jeudi 9 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2113635 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | LECOMTE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 2 décembre 2021 et 2 juillet 2024, Mme B A, représentée par Me Lecomte, demande au tribunal d'annuler la décision du 5 octobre 2021 par laquelle le président du conseil départemental de la Mayenne a, suite à son recours préalable, confirmé la décision de la caisse d'allocations familiales (CAF) de la Mayenne de mettre à sa charge un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 1 590,14 euros.
Elle soutient que :
- elle est de bonne foi et l'indu est dû à une erreur de la CAF ;
- sa situation financière ne lui permet pas de rembourser cette dette et la créance doit être remise en application de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles.
Par un mémoire en observations enregistré le 23 novembre 2023, la CAF de la Mayenne indique que le solde de la créance de revenu de solidarité active faisant l'objet du recours s'établit à 1 590,14 euros depuis le 1er décembre 2021.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 mars 2024, le conseil départemental de la Mayenne conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 15 novembre 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapporteur public a été, sur sa proposition, dispensé de prononcer ses conclusions sur cette affaire, en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Le rapport de Mme Benoist a été entendu au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision du 11 mai 2021, la CAF de la Mayenne a informé Mme A d'un trop-perçu de 1 855,14 euros. Une somme totale de 265 euros a été retenue sur les allocations perçues postérieurement par Mme A, laissant à sa charge une somme de 1 590,14 euros. Suite au recours administratif préalable exercé par l'intéressée, le président du conseil départemental de la Mayenne a confirmé le trop-perçu par une décision du 5 octobre 2021. Par cette requête, Mme A demande l'annulation de cette dernière décision.
2. Aux termes de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles : " Tout paiement indu de revenu de solidarité active est récupéré par l'organisme chargé du service de celui-ci ainsi que, dans les conditions définies au présent article, par les collectivités débitrices du revenu de solidarité active. En contrepartie des frais de gestion qu'il engage lorsque le versement indu est le résultat d'une fraude du bénéficiaire, l'organisme payeur recouvre auprès de ce dernier une indemnité équivalant à 10 % des sommes réclamées au titre des prestations versées à tort. Cette indemnité est recouvrée dans les mêmes conditions que les indus recouvrés au titre du présent article. () ". Il résulte de ces dispositions qu'un allocataire du revenu de solidarité active ne peut bénéficier d'une remise gracieuse de la dette résultant d'un paiement d'indu d'allocation, quelle que soit la précarité de sa situation, lorsque l'indu trouve sa cause dans une manœuvre frauduleuse de sa part ou dans une fausse déclaration, laquelle doit s'entendre comme désignant les inexactitudes ou omissions qui procèdent d'une volonté de dissimulation de l'allocataire caractérisant de sa part un manquement à ses obligations déclaratives.
3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision rejetant une demande de remise gracieuse d'un indu de revenu de solidarité active, il appartient au juge administratif d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise. Lorsque l'indu résulte de ce que l'allocataire a manqué à ses obligations déclaratives, il y a lieu, pour apprécier la condition de bonne foi de l'intéressé, hors les hypothèses où les omissions déclaratives révèlent une volonté manifeste de dissimulation ou, à l'inverse, portent sur des éléments dépourvus d'incidence sur le droit de l'intéressé au revenu de solidarité active ou sur son montant, de tenir compte de la nature des éléments ainsi omis, de l'information reçue et notamment, le cas échéant, de la présentation du formulaire de déclaration des ressources, du caractère réitéré ou non de l'omission, des justifications données par l'intéressé ainsi que de toute autre circonstance de nature à établir que l'allocataire pouvait de bonne foi ignorer qu'il était tenu de déclarer les éléments omis.
4. Pour laisser à la charge de Mme A l'indu litigieux, le président du conseil départemental de la Mayenne s'est fondé sur la circonstance selon laquelle l'intéressée a effectué une demande de revenu de solidarité active au mois de janvier 2021 suite à la fin du versement de l'allocation pour adulte handicapé (AAH) et dans l'attente d'effectuer les démarches auprès de la maison départementale de l'autonomie pour le renouvellement de cette aide. Etant alors sans ressources, les droits de revenus de solidarité active ont été versés et, en application d'une nouvelle législation liée à la crise sanitaire, une mesure de prolongation de ses droits à l'AAH a finalement été mise en œuvre à compter du mois de janvier 2021. Le président du conseil départemental de la Mayenne a ainsi considéré que, ayant bénéficié de l'AAH à taux plein, elle n'avait pas droit au revenu de solidarité active, générant un trop-perçu de 1 855,14 euros. Il résulte des informations transmises par la CAF de la Mayenne que des retenues ont été effectuées les 1er juillet 2021, 1er août 2021, 1er novembre 2021 et 1er décembre 2021, laissant à la charge de Mme A un montant de 1 590,14 euros à la date du présent jugement.
5. Il résulte de l'instruction que Mme A, qui a un enfant à charge, perçoit des ressources mensuelles d'un montant de 1 500 euros environ et justifie par ailleurs devoir honorer des charges courantes mensuelles d'un montant de 763 euros environ, comprenant le loyer, le paiement d'assurances, de factures d'énergie et de téléphonie et le remboursement de prêts. Au regard de l'ensemble de cette situation financière, il ne résulte pas de l'instruction que Mme A serait dans une situation de précarité telle qu'elle se trouverait dans l'impossibilité de faire face au remboursement de la somme qui lui est réclamée. Il lui est loisible, si elle le juge utile, de solliciter la mise en place d'un échéancier plus adapté à sa situation financière. Par suite, Mme A n'est pas fondée à soutenir qu'une remise totale de sa dette devrait lui être accordée.
6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme A doit être rejetée en toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, à Me Lecomte et au ministre du travail, de la santé, des solidarités et des familles
Copie en sera adressée à la caisse d'allocations familiales de la Loire-Atlantique et au conseil départemental de la Mayenne.
Délibéré après l'audience du 12 décembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Allio-Rousseau, présidente,
Mme Frelaut, première conseillère,
Mme Benoist, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 janvier 2025.
La rapporteure,
L.-L. BENOISTLa présidente,
M.-P. ALLIO-ROUSSEAU
La greffière,
C. MICHAULT
La République mande et ordonne au ministre du travail, de la santé, des solidarités et des familles en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026