sables d'Olonne Agglomération la somme de 139 939 euros assortie des intérêts légaux à compter du 9 juillet 2018 et de leur capitalisation à compter du 9 juillet 2019, au titre de l'endommagement de la conduite principale.
3. Le 16 mai 2021, la conduite de transfert des eaux usées DN800 a connu une nouvelle casse, au niveau du 21 rue du Pas Mauvais aux Sables d'Olonne, puis une nouvelle casse s'est produite le 9 novembre 2021, au niveau du numéro 28 de la même rue. Dans la présente instance, Les Sables d'Olonne Agglomération demande au juge des référés la désignation d'un nouvel expert judiciaire aux fins de déterminer l'origine et l'ampleur des nouveaux désordres qui touchent la canalisation DN800 et les ouvrages de protection anti-bélier, ainsi que les solutions pour y remédier et évaluer les préjudices subis.
Sur la fin de non-recevoir opposée par la société XL Insurance Company :
4. L'article L. 5211-10 du code général des collectivités territoriales dispose que : " Le président, les vice-présidents ayant reçu délégation ou le bureau dans son ensemble peuvent recevoir délégation d'une partie des attributions de l'organe délibérant () ". Par ailleurs, en vertu des dispositions du 16° de l'article L. 2122-22 du code général des collectivités territoriales, rendu applicable aux établissements publics de coopération intercommunale par l'article L. 5211-2 du même code, le président de la communauté d'agglomération peut, par délégation du conseil communautaire, être chargé, en tout ou partie, et pour la durée de son mandat, d'intenter au nom de la communauté d'agglomération les actions en justice ou de défendre la communauté d'agglomération dans les actions intentées contre elle, dans les cas définis par le conseil communautaire.
5. Il résulte de l'instruction que, par deux délibération du 24 septembre 2020 et du 30 septembre 2021, le conseil de la communauté d'agglomération Les Sables d'Olonne a donné à son président, pour la durée de son mandat, délégation à l'effet d'intenter les actions en justice au nom de la commune, en toutes matières et devant toutes les juridictions. Par deux décisions en date des 13 août 2022 et 3 janvier 2022, le président de la communauté d'agglomération des Sables d'Olonne a décidé d'ester en justice pour défendre les intérêts de la collectivité publique contre les constructeurs en ce qui concerne les deux ruptures intervenues les 16 mai 2021 et 9 novembre 2021. Par suite, la fin de non-recevoir, soulevée par la société XL Insurance Company, tirée de l'absence d'habilitation à ester en justice du président de la communauté d'agglomération des Sables d'Olonne en ce qui concerne la rupture de la canalisation survenue le 16 mai 2021, manque en fait et doit être écartée.
Sur l'intervention volontaire de la société XL Insurance Company :
6. La société XL Insurance Company se présente comme venant aux droits de la société AXA Corporate Solutions Assurance, en qualité d'assureur de la société DLE, et demande au juge des référés qu'il lui soit donné acte de sa constitution en défense. Il y a lieu de considérer la demande de la société XL Insurance Company comme une intervention volontaire et d'admettre cette intervention.
Sur l'exception de prescription opposée aux nouveaux désordres :
7. Aux termes de l'article L. 511-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés statue par des mesures qui présentent un caractère provisoire. Il n'est pas saisi du principal et se prononce dans les meilleurs délais ". Aux termes du premier alinéa de l'article R. 532-1 du même code : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction ". Il résulte de ces dispositions que l'utilité d'une mesure d'instruction ou d'expertise qu'il est demandé au juge des référés d'ordonner sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative doit être appréciée, d'une part, au regard des éléments dont le demandeur dispose ou peut disposer par d'autres moyens et, d'autre part, bien que ce juge ne soit pas saisi du principal, au regard de l'intérêt que la mesure présente dans la perspective d'un litige principal, actuel ou éventuel, auquel elle est susceptible de se rattacher. A ce dernier titre, il ne peut faire droit à une demande d'expertise lorsque, en particulier, elle est formulée à l'appui de prétentions qui ne relèvent manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative, qui sont irrecevables ou qui se heurtent à la prescription.
8. Par ailleurs, aux termes de l'article 1792 du code civil : " Tout constructeur d'un ouvrage est responsable de plein droit, envers le maître ou l'acquéreur de l'ouvrage, des dommages, même résultant d'un vice du sol, qui compromettent la solidité de l'ouvrage ou qui, l'affectant dans l'un de ses éléments constitutifs ou l'un de ses éléments d'équipement, le rendent impropre à sa destination. / Une telle responsabilité n'a point lieu si le constructeur prouve que les dommages proviennent d'une cause étrangère ". Aux termes de l'article 1792-2 du même code : " La présomption de responsabilité établie par l'article 1792 s'étend également aux dommages qui affectent la solidité des éléments d'équipement d'un ouvrage, mais seulement lorsque ceux-ci font indissociablement corps avec les ouvrages de viabilité, de fondation, d'ossature, de clos ou de couvert. / Un élément d'équipement est considéré comme formant indissociablement corps avec l'un des ouvrages de viabilité, de fondation, d'ossature, de clos ou de couvert lorsque sa dépose, son démontage ou son remplacement ne peut s'effectuer sans détérioration ou enlèvement de matière de cet ouvrage ".
9. Aux termes de l'article 1792-4-1 du code civil : " Toute personne physique ou morale dont la responsabilité peut être engagée en vertu des articles 1792 à 1792-4 du présent code est déchargée des responsabilités et garanties pesant sur elle, en application des articles 1792 à 1792-2, après dix ans à compter de la réception des travaux ou, en application de l'article 1792-3, à l'expiration du délai visé à cet article ". Aux termes de l'article 1792-4-3 du même code : " En dehors des actions régies par les articles 1792-3, 1792-4-1 et 1792-4-2, les actions en responsabilité dirigées contre les constructeurs désignés aux articles 1792 et 1792-1 et leurs sous-traitants se prescrivent par dix ans à compter de la réception des travaux ". Ces dispositions concernent les actions exercées par le maître de l'ouvrage ou l'acquéreur à l'encontre des constructeurs intervenus lors de l'exécution des travaux.
10. Enfin, aux termes de l'article 2241 du code civil : " La demande en justice, même en référé, interrompt le délai de prescription ainsi que le délai de forclusion. / () ". En outre, aux termes de l'article 2239 du même code : " La prescription est également suspendue lorsque le juge fait droit à une demande de mesure d'instruction présentée avant tout procès. / Le délai de prescription recommence à courir, pour une durée qui ne peut être inférieure à six mois, à compter du jour où la mesure a été exécutée ". Il résulte de ce qui précède que la demande adressée à un juge de diligenter une expertise interrompt le délai de prescription jusqu'à l'extinction de l'instance et que, lorsque le juge fait droit à cette demande, le même délai est suspendu jusqu'à la remise par l'expert de son rapport au juge.
11. Les sociétés CISE TP, XL Insurance Company et DLE Ouest font valoir que le délai de dix ans de la garantie décennale est expiré à l'encontre de nouveaux désordres liés à de nouvelles ruptures de la canalisation DN800 en mai et novembre 2021. Toutefois, il est constant que la réception du lot n° 2 relatif à la pose de la conduite DN800 attribué à un groupement d'entreprises composé des sociétés DLE Ouest, mandataire, et Cise TP a été prononcée le 3 juillet 2008 et que la canalisation en cause a fait l'objet d'une requête en référé expertise présentée par la communauté de communes des Olonnes, devenue depuis la communauté d'agglomération Les Sables d'Olonne Agglomération et enregistrée le 22 janvier 2016 sous le n° 1600493, aux fins de déterminer l'origine, les causes et les conséquences des désordres constatés sur l'ensemble de la conduite DN800 et les dispositifs anti-bélier et du raccordement au poste de relèvement général (PRG), à laquelle il a été fait droit par l'ordonnance du 10 février 2016. Cette saisine introduite dans le délai de la garantie décennale, a ainsi interrompu le délai de prescription à compter du 22 janvier 2016, date de la saisine de la juridiction. Ce délai a été suspendu jusqu'à la remise de son rapport par l'expert désigné, le 30 janvier 2017, et a recommencé à courir à compter de cette date, ouvrant ainsi un nouveau délai de dix ans.
12. Aux termes de son rapport d'expertise, M. B a conclu que les désordres liés à la casse de la conduite à trois endroits durant l'année 2015 portent atteinte à la solidité des structures et que la notion d'impropriété de l'ouvrage en cause doit être retenue. En outre, le jugement rendu le 18 mars 2020 par ce même tribunal indique au considérant n°16 que ces dommages, survenu moins de dix ans après la réception des travaux, sont de nature à compromettre la solidité de l'ouvrage et à le rendre impropre à sa destination. L'expert judiciaire a également indiqué, dans son rapport d'expertise, que le sinistre revêtait un caractère généralisé et évolutif. Il ne résulte pas de l'instruction que les nouveaux désordres liés à de nouvelles casses d'une canalisation, apparus le 16 mai 2021, dont la matérialité est corroborée par le constat d'huissier établi le 18 mai 2021, puis à nouveau en novembre 2021, assortis de photographies, qui sont postérieurs à l'achèvement de la première expertise judiciaire, ne concerneraient pas la même canalisation. Par suite, en l'état de l'instruction, l'effet interruptif de prescription dont a bénéficié la collectivité requérante doit s'étendre aux désordres invoqués dans la présente instance. Il appartiendra à l'expert désigné de préciser, dans le cadre de sa mission, l'emplacement des désordres.
13. Par suite, l'exception de prescription soulevée en défense par les sociétés CISE TP, XL Insurance Company et DLE Ouest au motif que l'interruption de la prescription ne concerne que les trois désordres constatés en 2015, doit être écartée.
Sur la mise en cause des sociétés SMA et HDI Global SE :
14. Il résulte des dispositions de l'article 2241 du code civil citées au point 10 qu'une citation en justice, au fond ou en référé, n'interrompt la prescription qu'à la double condition d'émaner de celui qui a la qualité pour exercer le droit menacé par la prescription et de viser celui-là même qui en bénéficierait.
15. S'agissant en particulier de la responsabilité décennale des constructeurs, il en résulte que, lorsqu'une demande est dirigée contre un constructeur, la prescription n'est pas interrompue à l'égard de son assureur s'il n'a pas été également cité en justice. Lorsqu'une demande est dirigée contre un assureur au titre de la garantie décennale souscrite par un constructeur, la prescription n'est interrompue qu'à la condition que cette demande précise en quelle qualité il est mis en cause, en mentionnant l'identité du constructeur qu'il assure. De son côté, l'assureur du maître de l'ouvrage, susceptible d'être subrogé dans ses droits, bénéficie de l'effet interruptif d'une citation en justice à laquelle le maître d'ouvrage a procédé dans le délai de garantie décennale.
16. Les sociétés SMA, anciennement SAGENA, assureur de la société Cise TP et la société HDI Global SE, assureur de la société EHTP, membre du groupement attributaire du marché de construction, mises en cause dans la présente instance par Les Sables d'Olonne Agglomération, opposent la prescription de l'action de la collectivité requérante, comme étant engagée plus de dix ans après la réception des travaux.
17. Il résulte de l'instruction que dans sa requête en référé afin d'obtenir la désignation d'un expert devant le juge des référés du présent tribunal administratif, enregistrée le 22 janvier 2016 sous le n° 1600493, aux fins de déterminer l'origine, les causes et les conséquences des désordres constatés sur la conduite DN 800 et les dispositifs anti-bélier, à laquelle il a été fait droit par l'ordonnance du 10 février 2016, la communauté de communes des Olonnes n'a aucunement mis en cause les sociétés d'assurance SAGENA et HDI Global SE. Dans ces conditions, compte tenu de la date de réception des travaux du lot n° 2 relatif à la pose de la conduite DN800 attribué à un groupement d'entreprises composé des sociétés DLE Ouest, mandataire, et Cise TP, prononcée le 3 juillet 2008 ainsi qu'il a été dit plus haut, et celle du lot n°1 du marché de construction et de renforcement des ouvrages existants, portant sur le poste de relèvement général de la Sablière, attribué à un groupement dont la société HETP région Ouest est membre, prononcée le 29 août 2008, la communauté de communes des Olonnes n'a pas bénéficié de l'effet interruptif de cette citation en justice à l'encontre de ces deux sociétés d'assurance.
18. Il résulte de ce qui précède que les sociétés SMA, anciennement SAGENA et HDI Global SE sont fondées à soutenir que l'action de la collectivité requérante, engagée par la présente instance, est prescrite à leur égard et à demander leur mise hors de cause.
Sur les conclusions aux fins de mise hors de cause de la société Allianz :
19. La société Allianz demande au juge des référés sa mise hors de cause au motif que les garanties du contrat d'assurances souscrit par son assurée, la société Artelia, ne sont pas mobilisables au regard de la nature du contrat et de la période de garantie. Il résulte toutefois de l'instruction que la communauté d'agglomération Les Sables d'Olonne Agglomération a entendu appeler à la cause la société Allianz, en qualité de défendeur potentiel dans la présente instance aux fins de rendre contradictoire la présente mission d'expertise judiciaire à son encontre. En l'état de l'instruction, dont il résulte qu'une relation contractuelle existait entre la société Artelia et son assureur la société Allianz, sans qu'il soit nécessaire d'examiner, à ce stade, la nature précise des garanties contractuelles souscrites et alors que la mise en cause de la société Allianz ne constitue qu'une simple mesure d'instruction ordonnée avant tout procès, ne préjugeant aucunement de l'existence et de l'étendue des responsabilités des parties, tous droits et moyens des parties étant réservés, la mesure d'expertise sollicitée au contradictoire de la société Allianz en qualité d'assureur de la société Artelia n'est pas dépourvue d'utilité à son encontre. Dès lors, les conclusions de la société Allianz tendant à sa mise hors de cause en qualité d'assureur de la société Artelia, doivent être rejetées.
Sur la demande d'expertise :
20. La mesure d'expertise demandée par Les Sables d'Olonne Agglomération entre dans le champ d'application des dispositions précitées de l'article R. 532-1 du code de justice administrative et revêt un caractère utile. Il y a lieu d'y faire droit et de fixer la mission de l'expert comme il est précisé à l'article 1er de la présente ordonnance.
21. L'expert déterminera les désordres affectant la canalisation DN 800, ainsi que les ouvrages de protection anti-bélier, au regard des casses survenus les 16 mai et 9 novembre 2021. En effet, si la société DLE Ouest conteste en défense l'utilité de la mesure d'expertise en ce qu'elle porte sur les ouvrages de protection contre les " coups de bélier " au motif que que le tribunal administratif de Nantes n'a pas, dans son jugement rendu le 18 mars 2020, retenu de responsabilité décennale en ce qui concerne les ouvrages de protection anti-bélier, toutefois, sans méconnaître l'autorité de la chose jugée, l'examen de ces ouvrages peut être de nature à éclairer les travaux de l'expert. Par suite, l'examen de ces ouvrages dans le cadre de la mesure d'expertise apparaît utile.
Sur les conclusions tendant à la remise par l'expert d'un pré-rapport :
22. Aucune disposition du code de justice administrative ni aucun principe général du droit ne fait obligation à l'expert de rendre des pré-conclusions. L'expert, dans la conduite des opérations de l'expertise qui lui est confiée et dont il définit librement les modalités pratiques, de concert avec les parties, ne saurait se voir soumis à d'autres obligations que celles issues du principe du contradictoire. L'établissement de pré-conclusions ne constitue donc qu'une modalité opérationnelle de l'expertise dont il appartient à l'expert d'apprécier la nécessité de recourir. Il suit de là que les conclusions des parties tendant à ce que l'expert établisse un pré-rapport en réponse aux dires et observations des parties ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les réserves exprimées :
23. Il n'appartient pas au juge administratif de donner acte de protestations ou de réserves. Les conclusions en ce sens des parties ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les dépens :
24. Devant les juridictions administratives, il appartient au président de la juridiction, et non au juge des référés, de fixer par ordonnance les frais et honoraires qui seront dus à l'expert et de désigner la partie qui en assumera la charge. Il s'ensuit que les conclusions des parties tendant à ce les dépens soient réservés ou mis à la charge de la collectivité requérante ne peuvent être accueillies.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
25. Il n'y a pas lieu, en l'espèce, de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et à ce que soit mise à la charge de la communauté d'Agglomération Les Sables d'Olonne Agglomération dans la présente instance les sommes que demandent respectivement la société Cise TP, la société SMA, la société HDI Global SE et la société Allianz au titre des frais exposés par elles et non compris dans les dépens.
O R D O N N E
Article 1er : L'intervention de la société XL INsurance Company est admise.
Article 2 : Les sociétés SMA et HDI Global SE sont mises hors de cause.
Article 3 : M. A E, exerçant à Fluide Meca, 18 rue Paul Bellamy à Nantes (44000), est désigné comme expert avec pour mission de :
1°) se rendre sur les lieux, entendre les parties et prendre connaissance de tous documents utiles relatifs ; donner tous éléments et établir tous plans, croquis ou schémas, produire des photos, utiles à la compréhension de la cause ;
2°) rappeler et préciser les liens contractuels unissant les parties, les missions confiées par le maître d'ouvrage à chacun des constructeurs qu'il attrait à la présente instance, et si possible, annexer à son rapport les marchés, avenants, ordres de services et tous autres documents utiles ;
3°) préciser les modifications apportées au réseau postérieurement à la réception des travaux du 3 juillet 2008 concernant la pose de la conduite DN800 ;
4°) procéder à la constatation et au relevé précis et détaillé des désordres survenus le 16 mai 2021 au niveau du 21 rue du Pas Mauvais aux Sables d'Olonne et le 9 novembre 2021 au niveau du numéro 28 de la même rue, et préciser s'ils affectent la canalisation DN 800, et en précisant leurs dates d'apparition ;
5°) examiner également les ouvrages de protection anti-bélier au regard des ruptures de canalisation survenues ;
6°) décrire les désordres et malfaçons qui seraient constatés et réunir les éléments d'information permettant au tribunal de dire s'ils sont de nature à compromettre la solidité de l'ouvrage ou de le rendre impropre à sa destination et de préciser si ces désordres présentent un caractère évolutif ;
7°) donner un avis motivé sur les causes et origines des désordres qui affectent la canalisation DN800, ainsi que, le cas échéant, les ouvrages de protection anti-bélier, en précisant s'ils sont imputables aux travaux de construction, à la conception, à un défaut de direction ou de surveillance, à leur exécution ou encore aux conditions d'utilisation et d'entretien, dans le cas de causes multiples, d'évaluer la part d'imputabilité à chacune d'elles ;
8°) préciser si les réparations effectuées par Les Sables d'Olonne Communauté à la suite des désordres survenus en 2015 peuvent être de nature à expliquer la survenance des désordres de mai et novembre 2021 ;
9°) proposer, le cas échéant, les mesures conservatoires nécessaires et évaluer leur coût ;
10°) indiquer la nature et le coût des travaux nécessaires pour remédier à la situation actuelle, en assurant la solidité des ouvrages et un usage propre à leur destination, en précisant s'il en résulte une plus-value pour les ouvrages en cause ;
11°) d'une façon générale, recueillir tous éléments et faire toutes autres constatations utiles de nature à éclairer le tribunal dans son appréciation des responsabilités éventuellement encourues et des préjudices de toute nature subis.
Article 3 : Après avoir prêté serment, l'expert accomplira sa mission définie à l'article 1er dans les conditions prévues aux articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il pourra, au besoin, recourir à un sapiteur qui sera préalablement désigné par le président du tribunal administratif.
Article 4 : L'expert effectuera sa mission au contradictoire de :
- la communauté d'agglomération Les Sables d'Olonne Agglomération,
- la société ArteliaVille et Trasnport,
- la société DLE Ouest,
- la société CISE TP,
- la société EHTP Région Ouest,
- la société Bureau Veritas,
- la société SAUR,
- la société XL Insurance Company,
- la société Gerling Allgemeine Versicherung - AG,
- la société Allianz.
Article 5 : L'expert avertira les parties conformément aux dispositions de l'article R. 621-7 du code de justice administrative.
Article 6 : L'expert déposera au greffe un exemplaire papier et un exemplaire par voie dématérialisée de son rapport avant le 31 décembre 2023. Il en notifiera copie aux personnes intéressées, notification qui pourra s'opérer sous forme électronique avec l'accord desdites parties, à laquelle il joindra copie de l'état de ses vacations, frais et débours.
Article 7 : Les frais et honoraires de l'expertise seront taxés ultérieurement par le tribunal conformément aux dispositions de l'article R. 621-13 du code de justice administrative.
Article 8 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 9 : La présente ordonnance sera notifiée à la communauté d'agglomération Les Sables d'Olonne Agglomération, à la société ArteliaVille et Transport, à la société DLE Ouest, à la société CISE TP, à la société EHTP Région Ouest, à la société Bureau Veritas, à la société SAUR, à la société XL Insurance Company, à la société SMA, à la société Gerling Allgemeine Versicherung - AG, à la société Allianz, à la société HDI Global SE, et à M. E, expert.
Fait à Nantes, le 17 mars 2023.
La juge des référés,
F. C
La République mande et ordonne au préfet de la Vendée en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026